« Le recours aux forêts » ou portrait du philosophe en artiste (…avec Michel Onfray)

447.jpg   ( photo M A. février 2009)

 

*  « Le recours aux forêts », (éditions Galilée) le dernier livre de Michel Onfray, est une commande d’écriture de la Comédie de Caen-Centre dramatique national de Normandie. Ce texte, sous-titré « La tentation de Démocrite » est destiné à être « le coeur » d’un spectacle qui sera créé au mois de novembre à la Comédie de Caen, théâtre d’Hérouville, dans le cadre du festival « Les Boréales. »

 onfray.jpg (Michel Onfray)

Il s’agit donc d’un « spectacle vivant » dirigé par Jean Lambert-wild; la musique est de Jean-Luc Therminarias, la chorégraphie de Carolyn Carlson, les images de François Royet etc…artistes qui ont déjà des expériences communes. Michel Onfray est l’auteur du texte, comme on l’a vu. Voici donc le philosophe prenant part, au moins au travers de son écriture, à la musique, à la mise en scène, à la chorégraphie…     

carolyncarlson4.jpg (Carolyn Carlson)

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(une « image » de François Royet)  

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(en répétition…) 

Voici donc un philosophe qui devient artiste. A moins qu’il s’agisse d’un artiste qui soit aussi un philosophe. Parce qu’on ne peut jamais être l’un sans être l’autre. Et si, comme le dit Michel Onfray, la philosophie est une « sculpture de soi », si elle reconnaît la volonté et la vie, le corps et l’immanence comme le réel, alors la sensation et l’imagination, l’émotion et la mise en lumière de l’impossible ou de l’invisible sont le « travail » de l’artiste et le « travail » du philosophe.Fidèle à cette idée qu’il ne peut y avoir de distinction entre théorie et pratique, voici Michel Onfray artiste. Et toujours philosophe. L’un parce que l’autre sans doute.

dmocrite.jpg   * Comme ce livre nous y invite soyons nous aussi tentés par Démocrite. Le matérialisme, dont Démocrite fut l’un des « fondateurs », c’est cette philosophie qui voit la vie dans la matière. Et qui voit dans les corps vivants, en train de vivre, de respirer, de bouger, de s’aimer ou de se haïr le lieu même de  la pensée, de l’intelligence, des sensations, de l’amour, de l’imagination: de tout ce qui fait un monde.Tout ce qui fait le monde tel qu’il est, avec ses contradictions les plus frappantes. Tel qu’il est dans « La permanence de l’Apocalypse » (titre de la première partie du « Recours aux forêts ») comme dans le « Traité des consolations » (titre de la deuxième partie)! 

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(chorégraphie Carolyn Carlson)

 

Nous devons penser avec Démocrite que la vie est dans le corps. Qu’elle est le corps lui-même. Qu’elle n’en n’est pas séparable. Qu’elle ne se trouve pas dans une âme qui serait au ciel, n’en doutons pas, avant même d’y monter. 

Mais ce ne sont pas non plus les sciences, la biologie, la médecine, la chimie, qui trouveront cette vie, qui la « verront », qui la décriront, qui nous en diront plus sur elle-même que nous ne sachions déjà.

Parce que la vie que nous sommes, ne se voit pas. Parce que l’effort du sportif nous ne le voyons pas. Nous en voyons seulement le résultat: le record, l’exploit et la joie qui s’en suit. Les médailles peut-être. Nous ne voyons pas cette vie, parce que l’eau qui désaltère enfin, le vin qui réjouit avec ses amis et plus tard, la caresse de l’amour, seuls ceux qui en font l’épreuve les ressentent, les vivent. Et c’est là, sans doute, que se trouve la vie: dans cette épreuve, dans ce sentiment. 

Faire voir la vie, la faire surgir sous le regard, c’est ce que seuls l’art, l’artiste, le philosophe peut-être, peuvent tenter. Alors que pour chacun d’entre nous, au même instant, elle est là, présente. Toujours présente. « Le recours aux forêts ou la tentation de Démocrite » est l’une de ces tentatives où l’art et la philosophie sont semblables, indissociables.

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(chorégraphie de Carolyn Carlson)

Il nous reste maintenant, en guise d’avant-première, à lire ce texte. A penser aussi et, s’il le faut à « repenser », avec Démocrite. Pour trouver l’essentiel, soit au coeur de la forêt, soit comme Démocrite lui-même, lassé du monde, réfugié dans une cabane, à l’écart. Non pas nécessairement du monde mais à l’écart de ce qui nous détourne de nous-même et ainsi des autres. 

Rendez-vous est donc donné à Caen (y aura-t-il une tournée?) du 16 au 20 novembre 2009. Le site www.comediedecaen.com nous donne informations et aperçus (et même vidéo de répétition).



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