Les voyages vers l’infini (Retour à Venise II)

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(photographie M Arcens)

 A la fin du XVI° siècle, en France, du côté de Bordeaux, Michel de Montaigne dit soudain:

« La pièce est enfumée. Je dois la quitter… »

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Il faut parfois partir en voyage. Quand le monde s’avère meilleur sous des cieux plus cléments. Il arrive que le monde ne tourne pas rond. Et qu’il incite à le fuir.

Le siècle en question n’est pas terminé ce 17 février 1600. Ce jour-là, les soldats de l’Inquisition conduisent Giordano Bruno au Campo dei Fiori à Rome. Pour le brûler sur le bûcher. Pour hérésie.

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Pour lui, le monde n’a pas de fin, pas de limites: il est infini. Giordano est le philosophe de « l’Infinito. »

Il affirme que les femmes qu’il aime et qui l’aiment sont infinies. Quand elle porte la vie, la femme est une image de l’infini. 

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(photographie C. Coigny)

C’est à Venise que Bruno est pour la première fois arrêté. L’Europe considère alors unanimement Venise comme le lieu même de la tolérance. Mais Venise a oublié son honneur. Et le pouvoir de la police, celui que Montaigne décrit quelques années auparavant, est immense. Mocenigo, l’hôte de Bruno le fait conduire aux « Plombs ». C’est en 1591.

On l’aurait peut-être libéré. Mais le pape et Rome veillent. Et le doge ne peut s’opposer.

On ne dit pas sans risque l’infini du monde.

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Il y a, à Venise, trois lieux magiques et cachés qui chacun conduisent à des endroits magnifiques. Ils ouvrent la porte sur de nouvelles aventures.

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Hugo Pratt, le créateur de Corto Maltese, dans « Fable de Venise » les désigne tous les trois.

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L’un se trouve dans la calle dell’Amor degli Amici, un deuxième près du pont de le Maravige et un troisième dans la calle dei Marrani à San Geremia dans le Ghetto.

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(photographie M Arcens)

Lorsque les Vénitiens sont las des autorités en place, ils se rendent dans ces lieux secrets. Quand la « fumée » du temps est irrespirable, alors ils ouvrent ces portes. Elles sont pourtant plus ou moins dissimulées au fond des cours.

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(photographie M Arcens)

Ils rejoignent ainsi d’autres temps, d’autres lieux.

Ils voyagent vers l’infini.

Comme avec les livres.

Selon une autre légende il y a sept lieux qui offrent ce pouvoir aux habitants de Venise. Sept lieux dont ils ont le pouvoir de pousser la porte.

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(photographie M Arcens)

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A la même époque, quatre ans avant l’arrestation de Girodano Bruno, en 1587, Claudio Monteverdi est le créateur de la musique de tous les temps: une musique sans fin.

Une musique infinie.

Il écrit à Venise son premier livre de madrigaux à cinq voix.

En voici l’instant:

http://www.musicme.com/Claudio-Monteverdi/albums/Livre-De-Madrigaux-1587—Livre-De-Madrigaux-1651-8424562209213.html

 



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