Joë Bousquet: la mémoire d’un écrivain

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Joë Bousquet est l’un des écrivains essentiels de la littérature contemporaine.

Pour autant, s’il est ainsi parfois célébré, il n’est pas le plus connu, pas le plus lu…

Pour découvrir ou partager un moment avec Joë Bousquet, « L’instant » a choisi de débuter avec un poème (si Joë Bousquet est à tout moment poète, ses poèmes, ses écrits sous forme poétique sont peu nombreux et sont tous réunis dans le recueil intitulé « La connaissance du soir »).

La meilleure connaissance que l’on peut avoir d’un écrivain c’est, à coup sûr, de lire et d’entendre ce qu’il dit dans le silence même de cette lecture.

 

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 « Quand l’âme eut froid »

Mon coeur ouvert de toutes parts

Et l’effroi du jour que je pleure

D’un mal sans fin mourant trop tard

Je ne fus rien que par hasard

Priez qu’on m’enterre sur l’heure

On reverra dans le brouillard

Avec ses maux et ses années

Le roi qu’il fut dans la fumée

D’un feu qui n’était nulle part

Sa mère avait des yeux d’eau vive

Il reviendra dans le brouillard

Le coeur ouvert par trois poignards

Vidé par les lunes oisives

Mais les ans passent sans nous voir

L’aube naît d’une ombre où l’on pleure

De quoi voulez-vous que l’on meure                                                                               

La nuit ne sait pas qu’il fait noir

Tout est passé pour nous revoir

Nos pas reviennent pour nous attendre       

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On rouvre la classe du soir

Où l’on attend le roi des cendres

J’ai cru le voir dans un miroir

Qui m’est resté de mon enfance

Un chant de source était devant

Qui m’a bercé jusqu’au silence

Et je le suis jusqu’à l’absence

Mon corps s’ouvrant à tous les vents

A bu le froid dans l’eau d’argent

 

D’un coeur noir qu’il est las d’entendre                                                

Tout est trop beau pour être vu

Un amour plus grand que l’espace

Ferme les yeux qui ne voient plus

Et l’ombre que sa forme efface

Mendiant son pas mendiant sa place

Au jour mort d’un rêve pareil

Dira des ombres qui la suivent

Ma vie avait des yeux d’eau vive

Passé prête-moi ton sommeil

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Et puis, « L’instant » a aussi laissé la place à Serge Bonnery pour parler de Joë Bousquet.

Serge, parmi ses activités nombreuses, professionnelles ou personnelles, artistiques ou non, préside au destin du « Centre Joë Bousquet et son temps » qui a son siège à Carcassonne.

Il nous parle avec justesse, avec intelligence et passion de cet immense écrivain qu’est Joë Bousquet.

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Joë Bousquet de mémoire  Quatorze séquences pour « L’instant ».

1 – La maison de Carcassonne est un hôtel particulier dont l’origine remonte au XVIIIe siècle. Il est situé au cœur de la ville bâtie par Louis IX, une bastide que les Carcassonnais nomment « ville basse », par opposition à la Cité médiévale construite sur une colline dominant le fleuve Aude. La famille Bousquet a pris possession de cet hôtel vers le milieu des années 20. Elle habitait un appartement au premier étage. Le reste de la maison était occupé par des locataires. Dans ce vaste appartement qui, au XIXe siècle, abrita un cercle de jeu, Joë Bousquet s’était vu attribuer par les siens une chambre dont la situation lui conférait une certaine autonomie. Une porte s’ouvre sur un escalier dérobé qui relie directement la pièce à la cour intérieure du rez-de-chaussée. On pouvait, empruntant cet accès, visiter Bousquet sans être vu par quiconque. Sur cette porte, le poète avait fait punaiser sa carte de visite sur laquelle on lisait : Joë Bousquet. Tout simplement.

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2 – René Nelli, Paul et Gala Eluard, Max Ernst, Louis Aragon et Elsa Triolet, Simone Weil, André Gide, Hans Bellmer, Julien Benda, Gaston Gallimard, Jean Paulhan furent parmi les innombrables visiteurs de la nuit. Au milieu d’eux, des femmes. De jeunes et toujours très belles femmes.

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3 – Pourquoi Joë Bousquet demeura-t-il immobilisé dans un lit, du 27 mai 1918 au 26 septembre 1950, date de sa mort ? Le 27 mai 1918, sur le front de l’Aisne, à Vailly, le lieutenant Bousquet âgé de 21 ans (il était né à Narbonne le 19 mars 1897) reçoit l’ordre de ses supérieurs de « tenir coûte que coûte » face à l’ennemi qui déferle par vagues pour percer les lignes françaises. Submergé mais resté debout (par défi ?) quand il comprend « que tout est fini », Joë Bousquet est frappé par une balle qui l’atteint au poumon gauche, ressort par l’omoplate droit, pinçant au passage la moelle épinière, cause de sa paralysie des membres inférieurs. Tels sont les faits. Tel est l’acte. Fondateur.

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4 – Comment nommer les textes qui composent son œuvre ? Récits ? Romans ? Contes ? Journaux ? Méditations philosophiques ? Métaphysiques ? Rien, véritablement, de tout cela (hormis peut-être les contes, un des rares noms de genres que Bousquet employa) et, pourtant, tout cela à la fois. Les textes de Joë Bousquet se dérobent à toute tentative de classification. Ils sont, littérairement, objets non identifiables. Peu rassurants pour un lecteur rangé. Une chance pour tout lecteur qui attend de la littérature qu’elle le dérange. L’œuvre de Bousquet se déploie, dos tourné à la littérature, tentative pure de poésie si la poésie contient tout. Elle fait fi des formes codifiées. Les dépasse. Seuls les mots sont premiers. Seuls les mots importent. Seule la pensée qui se pense sous la plume écrivant commande. Impose son rythme. Par exemple, l’ouverture de tel ou tel cahier qui recueillera l’instant de la parole. Joë Bousquet en possédait par dizaines. Il en menait plusieurs de front : le cahier bleu, le cahier vert, le cahier turquoise, le cahier noir, tous posés sur l’édredon qui recouvrait son corps malade, comme des taches de couleur sur la palette du peintre. Sur de tout petits carnets qui lui servaient de guide, où il notait ses plans de travail, Bousquet indique : telle pensée cahier vert, tel conte cahier turquoise, tel récit cahier noir. Et ainsi de suite, dans une tentative d’ordonnancement d’une toujours extrême fragilité.

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5 – Jusqu’à la déclaration de guerre de 1939, Joë Bousquet ressentit le besoin de sortir de sa chambre. L’été, il partait en villégiature dans une maison louée à La Franqui, petite plage de style très « années 30 » située sur la côte audoise, dans le voisinage immédiat de Leucate que prisait la bourgeoisie carcassonnaise. La famille maternelle de Bousquet vivait tout près de là, à Lapalme, village viticole en bord de mer, où le poète vint séjourner souvent dans son enfance. Il décrit ces paysages dans un livre paru après sa mort sous le titre « Le roi du sel » et l’on peut lire dans ses œuvres romanesques complètes (éditions Albin Michel) des contes du cycle de Lapalme dans lesquels Bousquet poétise ses souvenirs. C’est à La Franqui, adulte, que Joë Bousquet rencontra l’écrivain aventurier Henry de Montfreid qui lui procura, un temps, de l’opium.

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6 – A l’automne, pendant la période des vendanges, Bousquet partait avec sa famille (son père, sa mère, sa sœur) dans la propriété de Villalier, en Minervois, près de Carcassonne. Les Bousquet vivaient dans une vaste demeure, ancien évêché, entourée de terres riches. C’est à Villalier que Joë Bousquet hébergea pour quelques mois Gaston Gallimard et les siens, quand ils quittèrent Paris après la débâcle de 1940 et l’entrée des Allemands dans la capitale.

7 – Après l’été 1939, Joë Bousquet ne quitta plus la chambre de sa maison carcassonnaise, sise 53 rue de Verdun. Il y demeura, jusqu’à sa mort, onze ans plus tard.

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8 – Les murs de la chambre de Joë Bousquet étaient tapissés de tableaux. Dès la fin des années 20, sur les conseils éclairés de Paul et (surtout) Gala Eluard, il avait commencé à constituer une collection personnelle très marquée par le surréalisme. De mémoire, Bousquet posséda des œuvres de : Magritte, Tanguy, Dali, Ernst, Miro, Soutine, Bellmer… Il collectionnait par séries. La plus importante (en nombre d’œuvres) était la série des Max Ernst qui était l’un des plus proches amis de Bousquet. Une histoire à dormir debout liait les deux hommes : Bousquet prétendait que Max Ernst se trouvait dans les rangs de l’armée allemande, à Vailly, sur le plateau de Brenelle, en mai 1918, quand lui-même y fut blessé. Plus sûrement : les rêves qui constituaient la base de leurs expressions artistiques les désignaient comme frères.

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9 – Lisez Bousquet au hasard. Prenez un livre, le premier qui vous tombe sous la main, ouvrez-le à n’importe quelle page et lancez-vous. Il est impossible d’indiquer à un lecteur qui n’a encore jamais rien lu de Bousquet un livre par lequel commencer. Pourquoi celui-ci et pas tel autre ? Généralement, on a pris l’habitude d’indiquer Le meneur de lune, le texte le plus directement autobiographique du poète. Le plus facile d’accès aussi. Soit disant. C’est une très mauvaise habitude. Pourquoi pas Isel ? La tisane de sarments ? Iris et petite fumée ? Le passeur s’est endormi ? Et pourquoi pas Mystique ? Traduit du silence (l’un des plus connus, parce que paru chez Gallimard) ? La neige d’un autre âge ? Et encore, Lumière infranchissable pourriture (un essai sur Pierre Jean Jouve) ? Ou alors, évidemment, suis-je sot, Le cahier noir, le fameux Cahier noir, dernier paru chez Albin Michel des inédits de Bousquet, celui qui a fait tant de bruit lors de sa sortie, articles dans les journaux, même les plus généralistes ? Le Cahier noir qui contiendrait toute l’érotique de Joë Bousquet, sa fascination pour la sodomie, la fessée, le sadisme etc… Je glisse cela en passant à l’adresse d’oreilles curieuses, je n’y reviendrai pas : il n’est pas sûr que l’essentiel pour la compréhension de l’érotique de Bousquet se trouve dans ce cahier-là. Avec Bousquet, il vaut mieux toujours se méfier des évidences quand elles apparaissent comme telles dans ses textes. En pareil cas, il est préférable de prendre son courage à deux mains et aller chercher ailleurs dans son œuvre. Mais combien reste-t-il, dans le monde d’aujourd’hui, de lecteurs courageux (c’est-à-dire attentifs, exigeants) de Bousquet ?

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10 – Et les correspondances ? Elles sont si nombreuses qu’il serait vain, ici, de les citer toutes. Lettres à Stéphane et à Jean (Mistler), Lettres à Marthe, à Ginette, à Poisson d’Or, Un amour couleur de thé, Lettres à Carlo Suarès, Jean Cassou, à Paul Eluard… Si nombreuses, disais-je, et si authentiquement littéraires qu’il faut sans barguigner les intégrer toutes dans le corpus de l’œuvre, tant la correspondance fait corps avec le reste. Joë Bousquet avait rétabli en littérature le genre épistolaire très prisé au XVIIe siècle, passé entre temps aux oubliettes de l’histoire. Il écrivait ses lettres comme ses autres textes. Dans le même élan, avec la même encre. De sorte que les correspondances de Joë Bousquet sont essentielles. Mais, malheureusement pour la plupart, épuisées. Hormis « Lettres à une jeune fille », correspondance inédite publiée en 2008 chez Grasset, il faut fouiller chez les bouquinistes pour les dénicher. A ce titre, et pas seulement, elles se méritent. Mais toutes, sans exception, sont de nature à mettre le lecteur en joie.

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11 – Joë Bousquet était lecteur régulier de toutes les revues de poésie de son temps. Elles étaient nombreuses, alors, et jouaient un rôle premier dans la diffusion de la poésie contemporaine. Lui-même en fonda une, avec son ami René Nelli. Elle avait pour titre Chantiers et connut une existence éphémère : neuf parutions entre 1928 et 1930. Joë Bousquet lisait les surréalistes auprès de qui il s’éveilla à l’écriture. Des cahiers de travail, parmi les premiers tenus par le poète, en attestent. Joë Bousquet lisait Shapeskeare en anglais dans le texte. Il étudia aussi assidûment Jean Duns Scot, Ramon Llull, Maître Eckhart, Pascal. Joë Bousquet adora encore Les caractères de La Bruyère dont il s’inspira pour son livre Le médisant par bonté, suite de portraits et de situations se moquant tendrement de la vie provinciale dans sa ville nommée ici Carqueyrolles.

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12 – Une seule fois, sur l’injonction de Jean Paulhan, un homme auquel il était difficile, compte tenu de sa position à la tête des éditions Gallimard et de la Nouvelle revue française, de refuser quelque chose, Joë Bousquet entreprit de se confronter à la poésie formelle. Rimes, pieds, donnèrent naissance à son seul recueil de poèmes, dans le sens académique du terme, La connaissance du soir, toujours réédité dans la collection Poésie/Gallimard. Sauf que cette poésie est tout sauf académique. Je tiens que Joë Bousquet s’y est souvenu de l’art formel des troubadours. Il les avait étudiés avec attention et il pensait qu’ils étaient l’âme pure d’une civilisation occitane, héritière ultime de la Grèce antique. Autant dire, une Occitanie universelle. 

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13 – Joë Bousquet est mort le 28 septembre 1950 d’une crise d’urémie qui eut raison de ses dernières forces. On l’avait transporté quelques jours plus tôt à l’hôpital de Carcassonne, mais face à l’impuissance des médecins, on l’avait ramené chez lui, dans sa chambre, au milieu de ses tableaux, de ses cahiers et de ses livres. Il est mort pendant que son infirmière faisait sa toilette, en présence de sa sœur Henriette. Tout d’un coup, en un éclair, il s’est tourné sur le côté, a poussé un râle et s’est éteint. Le curé, un de la famille, que l’on avait appelé en urgence pour les derniers sacrements, raconte qu’il trouva Bousquet étendu sur son lit « comme un guerrier sur le champ de bataille ». Son ami de toujours, peut-être le plus proche, le plus vrai de tous ses amis, James Ducellier, avait quitté peu avant la chambre du mourant. Il était quelque chose comme dix heures du matin. Bousquet est décédé à onze heures. Rentrant chez lui, James Ducellier aurait constaté, stupéfait, que sa pendule s’était arrêtée pile à l’heure de la mort de son ami.

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14 – Beaucoup de temps s’est écoulé depuis ce 28 septembre 1950, les pendules ont repris leur décompte mécanique et il a fallu attendre de (trop) longues années pour que la mémoire et l’œuvre du poète suscitent à nouveau l’intérêt.  Joë Bousquet doit sa postérité à quelques témoins privilégiés de son temps qui ont consacré toute leur énergie à la survie de sa poésie, ce qui ne manquait pas d’un certain panache, dans un monde qui allait de plus en plus tourner le dos à la poésie jusqu’à la reléguer dans les catacombes. Parmi ces témoins, figurent : René Nelli (auteur de la seule biographie du poète digne d’intérêt parue à ce jour, chez Albin Michel, mais « Joë Bousquet, sa vie, son œuvre » est épuisé), Ginette Augier (destinatrice des Lettres à Ginette), Gaston Puel (peintre, poète, éditeur), Jean Camberoque (peintre), Charles-Pierre Bru (plasticien, théoricien de l’art), Henri Tort-Nouguès (philosophe). Tous furent, avec les héritiers directs du poète, et à l’exception de René Nelli mort en 1982, cofondateurs du Centre Joë Bousquet et son temps que nous créâmes avec René Piniès et Alain Freixe (poète) à la fin des années 1990. Aujourd’hui, le Centre Joë Bousquet, installé dans la maison du poète à Carcassonne (53 rue de Verdun), fait vivre l’œuvre du poète dans une exposition permanente présentée autour de sa chambre. Le centre organise également des expositions temporaires sur les relations entre écriture, poésie et arts plastiques, publie des catalogues de ses expositions, propose au public des rencontres et lectures poétiques et travaille, à travers son service éducatif, en direction des écoles, collèges et lycées de tout le département de l’Aude. Nous avons voulu (je dis nous car je suis le modeste et, j’espère, dévoué président du Centre Joë Bousquet) éviter à tout prix de transformer la chambre du poète en un mausolée à sa mémoire. Ce qui a guidé les fondateurs de l’association, ce qui nous guide encore, ce qui continuera de nous guider demain est cette approche, la seule à nos yeux acceptable : poursuivre, inlassablement, une interrogation de la création contemporaine et conserver ainsi à la Maison Bousquet son âme, elle qui fut un creuset exceptionnel d’échange et de rencontres, du vivant de son habitant essentiel. 

Serge Bonnery

 

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(Serge Bonnery aux côtés des écrivains Bernard Noël et Alain Freixe)

 Et, pour terminer, ces quelques lignes de « Traduit du silence » (éditions Gallimard collection L’imaginaire):

« Elle était comme une étoile tombée dans la neige. Le silence éternel de tous les endroits où elle irait danser…Elle n’aurait plus été en ce monde qu’un rayon perdu si la lumière ne s’était faite chair pour la toucher…J’ai compris…je sais que certains instants sont la forme accessible de l’absolu. »

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Et en toute fin ces mots de Maître Eckhart (1260-1327):

« La vie connaît mieux que la joie ou la lumière tout ce que l’on peut obtenir en cette vie » 

et de Joë Bousquet:

« Je voudrais être votre amour, vos yeux, votre voix. »



2 commentaires

  1. Jean Labatut 24 mai

    La poésie de Joe Bousquet féconde toujours les esprits, qu’ils y viennent tard ou bien de loin. L’extrême exigence que requiert sa lecture, dès lors qu’on s’ouvre à une écoute intégrale, est plutôt une invite à suivre mot à mot la voie proposée pour en faire une écoute intégrante. Dans ce sens alors, Bousquet est un poète vivant donc facile à mettre entre toutes les mains et fécond car il suscite une descendance.

  2. Voltuan 12 septembre

    Merci à vous de nous offrir en partage tous ces moments vifs, frémissants et féconds à propos de – et sur – Joë Bousquet ! Cet être nous touche au plus profond par ses poèmes sans illusions, sans façons mais allant droit au coeur de ceux qui ont tout perdu comme lui a laissé derrière lui ses joies les plus sereines, ses rêves les plus beaux pour cependant continuer à célébrer la Vie malgré tous les tourments qui l’assènent jour et nuit…

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