Edward Hopper: deux peintres comme une seule inspiration

Félix Vallotton

Félix Vallotton

 

 

Il vaut de remarquer que le peintre européen qui présente le plus d’affinités avec Hopper, Vallotton, venait comme lui d’une des terres de la réforme, en l’occurrence le pays de Vaud calviniste … tradition qui invite à douter de l’être sensible, à cause d’un Dieu trop proche – qu’on le sente vivant ou mort.

 

C’est ce qu’écrit Yves Bonnefoy dans « Edward Hopper : la photo synthèse de l’Etre » in « Dessin, couleur, lumière » (éditions du Mercure de France).

 

Cela est vrai assurément.

Félix Vallotton

Félix Vallotton

 

Mais il est un autre peintre qui, sans doute, inspira Hopper au même moment lorsqu’il séjourna en France. Ce peintre c’est Marius Borgeaud (1861-1924).

Bien moins connu que Félix Vallotton dont il fut l’ami, Borgeaud était, lui aussi, natif du pays de Vaud.

Marius Borgeaud

Marius Borgeaud

 

Vallotton, Borgeaud, Hopper : trois peintres pour qui la lumière était essentielle et pour qui le monde apparaissait à chaque instant épuré, comme dépouillé.

Marius Borgeaud

Marius Borgeaud

Marius Borgeaud

Marius Borgeaud

Marius Borgeaud

 



Le voyageur

 

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Bertrand Renaudin est un musicien voyageur. Il écrit des livres, il est aussi un peintre très remarquable jouant des noirs et des blancs, offrant des lumières fascinantes à qui désire être ébloui.

Bertrand Renaudin est un batteur singulier – sa manière si harmonique est là pour le prouver – et c’est, sans doute avant tout, un musicien voyageur.

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Il n’avait pas fallu « L’arbre voyage » publié en 2000 et réédité aujourd’hui (OP Music) pour comprendre que Bertrand Renaudin est un musicien errant, pour lequel, non pas tous les chemins sont bons, mais pour qui sans doute ceux qui mènent ici ou là par des voies inattendues, ceux-ci sont les plus beaux.

Et ce sont eux qu’il n’a de cesse de nous offrir avec une sorte de générosité qui est l’une de ses marques, l’une de ses spécificités. Aujourd’hui il nous propose aussi de retrouver un voyage inattendu, celui qu’il a fait avec le guitariste Olivier Cahours sous le titre de « Douö » (OP Music).

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Si l’on veut, si l’on aime découvrir ou redécouvrir des contrées nouvelles, des mondes clairs ou obscurs, parfois les deux ou même entre les deux, ces enregistrements, comme tous ceux de ce musicien aussi rare que familier, aussi proche qu’il nous emporte au plus loin de nous-mêmes, sont des chemins de traverse qu’il est heureux d’emprunter. La première fois comme aujourd’hui encore, comme demain.



De Lily Dahl à Marilyn Monroe (avec Siri Hustvedt): la vie, la littérature, le théâtre, la peinture et la musique…

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 « …Il ne commençait pas à faire noir? Je ne prétends pas que n’avez rien vu, mais comment pouvez-vous être aussi sûr? »

Décidément « L’instant » n’est pas souvent dans ce qu’il convient d’appeler « l’actualité ».

Voici en effet quelques lignes qui concernent un roman publié pour la première fois aux Etats-Unis et en France en 1996 (éditions Actes Sud; aujourd’hui collection Babel)

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Et dont vient, bien sûr, la citation qui les introduit.

« L’envoûtement de Lily Dahl » – c’est le titre de ce roman - est l’oeuvre de Siri Hustvedt.

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Si l’on ne s’arrête pas à ce qui constitue « l’histoire » racontée par Siri Hustvedt, si l’on ne s’en tient pas aux événements plus ou moins mystérieux qui surviennent dans la vie de la jeune femme du nom de Lily Dahl, on découvre d’autres mystères dans ce roman.

Des mystères bien plus étranges, bien plus fascinants que la succession de faits pourtant extrêmement intrigants qui font le quotidien de Lily. Et qui sont ce que l’on pourrait appeler « le suspense » de ce livre.

Il faisait noir. Qu’avons nous vu? Sommes-nous certains de ce que nous voyons? Sommes-nous certains de ce qui semble être ou apparaître, de ce qui est, « assurément », des autres, et même de nous-mêmes?

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Lily, serveuse dans un café restaurant est aussi actrice de théâtre.

« Mais Marilyn avait modifié l’idée que se faisait Lily du métier d’acteur, elle avait commencé à se demander si ce n’était pas un moyen de se trouver très près du coeur des choses, si jouer la comédie ne vous rapprochait pas de la vie plutôt que de vous en éloigner. »

Non pas que la vie soit un « théâtre », une suite plus ou moins réussie de faux-semblants, de mensonges.

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Mais au contraire, Lily a compris; elle sait, stupéfaite par Marilyn, sidérée, envoûtée par elle (ici s’extrapole le roman dans cette « interprétation », dans cette lecture), que là où se trouve la vie, là il y a une part de rêve, une part d’imaginaire.

Lily sait que la vie n’est vécue que lorsqu’elle est animée, lorsqu’elle est cette vie qui invente, qui s’invente. Comme un personnage de théâtre ou même comme celui d’un roman, d’une fiction totale, s’il le faut.

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La vie est un songe, un imaginaire. Là même où elle est le plus elle-même, là où elle est la plus « concrète », la plus incarnée. Et c’est « Le songe d’une nuit d’été » que répète Lily.

« Rappelez-vous ceci: Hermia n’est ni plus ni moins que les mots sur la page, les dire c’est être elle. C’est aussi simple que ça. La qualité de votre jeu dépend, néanmoins, de votre capacité à donner corps au langage. Et ça – Mabel pointa l’index vers Lily – c’est spirituel. »

C’est ce que lance à Lily l’un des personnages du roman, une vieille dame, disons « expérimentée », connaisseuse de la vie comme elle va ou ne va pas…

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Un personnage de roman s’il n’a pas la même réalité qu’un personnage de la « vraie vie » est cependant plus près de la vie que celui-ci.

Le personnage de roman, comme celui du théâtre, a un corps. Le corps que l’acteur, que le lecteur, que le spectateur aussi, lui donnent. Il vit, en chacun d’eux, ce personnage. Et aussi, à tous ceux-là, il donne vie. Il leur apporte cette part de « volonté » qui est la vie elle-même, cette part d’imaginaire, de fiction, qui est le réel. Ou, plutôt qui fait que le réel est réel, qui est la possibilité de tout. C’est cette part de « fiction », c’est-à-dire pour le dire autrement, cette part d’invention infinie qui est la condition de toute possibilité. C’est l’impossible, sans doute, pour le dire encore avec d’autres mots, qui permet le possible, le réel.

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Et Siri Hustvedt dit la même chose:

 » – Les livres?

- Les livres?

- Oui, je voulais vivre une grande vie passionnée, pleine de risques, de beauté et de douleur.

- Et tu l’as eue? … Ta vie a été comme ça?

- Je crois que ce n’est pas tant ce qui arrive dans la vie que la façon dont on se représente ce qui arrive, dont on colore les événements… J’avais lu beaucoup de livres, et ces histoires écrivaient la mienne, si tu vois ce que je veux dire…

- C’est pour ça que tu me donnes tout le temps des livres à lire? »

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Dans « L’envoûtement de Lily Dahl » il y a cela de rare qu’il s’agit d’un livre dans lequel on se demande toujours ce qui va arriver. Et mieux: on se demande ce qui arrive. Et, au même moment ce livre est aussi et peut-être d’abord un livre émouvant. Émouvant parce que ce qui arrive et qui demeure pour une part énigmatique est en même temps extrêmement familier: tout cela qui arrive c’est ce qui nous arrive à nous aussi.

On vient de le voir en un autre sens.

« Familier » donc est ce roman de Lily Dahl.

Parce que la vie n’est pas faite, d’un côté de tâches « triviales » et de l’autre de tâches « nobles » ou extraordinaires.

« Elle se demanda pourquoi on pouvait avoir envie de peindre sans rien représenter, et puis décider de ranger sa chambre » se demande Lily.

Peindre sans rien représenter, voilà un acte exceptionnel, détaché du « réel »… tandis que ranger sa chambre…

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Mais concevons que ces différentes actions ne sont pas contradictoires, pas opposées, pas si différentes que cela. Elles sont la vie. Et si l’on ne savait pas accomplir les tâches ménagères, si l’on n’était pas un individu « concret », fait de chair et d’os, on ne pourrait sans doute pas se livrer à une quelconque activité « spéculative » ou « artistique ». Non par impossibilité « physique » ou « matérielle » mais tout simplement parce que ces deux types de tâches sont du même ordre, du même monde. Puisqu’il n’y a qu’un seul monde. Et pas non plus, comme disait Nietzsche, d’arrière-monde.

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« La musique était émotion pour elle, alors, moins le reflet d’un sentiment que le sentiment lui-même. »

Et là, tout est dit…

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C’est pour cela, pour cette même raison, pour tout ce qui vient d’être explicité que, vers la fin du roman, Lily se dit:

« … il a disparu, cet instant, ce « maintenant ». Ça n’existe pas, « maintenant », en réalité. Même prononcer le mot « maintenant », ça prend trop de temps. Maintenant glisse tellement vite dans le passé que ce n’est rien du tout… le temps est inexprimable. »

« L’instant » s’en tient là, pour le moment, à propos de Lily Dahl et Siri Hustvedt: à cette dernière il faut laisser « le dernier mot ».re

Ci-dessous on pourra cependant écouter « Le songe d’une nuit d’été » de Mendelsshon, en « contrepoint ». 

http://www.musicme.com/Eugene-Fodor/albums/Le-Songe-D%27un-Nuit-D%27ete-0743217402822.html?play=01

Et aussi celui de Sir Benjamin Britten qu’il faut partager avec une attention toute particulière.

Le voici donc:

http://www.musicme.com/Beaux-Arts-Trio/albums/A-Midsummer-Night%27s-Dream-0028945412221.html?play=01



« Et puis, un jour, nous perdons pied » (Miguel de Azambuja avec Rimbaud, Walter Benjamin et quelques autres)

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Il faut lever les yeux.

Il faut regarder au loin

Il faut rêver.

Il faut perdre pied, danser, s’envoler.

Pour voir le monde tel qu’il est vraiment, pour voir la vie.

Le philosophe Walter Benjamin écrit un soir:

« C’est là une des sources de la poésie. Quand un homme, un animal ou un être inanimé, investi de ce pouvoir par le poète, lève les yeux, c’est pour regarder au loin; ainsi éveillé, le regard de la nature rêve et entraîne le poète dans sa rêverie. »

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Cela se trouve dans ses essais sous le titre « Sur quelques thèmes baudelairiens ».

C’est une référence que l’on déniche, au détour, dans un livre qui vient d’être publié dans la collection « Traces. Connaissance de l’inconscient » aux éditions Gallimard. L’auteur est le psychanalyste Miguel de Azambuja.

Miguel de Azambuja est originaire du Pérou. Il écrit dans la revue « Penser/Rêver ».

« Et puis, un jour, nous perdons pied » est le titre de ce livre.

Il y a, sans doute, bien des raisons et bien des façons de « perdre pied ».

Les pyschanalystes le savent. Mais chacun d’entre-nous tout autant, mais chacun d’entre-nous à notre manière.

Ce qui fait notre vie, une part de notre vie…

Exceptons les pertes pathologiques. Ce que fait souvent Miguel de Azambuja.

Il s’avère fertile de suivre quelques unes des voies qu’il explore ici.

I * Le deuil

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« Tout chagrin, toute douleur liée à la perte d’un être cher, n’a-t-il pas quelque chose d’inconsolable, d’inachevé, d’erratique? »

Ce dernier mot Azambuja l’emprunte explicitement à Roland Barthes (« Journal de deuil » éditions du Seuil).

Le deuil ne s’efface pas avec le temps, la perte demeure. Et ainsi l’être disparu n’est pas tout à fait disparu. Il revient sans cesse, peut-être comme Eurydice et comme le mythe d’Orphée le disent.

II *Le souvenir

« …Barthes parle de temps immobile, c’est le téléscopage des temps (dans la photographie) qui donne cette impression, ce « loin », « le souvenir qui est toujours maintenant » (selon l’expression cette fois d’un autre psychanalyste, Michel Gribinski dans « Le trouble de la réalité » éditions Gallimard).

Le souvenir est un « maintenant », pas un passé. C’est ce qu’Orphée aussi nous raconte.

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Le souvenir est un présent. Je me souviens, donc je suis. Cela pourrait être une formulation. Sans s’attarder car pas exactement conforme. Il faudrait à tout le moins éviter la « conséquence », le « donc ».

Azambuja fait référence à « La vipère » le film de William Wyler avec Bette Davis.

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« - La fille parle à un moment de « poudre de riz ».

- Toute ma petite enfance me revient. Maman. La poudre de riz. Tout est là, présent. Je suis là.

- Le Moi ne vieillit pas. (Je suis aussi « frais » que du temps de la poudre de riz) »

Autrement dit c’est à peu près Marcel Proust.

Le Moi, le « je suis », n’est que du présent. Il n’est que présence. Présence à soi.

III *Le temps passé, le temps présent

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A propos d’ »Intervista » le film de Fellini, Azambuja dit ceci:

« Chez Marcello (Mastroianni) et Anita (Ekberg, longtemps après « La dolce vita », donc) je ne trouve pas de nostalgie. Ils sont émus et regardent leur passé dans leur présent…Ils ont leurs rêves et leurs vies, et ils arrivent à faire vivre les uns avec les autres. »

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La vie se nourrit des rêves, du passé, des souvenirs qui sont du présent, qui « reviennent » toujours. Voici pourquoi il peut y avoir des fantômes. Les fantômes ne sont pas des figures du passé, ils ne sont pas morts, disparus.

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Il y a une présence constante de ce qui est perdu mais ne l’est jamais tout à fait. Aucune séparation, comme aucune disparition n’est parfaite.

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Il y a un « temps mêlé » (l’expression est de Jean-Baptiste Pontalis dans une préface à « Le délire et les rêves… » de Freud) « où le passé et le présent s’entremêlent ».

IV *Le rêve

Et aussi: « …quand le rêve habille le monde, il n’est plus un rêve et le monde n’est plus le monde mais leur étrange mélange. »

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Comme ces « figures » de Botticelli selon Azambuja en référence à Aby Warburg:

« …ils viennent juste de sortir d’un rêve pour s’éveiller à la conscience du monde extérieur. »

Et Walter Benjamin à nouveau:

« …il y a dans le rêve une zone bien précise où commence l’aube. » (« Esquisses sur Kafka » in « Rêves » éditions Le Promeneur)

L’aube commence dans le rêve. Le « réel » ainsi advient par le rêve.

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V *L’art e(s)t la vie

C’est Azambuja qui parle:

« …les productions artistiques sont des restes nocturnes: c’est la transformation d’une matière qui puise ses sources dans notre vie nocturne et qui va se loger à la lumière du jour. Réussir à faire migrer le rêve vers la vie, c’est cela, l’oeuvre d’art. C’est le lieu où nos restes nocturnes transformés, ont trouvé résidence. Toute la complexité consiste à maintenir vivant ce reste nocturne de telle sorte qu’il puisse nous toucher, et, en même temps, à lui proposer une forme qui le circonscrit et le délivre. »

Mais alors, allons au bout. En tout cas, à peine un peu plus loin.

La vie vit du rêve, elle est vie comme oeuvre d’art et comme rêve.

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C’est le rêve qui donne réalité et non qui s’y oppose.

Tout cela n’est possible, tout cela est ainsi parce que la vie comme le rêve sont d’abord autres choses qu’un monde comme représentation, comme extériorité et comme objet. (Même et peut-être surtout si nous sommes fascinés, aveuglés devrait-on dire sans doute, par les images de ce monde, par ce « monde/image ».)

VI *A Rimbaud ou la danse, le tremblement, les nouveaux chemins…

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Un « geste libre » dit Miguel de Azambuja c’est Rimbaud dans les « Illuminations » et le poème intitulé « A une raison »:

« Ta tête se détourne, le nouvel amour! Ta tête se retourne, – le nouvel amour! »

Du monde quotidien, par un geste poétique, donc libre, libre et poétique, Rimbaud nous conduit au monde amoureux.

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C’est le même geste, le même mouvement qu’il y a dans la danse. Ce que Miguel de Azambuja note comme son pouvoir de nous faire nous échapper des lois physiques.

C’est ce que dit aussi Jean-Baptiste Pontalis dans une autre référence que l’on trouve dans ce livre.

Pontalis écrit dans « Fenêtres » (éditions Gallimard) que « le pied ferme » nous empêche de décoller… de participer au mouvement de la vie, il nous conduit à « être à jamais séparé des sources de la vie ».

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C’est la même chose que dit un peu plus loin dans « Et puis, un jour,… » Azambuja:

« …le tremblement c’est la vie et sa perturbation. »

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L’équilibre est difficile à trouver. Le danseur le sait.

Mais on ne peut vivre sans « tremblement », sans bond, sans pouvoir sauter, sans frôler le vide et le précipice, sans vertige, sans équilibre incertain, sans incertitude.

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La vie va sur des chemins à inventer.

La vie n’est pas dans les chemins déjà tracés.

La vie est une surprise.

 



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