Toutes les langues du monde: la poésie de Joseph Sébastien Pons ou le problème de la traduction

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 (photo M.A. 2008)

Toutes les langues du monde sont notre langue.

La poésie, la création, n’ont rien à faire avec tel ou tel idiome. Dans chaque langue le poète peut dire la poésie.

Survient cependant le problème de la traduction d’une langue dans une autre. Qu’il puisse alors y avoir modification, inflexion, perte, gain peut-être, tout cela est bien possible. Mais peut-on enlever à un poème ce qui l’a rendu tel? Il me semble bien que cela est impossible. Et toute langue des hommes a la pouvoir de faire ressentir les sentiments: toute langue singulière est universelle; si c’est ainsi que cela pourrait se dire.

Voici donc la version traduite en français et aussi la version originale, en langue catalane, d’un poème de Joseph Sébastien Pons (Josep Sebastià Pons).

Et aussi quelques photos du coeur du Roussillon, là où vivait Joseph Sébastien Pons: le Canigou vu depuis le lac qui borde le village de Villeneuve-de-la Raho, à la fin de l’automne 2008.

« Si tu veux chanter la peine » est sans doute un écho à Guillaume Apollinaire, un écho qui nous atteint comme s’il procédait d’une lecture et d’une sorte d’écoute particulièrement aigüe de la part de Pons, une écoute du monde et de soi, une lecture de la vie.

Pour toute information: Joseph Sébastien Pons est né en 1886 à Ille-sur-Têt. Il est décédé en 1962. Il enseigna l’espagnol à l’Université de Toulouse. Il est connu pour être l’auteur d’une thèse sur la littérature catalane aux XVII° et XVIII° siècles. Il fut surtout celui par qui, en France, la prose et la poésie en langue catalane ont continué de vivre et ont pu se développer ensuite, pendant le XX° siècle.

Joseph Sébastien Pons sut préserver « le dialecte » roussillonais dont certains disent même qu’il est plus proche du catalan d’autrefois que le catalan espagnol qui aurait subi des influences extérieures. Alors que dans sa sorte de solitude, parfois même en secret, le catalan parlé à Perpignan et alentours…

On trouve à propos de Joseph sébastien Pons, une belle « Présentation et anthologie » par Pere Verdaguer aux éditions de l’Olivier.

Le texte proposé ici est issu de « Cantilena » (Gallimard 1963)

 

 

 

SI TU VEUX CHANTER LA PEINE

Si tu veux chanter la peine vient le plaisir.

Si tu chantes le plaisir revient la peine.

Là-bas, ce prunier pâlissant

Jaillit d’une ombre verte et t’apaise.

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Au ciel repose la toile mauve

Que l’aiguail exhalait dans la vallée.

Toutes les herbes ont pleuré.

Si tu chantes le plaisir revient la peine.

 

En coulant dans l’air humide

La huppe aux couleurs diverses vole,

Et réfléchi au miroir de la nuit

Le printemps parmi les étoiles murmure.

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SI VOLS CANTAR LA PENA

Si vols cantar la pena ve el delit.

Si cantes el delit torna la pena.

Aquell pruner esblanquit

Eixint de l’ombra verda t’asserena.

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Al cel reposa el tel morat

Que en la vall exhalava la mullena.

Totes les herbes han plorat.

Si cantes el delit torna la pena.

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 Escoladissa en l’aire humit

La puput vola amb sa ploma diversa.

I, reflectida al mirall de la nit,

La primavera entre esteles conversa.



« Je rêvais ses rêves » ou la vérité indécise (…avec Jean-Philippe Toussaint)

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 (photo M A. janvier 2009 Girona)

Toute la vérité, rien que la vérité. C’est peut-être ce que nous dit Jean-Philippe Toussaint dans son dernier roman qui vient de paraître aux éditions de Minuit: « La vérité sur Marie ».

Il faut bien croire les écrivains, il faut bien croire les romans et la littérature. Sinon pourquoi les lirait-on ces pages qui passent sous nos regards? En outre, quand l’un de ces auteurs (pas le plus médiatique de la planète littéraire, et de loin) nous dit qu’il dit la vérité, pourquoi ne pas le croire?

 toussaint1.jpg (Jean-Philippe Toussaint)

Mais comment croire Jean-Philippe Toussaint? Comment croire qu’après « Faire l’amour » et « Fuir », les romans de ses premières aventures avec Marie, le narrateur (l’auteur ?) va maintenant passer aux aveux: nous dire qui est véritablement Marie? Et la dévoilant se dévoiler enfin lui-même?

Non, cela est impossible: vous voudriez prendre au sérieux un romancier, même un romancier qui aurait beaucoup d’imagination et qui mettrait dans la tête d’un cheval improbablement enfermé dans un Boeing cargo, lui-même pris dans un orage au-dessus de Tokyo, des pensées et des sentiments proprement humains? Et cela, imperceptiblement, sans crier gare! (C’est aux alentours de la page 136: allez « voir », vous verrez bien!) Vous voudriez croire quelqu’un qui n’arrive pas à désigner l’un des principaux personnages de son roman par son prénom, par son vrai prénom.

Non, décidément Jean-Philippe Toussaint, n’est pas un écrivain sérieux.

Mais je plaisante: Jean-Philippe Toussaint est un grand écrivain et son dernier livre, « La vérité sur Marie » est un vrai bon roman!

Tout d’abord parce qu’il nous fait vivre des scènes haletantes, superbement décrites: des orages et des incendies, des cavalcades et des stupeurs.

Ensuite parce que Jean-Philippe Toussaint développe une conception de la vérité qui n’est pas celle de notre tradition, qui n’est pas celle de « l’Annonciation », conception, qui fait de toute vérité un secret révélé.

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 (« L’Annonciation » par Le Caravage)

La vérité n’est donc pas un dévoilement, elle ne procède pas (c’est à sa façon ce que nous dit ce roman) d’un dévoilement, elle n’aboutit pas à « être toute nue »! Comme l’iconographie nous la montre depuis des siècles.

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 (« La naissance de Vénus » par Boticelli, détail)

Ce que nous montre Jean-Philippe Toussaint, lui, c’est que la Vérité n’existe pas. Il nous montre qu’il y a sans doute des hypothèses, que l’on prend parfois pour la vérité mais qui ne sont que des vérités plus ou moins précises, toujours floues et, disons « subjectives ». Toute vérité n’est donc qu’ « indécise ».

« Je l’aimais, oui. Il est peut-être imprécis de dire que je l’aimais, mais rien ne pourrait être plus précis. » (page 57)

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Et surtout, en lisant « La vérité sur Marie », on verra comment Jean-Philippe Toussaint réussit à renverser, me semble-t-il, ce qu’avait fait Flaubert avec « Madame Bovary ». Jean-Philippe Toussaint n’est pas Marie, à l’instar de Flaubert qui pouvait dire le fameux: « Madame Bovary, c’est moi ».

C’est  Marie, c’est le personnage du roman qui donne vie à l’écrivain, qui est la vie de l’auteur et non l’nverse. C’est Marie qui pourrait dire: « Je suis Jean-Philippe. » En tout cas l’auteur, lui, peut bien dire la confusion:

« J’entendais le murmure de ses rêves qui s’écoulait dans son esprit…j’en étais venu, la nuit, à imaginer que je rêvais ses rêves. » (page 183)

 

Plus tard, c’est dans un monde dévasté, incendié que se clôt « La vérité sur Marie ». C’est à cet instant que la distance qui séparait le narrateur de Marie est abolie, à nouveau enfin abolie.

 » … et sur ta peau et tes cheveux, mon amour, subsistait encore une forte odeur de feu. » (page 205)

 

 



« Le recours aux forêts » ou portrait du philosophe en artiste (…avec Michel Onfray)

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*  « Le recours aux forêts », (éditions Galilée) le dernier livre de Michel Onfray, est une commande d’écriture de la Comédie de Caen-Centre dramatique national de Normandie. Ce texte, sous-titré « La tentation de Démocrite » est destiné à être « le coeur » d’un spectacle qui sera créé au mois de novembre à la Comédie de Caen, théâtre d’Hérouville, dans le cadre du festival « Les Boréales. »

 onfray.jpg (Michel Onfray)

Il s’agit donc d’un « spectacle vivant » dirigé par Jean Lambert-wild; la musique est de Jean-Luc Therminarias, la chorégraphie de Carolyn Carlson, les images de François Royet etc…artistes qui ont déjà des expériences communes. Michel Onfray est l’auteur du texte, comme on l’a vu. Voici donc le philosophe prenant part, au moins au travers de son écriture, à la musique, à la mise en scène, à la chorégraphie…     

carolyncarlson4.jpg (Carolyn Carlson)

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(une « image » de François Royet)  

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(en répétition…) 

Voici donc un philosophe qui devient artiste. A moins qu’il s’agisse d’un artiste qui soit aussi un philosophe. Parce qu’on ne peut jamais être l’un sans être l’autre. Et si, comme le dit Michel Onfray, la philosophie est une « sculpture de soi », si elle reconnaît la volonté et la vie, le corps et l’immanence comme le réel, alors la sensation et l’imagination, l’émotion et la mise en lumière de l’impossible ou de l’invisible sont le « travail » de l’artiste et le « travail » du philosophe.Fidèle à cette idée qu’il ne peut y avoir de distinction entre théorie et pratique, voici Michel Onfray artiste. Et toujours philosophe. L’un parce que l’autre sans doute.

dmocrite.jpg   * Comme ce livre nous y invite soyons nous aussi tentés par Démocrite. Le matérialisme, dont Démocrite fut l’un des « fondateurs », c’est cette philosophie qui voit la vie dans la matière. Et qui voit dans les corps vivants, en train de vivre, de respirer, de bouger, de s’aimer ou de se haïr le lieu même de  la pensée, de l’intelligence, des sensations, de l’amour, de l’imagination: de tout ce qui fait un monde.Tout ce qui fait le monde tel qu’il est, avec ses contradictions les plus frappantes. Tel qu’il est dans « La permanence de l’Apocalypse » (titre de la première partie du « Recours aux forêts ») comme dans le « Traité des consolations » (titre de la deuxième partie)! 

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(chorégraphie Carolyn Carlson)

 

Nous devons penser avec Démocrite que la vie est dans le corps. Qu’elle est le corps lui-même. Qu’elle n’en n’est pas séparable. Qu’elle ne se trouve pas dans une âme qui serait au ciel, n’en doutons pas, avant même d’y monter. 

Mais ce ne sont pas non plus les sciences, la biologie, la médecine, la chimie, qui trouveront cette vie, qui la « verront », qui la décriront, qui nous en diront plus sur elle-même que nous ne sachions déjà.

Parce que la vie que nous sommes, ne se voit pas. Parce que l’effort du sportif nous ne le voyons pas. Nous en voyons seulement le résultat: le record, l’exploit et la joie qui s’en suit. Les médailles peut-être. Nous ne voyons pas cette vie, parce que l’eau qui désaltère enfin, le vin qui réjouit avec ses amis et plus tard, la caresse de l’amour, seuls ceux qui en font l’épreuve les ressentent, les vivent. Et c’est là, sans doute, que se trouve la vie: dans cette épreuve, dans ce sentiment. 

Faire voir la vie, la faire surgir sous le regard, c’est ce que seuls l’art, l’artiste, le philosophe peut-être, peuvent tenter. Alors que pour chacun d’entre nous, au même instant, elle est là, présente. Toujours présente. « Le recours aux forêts ou la tentation de Démocrite » est l’une de ces tentatives où l’art et la philosophie sont semblables, indissociables.

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(chorégraphie de Carolyn Carlson)

Il nous reste maintenant, en guise d’avant-première, à lire ce texte. A penser aussi et, s’il le faut à « repenser », avec Démocrite. Pour trouver l’essentiel, soit au coeur de la forêt, soit comme Démocrite lui-même, lassé du monde, réfugié dans une cabane, à l’écart. Non pas nécessairement du monde mais à l’écart de ce qui nous détourne de nous-même et ainsi des autres. 

Rendez-vous est donc donné à Caen (y aura-t-il une tournée?) du 16 au 20 novembre 2009. Le site www.comediedecaen.com nous donne informations et aperçus (et même vidéo de répétition).



« Bartleby » ou la littérature de l’impossible…quand « la littérature est le monde ».

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La littérature est fiction. Fiction incessante. Fiction toujours. Fiction absolue.

C’est dans la fiction que la littérature trouve son essence. Pas dans l’Histoire, pas dans les faits que faute de mieux on appelle « réels ».

En d’autres termes, la littérature développe un mode de « réalité » qui est celui de la « fiction ». La réalité, la présence, la vérité d’un personnage de roman, d’une histoire que nous raconte par exemple un « polar », cette réalité tout entière provient, vient, de la fiction.

En d’autres termes encore on pourrait dire que la littérature de « science-fiction », celle dont la narration se déroule dans le futur est davantage « littéraire », davantage « littérature » que celle qui se déroule dans le passé. Parce que le futur ne peut-être que possible, probable. Tandis que le passé, même « composé », recomposé, temps perdu et retrouvé ou non, comporte toujours une part de la réalité telle qu’elle s’est déjà déroulée. Le passé à ce titre serait donc moins fictionnel que le futur et donc moins littéraire.

Si l’on poursuit cette hypothèse, le temps de la littérature serait par définition toujours (quelque forme qu’il puisse prendre) le conditionnel.

Le titre du dernier roman de Philippe Delerme  » Quelque chose en lui de Bartleby » est une référence explicite à Herman Melville et à la nouvelle « Bartelby the scrivener, a Wall street history » parue pour la première fois en 1853.

Ce texte a été adapté quatre fois au cinéma, deux ou trois au théâtre, a prêté à de nombreux commentaires. On en trouve une analyse insigne chez Gilles Deleuze dans « Critique et clinique ».

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Dans ce texte (édition Folio Gallimard) dont le titre est, selon les éditions, « Bartleby », »Bartleby  l’écrivain » ou encore « Bartleby le scribe », le personnage principal est engagé par un homme de loi de Wall street pour recopier des textes: rien de moins littéraire, rien de moins fictionnel. Recopier des textes, c’est écrire mais c’est le contraire d’inventer, de créer. Mais, peu à peu, Bartleby commence à refuser de faire certains travaux. Chaque fois, il prononce cette phrase difficilement traduisible: « I would prefer not to… »: « Je préfèrerais ne pas… », « Je ne préfèrerais pas… ». Jusqu’au moment où il refuse de sortir de l’étude où il travaille et où désormais il dort; il refuse même d’être renvoyé! (on ne disait pas « licencié » au milieu du XIX° siècle).

Dans une certaine mesure, Bartleby est un véritable écrivain. Un écrivain du livre impossible à écrire. Puisque tout son temps se passe à écrire ce que d’autres ont déjà écrit. Malgré les apparences, Bartleby est bien un écrivain puisque toute littérature est littérature de l’impossible, littérature seulement potentielle, et donc à l’extrême, littérature impossible.

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Toute fiction est de l’ordre de l’impossible, par définition même. Bartleby n’en est que la figure conceptuelle extrême, une sorte d’illustration, de métaphore paradoxale.

Bartleby est une sorte d’exemple de ce qu’est la littérature, fiction qui ne cesse jamais, réalité sans doute plus grande que le « réel » lui-même dont les limites sont celles de ce qui advient.

C’est en ce sens que le mot réitéré d’Arthur Schopenhauer dans « Le monde comme volonté et comme représentation » selon lequel la musique est le monde, peut aussi bien s’appliquer à la littérature.

La littérature donc, est le monde. Elle n’est pas une représentation du monde, ni une image du monde, ni quelque chose qui permettrait de le comprendre, de le rendre soudain intelligible. La littérature est tout entière le monde tout entier. Il n’y a pas d’autre réalité que celle de la création, de l’art. Le monde est création et ne peut être autre chose. Le réel est cette fiction entrain de se dire, de s’exprimer, de se déployer…C’est la même chose que l’on trouve dans la peinture, dans la danse, dans la photographie, dans la sculpture et dans le cinéma. Dans d’autres activités humaines, heureusement. Dans toutes les activités heureuses. Et que l’on devrait trouver dans le travail: on peut même imaginer des « travailleurs heureux ». (Bon, là je pense qu’il faut beaucoup d’imagination en cette fin d’année 2009, mais il faudra bien que cela change un jour et cela est déjà, plus ou moins, il est vrai, arrivé.)

On trouvera ci-après un petit texte (à caractère poétique, c’est-à-dire encore plus fictionnel que la fiction elle-même si cela est possible), hommage écrit en 2008 à Melville (l’un des plus grands écrivains qui soit) et à Bartleby. « J’aurais mieux aimé… » est une traduction (personnelle) du fameux « I would prefer not to… ».

On voit bien ici, que cela a de nombreux sens, plusieurs sens, imaginaires (ceux-là même de l’imagination elle-même), improbables, impossibles, impensables: on voit bien que la littérature est encore plus réelle, plus vraie que ce que l’on décrit généralement comme réel et comme vrai. On voit bien ainsi que toute littérature est un « conte », que toute réalité vient de l’impossible. Que rien ne peut se substituer à la création, à l’invention, à l’imagination, à l’art: que sans cela qui est un et qui est un tout, alors il n’y a rien, pas même la vie, pas même l’ici, le maintenant, l’instant.

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J’aurais mieux aimé…

J’aurais mieux aimé qu’il n’en soit pas ainsi au déclin de ce jour.

J’aurais mieux aimé peut-être.

Le ciel serait resté dans le cœur des grands arbres abattus sur la route ensoleillée d’une adolescence qui n’était encore qu’enchanteresse inavouée.

Plus tard nous fûmes associés souverains. Nous étions cependant assourdis par le poids de nos efforts dans la chaleur de Midi. Nous allions dépouillés de tout. Tel était le rite d’autrefois. Nous le portions avec la gravité de la glace et le dévouement de l’ardeur.

lisalyonparrobertmappelthorpe.jpg (photo Robert Mapelthorpe)

Il y avait une audace à vouloir franchir le sommet de la montagne et la pierre s’y opposait. Nous fûmes inlassables pourtant. Inlassables mais effrayés sans termes aperçus.

J’aurais mieux aimé, tu sais. J’aurais mieux aimé, justement ; sans doute. La ferveur de ta prière s’envola sourde et inexorable. J’aurais mieux aimé espérer et ressentir tes sourires, ceux de l’effort apaisé que tu apercevais dans chacun de tes gestes et dans la pureté de ton cœur. Il fallait que j’emprunte cette épreuve infinie, celle dont la grive d’automne  ne peut plus se charger.

J’aurais mieux aimé te proclamer, te dire grâce et merci. Et parvenir à franchir enfin cet obstacle tragique. Il en fut autrement.

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 Depuis ces années incertaines ta présence est unie au destin. Il fallut pourtant quelques ciels passagers et qu’une pluie d’éclairs imprévus s’affranchisse des regrets et surmonte ton courage.

Peut-être aurais-je mieux aimé. Et alors je t’aurais donné avec ton bonheur fébrile une attente de lueurs, d’eaux et de bleus, partagée.

Michel Arcens    (octobre 2008/février 2009)

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