Sur une photo de Willy Ronis: « l’écrin de la nudité »

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« A la naissance de ce monde-là, l’espace est si transparent que le monde n’y adhère pas. Chaque objet qui s’installe semble une effraction… J’adore la nudité qui est… une opulence à l’envers, mais une opulence sans mesure. » 

Ces mots sont signés d’un auteur que « L’instant » a souvent célébré. Ils sont empruntés au livre d’Alain Gerber « Paul Desmond et le côté féminin du monde » (éditions Fayard).

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(Paul Desmond)

Paul Desmond fut le saxophoniste du fameux quartet de jazz du pianiste Dave Brubeck. Il fut le compositeur de l’un des thèmes les plus célèbres que cette musique ait jamais donné. Il est intitulé « Take five ».

Mais c’est d’un autre musicien, le merveilleux John Lewis. Il fut le pianiste du magnifique Modern Jazz Quartet.

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(John Lewis)

Le texte cité a cependant d’autres vertus que de s’en tenir à la musique d’un musicien de jazz, fut-il l’un des plus brillants.

La photographie de Willy Ronis qui est ici pourrait être illustrée par les mots d’Alain Gerber.

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Ceux-ci ont cette pertinence de faire que malgré ce que l’on pense généralement, malgré ce que semble montrer cette image, la nudité ne provient pas d’un dévoilement. Elle ne dit pas cela. Mais bien plutôt l’inverse. Voici la raison pour laquelle elle est le sujet de malentendus.

Comme la vérité, la nudité n’est pas quelque chose qui aurait été caché, puis qui serait apparu au terme d’un procès.

Ni la vérité, ni la nudité ne sont « non-cachées ». Pas plus que la musique. Pas plus que la peinture. Pas davantage que la vie. Puisqu’elles sont cette vie-même. Alors, elles sont primordiales.

En restant en tout point fidèle au texte de « Paul Desmond et le côté féminin du monde », à un moment où c’est Desmond qui parle par l’écriture d’Alain Gerber, il faut ajouter ceci :

La nudité, dans sa seule existence, dans son seul fait, « loin d’être un obstacle au regard (Desmond/Gerber dit « au lyrisme ») représente ce qui lui donne… en même temps qu’un écrin naturel sans égal, tout son prix. » 

Et, surtout :

« D’une épure Willy Ronis trouve le courage de ne présenter que l’esquisse. Son art est une vaste abstention, où prennent cependant naissance des initiatives cruciales. »

 

 willyronisbn.jpgwillyronisbn.jpgwillyronisbn.jpg (Willy Ronis) Pour mémoire voici « Take five » par le Dave Brubeck quartet

http://www.musicme.com/Dave-Brubeck/albums/Time-Out-5099706512226.html?play=01

et quelques instants de la musique « nue » et si pure, si originelle de John Lewis

http://www.musicme.com/John-Lewis/albums/Improvised-Meditations-&-Excursions-0081227792268.html?play=01



1 commentaire

  1. motercalo 28 juin

    Superbes images qui ont fait le tour de monde.

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