Cette invisible musique…

ardito1.jpg

(Cecilia Arditto, photographie de Marilyn Mouradian)

Née à Buenos-Aires (Argentine) en 1966, la musicienne Cecilia Arditto a composé une « Musique invisible ».

Cecilia Arditto a composé aussi « El libro de los gestos ». Parmi d’autres oeuvres que l’on peut trouver sur différents sites et notamment sur celui de Cecilia: www.ceciliaarditto.com  

(Dans la rubrique « liens » on trouve maintenant cette adresse ainsi que celle de l’excellent et très beau blog de Cecilia « la cocina de Ce »)

Que la musique puisse être vue, qu’il y ait des gestes de la musique, qu’ils se reflètent ou non dans un miroir (comme on peut le croire sur quelques vidéos) cela est aussi certain que la musique s’écrit parfois avant d’être « jouée ».

arditto2.jpgarditto2.jpg

 (photographie Marilyn Mouradian)

Mais que la musique soit invisible cela doit être réfléchi.

« La musique pourrait exister si le monde n’existait pas » dit Arthur Schopenhauer (« Le monde comme Volonté et comme Représentation » livre III, §52).

Pensons à cette extraordinaire aventure d’August von Briesen. Sans voir, dans le noir, il dessinait les musiques qu’il entendait: Beethoven, Lizst, Bartok…Ses dessins ne représentaient pas la musique. Ils étaient comme une interprétation de celle-ci, pas davantage que celle de tel ou tel orchestre. Ses dessins étaient de la musique. Il ne la rendait pas visible.

arditto4.jpg

(Cecilia Arditto photographie Marilyn Mouradian)

« La musique représente l’irreprésentable, la face cachée des choses…elle est la reproduction d’une réalité antérieure, métaphysique, qui constitue le fond de l’être et l’essence intime de toute chose… »écrit Michel Henry dans son étude sur Briesen (in « Phénoménologie de la vie » III PUF).

cytwombly1untitled1970.jpg

Certaines oeuvres de Cy Towmbly, elles aussi ne montrent rien mais elles nous embrassent: elles nous entraînent jusqu’au mouvement originaire qui nous rend à nous-mêmes et que l’on appelle peut-être « le naturel » ou « la spontanéité » ou « l’enfance »…

arditto3.jpg

(Cecilia Arditto photographie Marilyn Mouradian)

La « Musique invisible » de Cecilia Arditto exprime par l’entremise des sons la même chose que les dessins de Briesen ou les tableaux, les sculptures, les photographies de Cy Towmbly: quelque chose qui est avant les sons, avant le dessin ou la peinture.

C’est ce que Schopenhauer appelait « la Volonté ».

 cytwomblyuntitledviibacchus.jpg

Nietzsche après lui, disait en outre: « la vie », « la danse » ou même « le rire »!

« Nul n’a jamais vu la vie et ne la verra jamais », écrit Michel Henry (op cit).



2 commentaires

  1. serge 13 novembre

    Peut-être faut-il chercher du côté de la transparence. L’art, sous quelque forme d’expression que ce soit, n’a-y-il pas pour finalité ultime de lever le voile sur une réalité pour laisser apparaître ce qui se dérobe à nos regards premiers, une réalité plus grande que la réalité qu’elle contient ? J’essaierai de préciser encore cette pensée pour mieux la formuler…

  2. sauna nimes 9 mars

    coucou.
    Un court coucou pour vous faire remarquer que vos publications sont excellents !
    Continuez comme cela

Laisser un commentaire

Il était une fois... |
célia dojan |
marietheresedarcquetassin |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blog de Lyllie
| RETOUR CHARIOT, par Pierre ...
| meslectures14