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	<title>"l'instant": littérature, poésie, philosophie...</title>
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	<description>Bienvenue sur mon blog</description>
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		<title>Ce que peut la poésie</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Jul 2023 09:07:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[En cinq chapitres, Jérôme Thélot a écrit un livre qui, d&#8217;une certaine manière, se faisait attendre depuis longtemps. Non pas seulement à lire cet auteur, toujours avec le plus vif intérêt, comme nous le faisons ici, mais parce qu&#8217;il est le premier à répondre de façon, disons ordonnée, à une question, réitérée depuis Hölderlin et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="LEFT"><span style="font-family: book antiqua, palatino;font-size: large">En cinq chapitres, Jérôme Thélot a écrit un livre qui, d&rsquo;une certaine manière, se faisait attendre depuis longtemps.<br />
Non pas seulement à lire cet auteur, toujours avec le plus vif intérêt, comme nous le faisons ici, mais parce qu&rsquo;il est le premier à répondre de façon, disons ordonnée, à une question, réitérée depuis Hölderlin et avec Heidegger qui semble se résumer, comme le premier l&rsquo;avait écrit et le second si profondément commenté, &nbsp;&raquo;Pourquoi des poètes, en temps de détresse ?&nbsp;&raquo;</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: x-large"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2023/07/capture-decran-2023-07-16-a-13.22.49.png" rel="lightbox[2009]"><img class="alignnone size-medium wp-image-2010" alt="Capture d’écran 2023-07-16 à 13.22.49" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2023/07/capture-decran-2023-07-16-a-13.22.49-198x300.png" width="198" height="300" /></a></span></span></p>
<p><span style="font-size: large;font-family: book antiqua, palatino">Ce n&rsquo;est toutefois pas explicitement que se pose ici l&rsquo;interrogation. Seulement de façon marginale. Mais au cours des cinq chapitres, c&rsquo;est non seulement ce qu&rsquo;est la poésie qui est explicité, mais c&rsquo;est aussi et davantage une &laquo;&nbsp;époque de la poésie&nbsp;&raquo; qui se trouve mise en lumière. Paradoxe peut-être extrême mais que l&rsquo;on peut aussi bien, et sans doute sans même forcer le trait, dire essentiel.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua, palatino;font-size: large">&laquo;&nbsp;L&rsquo;origine du poème et ce qu&rsquo;il peut&nbsp;&raquo; (édité par Invenit avec le concours du Centre de recherche en art et esthétique de l’université de Picardie CRAE) nous conduit ainsi de la <i>&laquo;&nbsp;Poétique première. Avec Rousseau&nbsp;&raquo;</i> jusqu&rsquo;à <i>&laquo;&nbsp;L&rsquo;époque de la poésie. Avec Bonnefoy&nbsp;&raquo;</i> en passant par <i>&laquo;&nbsp;La généalogie de Rimbaud&nbsp;&raquo;,</i> <i>&laquo;&nbsp;Chestov, la malédiction et l&rsquo;écriture&nbsp;&raquo;</i> et <i>&laquo;&nbsp;Poésie et transcendance&nbsp;&raquo;</i>. C&rsquo;est donc d&rsquo;un parcours qu&rsquo;il s&rsquo;agit. Ou plutôt de la construction ou peut-être de la généalogie-même d&rsquo;une pensée qu&rsquo;il s&rsquo;agit. Ce qui fait de la lecture de ce livre un instant de transparence, de clarté, d&rsquo;ouverture à une sorte de possibilité qui change notre regard. A tout le moins&#8230;</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua, palatino;font-size: large">Il faut se répéter sans fin la conclusion de &laquo;&nbsp;L&rsquo;origine du poème&#8230;&nbsp;&raquo; car &laquo;&nbsp;ce qu&rsquo;il peut&nbsp;&raquo;, peut-être parce que cela est d&rsquo;abord insoupçonnable, est cependant infini. Comme l&rsquo;espoir qui n&rsquo;est peut-être rien d&rsquo;autre que ce qui habite nos vies. Dans un livre si bref se trouve mis en lumière de façon éclatante ce qu&rsquo;il est impératif de (re)découvrir aujourd&rsquo;hui.</span></p>
<p>P { margin-bottom: 0.21cm }</p>
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		<title>&#171;&#160;Yves Bonnefoy et la philosophie&#160;&#187;, en compagnie du poète</title>
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		<pubDate>Mon, 29 May 2023 15:53:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[  &#160;   Alors que les &#171;&#160;Œuvres poétiques&#160;&#187; d&#8217;Yves Bonnefoy viennent de paraître dans la &#171;&#160;Bibliothèque de La Pléiade&#160;&#187; – édition admirable au demeurant, tant les notices et notes, nombreuses, sont éclairantes du travail poétique comme des &#171;&#160;essais&#160;&#187; de l&#8217;écrivain lui-même – est publié depuis quelques jours un passionnant ouvrage qui porte pour titre &#171;&#160;Bonnefoy [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: symbol;font-size: medium"> </span></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2023/05/capture-decran-2023-05-29-a-17.06.35.png" rel="lightbox[2005]"><img class="alignnone size-medium wp-image-2003" alt=""Yves Bonnefoy et la philosophie", en compagnie du poète dans littérature capture-decran-2023-05-29-a-17.06.35-191x300" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2023/05/capture-decran-2023-05-29-a-17.06.35-191x300.png" width="191" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: symbol;font-size: large"> </span></p>
<p><span style="font-family: symbol;font-size: large">Alors que les &laquo;&nbsp;Œuvres poétiques&nbsp;&raquo; d&rsquo;Yves Bonnefoy viennent de paraître dans la &laquo;&nbsp;Bibliothèque de La Pléiade&nbsp;&raquo; – édition admirable au demeurant, tant les notices et notes, nombreuses, sont éclairantes du travail poétique comme des &laquo;&nbsp;essais&nbsp;&raquo; de l&rsquo;écrivain lui-même – est publié depuis quelques jours un passionnant ouvrage qui porte pour titre &laquo;&nbsp;Bonnefoy et la philosophie&nbsp;&raquo; (Editions Manucius, Paris 2023).</span></p>
<p><span style="font-family: symbol;font-size: large"> </span></p>
<p><span style="font-family: symbol;font-size: large">Ce dernier livre – il faut le dire dès maintenant – se constitue autour d&rsquo;une sorte de miracle : la reproduction sous forme de fac-similé de la main-même d&rsquo;Yves Bonnefoy d&rsquo;une intervention &laquo;&nbsp;informelle&nbsp;&raquo; auprès de professeurs du Collège de France, le 17 janvier 1991, &laquo;&nbsp;pour intéresser à Jacques Derrida.&nbsp;&raquo; Ce n&rsquo;est pas tant le caractère &laquo;&nbsp;rare&nbsp;&raquo; qui fait dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit ici de miracle que du fait que cela nous montre, avec l&rsquo;émotion qui l&rsquo;accompagne et au travers-même du propos du poète, comme du mouvement de sa main, sans doute identique à celle de son intention et de son esprit tout entier, de sa personne, quelque chose d&rsquo;unique, d&rsquo;intense, comme la proximité vivante du poète lui-même.</span></p>
<p><span style="font-family: symbol;font-size: large"> </span></p>
<p><span style="font-family: symbol;font-size: large">Cet événement est fort justement présent au centre de l&rsquo;édition comme s&rsquo;il l&rsquo;articulait et la supportait, la soutenait. De part et d&rsquo;autre, sous la direction de Jérôme Thélot (lui-même étant l&rsquo;un des éditeurs du grand volume de &laquo;&nbsp;La Pléiade&nbsp;&raquo;) on lira, classés sous deux chapitres, des textes de vingt-trois auteurs (dont Thélot lui-même) : &laquo;&nbsp;L&rsquo;héritage philosophique chez Bonnefoy&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Rencontres et confrontations&nbsp;&raquo;. Dire leur intérêt est ici impossible, mais on peut seulement souligner en quoi de terme d&rsquo;&nbsp;&raquo;intérêt&nbsp;&raquo; est bien impuissant en la circonstance.</span></p>
<p><span style="font-family: symbol;font-size: large"> </span></p>
<p><span style="font-family: symbol;font-size: large">Ainsi &laquo;&nbsp;Yves Bonnefoy et la philosophie&nbsp;&raquo; se présente assurément comme – plus que le complément des &laquo;&nbsp;Œuvres&nbsp;&raquo; – on pourrait dire le compagnon sur le chemin de partage avec sa poésie. Ceci serait peut-être plus explicite et surtout plus proche, plus exact. En effet, si la lecture des &laquo;&nbsp;Œuvres poétiques&nbsp;&raquo; conduit de toute évidence une approche intime de la présence de l&rsquo;écrivain lui-même, ce livre-ci nous guide alors avec une attention de tous les instants dans cette lecture (et probablement re-lecture), ce qui permet à chacun d&rsquo;aller de pas mieux assurés et plus encore d&rsquo;entendre avec toute la lumière possible ce que dit le poète.</span></p>
<p><span style="font-family: symbol;font-size: large"> </span></p>
<p><span style="font-family: symbol;font-size: large">Comme le souligne Jérôme Thélot dans sa présentation, Yves Bonnefoy n&rsquo;était pas philosophe. Mais, comme il est dit également, penseur, assurément. C&rsquo;est cette sorte d&rsquo;identité entre la poésie et la pensée qu&rsquo;Yves Bonnefoy nous offre. Ici, en cet instant alors, nous devons certainement être attentifs, attentionnés, ouverts au présent lui-même. Sans doute aussi vers l&rsquo;avenir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>I<span style="font-family: symbol;font-size: medium">l faut enfin citer toutes les contributrices et contributeurs de ce beau travail et souligner la qualité de l&rsquo;édition, la photographie qui présente le livre (crédit Mathilde Bonnefoy) en étant le premier témoignage.</span></em></p>
<p><span style="font-family: symbol;font-size: medium"><em>Avec les contributions de Teddy Balandraud, Étienne Bimbenet, Sara Bonanni, Dominique Combe, Matthieu Contou, Natalie Depraz, Jeanne Dorn, Michèle Finck, Georges Formentelli, Ramona Fotiade, Jérôme de Gramont, Yvon Inizan, José Kany-Turpin, Sébastien Labrusse, François Lallier, Baptiste Loreaux, Jean-Philippe Milet, Patrick Née, Ahmet Soysal, Michel Terestchenko, Jérôme Thélot, Bernard Vouilloux, Patrick Werly et un inédit d’Yves Bonnefoy.</em></span></p>
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		<title>Livane Pinet : &#171;&#160;La terre de son jardin&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2023 11:04:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Peu de plantes – qui requièrent peu d&#8217;attention et dont il est facile d&#8217;ignorer le nom &#160; Y a-t-il même un arbre pour l&#8217;ombre ?&#160;&#187; &#160; &#160; Peu de mots il faut au poème pour dévoiler une part essentielle du monde et de la vie. C&#8217;est par ces cinq lignes seulement que débute presque  &#8211; c&#8217;est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2023/02/la_terre_de_son_jardin_pinet_livane_cover.jpg" rel="lightbox[1998]"><img class="alignnone size-full wp-image-1999" alt="la_terre_de_son_jardin_pinet_livane_cover" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2023/02/la_terre_de_son_jardin_pinet_livane_cover.jpg" width="102" height="150" /></a></p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large"><i><b>&laquo;&nbsp;Peu de plantes – </b></i></span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large"><i><b>qui requièrent peu d&rsquo;attention</b></i></span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large"><i><b>et dont il est facile d&rsquo;ignorer le nom</b></i></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large"><i><b>Y a-t-il même </b></i></span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large"><i><b>un arbre pour l&rsquo;ombre ?&nbsp;&raquo;</b></i></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Peu de mots il faut au poème pour dévoiler une part essentielle du monde et de la vie.<br />
C&rsquo;est par ces cinq lignes seulement que débute presque  &#8211; c&rsquo;est ici, disons, sa troisième page ou la troisième séquence – le bref recueil que nous offre aujourd&rsquo;hui Livane Pinet sous le titre &laquo;&nbsp;La terre de son jardin&nbsp;&raquo; (éditions La rumeur libre).</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">La poésie n&rsquo;a besoin que de pauvreté ou plutôt d&rsquo;un langage qui se retient, qui ne veut rien des arguments, des concepts et des thèses, qui n&rsquo;a qu&rsquo;à être et, seulement être, et ainsi à se donner lui-même dans une sorte de nudité.<br />
La poésie est simple et Livane Pinet nous l&rsquo;offre avec limpidité, modestie, pureté assurée.<br />
Sans doute la poésie est-elle un chemin difficile alors même qu&rsquo;elle n&rsquo;est, le plus souvent, pas si souvent reconnue pour ce quelle est. </span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Mais si cette poésie, comme c&rsquo;est le cas dans ce &laquo;&nbsp;Jardin&nbsp;&raquo;, est identique à la clarté et à la sincérité, nous saurons au plus profond que le destin de chaque poème est de nous ouvrir au monde.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Enfin, il est à noter que &laquo;&nbsp;La terre de son jardin&nbsp;&raquo; se clôt par un entretien entre Livane Pinet et Thierry Renard, comme une ponctuation presque familière.</span></span></p>
<p><!--<br />
P { margin-bottom: 0.21cm }<br />
--></p>
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		<title>Alain Lévêque : &#171;&#160;A la rencontre&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jan 2023 16:49:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Lévêque]]></category>
		<category><![CDATA[Anne-Marie Jaccottet]]></category>
		<category><![CDATA[éditions L'atelier contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Farahd Ostovani]]></category>
		<category><![CDATA[Gérard de Palézieux]]></category>
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		<category><![CDATA[Mantegna]]></category>
		<category><![CDATA[Yves Lévêque]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#171;&#160;Carnets et notes sur des artistes, 2003-2020&#8243; c&#8217;est ainsi qu&#8217;est sous-titré le livre d&#8217;Alain Lévêque qui paraît aux éditions L&#8217;Atelier Contemporain. C&#8217;est là une définition à la fois si modeste et si juste de cet ouvrage dont le titre principal est &#171;&#160;A la rencontre&#160;&#187;, livre, carnets ou notes donc, qui nous conduisent non seulement [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2023/01/al-2.jpg" rel="lightbox[1994]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1995" alt="Alain Lévêque : "A la rencontre" dans peinture al-2-225x300" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2023/01/al-2-225x300.jpg" width="225" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">&laquo;&nbsp;Carnets et notes sur des artistes, 2003-2020&Prime; c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;est sous-titré le livre d&rsquo;Alain Lévêque qui paraît aux éditions L&rsquo;Atelier Contemporain.<br />
C&rsquo;est là une définition à la fois si modeste et si juste de cet ouvrage dont le titre principal est &laquo;&nbsp;A la rencontre&nbsp;&raquo;, livre, carnets ou notes donc, qui nous conduisent non seulement vers les œuvres de Lucy Vines, de Farhad Ostovani, Anne-Marie Jaccottet, Mantegna, Yves Lévêque et Gérard de Palézieux, mais aussi, par notre lecture, notre écoute, vers l&rsquo;auteur lui-même.</span></span></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2023/01/a-l.jpg" rel="lightbox[1994]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1996" alt="a-l-235x300 Alain Lévêque dans peinture" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2023/01/a-l-235x300.jpg" width="235" height="300" /></a></p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Il y a dans ces carnets et notes, une approche délicate, attentionnée et attentive, pas à pas le plus souvent, même s&rsquo;il ne s&rsquo;agit aucunement de progression mais plutôt d&rsquo;une marche lente, qui dès le début, ou plutôt dès l&rsquo;origine, aurait déjà atteint son but. Sans aucun doute parce qu&rsquo;il y a dans le travail d&rsquo;Alain Lévêque une sincérité qui l&rsquo;anime à chaque instant, sentiment qu&rsquo;il partage, ou plutôt donne en partage devrait-on préciser, à ses lectrices et lecteurs qui se trouvent de ce fait comme en présence des peintres comme de leurs œuvres. </span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Dans son texte consacré à Mantegna Alain Lévêque écrit ceci : <i>&laquo;&nbsp;L&rsquo;art esquisse, à mes yeux, ce pays d&rsquo;une adhésion plus claire à notre condition. Ce pays, sans doute n&rsquo;existe-t-il que dans l&rsquo;art – là seulement advient-il parfois, terre pressentie, terre abordée. Victoire de la vie, de l&rsquo;amour de la vie finie sur la pensée négative de la &laquo;&nbsp;mort&nbsp;&raquo;, qui tient la réalité sous son pouvoir séparateur.&nbsp;&raquo;</i></span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Ce n&rsquo;est cependant pas d&rsquo;une &laquo;&nbsp;esthétique&nbsp;&raquo; ou d&rsquo;une théorie sur l&rsquo;art dont il s&rsquo;agit. Plutôt peut-être ici d&rsquo;une pensée, plus proche de la poésie et donc de l&rsquo;art, de la peinture bien sûr.<br />
C&rsquo;est à une sorte de parcours, de cheminement attentif et confiant, que cette &laquo;&nbsp;rencontre&nbsp;&raquo; nous invite. Surtout, n&rsquo;hésitons pas à partager ces instants comme quelques-uns de notre propre existence.</p>
<p>Pour finir, rappelons-nous que cette année, le même éditeur publiera l&rsquo;ensemble des écrits d&rsquo;Alain Lévêque consacrés au magnifique Pierre Bonnard.</span></span></p>
<p>P { margin-bottom: 0.21cm }</p>
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		<title>&#171;&#160;En suivant Michel Henry&#160;&#187; par Roland Vaschalde</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2022/04/06/en-suivant-michel-henry-par-roland-vaschalde/</link>
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		<pubDate>Wed, 06 Apr 2022 10:05:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Henry]]></category>
		<category><![CDATA[Odilon Redon]]></category>
		<category><![CDATA[phénoménologie]]></category>
		<category><![CDATA[phénoménologie de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[phénoménologie matérielle]]></category>
		<category><![CDATA[Prix Renaudot]]></category>
		<category><![CDATA[Roland Vaschalde]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici un livre qui ne dérobe rien. Qui ne cache à ses lecteurs aucun de ses préalables et surtout pas celui d&#8217;un attachement indéfectible à la pensée du philosophe Michel Henry (1922-2002). Si celui-ci est l&#8217;auteur d&#8217;une œuvre qu&#8217;il faut dire à la fois considérable et surtout éminente en ce sens qu&#8217;elle a ouvert dès [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Voici un livre qui ne dérobe rien. Qui ne cache à ses lecteurs aucun de ses préalables et surtout pas celui d&rsquo;un attachement indéfectible à la pensée du philosophe Michel Henry (1922-2002).<br />
Si celui-ci est l&rsquo;auteur d&rsquo;une œuvre qu&rsquo;il faut dire à la fois considérable et surtout éminente en ce sens qu&rsquo;elle a ouvert dès son origine (&laquo;&nbsp;L&rsquo;essence de la manifestation&nbsp;&raquo; paraît pour la première fois en 1963 PUF) des perspectives aussi nouvelles que radicales, il est aussi un romancier reconnu (&laquo;&nbsp;L&rsquo;amour les yeux fermés&nbsp;&raquo; obtient le prix Renaudot en 1976)<br />
On aura sans doute noté ici que cette année est celle du centenaire de la naissance de Michel Henry et qu&rsquo;elle est aussi celle de la vingtième commémoration de sa disparition.<br />
Voici donc un livre – celui que Roland Vaschalde vient de signer aux éditions de L&rsquo;Harmattan – intitulé &laquo;&nbsp;Suivant Michel Henry&nbsp;&raquo; et qui est donc une façon certainement magistrale de célébrer une pensée toujours vivante et d&rsquo;une richesse inépuisable tout en donnant l&rsquo;occasion de retrouver, en cette année mémorielle, une part de l&rsquo;homme, du professeur, de l&rsquo;ami que Michel Henry fut pour ceux qui ont eu la chance de le rencontrer. Un ami soucieux, attentif, précieux.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2022/04/9782343253671b.jpg" rel="lightbox[1990]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1991" alt="9782343253671b" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2022/04/9782343253671b-188x300.jpg" width="188" height="300" /></a></p>
<p>Mais surtout &laquo;&nbsp;Suivant Michel Henry&nbsp;&raquo; – il faut le souligner – n&rsquo;est pas que cela. C&rsquo;est un livre qui, sans doute, &laquo;&nbsp;suit&nbsp;&raquo; la pensée du philosophe, comme peut-être Roland Vaschalde le suivait sur les sentiers du Languedoc qu&rsquo;ils parcouraient souvent tous les deux. Mais, il faut se rendre aussi à cette évidence, ou plutôt il faut s&rsquo;en réjouir car c&rsquo;est là l&rsquo;un de ses intérêts majeurs, il le &laquo;&nbsp;poursuit&nbsp;&raquo; au sens où il le prolonge.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Suivant Michel Henry&nbsp;&raquo; est un livre marquant en ceci notamment qu&rsquo;il ouvre des voies qui, tout en étant particulièrement fidèles dans leur développement à la pensée d&rsquo;Henry, ne sont le plus souvent pas celles explorées par le philosophe.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2022/04/philosophe_michel_henry_1990_en_325x424_pixels.jpg" rel="lightbox[1990]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1992" alt="Michel Henry (1990)" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2022/04/philosophe_michel_henry_1990_en_325x424_pixels-229x300.jpg" width="229" height="300" /></a></p>
<p>Qu&rsquo;on en juge par quelques-uns des thèmes abordés ici. Ainsi : &laquo;&nbsp;Guérir&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;L’inconscient et la thérapie&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;les troubles psychiques&nbsp;&raquo;, la pensée japonaise, celle du Zen, &laquo;&nbsp;la pensée hébraïque&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;la Genèse&nbsp;&raquo; et aussi un inénarrable sketch du regretté Fernand Raynaud. C&rsquo;est dire combien Roland Vaschalde a dans ce livre emprunté des sentiers parfois escarpés, dominant des paysages nouveaux, combien réjouissants et ouvrant de nouveaux horizons.</p>
<p>On ne s&rsquo;attardera pas sur le contenu de ces textes car c&rsquo;est à chacun d&rsquo;éprouver la possibilité, l&rsquo;opportunité plutôt, d&rsquo;en faire la découverte.<br />
On dira seulement qu&rsquo;ils sont enchanteurs et que, notamment, certaines analyses que l&rsquo;on pourrait dire étymologiques, linguistiques, dans lesquelles assurément l&rsquo;auteur excelle vraiment, semblent tellement évidentes que celui-ci nous entraîne sans peine sur ces chemins de traverse qui, s&rsquo;ils mènent quelque part, c&rsquo;est assurément dans la clarté de la pensée.</p>
<p>P { margin-bottom: 0.21cm }</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le temps de Mathieu Amalric : &#171;&#160;Serre-moi fort&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Oct 2021 16:33:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Claude Romano]]></category>
		<category><![CDATA[Mathieu Amalric]]></category>
		<category><![CDATA[Viky Krieps]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#171;&#160;Time present and time past are both perhaps present in time future, and time future contained in time past.&#160;&#187; T.S. Elliot Ce film est à la fois un beau film, émouvant, et une véritable &#171;&#160;démonstration&#160;&#187; de l&#8217;art cinématographique ou plutôt même, du cinéma, en tant qu&#8217;il est un art et non pas un seul [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p align="RIGHT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large"><i>&laquo;&nbsp;Time present and time past are both perhaps present in time future, and time future contained in time past.&nbsp;&raquo;</i></span></span></p>
<p align="RIGHT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large"><i>T.S. Elliot</i></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Ce film est à la fois un beau film, émouvant, et une véritable &laquo;&nbsp;démonstration&nbsp;&raquo; de l&rsquo;art cinématographique ou plutôt même, du cinéma, en tant qu&rsquo;il est un art et non pas un seul divertissement.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/10/photo1_14204.jpg" rel="lightbox[1982]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1983" alt="photo1_14204" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/10/photo1_14204-300x158.jpg" width="300" height="158" /></a></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Sans doute le récit ne comporte-t-il pas un véritable &laquo;&nbsp;suspense&nbsp;&raquo; (il n&rsquo;est pas un authentique &laquo;&nbsp;whathappened&nbsp;&raquo; comme disait Alfred H.) car on comprend assez vite de quoi il s&rsquo;agit et donc &laquo;&nbsp;ce qui s&rsquo;est passé.&nbsp;&raquo; </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Peut-être est-ce là sa faiblesse. Mais on pourrait dire aussi bien que c&rsquo;est sa force dans la mesure-même où il parvient à captiver à tout instant, malgré cette lacune et peut-être encore davantage parce que &laquo;&nbsp;nous savons&nbsp;&raquo; mais &laquo;&nbsp;nous attendons&nbsp;&raquo; néanmoins. A moins que nous ne voulions même pas savoir. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Ici il fallait peut-être installer en effet, la narration sans en faire un mystère total : un récit que l&rsquo;on attend, si le narrateur sait nous le faire attendre, n&rsquo;est-ce pas encore mieux qu&rsquo;un récit somme toute linéaire, dans lequel on est surpris à chaque séquence, sans savoir jamais où cela nous mènera. Cette façon de faire ne finit-elle pas par faire courir le risque d&rsquo;une distance entre le spectateur et le film lui-même ?</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Ici, sont entre-mêlées les séquences du passé, celles du présent et celles du futur. Elles le sont souvent à la vitesse de l&rsquo;éclair car certaines sont très brèves et elles contribuent à nous égarer sans doute, surtout au début, mais très vite à nous faire comprendre qu&rsquo;il n&rsquo;y a peut-être pas autant de différences entre les différents éléments de la temporalité telle que nous nous la représentons communément, linéairement, en tant que passé-présent-futur. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Et puis, il n&rsquo;est pas certain non plus que les plans du passé soient tous vraiment réels, que quelques-uns ne soient pas revus, reconstitués depuis le &laquo;&nbsp;présent&nbsp;&raquo; par le personnage . Et que, de même ceux du futur ne soient rien d&rsquo;autres que des &laquo;&nbsp;rêves&nbsp;&raquo; ou bien de simples &laquo;&nbsp;possibilités&nbsp;&raquo;&#8230;<br />
</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">On assiste donc ici à un récit &laquo;&nbsp;déconstruit&nbsp;&raquo; ou plutôt construit hors des normes habituelles, hors la perspective en trois dimensions temporelles et même, et de ce fait, entre ce que l&rsquo;on pourrait dire &laquo;&nbsp;réalité&nbsp;&raquo; (disons aussi &laquo;&nbsp;factualité&nbsp;&raquo;) et &laquo;&nbsp;imaginaire&nbsp;&raquo; (disons aussi &laquo;&nbsp;possibilité&nbsp;&raquo;).</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Tout ceci est fait de plans ou plutôt même de séquences souvent très brèves, à moins qu&rsquo;au sein de certaines, d&rsquo;autres ne viennent plutôt s&rsquo;intercaler, pour les fragmenter, les diviser. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Le film ressemble donc à l&rsquo;un de ces grands romans où le lecteur ne peut qu&rsquo;être souvent, égaré, mais jamais totalement perdu. Ceci étant, dire &laquo;&nbsp;roman&nbsp;&raquo; est peut-être une erreur. Ne vaudrait-il pas mieux parler de poésie (non pas du &laquo;&nbsp;genre&nbsp;&raquo; poétique mais du langage seulement, c&rsquo;est-à-dire de la poésie elle-même, en tant qu&rsquo;elle peut être en prose par exemple&#8230;mais ici &laquo;&nbsp;en cinéma&nbsp;&raquo; pourrait-on dire très justement sans doute). Il ne faut donc pas s&rsquo;y tromper, il ne s&rsquo;agit pas pour Mathieu Amalric de réaliser un film-concept. Au contraire, il faut voir dans &laquo;&nbsp;Serre-moi fort&nbsp;&raquo; tout autre chose, une invitation irrépressible plutôt, à ressentir, à s&rsquo;émouvoir, à rêver, à vivre, aux côtés des personnages, avec leur histoire, notre propre vie.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Du point de vue de l&rsquo;ensemble de ce que l&rsquo;on pourrait appeler &laquo;&nbsp;la technique cinématographique&nbsp;&raquo; il n&rsquo;est sans doute pas inutile de souligner que le son est utilisé ici, de telle sorte qu&rsquo;il renforce ce que l&rsquo;on continuera d&rsquo;appeler &laquo;&nbsp;la déconstruction&nbsp;&raquo;. Non seulement l’enchevêtrement temporel, réel-imaginaire est le fait de l&rsquo;image, de l&rsquo;action, mais il est aussi celui de la parole (phrases interrompues par l&rsquo;interruption-même du plan, voix off superposée de façon perceptible, c&rsquo;est-à-dire artificielle bien sûr, à un dialogue ou à la fin de celui-ci, musique qui se poursuit d&rsquo;une séquence à l&rsquo;autre, son d&rsquo;ambiance seul, pas de son d&rsquo;ambiance, tous les procédés sonores sont là pour en quelque sorte, non seulement accompagner, l&rsquo;art du réalisateur, mais pour le renforcer, pour le mettre en place de façon radicale, c&rsquo;est-à-dire totale.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Ce film présente donc un double intérêt : </span></span></p>
<ul>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">celui d&rsquo;être un très beau film, servi par une très belle prise de vue, des dialogues d&rsquo;une haute justesse, des musiques et une bande-son en général, remarquable. Ne parlons pas du montage et autres post-production&#8230;</span></span></p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">comme narration à la &laquo;&nbsp;forme&nbsp;&raquo; exceptionnelle, il semble être aussi une sorte &laquo;&nbsp;d&rsquo;exercice&nbsp;&raquo; qui pourrait sans doute profiter largement à tout apprentissage du cinéma pour des passionnés quelque peu ambitieux.</span></span></p>
</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">On notera (mais je ne suis pas un spécialiste de la chose que le cinéma des années 1960 avait produit quelques chefs d&rsquo;oeuvres qui avaient comme ouvert la voie à Mathieu Amalric et à &laquo;&nbsp;Serre-moi fort&nbsp;&raquo;. Je pense à Antonioni (L&rsquo;Avventura, La Notte, L&rsquo;Eclisse mais aussi beaucoup plus tard &laquo;&nbsp;Par-delà les nuages&nbsp;&raquo;), ou Jean-Luc Godard (dès &laquo;&nbsp;Pierrot le fou&nbsp;&raquo; sinon &laquo;&nbsp;A bout de souffle&nbsp;&raquo; et la déconstruction du son et de l&rsquo;image dans &laquo;&nbsp;Alphaville&nbsp;&raquo;). Comme par hasard ces deux cinéastes ont chacun obtenu les plus hautes récompenses des festivals de Cannes, de Venise et de Berlin. (Ils sont les seuls à ce jour avec Henri-Georges Clouzot).</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">On peut enfin faire un rapprochement avec les conceptions philosophiques du temps.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Le temps est, disons depuis Aristote, définit comme succession (passé-présent-avenir), que ce soit &laquo;&nbsp;dans le monde&nbsp;&raquo; (les graines donnent des pousses, qui donnent des arbres, puis des fleurs et enfin des fruits&#8230;), soit dans &laquo;&nbsp;l&rsquo;âme&nbsp;&raquo; (Saint Augustin), soit, disons, &laquo;&nbsp;dans le sujet,&nbsp;&raquo; la pensée, la subjectivité&#8230; jusqu&rsquo;à Husserl, voire Heidegger. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Cette conception est décrite par le philosophe Claude Romano (1967-) dans &laquo;&nbsp;L&rsquo;événement et le monde&nbsp;&raquo; (PUF 1998 et 1999 – 2° édition 2021 en un volume) par ces mots :</span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large"><i>&laquo;&nbsp;Penser un temps de l&rsquo;âme dans lequel le temps des choses s&rsquo;écoule, c&rsquo;est devoir penser ce temps comme un certain &laquo;&nbsp;écoulement&nbsp;&raquo;, un certain &laquo;&nbsp;flux&nbsp;&raquo;, et présupposer donc un temps dans lequel cet écoulement s&rsquo;opère, ce qui conduit à une régression à l&rsquo;infini. Il en résulte que le présent ne se présente lui-même que sous l&rsquo;horizon d&rsquo;une antériorité et d&rsquo;une postérité, prenant la &laquo;&nbsp;suite&nbsp;&raquo; d&rsquo;un présent antérieur et &laquo;&nbsp;succédant&nbsp;&raquo; à un présent ultérieur ; et que le temps est conçu comme un continuum unidimensionnel et mesurable, pourvu d’une direction unique, c&rsquo;est-à-dire comme &laquo;&nbsp;irréversible&nbsp;&raquo;.</i></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Notons cependant, qu&rsquo;on oublie là Nietzsche, Kierkegaard et sans doute d&rsquo;autres, qui ont une conception du temps beaucoup plus proche de celle que nous offre Mathieu Amalric.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/10/539006351-serre-moi-fort.jpg" rel="lightbox[1982]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1984" alt="539006351-serre-moi-fort" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/10/539006351-serre-moi-fort-221x300.jpg" width="221" height="300" /></a></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Pour Claude Romano, il en est tout autrement que dans la métaphysique évoquée plus haut. Il écrit ainsi : <i>&laquo;&nbsp;L&rsquo;advenant dépend en son essence d&rsquo;un certain type de changement qui ne se produit pas dans le monde, mais ouvre un monde pour celui à qui il arrive.&nbsp;&raquo; </i>(op.cit) </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Notons que, dans le langage de C Romano &laquo;&nbsp;l&rsquo;advenant&nbsp;&raquo; désigne chacun d&rsquo;entre-nous, l&rsquo;homme si l&rsquo;on veut ou bien le sujet, l&rsquo;individu. Cette phrase signifie alors que l&rsquo;événement (qui est &laquo;&nbsp;essentiel&nbsp;&raquo;, fondateur, soit hors du monde, c&rsquo;est-à-dire – pour l&rsquo;exprimer très simplement – celui qui n&rsquo;est pas &laquo;&nbsp;commun&nbsp;&raquo; détermine <i>&laquo;&nbsp;le monde pour celui à qui il arrive.&nbsp;&raquo; </i>A ce titre Romano distingue principalement trois événements : la naissance, la rencontre, la mort. En les distinguant cependant de ce qu&rsquo;ils sont aussi comme &laquo;&nbsp;faits du monde&nbsp;&raquo;.</span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Ce qui signifie qu&rsquo;&nbsp;&raquo;un événement, comme le dit lui-même C. Romano, est ce qui en modifiant certains possibles du monde, atteint toujours en même le monde comme un tout, c&rsquo;est-à-dire reconfigure le possible en totalité. Avec l&rsquo;événement, &laquo;&nbsp;tout est changé&nbsp;&raquo; ; ce qui est modifié est la face même du monde.&nbsp;&raquo; Et de citer Racine : &laquo;&nbsp;Cet heureux temps n&rsquo;est plus, tout a changé de face&nbsp;&raquo; (Phèdre acte I, scène I, v.34)</span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">L&rsquo;événement est donc l&rsquo;<i>origine de son propre sens </i>pour toute compréhension. L&rsquo;événement n&rsquo;est pas ce qui peut être ou non doué de sens, <i>il est le sens lui-même à son origine.</i></span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Et c&rsquo;est bien, semble-t-il, ce à quoi on assiste ici : la disparition de ses deux </span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">enfants et de son mari est le changement d&rsquo;un monde qui a totalement &laquo;&nbsp;changé de face&nbsp;&raquo; comme le dit Racine, où rien n&rsquo;est plus, ce que l&rsquo;on pourrait dire, &laquo;&nbsp;à sa place&nbsp;&raquo;, dans ce qui était un ordre, un ordonnancement. C&rsquo;est ainsi que la temporalité dans la succession indéfinie, mesurable et objective est perdue. Et elle est perdue, parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas réellement fait sens auparavant. Elle était tout simplement, sinon normale, au moins &laquo;&nbsp;habituelle&nbsp;&raquo;. Mais en fait elle ne portait en elle-même aucun sens. Ce qui auparavant était le sens ou faisait sens, produisait pour Clarisse son sens (le sens par lequel elle &laquo;&nbsp;voyait&nbsp;&raquo; véritablement les choses de la vie, comme le sens de ces choses elles-mêmes et en elles-mêmes), c&rsquo;était la rencontre (scène dans le film à la fois banale, mais admirable et faite d&rsquo;admiration partagée, le tout sur fond de boîte de nuit ; rencontre qui, du point de vue de C Romano, avait déjà été avant d&rsquo;être, c&rsquo;était comme s&rsquo;ils s&rsquo;étaient toujours connus, depuis toujours – ce qu&rsquo;on appelle sans doute &laquo;&nbsp;le coup de foudre&nbsp;&raquo; – et qui se termine à peu près ainsi : &laquo;&nbsp;Mais où m&rsquo;emmènes-tu ?&nbsp;&raquo;) et c&rsquo;était la naissance de sa fille, puis celle de son fils.</span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Dans &laquo;&nbsp;Serre-moi fort&nbsp;&raquo; on peut dire avec C. Romano : &laquo;&nbsp;L&rsquo;événement ne survient pas dans le temps, il <i>déploie </i>le temps. (op.cit)</span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">En référence à Schelling et sur la question du temps, C Romano écrit : Cette &laquo;&nbsp;inclusion&nbsp;&raquo; des différents temps les uns dans les autres, en vertu de laquelle chacun se coordonne aux deux autres en les comprenant déjà en soi, nous conduit aux limites qu&rsquo;une phénoménologie peut décrire. </span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">Ainsi, Schelling : &laquo;&nbsp;Chaque temps possible contient le temps tout entier ; car ce qu&rsquo;il n&rsquo;en contient pas comme présent, il le contient cependant comme passé ou comme avenir.&nbsp;&raquo; (Die Weltalter p 100), et T.S. Eliot : &laquo;&nbsp;Time present and time past are both perhaps present in time future, and time future contained in time past.&nbsp;&raquo; (Four quartets Poésie, Seuil, 1976, p 156) (p 564) (cité en exergue)</span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: Garamond, serif"><span style="font-size: large">On peut se référer aussi, pour trouver un exemple d&rsquo;événemential, sous le thème de la &laquo;&nbsp;rencontre&nbsp;&raquo; au roman de Joseph Conrad &laquo;&nbsp;La rescousse&nbsp;&raquo;. Dans cet ouvrage la rencontre entre un homme et une femme n&rsquo;est pas seulement un fait qui survient pour l&rsquo;u et pour l&rsquo;autre, c&rsquo;est un événement qui les transforme profondément et qui change le cours de leur vie et au-delà de celui de leur monde tout entier.</span></span></p>
<p align="LEFT">On trouver ici toues les informations &laquo;&nbsp;pratiques&nbsp;&raquo; sur le film &laquo;&nbsp;Serre-moi fort&nbsp;&raquo; : https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort</p>
<p><!--<br />
P { margin-bottom: 0.21cm }<br />
--></p>
<h2></h2>
<h2>Fiche technique</h2>
<div>
<ul>
<li>Titre original : <i>Serre moi fort</i></li>
<li>Titre à l&rsquo;international : <i>Hold Me Tight</i></li>
<li>Réalisation : <a title="Mathieu Amalric" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mathieu_Amalric">Mathieu Amalric</a></li>
<li>Scénario : Mathieu Amalric, d&rsquo;après la pièce <i>Je reviens de loin</i> de <a title="Claudine Galea (page inexistante)" href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Claudine_Galea&amp;action=edit&amp;redlink=1">Claudine Galea</a></li>
<li>Photographie : <a title="Christophe Beaucarne" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Beaucarne">Christophe Beaucarne</a></li>
<li>Montage : <a title="François Gédigier" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_G%C3%A9digier">François Gédigier</a></li>
<li>Son : <a title="Olivier Mauvezin" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Mauvezin">Olivier Mauvezin</a> et <a title="Martin Boissau" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Boissau">Martin Boissau</a></li>
<li>Costumes : <a title="Caroline Spieth (page inexistante)" href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Caroline_Spieth&amp;action=edit&amp;redlink=1">Caroline Spieth</a></li>
<li>Décors : Laurent Baude</li>
<li>Production : <a title="Yaël Fogiel" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ya%C3%ABl_Fogiel">Yaël Fogiel</a>, <a title="Laetitia Gonzalez" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Laetitia_Gonzalez">Laetitia Gonzalez</a> et <a title="Olivier Père" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_P%C3%A8re">Olivier Père</a></li>
<li>Sociétés de production : <a title="Les Films du poisson" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Films_du_poisson">Les Films du poisson</a>, <a title="Gaumont" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaumont">Gaumont Cinéma</a>, <a title="Lupa Film (page inexistante)" href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Lupa_Film&amp;action=edit&amp;redlink=1">Lupa Film</a> et <a title="Arte France Cinéma" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arte_France_Cin%C3%A9ma">Arte France Cinéma</a><sup id="cite_ref-OP_2-0"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-OP-2">2</a></sup></li>
<li>Budget : <a title="N/a" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/N/a">n/a</a></li>
<li>Pays de production : <a title="Drapeau de la France" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Flag_of_France.svg?uselang=fr"><img alt="Drapeau de la France" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c3/Flag_of_France.svg/20px-Flag_of_France.svg.png" width="20" height="13" /></a> <a title="France" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/France">France</a></li>
<li>Langue originale : <a title="Français" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ais">français</a></li>
<li>Format : couleur — <a title="Format d'image" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_d%27image">1,85:1</a> — <a title="Dolby" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dolby#Dolby_et_le_surround">Dolby SRD</a></li>
<li>Genre : <a title="Mélodrame (cinéma)" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9lodrame_(cin%C3%A9ma)">mélodrame</a></li>
<li>Durée : 97 minutes</li>
<li>Dates de sortie :
<ul>
<li><a title="France" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/France">France</a> : <a title="14 juillet" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/14_juillet">14</a> <a title="Juillet 2021" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Juillet_2021">juillet</a> <a title="2021 au cinéma" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2021_au_cin%C3%A9ma">2021</a> <small>(<a title="Festival de Cannes 2021" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_2021">Festival de Cannes</a>)</small> ; <a title="8 septembre" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/8_septembre">8</a> <a title="Septembre 2021" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Septembre_2021">septembre</a> <a title="2021 au cinéma" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2021_au_cin%C3%A9ma">2021</a> <small>(sortie nationale)</small></li>
<li><a title="Belgique" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Belgique">Belgique</a> : <a title="1er septembre" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/1er_septembre">1<sup>er</sup></a> <a title="Septembre 2021" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Septembre_2021">septembre</a> <a title="2021 au cinéma" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2021_au_cin%C3%A9ma">2021</a> <small>(<a title="Festival international du film de Bruxelles (page inexistante)" href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Festival_international_du_film_de_Bruxelles&amp;action=edit&amp;redlink=1">Festival international du film de Bruxelles</a> <a title="en:Brussels International Film Festival (BRIFF)" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Brussels_International_Film_Festival_(BRIFF)">(en)</a>)</small> ; <a title="8 septembre" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/8_septembre">8</a> <a title="Septembre 2021" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Septembre_2021">septembre</a> <a title="2021 au cinéma" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2021_au_cin%C3%A9ma">2021</a> <small>(sortie nationale)</small></li>
</ul>
</li>
</ul>
</div>
<h2>Distribution</h2>
<div>
<ul>
<li><a title="Vicky Krieps" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vicky_Krieps">Vicky Krieps</a> : Clarisse, la mère</li>
<li><a title="Arieh Worthalter" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arieh_Worthalter">Arieh Worthalter</a> : Marc, le père</li>
<li>Anne-Sophie Bowen-Chatet : Lucie</li>
<li>Sacha Ardilly : Paul</li>
<li>Juliette Benveniste : Lucie adolescente</li>
<li>Aurèle Grzesik : Paul adolescent</li>
</ul>
</div>
<h2>Production</h2>
<h3>Projet et scénario</h3>
<p>Sur le conseil de Laurent Ziserman – un ami de longue date du réalisateur – qui lui fait lire le texte<sup id="cite_ref-IC2021_3-0"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-IC2021-3">3</a></sup>, Mathieu Amalric décide d&rsquo;adapter la pièce contemporaine de théâtre <i>Je reviens de loin</i> de la dramaturge française <a title="Claudine Galea (page inexistante)" href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Claudine_Galea&amp;action=edit&amp;redlink=1">Claudine Galea</a> qui traite de la séparation d&rsquo;une famille<sup id="cite_ref-4"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-4">4</a></sup>. Parue en <a title="2003 au théâtre" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2003_au_th%C3%A9%C3%A2tre">2003</a>, cette pièce n&rsquo;a toutefois jamais été montée sur scène avant la réalisation du film qui s&rsquo;en inspire. Une autre source d&rsquo;inspiration importante pour le réalisateur a été le travail du peintre américain <a title="Robert Bechtle" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Bechtle">Robert Bechtle</a> (1932-2020) pour son approche hyperréaliste et autobiographique de ses sujets<sup id="cite_ref-COF2020_5-0"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-COF2020-5">5</a></sup>. Le titre de travail du film – qui revendique le genre du <a title="Mélodrame (cinéma)" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9lodrame_(cin%C3%A9ma)">mélodrame</a><sup id="cite_ref-COF2020_5-1"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-COF2020-5">5</a></sup> – a évolué au cours de la période d&rsquo;écriture et de financement du projet, passant de <i>Serre-moins fort</i><sup id="cite_ref-Inrcoks19_6-0"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-Inrcoks19-6">6</a></sup><sup>,</sup><sup id="cite_ref-OC_7-0"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-OC-7">7</a></sup> à <i>Serre moi fort</i><sup id="cite_ref-COF2020_5-2"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-COF2020-5">5</a></sup>. Au cours de l&rsquo;adaptation, puis du tournage, Mathieu Amalric interagit régulièrement avec Claudine Galea lors d&rsquo;échanges afin de construire un film se servant des moyens spécifiques du cinéma pour la narration mais en restant dans l&rsquo;esprit de la pièce originale<sup id="cite_ref-IC2021_3-1"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-IC2021-3">3</a></sup>, œuvre qui en définitive voit là sa première création scénique après toutefois une réalisation radiophonique créée en 2017 pour <a title="France Culture" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/France_Culture">France Culture</a> par Marguerite Gateau<sup id="cite_ref-8"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-8">8</a></sup>.</p>
<p>Huitième long métrage du réalisateur, le film est produit par la société <a title="Les Films du poisson" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Films_du_poisson">Les Films du poisson</a> qui avait déjà produit deux précédents films de Mathieu Amalric : <i><a title="La Chose publique" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chose_publique">La Chose publique</a></i> en 2003 et <i><a title="Tournée (film)" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tourn%C3%A9e_(film)">Tournée</a></i> en 2009. Il bénéficie de plus de l&rsquo;<a title="Avance sur recette" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avance_sur_recette">avance sur recette</a> du <a title="Centre national de la cinématographie" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_national_de_la_cin%C3%A9matographie">Centre national de la cinématographie</a><sup id="cite_ref-9"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-9">9</a></sup> ainsi que du soutien financier de la <a title="Occitanie (région administrative)" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Occitanie_(r%C3%A9gion_administrative)">région Occitanie</a><sup id="cite_ref-COF2020_5-3"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-COF2020-5">5</a></sup> et de la région Nouvelle-Aquitaine<sup><a title="Aide:Référence nécessaire" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:R%C3%A9f%C3%A9rence_n%C3%A9cessaire">[réf. nécessaire]</a></sup>.</p>
<h3>Tournage et post-production</h3>
<p>Le tournage s&rsquo;étale sur trois périodes distinctes afin de suivre, à la demande du réalisateur, l&rsquo;évolution naturelle des saisons<sup id="cite_ref-OP_2-1"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-OP-2">2</a></sup><sup>,</sup><sup id="cite_ref-COF2020_5-4"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-COF2020-5">5</a></sup>. La première se déroule en mai 2019 durant une dizaine de jours dans les <a title="Pyrénées" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pyr%C3%A9n%C3%A9es">Pyrénées</a> à <a title="Ganties" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ganties">Ganties</a><sup id="cite_ref-COF2020_5-5"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-COF2020-5">5</a></sup> et dans les environs de <a title="Saint-Gaudens" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Gaudens">Saint-Gaudens</a><sup id="cite_ref-10"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-10">10</a></sup><sup>,</sup><sup id="cite_ref-OC_7-1"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-OC-7">7</a></sup>. En novembre 2019, il se poursuit au conservatoire de musique de <a title="La Rochelle" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Rochelle">La Rochelle</a><sup id="cite_ref-11"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-11">11</a></sup> ; à la piscine de <a title="Châtelaillon-Plage" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2telaillon-Plage">Châtelaillon-Plage</a> ; sur le navire <i><a title="Hermione (2014)" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hermione_(2014)">L&rsquo;Hermione</a></i>, le <a title="Théâtre de la Coupe d'Or" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9%C3%A2tre_de_la_Coupe_d%27Or">théâtre de la Coupe d&rsquo;Or</a> et la <a title="Maison de Pierre Loti" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Pierre_Loti">maison de Pierre Loti</a> à <a title="Rochefort (Charente-Maritime)" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rochefort_(Charente-Maritime)">Rochefort</a><sup id="cite_ref-12"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-12">12</a></sup> ; et à la patinoire de <a title="Niort" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Niort">Niort</a> (avec des licenciés du club de patinage Niort Glace et du <a title="Niort Hockey Club" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Niort_Hockey_Club">Niort Hockey Club</a>)<sup id="cite_ref-13"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-13">13</a></sup><sup>,</sup><sup id="cite_ref-OC_7-2"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-OC-7">7</a></sup>. Enfin, le tournage est complété par une dernière session en janvier 2020.</p>
<p>La <a title="Pandémie de Covid-19 en France" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pand%C3%A9mie_de_Covid-19_en_France">pandémie de Covid-19</a> entraîne un <a title="Confinement de 2020 en France" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Confinement_de_2020_en_France">confinement en France</a> dès la mi-mars 2020 et l&rsquo;arrêt de la plupart des activités cinématographiques sur une longue période. Le film, alors au stade de son <a title="Montage" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Montage">montage</a>, est stoppé à cette étape de sa création par Mathieu Amalric qui s&rsquo;installe dans sa maison du <a title="Trégor" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%A9gor">Trégor</a> en Bretagne durant cette période<sup id="cite_ref-14"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-14">14</a></sup><sup>,</sup><sup id="cite_ref-PLBL_15-0"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-PLBL-15">15</a></sup>. Après une tentative de travailler à distance avec son monteur habituel <a title="François Gédigier" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_G%C3%A9digier">François Gédigier</a>, il décide d&rsquo;arrêter le processus, insatisfait du résultat et ayant le sentiment « d’abîmer le film » avec cette méthode de télétravail, et de se consacrer à autre chose<sup id="cite_ref-Veunac2020_16-0"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-Veunac2020-16">16</a></sup>. Le montage reprend et se termine à partir du mois de mai 2020<sup id="cite_ref-PLBL_15-1"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-PLBL-15">15</a></sup>. Cependant, les incertitudes sanitaires reportent <i>sine die</i> la sortie du film après la seconde fermeture des salles de cinéma en octobre 2020, le film étant toutefois projeté en séance privée pour les personnes qui y ont participé (techniciens, personnes ayant aidé et habitants) au cinéma Le Régent de <a title="Saint-Gaudens" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Gaudens">Saint-Gaudens</a> le 24 octobre 2020.</p>
<h2>Sortie et accueil</h2>
<h3>Présentations festivalières et sorties nationales</h3>
<p>Le film est retenu le 3 juin 2021 dans la sélection Cannes Première – la nouvelle compétition du <a title="Festival de Cannes" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes">Festival de Cannes</a> destinée aux « cinéastes confirmés<sup id="cite_ref-17"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-17">17</a></sup> » –, créée lors de l&rsquo;<a title="Festival de Cannes 2021" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_2021">édition 2021</a>, déplacée cette année-là au mois de juillet en raison de la <a title="Pandémie de Covid-19 en France" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pand%C3%A9mie_de_Covid-19_en_France">pandémie de Covid-19</a><sup id="cite_ref-18"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-18">18</a></sup><sup>,</sup><sup id="cite_ref-19"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-19">19</a></sup> ; il y est projeté le 14 juillet. <i>Serre moi fort</i> est ensuite présenté lors du <a title="Festival international du film de Jérusalem" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_international_du_film_de_J%C3%A9rusalem">Festival international du film de Jérusalem</a> le 25 août, puis au <a title="Festival international du film de Bruxelles (page inexistante)" href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Festival_international_du_film_de_Bruxelles&amp;action=edit&amp;redlink=1">festival international du film de Bruxelles</a> <a title="en:Brussels International Film Festival (BRIFF)" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Brussels_International_Film_Festival_(BRIFF)">(en)</a> le <abbr title="premier">1<sup>er</sup></abbr> septembre en tant que film d&rsquo;ouverture<sup id="cite_ref-20"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-20">20</a></sup>.</p>
<p>La sortie nationale du film a lieu le 8 septembre 2021 en France et en Belgique<sup id="cite_ref-21"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Serre_moi_fort#cite_note-21">21</a></sup>.</p>
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		<item>
		<title>&#171;&#160;Géricault, généalogie de la peinture&#160;&#187; par Jérôme Thélot</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2021 14:31:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Géricault]]></category>
		<category><![CDATA[Jérôme Thélot]]></category>
		<category><![CDATA[L'Atelier contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[le radeau de la méduse]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie de l'art]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Théodore Géricault (1791-1824) est un peintre universellement connu pour son &#171;&#160;Radeau de la Méduse&#160;&#187; (1818-1819). Cependant il n&#8217;est pas certain que, selon le jugement d&#8217;une opinion très courante, il fasse partie des plus célèbres et des plus admirés des peintres français.   On pourrait dire sans trop se tromper que l’œuvre de Géricault [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/9782850350337_1.jpg" rel="lightbox[1967]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1968" alt=""Géricault, généalogie de la peinture" par Jérôme Thélot dans littérature 9782850350337_1-217x300" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/9782850350337_1-217x300.jpg" width="217" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: book antiqua, palatino;font-size: medium">Théodore Géricault (1791-1824) est un peintre universellement connu pour son &laquo;&nbsp;Radeau de la Méduse&nbsp;&raquo; (1818-1819).<br />
Cependant il n&rsquo;est pas certain que, selon le jugement d&rsquo;une opinion très courante, il fasse partie des plus célèbres et des plus admirés des peintres français.</span></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/image022_2.jpg" rel="lightbox[1967]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1969" alt="image022_2-300x240 Géricault dans peinture" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/image022_2-300x240.jpg" width="300" height="240" /></a></p>
<p><span style="font-family: book antiqua, palatino;font-size: medium"> </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua, palatino;font-size: medium">On pourrait dire sans trop se tromper que l’œuvre de Géricault soit aussi reconnue qu&rsquo;elle le mériterait.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua, palatino;font-size: medium">Le livre que vient de publier Jérôme Thélot, &laquo;&nbsp;Géricault, généalogie de la peinture&nbsp;&raquo; (éditions L&rsquo;Atelier Contemporain) nous dit pourtant toute l&rsquo;importance de cette œuvre. Bien plus, il nous dit en quoi elle est essentielle.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua, palatino;font-size: medium">De façon magistrale Jérôme Thélot ne se contente pas de définir en quoi la peinture de Géricault serait admirable, par exemple par sa technique, par sa manière, voire même par le choix de ses sujets. Ce qui serait déjà tout à fait passionnant sans doute.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: book antiqua, palatino;font-size: medium">Il nous dit plus certainement que Géricault manifeste dans sa peinture, dans chacun de ses tableaux, mais aussi dans chaque dessin, dans chaque esquisse, l&rsquo;origine-même de la peinture. On pourrait dire, sans se tromper profondément, sans se tromper du tout peut-être même, que Géricault est ce peintre qui, plus que tout autre sans doute, dans chacun de ses sujets, fait voir et comprendre ce qu&rsquo;est toute peinture, comment elle est possible, comment et en quoi elle advient. Un tableau de Géricault dit avant tout, en même temps que ce qu&rsquo;il montre, la création elle-même : il en fait ou il en est peut-être la généalogie elle-même.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua, palatino">Mais il y a davantage encore dans ce livre, bien davantage. Là est sa valeur irremplaçable.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: book antiqua, palatino;font-size: medium">Jérôme Thélot nous montre de façon absolument lumineuse en quoi Théodore Géricault est le peintre de la condition humaine. Non pas de telle ou telle condition humaine, celle du naufragé, du soldat, du pauvre ou de l&rsquo;égaré, mais la condition de tout homme. Il y a chez Géricault une dimension philosophique, sans les concepts, sans les mots, sans les discours, sans les théories. Cela fait assurément de ce peintre un très grand peintre.<br />
Et, comme ce livre le dit, l&rsquo;explicite, le montre de façon évidente, brillante, de telle sorte qu&rsquo;à chaque page on espère la suivante, qu&rsquo;à chaque paragraphe on se trouve déjà au suivant, on peut dire assurément qu&rsquo;il s&rsquo;agit aussi d&rsquo;un grand livre.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua, palatino;font-size: medium">Désormais, la plupart d&rsquo;entre-nous ne regarderons plus (et ne garderons plus dans leurs mémoires) &laquo;&nbsp;Le Radeau de la Méduse&nbsp;&raquo;<a href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a> de la même manière. Mais surtout, grâce au peintre et à l&rsquo;auteur nous en saurons désormais bien davantage sur nous-mêmes.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/401px-brooklyn_museum_-_the_wounded_cuirassier_study_le_cuirassier_blesse_quittant_le_feu_esquisse_-_theodore_gericault.jpg" rel="lightbox[1967]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1970" alt="401px-brooklyn_museum_-_the_wounded_cuirassier_study_le_cuirassier_blesse_quittant_le_feu_esquisse_-_theodore_gericault-250x300 Jérôme Thélot dans philosophie" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/401px-brooklyn_museum_-_the_wounded_cuirassier_study_le_cuirassier_blesse_quittant_le_feu_esquisse_-_theodore_gericault-250x300.jpg" width="250" height="300" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/gericault_lufficialedeicavalleggeri.jpg" rel="lightbox[1967]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1971" alt="gericault_lufficialedeicavalleggeri-222x300 L'Atelier contemporain" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/gericault_lufficialedeicavalleggeri-222x300.jpg" width="222" height="300" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/portrait-of-laura-bro-theodore-gericault.jpg" rel="lightbox[1967]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1972" alt="portrait-of-laura-bro-theodore-gericault-268x300 le radeau de la méduse" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/portrait-of-laura-bro-theodore-gericault-268x300.jpg" width="268" height="300" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/theodore-gericault-portrait-of-a-kleptomaniac-1822.jpg" rel="lightbox[1967]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1973" alt="theodore-gericault-portrait-of-a-kleptomaniac-1822-236x300 peinture" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/theodore-gericault-portrait-of-a-kleptomaniac-1822-236x300.jpg" width="236" height="300" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/portrait-of-rifleman.jpg" rel="lightbox[1967]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1974" alt="portrait-of-rifleman-253x300 philosophie de l'art" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/portrait-of-rifleman-253x300.jpg" width="253" height="300" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/bildniseinesnegers.jpg" rel="lightbox[1967]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1979" alt="bildniseinesnegers-243x300" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2021/02/bildniseinesnegers-243x300.jpg" width="243" height="300" /></a></p>
<p align="JUSTIFY"><em>Ci-dessus quelques-uns des tableaux commentés par Jérôme Thélot : &laquo;&nbsp;Cuirassier blessé quittant le feu&nbsp;&raquo; 1814, &laquo;&nbsp;Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant&nbsp;&raquo;  1812, &laquo;&nbsp;Portrait de Laure Bro&nbsp;&raquo; 1818-1820, &laquo;&nbsp;Le monomane du vol&nbsp;&raquo; 1818-1819, &laquo;&nbsp;Portrait d&rsquo;un carabinier en buste avec son cheval&nbsp;&raquo; 1812-1814. &laquo;&nbsp;Portrait de noir&nbsp;&raquo; (1812-1814)<br />
</em></p>
<div>
<p><a href="#sdfootnote1anc">1</a>Jérôme Thélot avait publié en 2013 aux éditions Manucius &laquo;&nbsp;Géricault, le Radeau de la Méduse, le sublime et son double&nbsp;&raquo;</p>
</div>
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		<title>&#171;&#160;Au véritable French Tacos&#160;&#187; : le progrès ne s&#8217;arrête jamais</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2020/10/30/au-veritable-french-tacos-le-progres-ne-sarrete-jamais/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Oct 2020 11:51:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Gerber]]></category>
		<category><![CDATA[editions Ramsay]]></category>
		<category><![CDATA[French Tacos]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Aboucaya]]></category>

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		<description><![CDATA[Le progrès est-il à même de s&#8217;arrêter un jour ? Ou même de ralentir un peu. On n&#8217;arrête pas le progrès, c&#8217;est évident ! Et dans aucun domaine, cela va sans dire. Il n&#8217;y a qu&#8217;à regarder tout autour de soi, autour de nous. C&#8217;est une évidence. Ah ! Bien sûr ! Si l&#8217;on pense que le progrès c&#8217;est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/10/51guxhuadl._sx195_.jpg" rel="lightbox[1961]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1962" alt="51Guxhu+aDL._SX195_" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/10/51guxhuadl._sx195_-186x300.jpg" width="186" height="300" /></a></em></p>
<p>Le progrès est-il à même de s&rsquo;arrêter un jour ? Ou même de ralentir un peu.</p>
<p>On n&rsquo;arrête pas le progrès, c&rsquo;est évident ! Et dans aucun domaine, cela va sans dire.</p>
<p>Il n&rsquo;y a qu&rsquo;à regarder tout autour de soi, autour de nous. C&rsquo;est une évidence.<br />
Ah ! Bien sûr ! Si l&rsquo;on pense que le progrès c&rsquo;est aller sans relâche vers le meilleur des mondes possibles, on pourrait entendre les rumeurs de quelques objections. Mais ce ne serait-là que le fait de quelques grincheux ou de quelques aveugles, tournés sans fin vers le passé et se disant : « C&rsquo;était quand même bien mieux avant ! »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Au véritable French Tacos », le roman de Jacques Aboucaya et Alain Gerber (éditions Ramsay) nous prouvera sans conteste que le progrès progresse. Que nous le voulions ou non.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il faut souligner combien leur démonstration est imparable. Les voici en effet endossant les habits de voyageurs qui, découvrant des pays inconnus – vraiment inconnus, car s&rsquo;il s&rsquo;avère qu&rsquo;un lecteur de ces lignes en ait déjà franchi les frontières, je serais particulièrement heureux de faire sa connaissance et de recueillir ses propres impressions, car, je n&rsquo;ai même pas trouvé leur situation exacte,à ces pays-là, sur l&rsquo;une ou l&rsquo;autre de mes applications GPS, pourtant nombreuses et qui toutes m&rsquo;assurent de leur précision et même de leur exhaustivité.Elles qui relèvent (enfin c&rsquo;est ce que je croyais jusqu&rsquo;ici) du dernier progrès.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et, tous deux, Jacques et Alain, ont emprunté des prénoms aussi exotiques que Calixte – encore qu&rsquo;il y eut quatre souverains pontifes qui en usèrent, tout autant qu&rsquo;un personnage, si je me souviens bien, du célèbre « Petit Nicolas » (pas celui qui fut Président de notre République) mais celui d&rsquo;une autre littérature &#8211; et Ganymède. Ce dernier ne manque d&rsquo;ailleurs pas d&rsquo;une certaine audace (mais un prénom vous est donné et ce n&rsquo;est que si rarement que vous vous l&rsquo;attribuez vous-même, alors, disons qu&rsquo;il s&rsquo;agit ici d&rsquo;un don du ciel, de Zeus probablement) tant le personnage du mythe grec est un garçon sublime et que son destin dans les arts est incalculable et surtout parfois inavouable (les lecteurs du divin marquis s&rsquo;en souviendront sans doute).<br />
Bref, nos deux amis voyageant dans ces contrées à la pointe du progrès vont s&rsquo;extasiant devant tant de merveilles qu&rsquo;ils découvrent avec admiration.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/10/122184364_3221003001362328_8378614274001537701_n.jpeg" rel="lightbox[1961]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1963" alt="122184364_3221003001362328_8378614274001537701_n" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/10/122184364_3221003001362328_8378614274001537701_n-300x168.jpeg" width="300" height="168" /></a><br />
Ce roman prend, du début à la fin, la forme d&rsquo;un échange de lettres – de Calixte à Ganymède et réciproquement – telles les lettres persanes de Montesquieu dans lesquelles, on l&rsquo;aura sans doute compris, l&rsquo;ironie est toujours présente. A la différence qu&rsquo;elle est sans aucun doute décuplée à chaque instant. C&rsquo;est peut-être cela qui fait que, lorsque on referme ce livre, on a un peu l&rsquo;impression que l&rsquo;on vient juste de l&rsquo;ouvrir.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/10/taco-trivia-1.jpg" rel="lightbox[1961]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1964" alt="taco-trivia-1" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/10/taco-trivia-1-300x168.jpg" width="300" height="168" /></a></p>
<p>C&rsquo;est alors que les bras nous tombent car nous nous rendons bien compte, soudain (à moins que ce fut depuis quelques pages déjà !) que tout ceci n&rsquo;est proféré qu&rsquo;au second degré ! Que dis-je, non pas au deuxième degré, mais au troisième, au quatrième au moins. Ou même davantage encore.<br />
Car voyez-vous : le progrès, même en littérature, on ne l&rsquo;arrête pas. Et surtout, si l&rsquo;on se place à contre-courant.</p>
<p>Ce que font ici Jacques Aboucaya et Alain Gerber relève décidément de ce que l&rsquo;on pourrait appeler « une haute voltige ». Il faut lire cet inénarrable « Au véritable French Tacos ». Pour le croire. Et peut-être pour mieux comprendre aussi ce qui nous arrive.</p>
<p>P { margin-bottom: 0.21cm }</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La poésie et la photographie: Jean-Jacques Gonzales (texte de Jérôme Thélot)</title>
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		<pubDate>Sat, 30 May 2020 15:28:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[jean-jacques gonzales]]></category>
		<category><![CDATA[Jérôme Thélot]]></category>
		<category><![CDATA[L'Atelier contemporain]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; « Le travail photographique de Jean-Jacques Gonzales » par Jérôme Thélot (L&#8217;atelier contemporain éditeur) est un livre où le texte éclaire pas à pas les images. Mais où les photographies elles-mêmes sont comme des textes, comme des sujets qui s&#8217;offrent à nous et qui, ce faisant, nous demandent de les décrypter : en quelque sorte, de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/05/arton276-1.jpg" rel="lightbox[1953]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1955" alt="La poésie et la photographie: Jean-Jacques Gonzales (texte de Jérôme Thélot) dans littérature arton276-1-247x300" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/05/arton276-1-247x300.jpg" width="247" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Le travail photographique de Jean-Jacques Gonzales » par Jérôme Thélot (L&rsquo;atelier contemporain éditeur) est un livre où le texte éclaire pas à pas les images.</p>
<p>Mais où les photographies elles-mêmes sont comme des textes, comme des sujets qui s&rsquo;offrent à nous et qui, ce faisant, nous demandent de les décrypter : en quelque sorte, de les lire. Non pas seulement de les voir, de les regarder, de les scruter de notre regard, de les admirer comme de beaux objets. Là se trouve leur force, leur puissance, l&rsquo;étrange fascination qui les habite et qui provoque notre regard.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les photographies de Jean-Jacques Gonzales possèdent une étrangeté qui les distingue de tout autre travail photographique.</p>
<p>Bien sûr « étrangeté » peut désigner une sorte de spécificité. Alors on dirait que les images de Jean-Jacques Gonzales sont reconnaissables parmi toutes les autres. Ce serait une sorte de distinction, de reconnaissance d&rsquo;un art qui lui serait propre. Et ce serait déjà remarquable, en effet.</p>
<p>Mais ce n&rsquo;est pas tout à fait de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit. Ces photographies sont « étranges » en ceci qu&rsquo;elles présentent chacune quelque chose qui dérange le regard. Et que, le plus souvent, on ne distingue pas clairement, que l&rsquo;on peine à voir, à identifier, mais que l&rsquo;on perçoit, que l&rsquo;on ressent sans aucun doute.</p>
<p>C&rsquo;est comme s&rsquo;il y avait en chacune d&rsquo;elle un objet « indistinct » qui troublait notre perception.</p>
<p>Et, souvent, lorsque nous le cherchons, nous ne le trouvons pas. Sinon au prix d&rsquo;un effort du regard ou de l&rsquo;attention tout à fait inhabituel.</p>
<p>Les photographies de Jean-Jacques Gonzales sont belles – elles ont sans aucun doute leur beauté propre – jusque dans cette sorte « d&rsquo;écart » où elles tiennent la réalité du monde « tel qu&rsquo;il est », tel que nous le voyons, tel que nous nous le représentons communément. Et en raison même de cette particularité. Car c&rsquo;est tout le déploiement du monde que nous montre le photographe. Mais elles comportent aussi comme une contradiction : on y voit souvent quelque chose qui ne semble pas être du monde ou qui, à tout le moins, du monde, nous fait apercevoir davantage que ce qui semble le composer au premier regard.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1958" style="width: 191px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/05/p-18-des-escaliers-montant-du-sol.jpg" rel="lightbox[1953]"><img class="size-medium wp-image-1958" alt="Des escaliers montant du sol..." src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/05/p-18-des-escaliers-montant-du-sol-181x300.jpg" width="181" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Des escaliers montant du sol&#8230;</p></div>
<p>Le texte de Jérôme Thélot (dont on rappellera qu&rsquo;il est l&rsquo;auteur d&rsquo;une « Critique de la raison photographique « , éditions Encre Marine 2009) est pourtant essentiel. Non pas que l&rsquo;on ne puisse découvrir fort heureusement le sens du travail de Jean-Jacques Gonzales que grâce à celui-ci, mais parce qu&rsquo;il nous permet de mieux – c&rsquo;est-à-dire de plus profondément, plus intensément encore – découvrir la révélation que manifestent ces images, proprement extraordinaires. Que, finalement, il les éclaire, en souligne avec, pourrait-on dire, une grande lumière, la puissance et la spécificité. Et, par exemple, ici :</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1959" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/05/p-65-voici-une-route-allant-surement-quelque-part.jpg" rel="lightbox[1953]"><img class="size-medium wp-image-1959" alt="Voici une route allant sûrement quelque part..." src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/05/p-65-voici-une-route-allant-surement-quelque-part-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Voici une route allant sûrement quelque part&#8230;</p></div>
<p><i>« Aucune vue d&rsquo;intérieur ; aucune figure humaine ; de rares traces d&rsquo;ouvrage humain ; mais pas non plus de discours (sinon parfois l&rsquo;esquisse d&rsquo;un récit interrompu) ; et certes pas d&rsquo;éloquence du ciel où le regard se divertirait de son vrai problème&#8230;/&#8230;On a ici déblayé l&rsquo;image de toute rhétorique mais on n&rsquo;a pas renoncé à la question posée par l&rsquo;inadéquation des mots ; et on a trouvé dans les seuls moyens plastiques de quoi reformuler toujours cette seule question. L&rsquo;expérience photographique de Jean-Jacques Gonzales est assez résolue à l&rsquo;élucidation de sa « source » dans le conflit entre absence et regard, entre privation et adhésion, pour qu&rsquo;on la nomme non pas seulement un art, mais une expérience de <b>poésie.</b> » </i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;écrit si justement Jérôme Thélot et qu&rsquo;il faut reconnaître désormais : la poésie de chacune des photographies de Jean-Jacques Gonzales.</p>
<p>Et tout son travail comme <i>poésie.</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il faut souligner enfin la remarquable réussite éditoriale de cet ouvrage, de la qualité graphique, à celle de la reproduction, « l&rsquo;objet » lui-même ajoute à la pertinence des propos, que ce soit celui du photographe ou celui de l&rsquo;auteur.</p>
<p>Notons aussi que le livre se conclut sur le « journal photographique » de Jean-Jacques Gonzales qui porte le beau titre de « La fiction d&rsquo;un éblouissant rail continu. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>Parution le 5 juin 2020 (200 p, 110 reproductions, 30€, L&rsquo;Atelier Contemporain éditeur)</i></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Habiter le monde</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2020/04/22/habiter-le-monde/</link>
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		<pubDate>Wed, 22 Apr 2020 09:49:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[1 &#160; &#160; &#160; « HABITER LE MONDE » &#160; &#160; &#160; &#160; Le présent texte, à la lumière d&#8217;une lecture de « La lettre sur l&#8217;humanisme » de Martin Heidegger, lettre écrite à la sortie de la deuxième guerre mondiale, tente d&#8217;apporter une contribution à une réflexion sur notre époque, frappée par une autre mise en cause tout [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="RIGHT"><span style="font-size: small">1</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/04/p1190324.jpeg" rel="lightbox[1948]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1949" alt="Habiter le monde dans philosophie" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/04/p1190324-300x225.jpeg" width="300" height="225" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="LEFT">« HABITER LE MONDE »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le présent texte, à la lumière d&rsquo;une lecture de « La lettre sur l&rsquo;humanisme » de Martin Heidegger, lettre écrite à la sortie de la deuxième guerre mondiale, tente d&rsquo;apporter une contribution à une réflexion sur notre époque, frappée par une autre mise en cause tout aussi fondamentale, même si elle est de toute évidence de nature profondément différente – à moins que ce ne soit pas le cas, mais ce serait une autre question &#8211; , que celle qui a clôturé la première moitié du siècle précédent.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il semble difficile, impossible et surtout ,à la fois prétentieux et dangereux de ne considérer que le caractère historico-sociologique de telles situations sans essayer d&rsquo;en concevoir, non pas les causes événementielles, mais les origines les plus profondes. Si c&rsquo;est la vie même (celle de millions d&rsquo;individus, celle de sociétés tout entières) qui est en jeu, ce ne sont pas des « circonstances » qui les éclaireront et donc pas non plus des programmes nouveaux (ou réputés tels) qui nous permettront de surmonter ces temps qui se présentent, qu&rsquo;on le veuille ou non, comme des formes apocalyptiques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Parce qu&rsquo;il nous a semblé que ce texte du philosophe allemand présentait une réflexion qui tentait de comprendre enfin, de façon fondamentale, quelle était la situation de l&rsquo;homme (de chacun sans doute, plutôt que de « l&rsquo;humanité » tout entière, qui est davantage un concept, qu&rsquo;une « réalité »), nous nous en sommes tenus volontairement à une sorte de paraphrase.</p>
<p>Celle-ci néanmoins, afin d&rsquo;une part de rendre intelligible à tout lecteur seulement attentif, la pensée d&rsquo;un auteur réputé « difficile », et d&rsquo;autre part d&rsquo;éviter les contresens ou les fausses interprétations, soulève parfois quelques questions à propos du texte lui-même et tente d&rsquo;y répondre, non dans le but d&rsquo;en faire une « critique » (qui pourrait, dans une autre perspective, se justifier pleinement) mais seulement dans celui d&rsquo;apporter une contribution éclairante.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En conclusion, il est répondu aussi à cette question que ce type de travail soulève immanquablement : « Mais, concrètement, et par « les temps qui courent », ça sert à quoi tout ça ? ». En tout cas, cette modeste conclusion et donc contribution, fait en quelque sorte l&rsquo;effort de cette réponse à une interrogation totalement légitime. L&rsquo;apporte-t-elle ? C&rsquo;est une autre « histoire » !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En commençant il faut rappeler que l&rsquo;édition française de « Questions III » a été publiée en 1966 (éditions Gallimard) et que « La lettre sur l&rsquo;humanisme » qui constitue le cœur de ce recueil a, quant à elle, été rédigée en 1946 et publiée en Allemagne la même année (Vittorio Klostermann).<br />
Il s&rsquo;agit d&rsquo;une réponse à une lettre du philosophe français Jean Beaufret. Celui-ci, apprenant que l&rsquo;un de ses amis part pour Fribourg-en-Brisgau où réside Martin Heidegger, rédige sur une table de café une lettre à l&rsquo;attention de ce dernier, où il lui pose notamment trois questions :</p>
<ol>
<li>la première porte sur la théorie sartrienne de l&rsquo;engagement ;</li>
<li>la deuxième est : &laquo;&nbsp;Comment redonner un sens au mot &laquo;&nbsp;humanisme?&nbsp;&raquo;</li>
<li>la troisième : &laquo;&nbsp;Comment sauver l&rsquo;élément d&rsquo;aventure que comporte toute recherche sans faire de la philosophie une simple aventurière ?&nbsp;&raquo;</li>
</ol>
<p align="RIGHT"><span style="font-size: small">2</span></p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/04/p1190306.jpeg" rel="lightbox[1948]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1950" alt="P119030" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/04/p1190306-300x225.jpeg" width="300" height="225" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La réponse que Heidegger formule constitue sans doute l&rsquo;un des textes les plus importants du philosophe allemand. Et, à tout prendre, pour l&rsquo;auteur de ces lignes, l&rsquo;un des textes majeurs de la</p>
<p>deuxième moitié du XX° siècle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On notera évidemment que cette question « Comment redonner un sens au mot humanisme ? » intervenait dans un contexte terrible où le terme d&rsquo;humanisme semblait, à l&rsquo;inverse d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, ne plus pouvoir jamais faire question. (Et aussi bien Sartre venait-il d&rsquo;écrire « L&rsquo;existentialisme est un humanisme »)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Avant de tenter non pas d&rsquo;analyser le texte de Heidegger, mais peut-être d&rsquo;essayer de lui donner son sens pour un lecteur, à la fois du premier quart du XXI° siècle soit quelques soixante-quinze années plus tard, et à la fois pris en cet instant précis dans une difficulté sanitaire, économique et écologique sans guère de précédent, il faut aussi rappeler que « Questions III » comprend, notamment avant « La lettre sur l&rsquo;humanisme », deux textes souvent passés plus ou moins inaperçus, d&rsquo;une écriture plus proche de celle d&rsquo;un « écrivain » que d&rsquo;un « philosophe allemand » rompu à un vocabulaire où se multiplient les néologismes, parfois intraduisibles. Ces deux textes portent les titres suivants « Le chemin de campagne » et « L&rsquo;expérience de la pensée ».</p>
<p>Si nous les citons ici c&rsquo;est parce qu&rsquo;ils ne sont pas des textes anecdotiques même si leurs commentaires, à notre connaissance, n&rsquo;ont jamais fait « florès ». Ce sont au contraire des textes qui ont au moins deux forces considérables. La première est qu&rsquo;ils ne nous parlent pas d&rsquo;un temps révolu (comme on pourrait le croire en lisant « Le chemin de campagne » tel qu&rsquo;il décrirait un époque rurale à jamais disparue), mais au contraire de celle même que nous vivons. La seconde est qu&rsquo;ils éclairent de façon très précise ce que disent quelques pages plus loin dans le recueil les paragraphes décisifs de « La lettre sur l&rsquo;humanisme. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>S&rsquo;agissant du « Chemin de campagne » comme de « L&rsquo;expérience de la pensée », il apparaît que leur clarté autorise, voire impose, de les citer sans ajouter quelque commentaire qui soit.</p>
<p>Ainsi :</p>
<p><i>« C&rsquo;est en vain que l&rsquo;homme par ses plans s&rsquo;efforce d&rsquo;imposer un ordre à la terre, s&rsquo;il n&rsquo;est pas ordonné lui-même à l&rsquo;appel du chemin. Le danger menace, que les hommes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;aient plus d&rsquo;oreille pour lui. Seul leur parvient encore le vacarme des machines, qu&rsquo;ils ne sont pas loin de prendre pour la voix même de Dieu. Ainsi l&rsquo;homme se disperse et n&rsquo;a plus de chemin. »</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>« L&rsquo;assombrissement du monde n&rsquo;atteint jamais la lumière de l&rsquo;Etre.</i></p>
<p><i>Nous venons trop tard pour les dieux et trop tôt pour l&rsquo;Etre. L&rsquo;homme est un poème que l&rsquo;Etre a commencé.</i></p>
<p><i>Marcher vers une étoile, rien d&rsquo;autre.<br />
Penser, c&rsquo;est se limiter à une unique idée, qui un jour demeurera comme une étoile au ciel du monde. »</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>« Si le courage de la pensée vient d&rsquo;un appel de l&rsquo;Etre, ce qui nous est dispensé trouve alors son langage.</i></p>
<p>…<i>/&#8230;</i></p>
<p><i>Peu d&rsquo;hommes sont suffisamment entraînés à distinguer un objet savant d&rsquo;une chose pensée. </i></p>
<p><i>La cause de la pensée serait meilleure, si déjà s&rsquo;y rencontraient des tenants de vues opposées, et non de simples adversaires. »</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="RIGHT"><span style="font-size: small">3</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>« Trois dangers menacent la pensée.</i></p>
<p><i>Le bon et salutaire danger est le voisinage du poète qui chante.</i></p>
<p><i>Le danger qui a le plus de malignité et de mordant est la pensée elle-même. Il faut qu&rsquo;elle pense contre elle-même, ce qu&rsquo;elle ne peut que rarement.</i></p>
<p align="RIGHT">
<p><i>Le mauvais danger, le danger confus, est la production philosophique. »</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>« Chanter et penser sont les deux troncs voisins de l&rsquo;acte poétique.</i></p>
<p><i>Ils naissent de l&rsquo;Etre et s&rsquo;élèvent jusqu&rsquo;à sa vérité. »</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alors qu&rsquo;il est temps désormais d&rsquo;aborder « La lettre sur l&rsquo;humanisme », souvenons-nous, à la suite de ces quelques textes de Heidegger, que la pensée, pour lui n&rsquo;est pas la science, qu&rsquo;elle ne se constitue pas en savoir au sens strict que l&rsquo;on donne à ce mot, à « l&rsquo;expertise » si magnifiée aujourd&rsquo;hui, pas plus qu&rsquo;elle ne serait la philosophie et, que ce qu&rsquo;il nomme « l&rsquo;Etre » (il dit quelque part que ce terme est celui qu&rsquo;il a choisi car c&rsquo;est le plus « neutre » de sens – par rapport à quelque objet que ce soit, une sorte de « signifiant » qui ne correspondrait à aucun « signifié » pourrait-on peut-être dire) demeure caché à la pensée lorsque celle-ci se définit, comme c&rsquo;est généralement le cas, comme la raison, le savoir ou même leur recherche, le parcours qui y conduit.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;introduction de « La Lettre » dit d&rsquo;emblée que <i>« La pensée accomplit la relation de l&rsquo;Etre à l&rsquo;essence de l&rsquo;homme. » </i>La pensée, ni rien d&rsquo;autre, ne <span style="text-decoration: underline">produit</span> cette relation. Il s&rsquo;agit plutôt d&rsquo;une sorte de mise en lumière qui, selon l&rsquo;auteur, se fait dans le langage.</p>
<p>Un contresens possible doit être immédiatement écarté : le langage n&rsquo;est ici rien d&rsquo;un « véhicule », d&rsquo;un « moyen d&rsquo;expression » qui, plus ou moins « articulé » pourrait plus ou moins précisément, accomplir ce dont il s&rsquo;agit plus haut. Au contraire, Heidegger écrit : <i>« La libération du langage des liens de la grammaire, en vue d&rsquo;une articulation plus originelle de ses éléments, est réservée à la pensée et à la poésie</i>. » Le langage de la pensée est donc comme celui de la poésie, langage, lorsqu&rsquo;il est langage originel. Parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de plus originel que l&rsquo;Etre lui-même. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;Etre n&rsquo;est le résultat de rien, d&rsquo;aucune science, d&rsquo;aucune « technique », d&rsquo;aucune « théorie », d&rsquo;aucune philosophie, d&rsquo;aucun savoir, d&rsquo;aucun langage même.</p>
<p>Sauf qu&rsquo;un langage originel peut le faire approcher.</p>
<p>Et Heidegger pose tout de suite la question : <i>« Peut-on maintenant appeler irrationalisme l&rsquo;effort qui consiste à remettre la pensée dans son élément ? » </i>(C&rsquo;est en effet la question qui se poserait à un lecteur qui découvrirait à cet instant la « philosophie » de Heidegger.) Nous pourrions ici préciser que l&rsquo;irrationalisme s&rsquo;il était la négation de toute rationalité, le bannissement de la science, serait évidemment une sottise. S&rsquo;il désigne cependant, comme c&rsquo;est le cas ici – mais Heidegger n&rsquo;emploie pas le terme – la mise en cause du pouvoir de la science et de la technique alors, il y aurait en effet « à penser ».</p>
<p>Pour répondre, Heidegger va directement s&rsquo;adresser à Jean Beaufret en répondant à la deuxième question que celui-ci avait formulé : <i>« Comment redonner un sens au mot Humanisme » ? » </i>Il se demande tout d&rsquo;abord s&rsquo;il faut maintenir le mot lui-même, même si l&rsquo;opinion raffole des mots en « ismes ».</p>
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<p>Tout ce qu&rsquo;il formulera par la suite constituera en toute logique des développements et des explicitations de ce qu&rsquo;est, selon lui, la « pensée de l&rsquo;Etre ».</p>
<p>Il rappelle tout d&rsquo;abord que la pensée (depuis la Grèce « tardive » depuis Platon et la« philosophie ») est sur son déclin ou plutôt même qu&rsquo;elle est de bout en bout un déclin, là même où elle s&rsquo;est constituée comme technique sous l&rsquo;emprise de la publicité (entendons par là surtout, l&rsquo;opinion publique) celle-ci décidant de ce qui est intelligible, compréhensible ou non. Là se situe, selon Heidegger, une véritable <i>« mise en danger de l&rsquo;essence de l&rsquo;homme. » </i>(p 82)</p>
<p>L&rsquo;interrogation devient donc désormais (une fois que l&rsquo;on a fait ce constat de déchéance de la pensée comme « technique ») d&rsquo;essayer de déterminer en quoi le langage peut-il exister réellement comme « mode de l&rsquo;Etre. »</p>
<p>(On pourrait encore formuler différemment cette interrogation : nous avons fait du langage un instrument de domination sur l&rsquo;étant (entendons par « étant » l&rsquo;ensemble des objets du monde, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de « choses », vivantes ou non, de concepts etc&#8230; cette modalité de l&rsquo;Etre est dite par Heidegger « l&rsquo;étant ») ; et en même temps nous avons bien pensé cependant qu&rsquo;il pouvait y avoir une part d&rsquo;inexplicable sans toutefois aller plus avant ; mais à quel « moment » par conséquent pourrions-nous parvenir à la proximité de l&rsquo;Etre (que Heidegger dit ici : <i>« ce qui n&rsquo;a pas de nom »</i> ? <i>- </i>p 83) (On peut se souvenir alors du titre du livre de Samuel Beckett « L&rsquo;Innommable » éditions de Minuit 1953)</p>
<p>Cette interrogation est si décisive que Heidegger écrit ceci :</p>
<p><i>« Si l&rsquo;homme doit un jour parvenir à la proximité de l&rsquo;Etre, il lui faut d&rsquo;abord apprendre à exister dans ce qui n&rsquo;a pas de nom&#8230; Avant de proférer une parole, l&rsquo;homme doit d&rsquo;abord se laisser à nouveau revendiquer par l&rsquo;Etre </i>(au sens où l&rsquo;Etre s&rsquo;adresserait à lui) <i>et prévenir par lui du danger de n&rsquo;avoir sous cette revendication, que peu ou rarement quelque chose à dire. C&rsquo;est alors seulement qu&rsquo;est restituée à la parole la richesse inestimable de son essence et à l&rsquo;homme l&rsquo;abri pour habiter dans la vérité de l&rsquo;Etre. » </i>(p 83)</p>
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<p>A ce stade on voit bien quelles objections on pourrait faire à ces affirmations : sur quoi reposent-elles plutôt que sur une sorte de conviction ? , qu&rsquo;est-ce qui ferait que l&rsquo;Etre « revendiquerait » quelque chose en s&rsquo;adressant à l&rsquo;homme ? Et Etre, qu&rsquo;est ce que ça veut dire ? Quel est le « mysticisme » de cette pensée ou pseudo-pensée ?</p>
<p>Ces objections pourraient, dans une lecture rapide constituer ainsi des apories définitives et vouer Heidegger aux pires mépris. (Notons que pour cette raison ou pour d&rsquo;autres il est parfois ainsi traité).</p>
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<p>Retenons cependant l&rsquo;essentiel de ce qui est dit :</p>
<p>ce que l&rsquo;on appelle « l&rsquo;humanisme » s&rsquo;inscrit dans le cadre de la métaphysique occidentale qui commence avec Platon et que Heidegger fait se terminer avec Nietzsche, voire avec Husserl et la phénoménologie. Cette philosophie, sous des formes évidemment différentes, voire apparemment contradictoires, éloigne l&rsquo;homme de l&rsquo;essentiel et non pas l&rsquo;en rapproche. C&rsquo;est en quelque sorte l&rsquo;histoire d&rsquo;une faillite qui est ici décrite.</p>
<p>Le « projet » heideggerien est en revanche de resituerl&rsquo;homme à sa place. Celle de la proximité de l&rsquo;Etre.</p>
<p>Avant d&rsquo;aller plus loin, il faut ici, refaire une pose. Qu&rsquo;est-ce qui ne va pas dans la métaphysique selon Heidegger ? Ce qui ne va pas c&rsquo;est à peu près ceci : la métaphysique (et les sciences, toutes les démarches de connaissance) s&rsquo;est intéressée aux choses du monde, à ce qui se trouvait devant nous comme objet (ob-jet) d&rsquo;observation. La métaphysique s&rsquo;est ainsi intéressée aux « étants », à cette forme d&rsquo;être que sont ces objets, fussent-ils eux-mêmes conceptuels et théoriques (A ce sujet n&rsquo;oublions pas ce que l&rsquo;on a appelé « la crise des mathématiques » (autrement dite la « Krisis ») lors de la première moitié du XX° siècle : les objets des mathématiques sont, à partir de ce moment-là, devenus de purs objets mathématiques eux-mêmes). Pour en revenir à la métaphysique, elle a, tout au plus, cherché à déterminer l&rsquo;essence des étants, l&rsquo;être de l&rsquo;étant, mais elle s&rsquo;est fondée elle-même sur l&rsquo;oubli de l&rsquo;Etre en tant que tel. Elle ne s&rsquo;est jamais posée la question de la différence de l&rsquo;Etre etde l&rsquo;étant. (p 88)</p>
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<p>On pourrait se dire que se poser la question de l&rsquo;humanisme c&rsquo;est précisément reconnaître cela (« le tour » serait alors joué!) et l&rsquo;homme ainsi remis à sa place. Dans cette hypothèse l&rsquo;humanisme serait la réponse à cet échec ou tout au moins à cette limite de la métaphysique. (C&rsquo;est plus ou moins la réponse de l&rsquo;existentialisme, notamment celui de Sartre, lorsqu&rsquo;il écrit qu&rsquo;il est un humanisme. Il suffirait de dénoncer l&rsquo;idéalisme de Platon à Hegel (pour faire « rapide ») et placer l&rsquo;existence avant l&rsquo;essence pour avoir remis la pensée et la place de l&rsquo;homme par conséquence, sur « le droit chemin »).</p>
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<p>Mais ce que Heidegger va démontrer c&rsquo;est que tout humanisme se fonde sur une métaphysique et que toute métaphysique est humaniste. (Ce qui sous-entend que placer l&rsquo;existence de l&rsquo;homme avant l&rsquo;essence n&rsquo;est qu&rsquo;un vulgaire tour de passe-passe et que le méta-physique demeure dans l&rsquo;existentialisme, celui de Sartre ou de Karl Jaspers 1883-1969) Pourquoi ? Parce que l&rsquo;humanisme présuppose que nous nous placions au cœur du monde, celui-ci étant en quelque sorte constitué par les « étants » (les choses telles qu&rsquo;elles sont et telles que nous les connaissons, pourrait-on dire), et que nous faisons de l&rsquo;homme le premier d&rsquo;entre eux. Ainsi, <i>« Non seulement l&rsquo;humanisme, dans sa détermination de l&rsquo;humanité de l&rsquo;homme, ne pose pas la question de la relation de l&rsquo;Etre à l&rsquo;essence de l&rsquo;homme, mais il empêche même de la poser. » </i>(p 87)</p>
<p>Par conséquent, <i>« la métaphysique ne se posant pas la question portant sur la vérité de l&rsquo;Etre lui-même, elle ne se demande jamais non plus en quelle manière l&rsquo;essence de l&rsquo;homme appartient à la vérité de l&rsquo;Etre. Cette question&#8230;est inaccessible à la métaphysique comme métaphysique. L&rsquo;Etre attend toujours que l&rsquo;homme se le remémore comme digne d&rsquo;être pensé. » </i>(p 88)</p>
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<p>Heidegger apporte alors une première réponse à la question de savoir par quel « moyen » dépasser l&rsquo;approche métaphysique : l&rsquo;essence de l&rsquo;homme n&rsquo;est pas d&rsquo;être un étant (un animal, un étant, fut-il le premier d&rsquo;entre-eux), c&rsquo;est d&rsquo;être revendiqué par l&rsquo;Etre : <i>« c&rsquo;est seulement à partir de cette revendication qu&rsquo;il « a » trouvé là où son essence habite. C&rsquo;est seulement à partir de cet habiter qu&rsquo;il « a » le langage comme l&rsquo;abri qui garde à son essence le caractère extatique. Se tenir dans l&rsquo;éclaircie </i>(Lichtung, sens premier : éclaircie, percée de lumière) <i>de l&rsquo;Etre, c&rsquo;est ce que j&rsquo;appelle, </i>dit-il, <i>l&rsquo;ek-sistence de l&rsquo;homme. Seul l&rsquo;homme à en propre cette manière d&rsquo;être. » </i>(p 90)</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas que l&rsquo;homme soit cet animal qui possèderait le langage. Le langage, en tant que revendication de l&rsquo;Etre, fait de l&rsquo;homme autre chose qu&rsquo;un animal, qu&rsquo;un « étant » prisonnier dans son environnement (umwelt), mais ce qu&rsquo;il appellera plus tard « le gardien de l&rsquo;Etre ».</p>
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<p>Ce qui est en question désormais c&rsquo;est ce que Heidegger nomme <i>« la relation extatique à l&rsquo;éclaircie de l&rsquo;Etre » </i>(p 97).</p>
<p>Soulignons dès maintenant ce qu&rsquo;une note de traduction de « La lettre sur l&rsquo;humanisme » va nous servir à expliciter à ce sujet : <i>« L&rsquo;homme n&rsquo;est pas cet étant –</i> cet objet du monde – <i>qui est « là », c&rsquo;est-à-dire jeté dans la contingence </i>(comme le dit Sartre) <i>d&rsquo;une existence donnée</i>. <i>Il est le « là » de l&rsquo;Etre, celui qui permet à l&rsquo;Etre d&rsquo;être là, de se dévoiler hic et nunc. » </i>(P 96)</p>
<p>Voici pourquoi Heidegger peut alors écrire ceci :</p>
<p><i>« Les plus hautes déterminations humanistes de l&rsquo;essence de l&rsquo;homme n&rsquo;expérimentent pas encore la dignité propre de l&rsquo;homme. </i>- en d&rsquo;autres termes, (c&rsquo;est moi qui précise) : l&rsquo;humanisme le mieux intentionné, le plus fondé ne comprend pas l&rsquo;essence de l&rsquo;homme au sens heideggerien – <i>En ce sens, la pensée qui s&rsquo;exprime dans « Sein un Zeit » </i>(« Etre et Temps » est le livre « fondateur » de la pensée de Heidegger), <i>est contre l&rsquo;humanisme. Mais cette opposition ne signifie pas qu&rsquo;une telle pensée s&rsquo;oriente à l&rsquo;opposé de l&rsquo;humain, plaide pour l&rsquo;inhumain, défende la barbarie et rabaisse la</i><i>dignité de l&rsquo;homme. Si l&rsquo;on pense contre l&rsquo;humanisme, c&rsquo;est parce que l&rsquo;humanisme ne situe pas assez haut l&rsquo;humanitas de l&rsquo;homme » </i>(p 101)</p>
<p>Mais, il ne faut pas s&rsquo;y tromper (il faut éviter ce qui serait ici un absolu contre-sens) : il ne s&rsquo;agit pas de placer l&rsquo;homme plus haut que l&rsquo;humanisme peut le poser. Il ne s&rsquo;agit pas de cela. Mais d&rsquo;être dans une autre « logique », sur un « autre plan » en quelque sorte.</p>
<p>Heidegger écrit ainsi : <i>« L&rsquo;homme habite et de la sorte ek-siste, en appartenant à la vérité de l&rsquo;Etre sur laquelle il veille. Il ressort donc de cette détermination de l&rsquo;humanité de l&rsquo;homme que ce qui est essentiel ce n&rsquo;est pas l&rsquo;homme mais l&rsquo;Etre comme dimension de l&rsquo;extatique de l&rsquo;ek-sistence. » </i>(p 106)</p>
<p>(On notera que, de toute évidence, « ek-sistence » s&rsquo;oppose fondamentalement à « existence » et c&rsquo;est ainsi que Heidegger écrit <i>: « Différente fondamentalement de toute existentia et « existence », « l&rsquo;ek-sistence » est l&rsquo;habitation ek-statique dans la proximité de l&rsquo;Etre ») </i>(p 120) .</p>
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<p>Mais ceci qui pourrait paraître énigmatique, voire non compréhensible, doit être explicité.<br />
La première explicitation que propose Heidegger est la suivante et, on voudra bien noter, qu&rsquo;il ne s&rsquo;y attarde pas et qu&rsquo;aussi bien, sous cette formulation en tout cas, elle semble avoir échappé à presque tout commentaire, alors qu&rsquo;elle est de façon évidente, fondatrice et ainsi particulièrement éclairante. De quoi s&rsquo;agit-il ?</p>
<p>Trouvons-le une nouvelle fois dans le propos même de l&rsquo;auteur : <i>« C&rsquo;est avec intention et en connaissance de cause qu&rsquo;il est dit dans Sein und Zeit : il y a l&rsquo;Etre : « es gibt » das Sein. Cet « il y a » ne traduit pas exactement « es gibt ». Car le « es » (ce) qui ici « gibt » (donne) est l&rsquo;Etre lui-même. »</i>( C&rsquo;est Heidegger lui-même qui commente la traduction de son propre texte).</p>
<p>Il poursuit aussitôt et c&rsquo;est ici sans doute que se trouve la force essentielle de cette « proposition » : <i>« Le « gibt » (donne) désigne toutefois l&rsquo;essence de l&rsquo;Etre, essence qui donne, qui accorde la vérité. Le don de soi dans l&rsquo;ouvert au moyen de cet ouvert est l&rsquo;Etre même. » </i>(p 107)</p>
<p>Il faut ici s&rsquo;arrêter un instant.</p>
<p>Soulignons tout d&rsquo;abord que la dernière phrase pourrait prêter à une interprétation qui consisterait à lire « l&rsquo;ouvert » comme « extériorité » et donc comme monde et donc comme faisant partie de l&rsquo;ensemble, voire au mieux de l&rsquo;essence, des étants. Cette lecture ne pourrait être qu&rsquo;un autre contresens. C&rsquo;est évidemment de façon radicalement différente qu&rsquo;il faut lire « ouvert ». Plutôt comme « capacité à », ou encore comme « revendication » &#8211; voir plus haut.</p>
<p>Mais le plus important ce situe à notre sens dans la signification du « gibt » et de l&rsquo;essence de l&rsquo;Etre (Heidegger parlera plus tardivement de l&rsquo;Etre de l&rsquo;Etre) comme don, comme donation, comme donation de soi. La donation de soi de l&rsquo;Etre est ainsi, peut-on dire, l&rsquo;auto-donation, ce qui se donne comme soi à soi, ce qui se donne à soi. Il s&rsquo;agit bien ici de l&rsquo;essence de l&rsquo;Etre ou, pour le dire même plus simplement de l&rsquo;Etre lui-même puisque Heidegger ajoute aussitôt que « gibt » remplace « das Sein ist » (l&rsquo;Etre est). (p 107).</p>
<p>L&rsquo;Etre n&rsquo;est pas un don, il est le don, la donation en tant que telle, une donation qui se donne elle-même à elle-même. Il ne se donne à aucun étant, jamais comme cause ou causalité de quelque objet du monde, indépendamment de celui-ci et ne trouve sa source qu&rsquo;en lui-même (d&rsquo;où la possibilité de le définir comme « auto-donation »).</p>
<p>On ne doit pas se demander désormais ce que vient faire la pensée de Heidegger dans l&rsquo;histoire de celle-ci, quelle place elle y tient. En réalité, il va le souligner lui-même. Elle est là de tout temps, nous dit-il. Sauf que nous l&rsquo;avons celée ou plutôt sans doute qu&rsquo;elle porte cette « dissimulation » en elle-même. Heidegger rappelle ainsi le mot de Parménide (VI°-V° siècles) : « il est en effet être. » Et il ajoute : <i>« Dans cette parole se cache le mystère originel pour toute pensée&#8230;Le « il est en effet l&rsquo;être » de Parménide n&rsquo;est pas encore pensé aujourd&rsquo;hui. On peut mesurer par là ce qu&rsquo;il en est du progrès en philosophie. Lorsqu&rsquo;elle est attentive à son essence, la philosophie ne progresse pas. » </i>(p 108)</p>
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<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/04/p1190321.jpeg" rel="lightbox[1948]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1951" alt=" dans société" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/04/p1190321-300x225.jpeg" width="300" height="225" /></a></p>
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<p>Ainsi, pourrait-on dire, en ce qui concerne notre propre présent, il en est de même. Et, c&rsquo;est peut-être bien de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit plus que jamais, de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit, non pas de façon urgente, mais plus simplement parce que le temps serait venu pour nous d&rsquo;entendre la revendication de l&rsquo;Etre. Il serait temps de ne plus considérer, ni ce que nous sommes, ni surtout ce que nous avons à faire, en ne nous attachant qu&rsquo;à l&rsquo;étant. La difficulté ultime est désormais à notre portée, celle qui consiste à se représenter l&rsquo;Etre qui nous fait signe et, le représentant par conséquent ne l&rsquo;apercevoir à nouveau que du point de vue de l&rsquo;étant, voire comme un étant lui-même. Etre et étant se trouvant <i>« comme mélangés dans une confusion étrange et sur laquelle on n&rsquo;a pas encore réfléchi. » </i>(p 115)</p>
<p>Heidegger souligne le danger de cette aporie et il écrit alors :</p>
<p><i>« L&rsquo;Etre en tant que le destin qui destine la vérité reste caché. » </i>(p 115)</p>
<p>Cette phrase, isolée, peut sembler répéter ce qui a déjà été dit. Elle peut aussi faire croire à une formulation soit maladroite, soit prétentieuse ou inutile, soit artificiellement obscure.<br />
Elle signifie pourtant, dans l&rsquo;exposé de « La lettre sur l&rsquo;humanisme » que ce qui est historique trouve son essentialité (et donc si nous en sommes capables) dans l&rsquo;Etre. Et pas l&rsquo;inverse. (Et pas même comme chez Hegel, où l&rsquo;Etre advient à la finalité du procès historique).</p>
<p>C&rsquo;est pourquoi on notera en passant que Heidegger reconnaît en Marx ce philosophe qui, le premier (le seul ?) au sein de l&rsquo;histoire de la pensée de la métaphysique, a fondé dans l&rsquo;essentiel l&rsquo;histoire elle-même et non l&rsquo;inverse (pp 115-116). (« L&rsquo;inverse », comme le fait cependant le marxisme.)</p>
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<p>Mais il n&rsquo;en reste pas moins qu&rsquo;il est difficile de se dire que cela ne dit pas grand-chose, rien en tout cas que l&rsquo;on puisse se représenter et qui puisse constituer un projet intelligible, concret, efficient sinon efficace. Cela sans aucun doute ne dit pas « grand-chose ». C&rsquo;est parce que, contrairement à nos habitudes, à notre culture, à nos façons de penser, de concevoir, ce n&rsquo;est pas le complexe qui est riche d&rsquo;abord. Ce qui est d&rsquo;abord précieux, le plus précieux, c&rsquo;est le plus simple.</p>
<p>Heidegger écrit ainsi : <i>« C&rsquo;est parce qu&rsquo;en cette pensée il s&rsquo;agit de penser quelque chose de simple, que la pensée par représentation reçue traditionnellement comme philosophie y trouve tant de difficulté. Seulement le difficile n&rsquo;est pas de s&rsquo;attacher à un sens particulièrement profond ni de former des concepts compliqués. Il se cache bien plutôt dans la démarche de recul qui fait accéder la pensée à une question qui soit expérience et rende vaine l&rsquo;opinion habituelle de la philosophie. » </i>(P 121)</p>
<p>Par conséquent, ne nous embarrassons pas de la philosophie mais constatons cependant que la pensée de l&rsquo;Etre est à la fois simple et difficile, selon les mots mêmes de l&rsquo;auteur. Notons aussi qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une <i>« question qui est une expérience. » </i>Il ne s&rsquo;agit donc pas d&rsquo;une théorie, fut-elle universelle, et que c&rsquo;est la question qui est expérience et l&rsquo;expérience aussi bien est un questionnement.</p>
<p>Soulignons bien d&rsquo;un point de vue critique par rapport à notre propre texte, que <i>« l&rsquo;objet de la pensée n&rsquo;est pas atteint du fait qu&rsquo;on met en train un bavardage sur « la vérité de l&rsquo;Etre » » et sur « l&rsquo;histoire de l&rsquo;Etre ». </i>Car – et c&rsquo;est Heidegger qui souligne : <i>« Ce qui compte, c&rsquo;est uniquement que la vérité de l&rsquo;Etre vienne au langage et que la pensée atteigne à ce langage. » </i>(p 122)</p>
<p>Il ajoute encore : <i>« Peut-être alors le langage exige-t-il beaucoup moins l&rsquo;expression précipitée qu&rsquo;un juste silence. Mais qui d&rsquo;entre nous, hommes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, pourrait s&rsquo;imaginer que ses tentatives pour penser sont chez elles sur le sentier du silence ? </i>(p 122).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il est à souligner qu&rsquo;ici Heidegger pose les réfutations qui sont faites à sa pensée. Dans l&rsquo;ordre :</p>
<ul>
<li>si ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;humanisme, alors c&rsquo;est de la barbarie</li>
<li>si cette pensée est contre la « logique », alors elle ne peut qu&rsquo;être irrationnelle</li>
<li><i>« parce que cette pensée est contre les « valeurs », on considère avec effroi une philosophie</i><i>qui ose apparemment livrer au mépris les biens les plus hauts de l&rsquo;humanité » </i>(p 126) Je souligne ce point, parce que depuis quelques décennies nous n&rsquo;entendons plus que parler de « valeurs », terme sur lequel il y aurait beaucoup à dire mais surtout à redire. Notamment parce que, à mon sens, il cache systématiquement, une absence de pensée sinon seulement de réflexion et qu&rsquo;il ne désigne qu&rsquo;une opinion tout au plus « morale », apparemment seulement le plus souvent. C&rsquo;est ainsi que « la valeur » dévalue ce qu&rsquo;elle prétend valoriser. <i>« La pensée sur le mode des valeurs est …/&#8230; le plus grand blasphème qui se puisse penser contre l&rsquo;Etre. » </i>(p 130) Et ainsi, <i>« proclamer Dieu « la plus haute Valeur, c&rsquo;est dégrader l&rsquo;essence de Dieu. » </i>(p 130)</li>
<li>Etc&#8230;/&#8230;</li>
<li>et enfin : <i>« Parce qu&rsquo;en tout ce qui vient d&rsquo;être dit, la pensée partout est contre ce que l&rsquo;humanité tient pour grand et sacré, cette philosophie enseigne un « nihilisme » irresponsable et destructeur. Car quoi de plus « logique » que ceci, à savoir que quiconque nie partout de la sorte l&rsquo;étant véritable, se place du côté du non-étant et annonce comme sens de la réalité le pur néant ? » </i>(p 127)</li>
<li>à la critique selon laquelle sa pensée ne <i>« déciderait rien de « l&rsquo;existence de Dieu » ou de son non-être » </i>Heidegger répond aussi sur ce point singulier : <i>« La pensée qui pense à partir de la question portant sur la vérité de l&rsquo;Etre questionne plus originellement que la métaphysique. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;à partir de la vérité de l&rsquo;Etre que se laisse penser l&rsquo;essence du sacré. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;à partir de l&rsquo;essence du sacré qu&rsquo;est à penser l&rsquo;essence de la divinité. Ce n&rsquo;est que dans la lumière de l&rsquo;essence de la divinité que peut être pensé et dit ce que doit nommer le mot Dieu. » </i>(pp 133/134)</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et, pour conclure ici notre lecture (là ne se trouve pas le terme de « La lettre sur l&rsquo;humanisme ») on notera ceci :</p>
<p><i>« Penser la vérité de l&rsquo;Etre, c&rsquo;est en même temps, penser l&rsquo;humanitas de l&rsquo;homo humanus. Ce qui compte c&rsquo;est l&rsquo;humanitas au service de la vérité de l&rsquo;Etre, mais sans l&rsquo;humanisme au sens métaphysique. » </i>(p 135)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si j&rsquo;arrête ici ce que j&rsquo;ai appelé « la paraphrase » de « La lettre sur l&rsquo;humanisme » ce n&rsquo;est pas que nous n&rsquo;y trouverions rien de plus. Même si nous sommes presque arrivés à son terme. Au contraire, nous y trouverions des précisions, des explicitations qui nous éclaireraient à coup sûr davantage. Et notamment une analyse de l&rsquo;éthique. Ce qui, pour ce qui nous concerne aujourd&rsquo;hui pourrait sembler décisif.<br />
Mais, il me semble aussi – et c&rsquo;est donc le choix que j&rsquo;ai fait – qu&rsquo;il était désormais possible que nous ayons assez appris. Au moins pour le moment et pour, chacun d&rsquo;entre nous, chercher en nous un chemin par lequel nous pourrions contribuer à bâtir un monde qui pourrait être habité à nouveau.</p>
<p>Est-ce à dire que cette pensée de l&rsquo;Etre désignée par Heidegger, elle dont nous avons vu qu&rsquo;elle n&rsquo;était pas une « théorie », serait une pensée pratique ? C&rsquo;est aussi quelque chose qu&rsquo;il réfute. On comprend pourquoi bien sûr : une « pensée pratique » désigne une pensée intégralement au service de l&rsquo;étant.</p>
<p>Mais on doit dire aussi que, si l&rsquo;on utilise le vocabulaire grec et que l&rsquo;on parle de praxis on pourrait accorder à ce terme un sens ontologique, désignant la revendication de l&rsquo;Etre dont parle Heidegger. Même si, dans la philosophie grecque de Platon ou d&rsquo;Aristote ce sens se trouve déjà dévoyé du côté de l&rsquo;étant.</p>
<p>Pourrait-on dire alors que l&rsquo;ek-sistence au sens heideggerien pourrait aussi se dire « praxis » ?</p>
<p>Certainement.</p>
<p>Faudrait-il en déduire aussitôt, sans autre procès, qu&rsquo;elle pourrait dessiner alors une éthique personnelle ou même un projet politique ?</p>
<p>Là se pose sans doute une véritable question. Car qui, aujourd&rsquo;hui au cœur du printemps de l&rsquo;année 2020, ici ou partout dans le monde ne pressent pas, à tout le moins, la nécessité de refonder notre pratique qu&rsquo;elle soit personnelle ou collective ?<br />
Ce qui n&rsquo;irait pas, disons-le d&rsquo;entrée, ce serait de dire que la pensée de l&rsquo;Etre, développée ici ou dans d&rsquo;autres ouvrages de Heidegger, pourrait servir à quelque chose comme cela. Ce serait se méprendre et en faire un contre-sens.<br />
Cependant, nous pouvons dire, sans trahir Heidegger lui-même, que cela est possible. A condition bien évidemment de laisser l&rsquo;Etre advenir et de refonder toute pensée ce qui n&rsquo;est assurément pas une mince affaire.</p>
<p>Pourquoi tout d&rsquo;abord dis-je sans trahir ? Parce que Heidegger lui-même est, si j&rsquo;ose dire, passé à</p>
<p>l&rsquo;acte. Il existe en effet une conférence qu&rsquo;il a donné à des architectes, publiée en France en 1958 dans « Essais et Conférences » (Gallimard) et intitulée « Bâtir, habiter, penser ». On notera ici que ce programme (celui du titre) est précisément celui de tout projet humain en général et que sa traduction architecturale (qui a d&rsquo;ailleurs été mise en œuvre en Suisse) n&rsquo;en est qu&rsquo;une déclinaison.</p>
<p>Mais enfin, ce n&rsquo;est pas là que nous trouverons aujourd&rsquo;hui les réponses de demain&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alors que faut-il retenir de cette lecture, selon moi ?</p>
<p>Quelques points :</p>
<ul>
<li>comprendre que la tentation de la réponse à la crise présente par « rendre sa place à l&rsquo;homme » est une erreur à plus d&rsquo;un titre. D&rsquo;abord parce que c&rsquo;est peut-être parce que la place de l&rsquo;homme est trop grande, trop mal comprise et de ce fait mal mise en œuvre, que nous en sommes là et pas seulement sur le plan sanitaire bien évidemment.</li>
<li>réfléchir un instant à ce que pourrait nous apporter un questionnement préalable à toute réponse, à tout projet. Un questionnement qui questionne, malheureusement, depuis longtemps, nous n&rsquo;en sommes pas capables. Et puis, n&rsquo;est-ce pas, il n&rsquo;y a pas de temps à perdre, en particulier sur le plan économique. Mais cela est vrai sur tous les plans. Et nous verrons à coup sûr les adversaires rester des adversaires, et même ceux qui, parfois aperçoivent une vérité, en faire leur « valeur » propre contre toutes les autres.</li>
<li>un projet qui ne se nourrirait du passé qu&rsquo;à partir de la question fondamentale, c&rsquo;est-à-dire de celle que Heidegger nomme la « question de l&rsquo;Etre », devrait nous permettre de rebâtir véritablement car nous ne pourrons que bâtir à nouveau, bâtir autrement pour habiter le monde, même si nous avons bien que cette habitation ne sera jamais définitive puisque ce qui sera au bout du chemin sera la fin.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il est clair que l&rsquo;on peut considérer ces quelques lignes comme inutiles, rêveuses, prétentieuses. On peut leur trouver beaucoup de défauts. Pour une excellente raison : elles les contiennent tous. Du point de vue unanimement partagé depuis 2500 ans.</p>
<p>Mais enfin&#8230; n&rsquo;y a-t-il pas, plus que jamais, à – non pas prendre de la hauteur car c&rsquo;est peut-être bien le contraire qu&rsquo;il faut faire – mais à tenter de sortir des débats politiciens de toute sorte.</p>
<p>En tout cas, il y a dans ce texte de Heidegger au moins quelques choses qui pourraient nous être fort utiles. Tout ce qui est réfuté, tout ce qui est montré et démontré comme trompeur. Il y a là un « catalogue » considérable. Au moins pourrions-nous éviter quelques-unes de ces erreurs.</p>
<p>Pour autant, je ne suis pas totalement naïf et je sais bien que ce n&rsquo;est pas gagné ! Je pense même que c&rsquo;est perdu d&rsquo;avance.</p>
<p align="RIGHT"><span style="font-size: small">10</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mais c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;à titre personnel et seulement pour moi-même, je garde quelque espérance : au moins imaginer qu&rsquo;il y a une occasion « rêvée », cela permet de vivre encore. Et vivre encore c&rsquo;est vivre pour les siens, pour les autres.</p>
<p>Comment tenter d&rsquo;apporter la plus infime aide à l&rsquo;habitation future d&rsquo;un monde que l&rsquo;on découvre saccagé ?</p>
<p>En essayant de comprendre ce qu&rsquo;est « habiter le monde » eu égard en particulier aux errements du passé.</p>
<p>En essayant d&rsquo;habiter le monde en le gardant comme une part de nous-mêmes, nous qui sommes une part de lui, lui qui nous « revendique », appel auquel nous sommes trop souvent sourds ou aveugles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: small"><b>Appendice : épilogue et refondation</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: small">Il y a quelque chose qui découle de ce qui précède et qui, sans être de l&rsquo;ordre de l&rsquo;action concrète immédiate, devrait néanmoins être une base sur laquelle refonder notre habitation au monde.</span></p>
<p><span style="font-size: small">Il s&rsquo;agit, non pas d&rsquo;un élément possible, mais certainement nécessaire et même premier.</span></p>
<p><span style="font-size: small"> </span></p>
<p><span style="font-size: small">Notre conception de la Nature est – on pourrait le dire ainsi – erronée. </span></p>
<p><span style="font-size: small">Depuis trois mille ans ou plus nous voyons la nature comme un ensemble (plus ou moins) extérieur à nous. Nous nous plaçons au sein de la nature, bien évidemment, (ou parfois tout au plus), mais à une place sinon éminente (en général), à tout le moins, spécifique (souvent).</span></p>
<p><span style="font-size: small">C&rsquo;est que nous nous percevons nous-mêmes comme ces vivants qui ont ceci de différent des autres que nous attendons du monde autre chose que ce dont nous avons besoin pour seulement répondre à nos besoins biologiques. (A ce sujet, il faudrait analyser le concept d&rsquo;umwelt – environnement – au sens de Von Uexküll, mais cela serait ici, un peu long).</span></p>
<p><span style="font-size: small"> </span></p>
<p><span style="font-size: small">Cette conception du monde comme constitué en quelque sorte en deux parties : l&rsquo;homme d&rsquo;un côté (et la société, les connaissances, la culture), et de l&rsquo;autre la nature (les végétaux, les animaux, les minéraux, l&rsquo;univers peut-être&#8230;) nous a explicitement conduit à nous investir d&rsquo;une sorte de mission, de devoir (souvent sacré, il faut bien le dire) de dominer cette nature. Puisque nous avons cette capacité insigne à l&rsquo;analyser, à la comprendre. Et que cela serait notre mission. A tout le moins notre pouvoir.</span></p>
<p><span style="font-size: small"> </span></p>
<p><span style="font-size: small">On pourrait objecter cependant que certains penseurs n&rsquo;ont pas accepté cette « vision » du monde. Spinoza ou Rousseau en sont deux exemples.</span></p>
<p><span style="font-size: small"> </span></p>
<p><span style="font-size: small">Mais, si plus près de nous l&rsquo;on entend Claude Lévi-Strauss, ou aujourd&rsquo;hui encore Philippe Descola (l&rsquo;un des penseurs français les plus éminents et surtout pertinents – on peut renvoyer à son livre « Par delà Nature et Culture ») on voit bien que d&rsquo;autres peuples que ceux qui composent les sociétés « occidentales », qui vont de l&rsquo;Orient à l&rsquo;Occident géographiques et couvrent ainsi à peu près toute la planète, n&rsquo;ont pas cette « vision » du monde et donc de la place de l&rsquo;homme sur la Terre.</span></p>
<p><span style="font-size: small">Ce qui aujourd&rsquo;hui-même se pose à nous comme problème n&rsquo;est pas de jeter par-dessus bord notre « mode de vie » (et de vivre comme les peuples amazoniens) mais de le structurer différemment. De </span></p>
<p align="RIGHT"><span style="font-size: small">11</span></p>
<p><span style="font-size: small"> </span></p>
<p><span style="font-size: small">lui assurer d&rsquo;autres principes (et non pas seulement quelques objectifs à plus ou moins long terme). Sans doute d&rsquo;abandonner des comportements. Mais plus profondément d&rsquo;être enfin certains que le monde, si on veut l&rsquo;habiter, ne peut être une « machine » que l&rsquo;on modifie à sa guise en fonction de ses objectifs, de ses intérêts, de ses désirs, sûrs et certains que nous sommes qu&rsquo;il suffit de vouloir pour pouvoir, de chercher pour trouver, quitte à nous adapter et augmenter les espaces verts ici ou là, le nombre de vélos par habitants, et la hauteur dérisoire des éoliennes&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: small"> </span></p>
<p><span style="font-size: small">La refondation d&rsquo;un monde, au moment de la pandémie, pourtant annoncée depuis des décennies, de ce monde que nous traversons, est à considérer dès aujourd&rsquo;hui, au cœur même de cette crise et non pas dans des temps à repousser toujours un peu plus loin, se fera au travers de la refondation de notre rapport non pas … à la nature, mais en quelque sorte à nous-mêmes. D&rsquo;abord à nous-mêmes.</span></p>
<p><span style="font-size: small"> </span></p>
<p><span style="font-size: small">L&rsquo;écologie telle que nous la connaissons dans l&rsquo;univers politique a, pour le moment, manqué l&rsquo;occasion, se cantonnant à une « transition » c&rsquo;est-à-dire à une continuité plus ou moins adaptée. Et donc, paradoxalement, à renforcer ce que, parfois, elle réussissait à dénoncer lorsqu&rsquo;elle avait un éclair de lucidité. Mais il est évident que ce n&rsquo;est pas de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit aujourd&rsquo;hui. </span></p>
<p><span style="font-size: small">Assez de « choses » sont à l&rsquo;arrêt, ou à tout le moins en perte d&rsquo;équilibre, pour qu&rsquo;il soit possible de définir quelques principes (non pas comme des « objectifs à venir » pour des lendemains enchanteurs mais bien comme des bases fondatrices et premières ; avant tout autre règle)</span></p>
<p><span style="font-size: small"> </span></p>
<p><span style="font-size: small">Une écologie désormais, ne peut être que « <b>par-delà nature</b><b> </b>et culture ». </span></p>
<p><span style="font-size: small">Une société juste, qui parviendra à la liberté quand elle sera solidement assise sur la « fraternité » et sur « l&rsquo;égalité », et donc au même moment, ne peut advenir qu&rsquo;en tant qu&rsquo;écologique. En tout cas en ce sens.</span></p>
<p><span style="font-size: small">Certes pas au sens où les écologistes politiques l&rsquo;entendent, semble-t-il encore, comme il est dit un peu plus haut.</span></p>
<p><span style="font-size: small"> </span></p>
<p><span style="font-size: small">Ce n&rsquo;est pas un pays, son régime politique, ses privilégiés qui détiennent le pouvoir, ce n&rsquo;est pas une organisation parmi d&rsquo;autres qui sont en cause.</span></p>
<p><span style="font-size: small">Il faudrait sans aucun doute une bien haute voix pour faire résonner un tel projet.</span></p>
<p><span style="font-size: small">Mais personne ne doit s&rsquo;interdire de rebâtir, de bâtir autrement, sur d&rsquo;autres fondations. Cela n&rsquo;est interdit à personne. </span></p>
<p><span style="font-size: small">Seuls pourtant, quelques-unes (ce serait sans doute plus probable) ou quelques-uns (ou une « compagnie » des deux – ce serait bien!) ont sans aucun doute cette capacité. </span></p>
<p><span style="font-size: small">Mais le passé les laissera-t-il nous ouvrir un nouvel horizon ? Ou le monde se refermera-t-il, bientôt ou plus tard, sur nous ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>P { margin-bottom: 0.21cm }</p>
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		<title>L&#8217;écriture, décidément : &#171;&#160;Les Pierres filantes&#160;&#187; par Livane Pinet</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Mar 2020 16:17:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[François-Marie Deyrolle]]></category>
		<category><![CDATA[L'Atelier contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Les Pierres filantes]]></category>
		<category><![CDATA[Livane Pinet]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est l&#8217;invention d&#8217;une écriture. Ou peut-être même de l&#8217;écriture, de toute écriture. C&#8217;est ce dont nous parle dans une langue fascinante « Les Pierres filantes », le roman de l&#8217;écrivaine Livane Pinet (L&#8217;Atelier Contemporain, François-Marie Deyrolle éditeur). Livane Pinet a déjà publié des poèmes (« Qu&#8217;avez-vous oublié ? » 2006, « La part d&#8217;ombre » 2009, « A personne d&#8217;autre », 2015) ainsi qu&#8217;un [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/01/arton275.jpg" rel="lightbox[1944]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1946" alt="L'écriture, décidément : "Les Pierres filantes" par Livane Pinet dans littérature arton275-190x300" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2020/01/arton275-190x300.jpg" width="190" height="300" /></a></p>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;invention d&rsquo;une écriture. Ou peut-être même de l&rsquo;écriture, de toute écriture. C&rsquo;est ce dont nous parle dans une langue fascinante « Les Pierres filantes », le roman de l&rsquo;écrivaine Livane Pinet (L&rsquo;Atelier Contemporain, François-Marie Deyrolle éditeur).</p>
<p>Livane Pinet a déjà publié des poèmes (« Qu&rsquo;avez-vous oublié ? » 2006, « La part d&rsquo;ombre » 2009, « A personne d&rsquo;autre », 2015) ainsi qu&rsquo;un essai « Yves Bonnefoy ou l&rsquo;expérience de l&rsquo;Etranger », 1998). Elle a également en 2018 signé la traduction avec Jean-Yves Masson des « Lettres sur la poésie : correspondance avec Dorothy Wellesley » de William B. Yeats.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si « Les Pierres filantes » est un premier roman – mais y a-t-il à proprement parler des « premiers romans » ? ne sont-ils pas tous des aboutissements, plutôt que des commencements, premiers romans qui, par définition, seraient exceptionnellement des réussites et généralement, des tentatives ? – il faut plutôt l&rsquo;aborder, non comme l&rsquo;achèvement d&rsquo;un travail ou d&rsquo;une œuvre pas plus que son initiation, mais tel qu&rsquo;en lui-même, avec la confiance qu&rsquo;il inspire dès les premières lignes. Et se laisser alors emporter, à la fois par la curiosité (que va-t-il arriver ? pourquoi ? de qui est-il maintenant question ?&#8230;) et par une sorte de magie. Car il y a sans doute de la magie, en tout cas du mystère, des secrets et des énigmes, dans l&rsquo;écriture des « Pierres filantes ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tout se passe comme si Livane Pinet savait nous emporter, nous conduire avec une infinie discrétion vers son monde, au cœur de sa pensée, avec ses mots ou plutôt avec ses sentiments, avec une sensibilité singulière, en partageant l&rsquo;aventure étrange, mais pourtant aussitôt familière, d&rsquo;une héroïne cependant insaisissable dont on se prend à aimer les trois prénoms comme autant de figures d&rsquo;une unique personne.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On lit chaque page des «Pierres filantes » en espérant la suivante et en se demandant quel sera le dénouement.</p>
<p>Mais il suffit ici, pour conclure, de redire que l&rsquo;écriture, précisément, est en quelque sorte le lieu où se dévoilera la réponse à toutes les questions : celles du lecteur, celles de l&rsquo;héroïne. L&rsquo;écriture, décidément&#8230;</p>
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		<title>&#171;&#160;Sophocle, la condition de la parole&#160;&#187; par Jérôme Thélot : une poétique générale</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Oct 2019 15:09:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[mythologies]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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		<category><![CDATA[Jérôme Thélot]]></category>
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		<category><![CDATA[sophocle]]></category>
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		<description><![CDATA[Voici comment ce qui pourrait être une analyse détaillée, approfondie, méticuleuse des tragédies de Sophocle devient un livre essentiel, un livre sur &#171;&#160;la condition de la parole&#160;&#187; (c&#8217;est son sous-titre), mais plus encore peut-être (ou alors, ainsi même) sur la condition de l&#8217;homme. Jérôme Thélot qui vient de publier &#171;&#160;Sophocle&#160;&#187;, édité de fort belle manière [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2019/10/og-sophocles-260.jpg" rel="lightbox[1937]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1938" alt=""Sophocle, la condition de la parole" par Jérôme Thélot : une poétique générale dans littérature og-sophocles-260-300x154" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2019/10/og-sophocles-260-300x154.jpg" width="300" height="154" /></a></p>
<p>Voici comment ce qui pourrait être une analyse détaillée, approfondie, méticuleuse des tragédies de Sophocle devient un livre essentiel, un livre sur &laquo;&nbsp;la condition de la parole&nbsp;&raquo; (c&rsquo;est son sous-titre), mais plus encore peut-être (ou alors, ainsi même) sur la condition de l&rsquo;homme.<br />
Jérôme Thélot qui vient de publier &laquo;&nbsp;Sophocle&nbsp;&raquo;, édité de fort belle manière par Desclée de Brouwer, n&rsquo;a jamais écrit à propos de la littérature comme si elle était une activité parmi d&rsquo;autres, une esthétique à comprendre comme un art qu&rsquo;il faudrait aborder comme une seule &laquo;&nbsp;forme&nbsp;&raquo;.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2019/10/29432603_1702651519780915_2831687095192387584_n-770x400.jpg" rel="lightbox[1937]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1939" alt="29432603_1702651519780915_2831687095192387584_n-770x400-300x156 condition dans mythologies" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2019/10/29432603_1702651519780915_2831687095192387584_n-770x400-300x156.jpg" width="300" height="156" /></a></p>
<p>C&rsquo;est pourquoi il nous montre ici – ou plutôt il démontre en toute clarté – que Philoctète, le personnage de l&rsquo;avant-dernière des pièces de Sophocle parvenues jusqu&rsquo;à nous et à laquelle il donne son nom, est <i>&laquo;&nbsp;l&rsquo;inventeur d&rsquo;une parole aussi vibrante que ses flèches … à la fois enracinée dans la vie immédiate des besoins fondamentaux du corps et rendue, pourtant, à la langue du monde… Philoctète le poète quittant son île la doue de sens, la sauve par sa parole, par cette parole de poésie dont le monde de la guerre, où il rejoint les siens, pourra garder mémoire et transmettre l&rsquo;appel.&nbsp;&raquo;</i></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2019/10/a8527.jpg" rel="lightbox[1937]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1940" alt="a8527-300x213 desclée de brouwer dans philosophie" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2019/10/a8527-300x213.jpg" width="300" height="213" /></a></p>
<p>Ni Philoctète, ni les autres tragédies de Sophocle ne sont à lire ou à comprendre seulement comme des débats &laquo;&nbsp;moraux&nbsp;&raquo; comme on le fait généralement. En tout cas, le plus souvent. Où l&rsquo;on s&rsquo;émeut pour Électre ou pour Antigone, où l&rsquo;on se lamente sur le sort d&rsquo;Œdipe.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2019/10/philoctete-1-christian-ganet-1024x733.jpg" rel="lightbox[1937]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1941" alt="philoctete-1-christian-ganet-1024x733-300x214 Jérôme Thélot dans poésie" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2019/10/philoctete-1-christian-ganet-1024x733-300x214.jpg" width="300" height="214" /></a></p>
<p>Au tout début du livre, Jérôme Thélot définit son travail en ce sens précis que les tragédies de Sophocle doivent être <i>considérées &laquo;&nbsp;comme porteuses d&rsquo;une poétique générale&nbsp;&raquo;. </i>L&rsquo;œuvre de Sophocle est  <i>&laquo;&nbsp;<b>une pensée de la parole par elle-même</b>&nbsp;&raquo; </i>comme le souligne l&rsquo;auteur. Et il ajoute aussitôt qu&rsquo;il s&rsquo;agit là d&rsquo; <i>&laquo;&nbsp;une invention de la poétique, au double sens de ce mot : une <b>affabulatio</b><strong>n</strong> et une <b>découverte </b> des conditions de la parole, une mise en image et une réflexion de ses fondements.&nbsp;&raquo; </i></p>
<p>Ici se situe non pas l&rsquo;originalité du propos mais toute sa profondeur. Saisissante pour le lecteur.</p>
<p>On ne peut plus désormais entendre Sophocle de la même manière.</p>
<p>On en comprend ici, désormais, le génie, dont l&rsquo;analyse constitue le dévoilement rigoureux et si éclairant.</p>
<p><i>(Les textes soulignés, le sont par l&rsquo;auteur)</i></p>
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		<item>
		<title>&#171;&#160;La hache&#160;&#187;, l&#8217;art caché de la littérature par Alain Gerber</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2019/05/21/la-hache-lart-cache-de-la-litterature-par-alain-gerber/</link>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2019 16:22:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Alain Gerber a écrit à ce jour plus de soixante ou soixante-dix livres. Il a connu de grands succès. Il a été couronné par plus plusieurs prix littéraires prestigieux. Il a acquit une notoriété, outre celle d&#8217;écrivain, de &#171;&#160;critique&#160;&#187; de jazz, tâche qu&#8217;il a souvent abordé bien davantage par l&#8217;art de l&#8217;écriture que par celui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Alain Gerber a écrit à ce jour plus de soixante ou soixante-dix livres.</p>
<p>Il a connu de grands succès. Il a été couronné par plus plusieurs prix littéraires prestigieux.</p>
<p>Il a acquit une notoriété, outre celle d&rsquo;écrivain, de &laquo;&nbsp;critique&nbsp;&raquo; de jazz, tâche qu&rsquo;il a souvent abordé bien davantage par l&rsquo;art de l&rsquo;écriture que par celui – si toutefois il s&rsquo;agit d&rsquo;un art, mais ce n&rsquo;est pas cependant impossible – du journalisme.<br />
Il nous revient aujourd&rsquo;hui avec un roman intitulé &laquo;&nbsp;La hache&nbsp;&raquo;, publié aux éditions Ramsay.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2019/05/lahache.jpg" rel="lightbox[1933]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1934" alt=""La hache", l'art caché de la littérature par Alain Gerber dans littérature lahache-185x300" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2019/05/lahache-185x300.jpg" width="185" height="300" /></a></p>
<p>Un livre signé Alain Gerber ne peut pas rester fermé. Il faut l&rsquo;ouvrir. Ne rien céder, pour soi-même, et s&rsquo;y plonger tout entier.<br />
On sera peut-être surpris par cette histoire. Elle déroute tout d&rsquo;abord. Avant de devenir presque familière. Même si la sympathie avec la presque totalité des personnages est impossible, &laquo;&nbsp;La hache&nbsp;&raquo; est, très vite, un roman auquel on s&rsquo;attache. Sans doute, en premier lieu, parce qu&rsquo;on se demande sans cesse ce qui va bien arriver. Il s&rsquo;est passé quelque chose, quelque chose de terrible, on en est certain, même si, très précisément on ne sait pas quoi. Mais ce n&rsquo;est pas cette horreur sans doute, qui nous obsède, mais au contraire ce qui va advenir. Qui en sera la conséquence assurément. Mais laquelle, telle est la question, la première question. Voici venu, pourrait-on dire, le temps de l&rsquo;art du &laquo;&nbsp;suspense&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais il ne s&rsquo;agit que de la première question. Parce qu&rsquo;en réalité on ne saura pas grand-chose. On ne saura même pas dans quel pays cela se déroule. Un pays chrétien, orthodoxe en l’occurrence,  d&rsquo;Europe centrale, de l&rsquo;Est…ou d&rsquo;ailleurs. Et lorsqu&rsquo;on pense avoir découvert une réponse à ce genre d&rsquo;interrogation (et elles sont nombreuses, de toutes sortes) voici que l&rsquo;on découvre que nous avons fait fausse route. Ou bien même que cela importe peu: maintenant c&rsquo;est à tout autre chose qu&rsquo;Alain Gerber nous intéresse. Pour, très vite, nous renvoyer une nouvelle fois sur un chemin de traverse.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et puis, finalement, on se dit que cette histoire, sombre, terrible, effrayante c&rsquo;est celle de notre monde. C&rsquo;est celle du monde lorsqu&rsquo;il est au bord du chaos. Ou plutôt celle du chaos du monde que nous vivons. Alors, peu importe où cela se déroule. Parce que nous savons désormais que c&rsquo;est chez nous. Que nous soyons d&rsquo;ici ou d&rsquo;ailleurs. Lorsque les temps vacillent que dire d&rsquo;autre ? Pourquoi ne pas passer de leurres en ellipses, de fausses routes en chemins qui ne mènent nulle part ? C&rsquo;est sans doute là que se trouve l&rsquo;art du romancier: dans l&rsquo;évitement, dans le fait de provoquer plus de mystères et d&rsquo;interrogations que d&rsquo;éclairages, de compréhension, de raison. Lorsque cet art du non-dit nous fait ressentir l&rsquo;effroi et l&rsquo;inquiétude qui nous habitent.</p>
<p>Bientôt, avant même d&rsquo;être parvenu au terme de ce livre – a-t-il une &laquo;&nbsp;fin&nbsp;&raquo; ? ou nous emmène-t-il jusqu&rsquo;à des limites qui n&rsquo;en finissent pas de s&rsquo;éloigner plus nous avons l&rsquo;impression de nous en approcher – on se dira que, dans cet &laquo;&nbsp;exotisme&nbsp;&raquo; apparent d&rsquo;une contrée peu amène, étrangère donc dans tous les sens du terme, pour ne pas dire &laquo;&nbsp;barbare&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est sans doute de nous qu&rsquo;il est ici question. Cette étrangeté, cette barbarie précisément, n&rsquo;est-ce pas la civilisation lorsqu&rsquo;elle décline, au moment où elle s&rsquo;incline sous son propre fardeau?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mais &laquo;&nbsp;La hache&nbsp;&raquo; c&rsquo;est peut-être plus encore que l&rsquo;histoire du monde lorsque sa lumière semble s&rsquo;effacer à l&rsquo;horizon, le roman de la littérature tout entière. Parce que ce qui est dit, ce qui nous parle, n&rsquo;est pas écrit, n&rsquo;est pas &laquo;&nbsp;dit&nbsp;&raquo;, pas &laquo;&nbsp;exprimé&nbsp;&raquo;. Même pas véritablement suggéré. Le roman, la littérature tout entière ne décrit pas, ne raconte pas. Même lorsqu&rsquo;il arrive qu&rsquo;elle s&rsquo;y emploie – et rien n&rsquo;empêche qu&rsquo;elle le fasse; elle ne s&rsquo;en est pas d&rsquo;ailleurs jamais privée – son art lui-même, son art tout entier, c&rsquo;est de ne pas tout dire, de dire autrement, autrement qu&rsquo;avec les mots de la description objective. Un roman sur le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est à l&rsquo;encontre d&rsquo;un ouvrage de sociologie. Même et surtout s&rsquo;il veut parler du même sujet.</p>
<p>Avec &laquo;&nbsp;La hache&nbsp;&raquo; Alain Gerber a atteint – il est donc allé encore plus loin, et ce n&rsquo;est pas la première fois dans son œuvre- à l&rsquo;essence la plus profonde de la littérature.</p>
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		<title>&#171;&#160;Souvenirs d&#8217;une invisible&#160;&#187; par Alain Gerber</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Sep 2018 14:08:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Souvent, dans un roman, il y a une histoire. On pourrait dire aussi &#171;&#160;une narration&#160;&#187;. Souvent il y a des faits, en tout cas la relation de ceux-ci. Il y a une mise en perspective d&#8217;événements plus ou moins ordinaires ou extraordinaires. &#171;&#160;Souvent&#160;&#187; : parce que parfois les choses sont un peu différentes. Mais cela [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Souvent, dans un roman, il y a une histoire. On pourrait dire aussi &laquo;&nbsp;une narration&nbsp;&raquo;. Souvent il y a des faits, en tout cas la relation de ceux-ci. Il y a une mise en perspective d&rsquo;événements plus ou moins ordinaires ou extraordinaires.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Souvent&nbsp;&raquo; : parce que parfois les choses sont un peu différentes. Mais cela est rare et les lecteurs, généralement, évitent ce genre de littérature.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2018/09/9782365754491_1_75.jpg" rel="lightbox[1926]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1928" alt=""Souvenirs d'une invisible" par Alain Gerber dans littérature 9782365754491_1_75-190x300" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2018/09/9782365754491_1_75-190x300.jpg" width="190" height="300" /></a></p>
<p>Ici, dans le beau roman qu&rsquo;Alain Gerber signe un peu comme s&rsquo;il était une sorte de revenant – un heureux &laquo;&nbsp;revenant&nbsp;&raquo; pour tous ceux et toutes celles qui ont aimé sa musique d&rsquo;autrefois, d&rsquo;il y a déjà longtemps comme &laquo;&nbsp;Une sorte de bleu&nbsp;&raquo; en 1980 jusqu&rsquo;à plus récemment avec &laquo;&nbsp;Blues&nbsp;&raquo; l&rsquo;un de ses chefs d&rsquo;œuvre (il y en a plusieurs à dire vrai) – roman qui porte le titre énigmatique de &laquo;&nbsp;Souvenirs d&rsquo;une invisible&nbsp;&raquo; (Marivole éditeur) il y a toute une histoire. Ce récit c&rsquo;est celui d&rsquo;une exilée russe et juive à la fois dans la France du XX°. Dans le meilleur de celle-ci et dans le pire aussi. A Belfort, ville natale de l&rsquo;écrivain.</p>
<p>Voici qui est aussi bien extraordinaire que tout à fait &laquo;&nbsp;ordinaire&nbsp;&raquo;.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2018/09/dsc_0010.jpg" rel="lightbox[1926]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1929" alt="dsc_0010-300x169 dans littérature" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2018/09/dsc_0010-300x169.jpg" width="300" height="169" /></a></p>
<p>Ici, comme il a été dit, il y a une histoire et, en quelque sorte, une vie, toute une vie, celle de l&rsquo;héroïne. Qu&rsquo;il vaudrait peut-être mieux qualifier de &laquo;&nbsp;personnage central&nbsp;&raquo;. Même si, d&rsquo;une certaine façon, Sonia Breldzerovsky a parfois les traits d&rsquo;une héroïne.</p>
<p>Cette histoire donc, son histoire, se déroule au cours d&rsquo;une narration somme toute simple, même s&rsquo;il y a ici souffrance, joies, bonheurs, hésitations, erreurs, tout cela mélangé.</p>
<p>La vie de Sonia pourtant est exceptionnelle. Mais en même temps, si elle n&rsquo;est en rien banale, si à ce seul degré de lecture, elle retient notre propre souffle, comme souvent chez Alain Gerber, il y a dans ces &laquo;&nbsp;Souvenirs d&rsquo;une invisible&nbsp;&raquo; quelque chose d&rsquo;encore plus fascinant. D&rsquo;autant plus remarquable il faut le dire d&rsquo;entrée que ce &laquo;&nbsp;second degré&nbsp;&raquo; est présent de bout en bout, de la première à la dernière page et cela &laquo;&nbsp;sans jamais montrer son nez&nbsp;&raquo; un seul instant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;histoire donc de &laquo;&nbsp;l&rsquo;invisible&nbsp;&raquo; Sonia Breldzerovsky c&rsquo;est bien, sinon l&rsquo;essai de la relation même de ce qui ne se voit pas, mais qui est cependant, à la fois la vie et la littérature.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2018/09/42238196_382046289143063_5016534875608449024_n.jpg" rel="lightbox[1926]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1930" alt="42238196_382046289143063_5016534875608449024_n-300x169" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2018/09/42238196_382046289143063_5016534875608449024_n-300x169.jpg" width="300" height="169" /></a></p>
<p>Un roman n&rsquo;est pas un récit historique. Ce dernier ne peut être que l&rsquo;œuvre des historiens et si la vie de quelques grandes figures de l&rsquo;Histoire du monde a parfois eu des &laquo;&nbsp;accents&nbsp;&raquo; romanesques ce n&rsquo;est que par métaphore.</p>
<p>Dans un roman il y a en premier lieu … ce qui ne s&rsquo;y trouve pas. Il y a dans le fondement même de la littérature ce que l&rsquo;on pourrait dire des &laquo;&nbsp;absences&nbsp;&raquo;, des &laquo;&nbsp;creux&nbsp;&raquo;, des &laquo;&nbsp;manques&nbsp;&raquo; et des manquements&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ils sont quelques-uns dans ce que l&rsquo;on apprend de Sonia. Mais ils sont infiniment plus nombreux ceux que l&rsquo;on imagine, que l&rsquo;on rêve, auxquels on croit encore plus qu&rsquo;à tous les autres.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2018/09/42267738_270533446901940_3463189962222993408_n.jpg" rel="lightbox[1926]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1931" alt="42267738_270533446901940_3463189962222993408_n" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2018/09/42267738_270533446901940_3463189962222993408_n-300x169.jpg" width="300" height="169" /></a></p>
<p>Et ce sont ces derniers qui font de ce livre sa rareté : là ou, précisément, au moment même où il en fait en quelque sorte l&rsquo;ellipse, au moment précis où il évite de le faire, Alain Gerber nous dit comme un tour de force lui aussi invisible tout ce qu&rsquo;est le roman. Tout ce qu&rsquo;est la littérature : écriture et lecture aussi sans doute.</p>
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		<title>&#171;&#160;Epreuve de soi et vérité du monde: depuis Michel Henry&#160;&#187; par Roland Vaschalde</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Sep 2016 07:28:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[phénoménologie]]></category>
		<category><![CDATA[phénoménologie de la vieménologie]]></category>
		<category><![CDATA[phénoménologie matérielle]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Après un livre intitulé « A l’Orient de Michel Henry » Roland Vaschalde publie aujourd&#8217;hui aux éditions Orizons « Epreuve de soi et vérité du monde : depuis Michel Henry ». Ce livre, au titre d’une subtile intelligence, est composé de douze textes écrits en quelque sorte « au fil » des réflexions de l’auteur, toutes en résonnance étroites avec la [&#8230;]]]></description>
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<div id="attachment_1922" style="width: 86px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2016/09/index.jpg" rel="lightbox[1921]"><img class="size-full wp-image-1922" alt="Roland Vaschalde" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2016/09/index.jpg" width="76" height="113" /></a><p class="wp-caption-text">Roland Vaschalde</p></div>
<p>Après un livre intitulé « A l’Orient de Michel Henry » Roland Vaschalde publie aujourd&rsquo;hui aux éditions Orizons « Epreuve de soi et vérité du monde : depuis Michel Henry ».</p>
<p>Ce livre, au titre d’une subtile intelligence, est composé de douze textes écrits en quelque sorte « au fil » des réflexions de l’auteur, toutes en résonnance étroites avec la pensée de Michel Henry, même si (et, sans doute, parce que) les thématiques abordées sont parfois assez lointaines de celles du philosophe comme, le sont par exemple, l’œuvre de Salvador Dali, la Kabbale ou la maladie d’Alzheimer.</p>
<p>On y lira (ou relira) aussi un texte, intitulé « Tout voir » publié sur le blog « L’Instant ». C’était en 2009.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2016/09/9791030900729f.jpg" rel="lightbox[1921]"><img class="alignnone size-full wp-image-1923" alt=""Epreuve de soi et vérité du monde: depuis Michel Henry" par Roland Vaschalde dans littérature 9791030900729f" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2016/09/9791030900729f.jpg" width="150" height="244" /></a></p>
<p>La lecture de ce dernier livre de Roland Vaschalde manifeste l’extraordinaire fertilité de la pensée de Michel Henry, fertilité qui a souvent été soulignée par ses nombreux commentateurs. Les lecteurs familiers de la phénoménologie matérielle n’en seront donc pas surpris et trouveront à coup sûr un intérêt insigne à chacun de ces textes. D’une part en raison souvent de leurs thématiques originales, comme il vient d’être dit, d’autre part parce qu’ils sont tous menés d’une écriture rigoureuse et d’une pensée sans faille.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il faudrait cependant que le lecteur ne se laisser pas emporter par ce que l’on pourrait nommer « l’intelligence » qu’il aurait, en particulier ici, avec la philosophie de Michel Henry.</p>
<p>Celle-ci est d’une grande cohérence et marque à coup sûr une étape considérable dans l’histoire de la pensée. Son caractère absolu – en ce sens qu’elle est essentielle, que son écriture est d’une rigueur de chaque instant en même temps que, souvent, d’une véritable et grande beauté, dépasse ce que l’on appelle parfois « la pensée occidentale ». Le précédent ouvrage de Roland Vaschalde l’avait, à sa manière, souligné.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mais « ne pas se laisser emporter » a aussi deux significations :</p>
<p>La première veut dire qu’il est nécessaire de dépasser le cadre déjà très large du champ de réflexion de l’auteur lui-même. On peut dire que sur ce point Roland Vaschalde réussit parfaitement le projet.</p>
<p>La seconde est que toute actualité d’une pensée ne peut demeurer qu’au travers de la critique, à savoir au travers des interrogations que l’on doit porter alors même peut-être que l’on est en accord avec elle. Car enfin, toute pensée ne demeure présente que si elle suscite des interrogations nouvelles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1924" style="width: 289px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2016/09/index1.jpg" rel="lightbox[1921]"><img class="size-full wp-image-1924" alt="Michel Henry" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2016/09/index1.jpg" width="279" height="181" /></a><p class="wp-caption-text">Michel Henry</p></div>
<p>Si fertile et généreuse soit-elle, et sans doute pour cette raison même, la phénoménologie matérielle, ne dit pas tout sur tout et, plus encore ce faisant, elle ne peut que laisser apparaître des questionnements sans réponse. Là apparaît son véritable « génie », dans ce qu’elle nous laisse encore comme « impensé ».</p>
<p>La phénoménologie matérielle n’est de toute évidence pas une « doctrine » ou un « système » qui pourrait avoir réponse à tout (ou, en tout cas, à une multitude indéfinie de problématiques).</p>
<p>La philosophie de Michel Henry trouve sa richesse dans ce qu’elle nous laisse comme questions. Peut-être sans fin.</p>
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		<title>&#171;&#160;Un caillou dans un creux&#160;&#187;, un livre comme l&#8217;espoir</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2016/07/14/un-caillou-dans-un-creux-un-livre-comme-lespoir/</link>
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		<pubDate>Thu, 14 Jul 2016 15:31:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a des livres qui racontent des histoires, d’autres qui expliquent ce qu’est le monde. Il y a toutes sortes de livres dans des bibliothèques sans fins. Il y a des livres qui enchantent, qui font rêver. Il y a des livres qui instruisent et qui éclairent. Il y a des livres. Il y [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a des livres qui racontent des histoires, d’autres qui expliquent ce qu’est le monde. Il y a toutes sortes de livres dans des bibliothèques sans fins.</p>
<p>Il y a des livres qui enchantent, qui font rêver. Il y a des livres qui instruisent et qui éclairent.</p>
<p>Il y a des livres. Il y a des livres dans les temps de détresse. Malgré tout ce qui advient à l’histoire des hommes. Il y a des livres dans les temps heureux.</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2016/07/caillou-encadre-500x798.jpg" rel="lightbox[1918]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1919" alt=" " src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2016/07/caillou-encadre-500x798-187x300.jpg" width="187" height="300" /></a></p>
<p>Mais, si l’on a de la chance, certains d’entre nous, parfois, sont saisis, non par un livre plutôt qu’un autre mais par ce qu’on pourrait dire « Le Livre ». Non que ce livre serait exemplaire, qu’il serait au-dessus de tous les autres, plus réussi que les autres. Non : « Le Livre » n’est pas tout à fait du même monde que les autres livres.  C’est plutôt comme s’il les précédait. Peut-être même a-t-il le pouvoir de les fonder, de les générer, de leur permettre d’exister, de voir le jour, de voir la nuit.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il y a peu de ces livres-là. Il n’y en a sans doute même qu’un seul. Par principe. Un seul qui, cependant, peut prendre quelques formes différentes. Suivant nos vies, suivant sa propre vie.</p>
<p>Ce livre évoqué ici est donc, par définition encore, inclassable. Parce que rien ne lui ressemble vraiment. Lorsqu’on se dit qu’il est ceci ou qu’il est cela, il suffit d’une fraction la plus infime du temps pour que l’on comprenne qu’il ne s’agit pas de ça. Qu’il est plus important que tout cela car il est comme une source primordiale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Un caillou dans un creux » que vient de publier Jérôme Thélot est ainsi.</p>
<p>Ce livre est « Un Livre ». Non pas un grand livre parmi des milliers d’autres livres mais un livre fondateur ; en quelque sorte indépassable, hors de toute comparaison.</p>
<p>« Un cailloux dans un creux » échappe à toute analyse, à tout commentaire. Il faut résister  à cette tentation de le décrire et, au contraire, laisser intacte sa part essentielle de mystère, celle qui nous éclaire et nous rend à notre propre vie. Tout le reste serait mal-dit…</p>
<p>Comme par discrétion « Un caillou dans un creux » se présente comme des « Notes sur le poétique ». Pourtant le lecteur saura très vite, dès les premières pages et dès les premiers mots sans doute que chaque paragraphe, chaque phrase dit l’essentiel. Cela même qui se trouve à la toute fin de cet ouvrage : « Poésie est le nom de la mémoire quand se faisant désécriture, elle rend l’individu à son essence immémoriale. »</p>
<p>Et Verlaine en toute fin : « L’espoir luit comme un caillou dans un creux. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>« Un caillou dans un creux » par Jérôme Thélot (éditions Manucius/distribution Harmonia Mundi 15€)</i></p>
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		<title>Pourquoi nous allons vers l&#8217;abîme</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Dec 2015 08:01:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#171;&#160;L&#8217;histoire du monde maintenant, c&#8217;est l&#8217;histoire de l&#8217;écart de la vie réelle des gens, qui continue, et des entités qui fonctionnement, qui ont pris la direction du gouvernement du monde, et qui fonctionnent d&#8217;elles-mêmes et par elles-mêmes: entité économique, entité financière. et cet abîme se creuse davantage, conduisant sous yeux l&#8217;humanité à une sorte [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/12/aveugles.jpg" rel="lightbox[1913]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1914" alt="Pourquoi nous allons vers l'abîme dans littérature aveugles-300x214" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/12/aveugles-300x214.jpg" width="300" height="214" /></a></p>
<p><span style="font-size: medium">&laquo;&nbsp;L&rsquo;histoire du monde maintenant, c&rsquo;est l&rsquo;histoire de l&rsquo;écart de la vie réelle des gens, qui continue, et des entités qui fonctionnement, qui ont pris la direction du gouvernement du monde, et qui fonctionnent d&rsquo;elles-mêmes et par elles-mêmes: entité économique, entité financière. et cet abîme se creuse davantage, conduisant sous yeux l&rsquo;humanité à une sorte d&rsquo;abîme. </span></p>
<p><span style="font-size: medium">Ce sont les aveugles de Breugel qui vont au précipice, parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas compris ou pas voulu comprendre, et que toutes les théories économiques ont écarté les thèses de Marx, sans comprendre que leur fondement était plus que jamais présent et agissant dans le monde moderne.</span></p>
<p><span style="font-size: medium">&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: medium">La délocalisation, l&rsquo;élimination des normes, tout cela ce sont des choses qui signifient métaphysiquement, pour l’homme, un univers qui le barre, où il n&rsquo;est plus pris en compte, donc un univers de folie et de destruction&#8230;&nbsp;&raquo;</span></p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/12/9782130633594.jpg" rel="lightbox[1913]"><img class="aligncenter size-full wp-image-1915" alt="9782130633594 dans littérature" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/12/9782130633594.jpg" width="135" height="196" /></a></p>
<p><span style="font-size: medium">Ce texte intitulé <strong>&laquo;&nbsp;Sur Marx&nbsp;&raquo;</strong>, écrit en 1996 par <strong>Michel Henry</strong>, est publié aujourd&rsquo;hui dans &laquo;&nbsp;<strong>Phénoménologie de la vie V</strong>&nbsp;&raquo; (Presses Universitaires de France, collection Épiméthée)</span></p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/12/vie_2.jpg" rel="lightbox[1913]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1916" alt="vie_2-300x102" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/12/vie_2-300x102.jpg" width="300" height="102" /></a></p>
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		<title>&#171;&#160;Les avantages de la vieillesse et de l&#8217;adversité&#160;&#187; essai sur Jean-Jacques Rousseau par Jérôme Thélot</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Sep 2015 12:45:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/09/s.qwant_.com_.jpg" rel="lightbox[1903]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1904" alt=""Les avantages de la vieillesse et de l'adversité" essai sur Jean-Jacques Rousseau par Jérôme Thélot dans littérature s.qwant_.com_-300x240" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/09/s.qwant_.com_-300x240.jpg" width="300" height="240" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voici un livre qui devrait nous rassurer. Rassurer tous les hommes (et toutes les femmes cela va de soi – si on veut l’écrire ainsi). Tous ceux qui craignent le « naufrage » de la vieillesse, eux qui sont – si l’on en croit la démographie de la France et de maints pays réputés, il y a peu encore, être  -« riches » &#8211;  de plus en plus nombreux.</p>
<p>« Les avantages de la vieillesse et de l’adversité » sous-titré « essai sur Jean-Jacques Rousseau » est signé de Jérôme Thélot et publié chez Encre-Marine/Les Belles Lettres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voici donc un ouvrage essentiel. Parce qu’il nous éclaire sur nous-mêmes. Sur Jean-Jacques Rousseau bien sûr, sur la fin de son œuvre et de sa vie plus particulièrement. Mais par là sur toute sa pensée, sur ce qui la fonde et sur ce qu’elle nous dit, à chacun de nous – pour notre propre vie &#8211; avec une force, une puissance, une intelligence qui font de cet écrivain, si étudié, si raillé aussi, l’un des philosophes les plus importants qu’il puisse nous être donné de rencontrer. Si l’on veut bien, sur les pas de Jérôme Thélot, suivre ceux de Rousseau. En le lisant comme le fait l’auteur, comme il nous y invite, grâce à lui, avec lui, avec une intelligence extrême, avec un regard aigu, une sensibilité aussi, essentielle sans doute à cette même compréhension.</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/09/rousseau.png" rel="lightbox[1903]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1906" alt="rousseau-250x300 dans philosophie" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/09/rousseau-250x300.png" width="250" height="300" /></a></p>
<p>Que Jean-Jacques Rousseau fut persécuté, nous le savons. Il nous l’a dit maintes fois. Et, devenu vieux, il le fut plus encore qu’auparavant. La vieillesse semblerait ainsi se doubler d’une adversité, de toutes les adversités possibles. Pourtant, Jean-Jacques Rousseau vécu la fin de sa vie comme une renaissance, un commencement second comme l’écrit Jérôme Thélot. Et, au travers de trois épisodes de sa vie l’auteur nous montre le sens de la vieillesse, ce qu’elle nous dit du monde et, plus fondamentalement, ce qu’elle nous dit de nous-mêmes et de la vie tout entière.</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/09/rousseau-jean-jaques-1712-78-philosopher-amp-writer.jpg" rel="lightbox[1903]"><img class="aligncenter size-full wp-image-1907" alt="rousseau-jean-jaques-1712-78-philosopher-amp-writer" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/09/rousseau-jean-jaques-1712-78-philosopher-amp-writer.jpg" width="246" height="300" /></a></p>
<p>Et l’on verra que la fin de la vie est ici un commencement. Ou plutôt un recommencement. Quelque chose que l’on pourrait dire « une renaissance ». Comme la connaissance de tout commencement, de toute origine, de toute vie vivante, de « l’état de nature » aussi bien. Rousseau se trouve, en ce temps-là de son existence, en une sorte « d’aujourd’hui » permanent, hors du temps et de la chronologie, avant toute étape de la vie, la vieillesse ayant cette sorte d’avantage extraordinaire de nous placer avant toute temporalité, là où l’existence trouve son origine. Et « il s’ensuit qu’il peut cesser d’écrire, et qu’il cesse en effet (…, car) il sait qu’il a non seulement vécu mais recommencé de vivre, libre de honte et de vengeance, ressuscité des remords » (pp 130,131)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Parce qu’il décrit cette expérience et qu’il dévoile ainsi la pensée, la philosophie la plus profonde, intime et réfléchie de Rousseau, Jérôme Thélot signe un livre singulièrement important. Parce qu’il dit de Rousseau l’essentiel (non pas qu’il en ferait en quelque sorte la synthèse mais qu’il en dit le génie, souvent inaperçu, incompris, mal saisi) et encore davantage là même où il désigne à ses lecteurs, à chacun d’entre nous – férus, familiers de philosophie ou non, à nous tous donc – ce que nous sommes, « des hommes simples », simplement des hommes.</p>
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		<title>Avant Hopper: Vilhelm Hammerstoi</title>
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		<pubDate>Thu, 28 May 2015 12:45:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[peinture]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; &#160; L&#8217;article consacré ici même à deux &#171;&#160;précurseurs&#160;&#187; français d&#8217;Edward Hopper, Valloton et Borgeaud, doit être complété par ces quelques images &#171;&#160;empruntées&#160;&#187; au grand peintre danois Vilhelm Hammerstoi (1864-1916), relativement méconnu en France. Si la palette d&#8217;Hammerstoi n&#8217;est pas celle de Hopper, les sujets en sont proches et dans une certaine mesure ils [&#8230;]]]></description>
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<p>L&rsquo;article consacré ici même à deux &laquo;&nbsp;précurseurs&nbsp;&raquo; français d&rsquo;Edward Hopper, Valloton et Borgeaud, doit être complété par ces quelques images &laquo;&nbsp;empruntées&nbsp;&raquo; au grand peintre danois Vilhelm Hammerstoi (1864-1916), relativement méconnu en France.</p>
<p>Si la palette d&rsquo;Hammerstoi n&rsquo;est pas celle de Hopper, les sujets en sont proches et dans une certaine mesure ils disent des choses voisines et évoquent des rêves analogues. Comme Valloton et Borgeaud il est évident que Hammerstoi était emprunt de culture &laquo;&nbsp;réformiste&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/79ea21c0aaa13ea85d046d1973ddeeb2.jpg" rel="lightbox[1894]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1895" alt=" " src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/79ea21c0aaa13ea85d046d1973ddeeb2-300x240.jpg" width="300" height="240" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/hammershoi.jpg" rel="lightbox[1894]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1896" alt="Avant Hopper: Vilhelm Hammerstoi dans peinture hammershoi-294x300" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/hammershoi-294x300.jpg" width="294" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/ida-hammershoi-sitting-on-a-sofa.jpg" rel="lightbox[1894]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1897" alt="ida-hammershoi-sitting-on-a-sofa-272x300 dans peinture" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/ida-hammershoi-sitting-on-a-sofa-272x300.jpg" width="272" height="300" /></a></p>
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		<title>Dans la lumière d&#8217;Edward Hopper: &#171;&#160;La maison d&#8217;Hannah et autres fictions&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2015 09:10:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Alter Ego]]></category>
		<category><![CDATA[Céret]]></category>
		<category><![CDATA[Edward Hopper]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; La maison d’Hannah est un livre composé de vingt fictions inspirées par vingt tableaux d’Edward Hopper comme autant d’ « histoires » inventées par l’auteur, au-delà des personnages et des paysages de ces toiles. &#160; Malgré ce qu’ils montrent, ce qu’ils représentent, les tableaux de Hopper nous en disent beaucoup plus que ce qu’ils semblent [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1812" style="width: 462px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/edward-hopper-marshall-s-house-1932-.jpg" rel="lightbox[1811]"><img class="size-medium wp-image-1812" alt="Marshall's house 1932" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/edward-hopper-marshall-s-house-1932--300x213.jpg" width="452" height="321" /></a><p class="wp-caption-text">Marshall&rsquo;s house 1932</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>La maison d’Hannah </em>est un livre composé de vingt fictions inspirées par vingt tableaux d’Edward Hopper comme autant d’ « histoires » inventées par l’auteur, au-delà des personnages et des paysages de ces toiles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Malgré ce qu’ils montrent, ce qu’ils représentent, les tableaux de Hopper nous en disent beaucoup plus que ce qu’ils semblent nous faire voir. C’est pourquoi ils provoquent de façon si saisissante l’imaginaire de chacun d’entre nous.</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/couv-hooper-1.jpeg" rel="lightbox[1811]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1813" alt="Dans la lumière d'Edward Hopper: "La maison d'Hannah et autres fictions" dans littérature" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/couv-hooper-1-189x300.jpeg" width="189" height="300" /></a></p>
<p>Et, si ces « histoires » ne sont pas vraiment celles du peintre, elles sont cependant celles d’un spectateur qui, grâce à lui, invente de nouveaux mondes, parfois obscurs mais toujours épris de lumière, et qui tente de les offrir à son tour au lecteur comme des univers à partager.</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/74.jpg" rel="lightbox[1811]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1814" alt="74-300x264 Alter Ego dans peinture" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/74-300x264.jpg" width="429" height="378" /></a></p>
<p><em>La maison d’Hannah et autres fictions </em>est désormais disponible aux éditions Alter Ego. Si nécessaire on peut le commander directement à l’éditeur 3, rue Elie Danflous 66400 Céret en joignant un chèque de 18,50 €.</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/edward_hopper_summer_interior.jpg" rel="lightbox[1811]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1815" alt="edward_hopper_summer_interior-300x252 Céret" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/edward_hopper_summer_interior-300x252.jpg" width="334" height="279" /></a></p>
<p>La première présentation de ce livre par Michel Arcens aura lieu le 13 juin à 11h au Musée d&rsquo;Art Moderne de Céret (Pyrénées-Orientales) avec le pianiste Fabrice Panayot et l&rsquo;écrivain et journaliste Serge Bonnery, puis le 18 juin à 18h à la librairie Torcatis, rue Mailly à Perpignan. Le lendemain à 20h au cinéma &laquo;&nbsp;Castillet&nbsp;&raquo; à Perpignan, sera projeté à l&rsquo;occasion de la parution de ce livre le film de Gustav Deutsch &laquo;&nbsp;Shirley, un voyage dans la peinture d&rsquo;Edward Hopper&nbsp;&raquo;.</p>
<p>(<em>La maison d&rsquo;Hannah </em>est signé par l&rsquo;auteur de ce blog.)</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/1584_10151413791026433_1021365785_n.jpg" rel="lightbox[1811]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1816" alt="1584_10151413791026433_1021365785_n-300x239 Edward Hopper" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/05/1584_10151413791026433_1021365785_n-300x239.jpg" width="300" height="239" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="album-post">
                        <div class="album-thumb">
                            <img class="albumimg" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2015/05/edward-hopper-marshall-s-house-1932--150x106.jpg" onclick="print_album_303141();" alt="Les tableaux dEdward Hopper" />
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                        <div class="album-desc">
                            <strong>Album&nbsp;: Les tableaux d'Edward Hopper</strong><br />Quelques tableaux d'Edward Hopper<br />
                            <span class="album-images-count">125 images</span><br />
                            <a href="#" onclick="print_album_303141(); return false;">Voir l'album</a>
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		<title>Edward Hopper: deux peintres comme une seule inspiration</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2015 11:55:09 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Il vaut de remarquer que le peintre européen qui présente le plus d’affinités avec Hopper, Vallotton, venait comme lui d’une des terres de la réforme, en l’occurrence le pays de Vaud calviniste … tradition qui invite à douter de l’être sensible, à cause d’un Dieu trop proche – qu’on le sente vivant ou [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1803" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/54111.jpg" rel="lightbox[1802]"><img class="size-medium wp-image-1803" alt="Félix Vallotton" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/54111-300x231.jpg" width="300" height="231" /></a><p class="wp-caption-text">Félix Vallotton</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>Il vaut de remarquer que le peintre européen qui présente le plus d’affinités avec Hopper, Vallotton, venait comme lui d’une des terres de la réforme, en l’occurrence le pays de Vaud calviniste … tradition qui invite à douter de l’être sensible, à cause d’un Dieu trop proche – qu’on le sente vivant ou mort.</i></p>
<p><i> </i></p>
<p>C’est ce qu’écrit Yves Bonnefoy dans « Edward Hopper : la photo synthèse de l’Etre » in « Dessin, couleur, lumière » (éditions du Mercure de France).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cela est vrai assurément.</p>
<div id="attachment_1804" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/felix-vallotton-10.jpg" rel="lightbox[1802]"><img class="size-medium wp-image-1804" alt="Félix Vallotton" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/felix-vallotton-10-300x263.jpg" width="300" height="263" /></a><p class="wp-caption-text">Félix Vallotton</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mais il est un autre peintre qui, sans doute, inspira Hopper au même moment lorsqu’il séjourna en France. Ce peintre c’est Marius Borgeaud (1861-1924).</p>
<p>Bien moins connu que Félix Vallotton dont il fut l’ami, Borgeaud était, lui aussi, natif du pays de Vaud.</p>
<div id="attachment_1805" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/0_borg11.jpg" rel="lightbox[1802]"><img class="size-medium wp-image-1805" alt="Marius Borgeaud" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/0_borg11-300x253.jpg" width="300" height="253" /></a><p class="wp-caption-text">Marius Borgeaud</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Vallotton, Borgeaud, Hopper : trois peintres pour qui la lumière était essentielle et pour qui le monde apparaissait à chaque instant épuré, comme dépouillé.</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/dbe53033.jpg" rel="lightbox[1802]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1806" alt="Marius Borgeaud" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/dbe53033-245x300.jpg" width="245" height="300" /></a></p>
<div id="attachment_1807" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/borgeaud.jpg" rel="lightbox[1802]"><img class="size-medium wp-image-1807" alt="Marius Borgeaud" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/borgeaud-300x236.jpg" width="300" height="236" /></a><p class="wp-caption-text">Marius Borgeaud</p></div>
<div id="attachment_1808" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/borgeaud_marius-la_tasse_de_theom0c830010000_20121203_zh1206_57.jpg" rel="lightbox[1802]"><img class="size-full wp-image-1808" alt="Marius Borgeaud" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/04/borgeaud_marius-la_tasse_de_theom0c830010000_20121203_zh1206_57.jpg" width="300" height="244" /></a><p class="wp-caption-text">Marius Borgeaud</p></div>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le voyageur</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Feb 2015 11:56:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Bertrand Renaudin est un musicien voyageur. Il écrit des livres, il est aussi un peintre très remarquable jouant des noirs et des blancs, offrant des lumières fascinantes à qui désire être ébloui. Bertrand Renaudin est un batteur singulier – sa manière si harmonique est là pour le prouver – et c’est, sans doute [&#8230;]]]></description>
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<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/02/livres800-620x465-620x465.jpg" rel="lightbox[1795]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1796" alt="Le voyageur dans littérature livres800-620x465-620x465-300x225" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/02/livres800-620x465-620x465-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Bertrand Renaudin est un musicien voyageur. Il écrit des livres, il est aussi un peintre très remarquable jouant des noirs et des blancs, offrant des lumières fascinantes à qui désire être ébloui.</p>
<p>Bertrand Renaudin est un batteur singulier – sa manière si harmonique est là pour le prouver – et c’est, sans doute avant tout, un musicien voyageur.</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/02/douo_live_couv.jpg" rel="lightbox[1795]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1797" alt="douo_live_couv-300x269 dans musiques" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/02/douo_live_couv-300x269.jpg" width="300" height="269" /></a></p>
<p>Il n&rsquo;avait pas fallu « L’arbre voyage » publié en 2000 et réédité aujourd’hui (OP Music) pour comprendre que Bertrand Renaudin est un musicien errant, pour lequel, non pas tous les chemins sont bons, mais pour qui sans doute ceux qui mènent ici ou là par des voies inattendues, ceux-ci sont les plus beaux.</p>
<p>Et ce sont eux qu’il n’a de cesse de nous offrir avec une sorte de générosité qui est l’une de ses marques, l’une de ses spécificités. Aujourd’hui il nous propose aussi de retrouver un voyage inattendu, celui qu’il a fait avec le guitariste Olivier Cahours sous le titre de « Douö » (OP Music).</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/02/peintre-620x423.jpg" rel="lightbox[1795]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1798" alt="peintre-620x423-300x204 dans peinture" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2015/02/peintre-620x423-300x204.jpg" width="300" height="204" /></a></p>
<p>Si l’on veut, si l’on aime découvrir ou redécouvrir des contrées nouvelles, des mondes clairs ou obscurs, parfois les deux ou même entre les deux, ces enregistrements, comme tous ceux de ce musicien aussi rare que familier, aussi proche qu’il nous emporte au plus loin de nous-mêmes, sont des chemins de traverse qu’il est heureux d’emprunter. La première fois comme aujourd’hui encore, comme demain.</p>
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		<title>Le &#171;&#160;sorcier souffleur&#160;&#187;: &#171;&#160;Bu, Bud, Bird, Mingus, Martial et autres fauteurs de trouble&#160;&#187; par Alain Gerber</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Dec 2014 13:04:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; &#160; Certains disent qu’il est un magicien de l’écriture, une sorte d’écrivain comme on n’en fait si peu. D’autres pensent que c’est un musicien et que son instrument ce sont des mots, des syllabes ou davantage des images qui auraient pris la forme de phrases et de paragraphes, chacune ayant sa mélodie, son [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/10390530_10204557406001549_3136515717993923597_n.jpg" rel="lightbox[1786]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1787" alt="Le "sorcier souffleur": "Bu, Bud, Bird, Mingus, Martial et autres fauteurs de trouble" par Alain Gerber dans littérature 10390530_10204557406001549_3136515717993923597_n-300x300" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/10390530_10204557406001549_3136515717993923597_n-300x300.jpg" width="300" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Certains disent qu’il est un magicien de l’écriture, une sorte d’écrivain comme on n’en fait si peu. D’autres pensent que c’est un musicien et que son instrument ce sont des mots, des syllabes ou davantage des images qui auraient pris la forme de phrases et de paragraphes, chacune ayant sa mélodie, son harmonie et son rythme.</p>
<p>Tout ceci est vrai, à n’en pas douter. Mais peut-être est-il aussi quelque chose d’autre, quelque chose de plus. A lire « Bu, Bud, Bird, Mingus, Martial et autres fauteurs de trouble » qu’il vient de publier aux éditions Alter Ego, Alain Gerber apparaît plus que jamais comme un « souffleur ».</p>
<p style="text-align: center"> <a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/536369_263807367042642_207847875971925_578977_859753456_n.jpg" rel="lightbox[1786]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1788" alt="536369_263807367042642_207847875971925_578977_859753456_n-249x300 dans musiques" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/536369_263807367042642_207847875971925_578977_859753456_n-249x300.jpg" width="249" height="300" /></a></p>
<p>Serait-ce qu’il nous soufflerait à l’oreille des mots qui ne seraient qu’à lui, dont il nous ferait les destinataires électifs ? Sans aucun doute. Mais un authentique « souffleur » est beaucoup plus que cela. C’est quelqu’un de rare, l’un de ceux qui ont du ciel le don de vous donner à vous, à chaque instant lorsqu’il vous parle, le souffle qui pourrait vous manquer. Ou bien encore mieux, un nouveau souffle, un nouvel élan. Un « souffleur » digne de ce nom est quelqu’un qui vous enflamme, qui vous donne quelque chose comme sa propre vitalité, qui vous offre un peu plus de vie.</p>
<p style="text-align: center"> <a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/3216_1164250625065_7975244_n.jpg" rel="lightbox[1786]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1789" alt="3216_1164250625065_7975244_n-196x300 dans poésie" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/3216_1164250625065_7975244_n-196x300.jpg" width="196" height="300" /></a></p>
<p>A lire « Bu, Bud etc… », on sait qu’un de ces êtres étranges, de ceux que l’on ne découvre pas au coin de quelque rue du village littéraire, musical, artistique de toute sorte, un de ceux qui, tout en tombant du ciel et d’un ailleurs que l’on ne soupçonnait pas, vous offre tout d’eux-mêmes, étant ainsi plus familiers pour vous que vos meilleurs amis, on sait qu’Alain Gerber est l’un d’entre eux et que la chance, votre chance d’être son lecteur, est bel et bien avec vous.</p>
<p style="text-align: left"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/562876_296905960385962_100001996808753_671071_202796398_s.jpg" rel="lightbox[1786]"><img class="alignleft size-full wp-image-1790" alt="562876_296905960385962_100001996808753_671071_202796398_s" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/562876_296905960385962_100001996808753_671071_202796398_s.jpg" width="130" height="89" /></a>A rêver avec ces chroniques, ces portraits, ces poèmes en prose ou presque en rimes, on est plus riche à chaque phrase, non parce qu’on aurait pu en faire notre « profit », mais parce qu’on est plus heureux, emporté par quelque chose qui nous fait faire quelques pas de plus,. Quelques-uns de ces pas qui, tout en nous laissant souvent immobiles, nous font voir des paysages inouïs, que nous découvrons les yeux, le cœur et l’âme aussi, tous, grands ouverts. Il nous semble alors avoir fait de merveilleux voyages dans des contrées jusqu’ici insoupçonnées.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/378035_272243009498902_1214000620_n.jpg" rel="lightbox[1786]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1791" alt="378035_272243009498902_1214000620_n-300x270" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/378035_272243009498902_1214000620_n-300x270.jpg" width="300" height="270" /></a></p>
<p>Alain Gerber est un bien l’un de ces « sorciers souffleurs », lui aussi « fauteur de trouble », lui aussi engendrant en nous dans tous ses textes des étincelles, de ces lumières qui font vivre et aimer, sans lesquelles il n’y aurait pas de désir, pas d’amour non plus. Car c’est ainsi que nous aimons la musique, les musiciens et aussi la vie tout entière. Mais Alain Gerber est un « souffleur » bien différent de tous les autres. Parce que dans chaque regard qu’il porte ici sur les musiciens, parfois même sur une couleur (le « bleu », évidemment), un producteur (Jean-Jacques Pussiau), les amateurs de musique, les instruments, il est à l’évidence plus que d’autres un « souffleur » d’âmes et de corps enfiévrés, de passions, de douceurs, de peurs, d’effrois, de tempêtes et de cieux aussi clairs et paisibles que le sourire d’un enfant. Cela dépend de son humeur à lui. Et un peu de la nôtre aussi. Voici un « souffleur » dont on perçoit à peine qu’il nous dit quelque chose au creux de l’oreille, dont on entend pourtant la musique à chaque battement du cœur, le sien et le nôtre qui, tous les deux ensemble, vont de pair et ne se quittent plus. C’est un ami qui, dans son souffle et dans chacune de ses respirations, donne tout, tout de sa vie, de ses sentiments, de sa passion, que ce soit le jour éclatant de soleil ou bien que ce soit la nuit la  plus profonde, peu lui importe. Ce qui compte pour lui et alors ce qui devient vital pour nous, c’est que nous sommes emportés, transformés, métamorphosés et qu’au bout du compte, au bout de ce voyage pourtant sans fin, nous sommes encore davantage nous-mêmes. Et que donc cela ne s’arrête pas. Que cela ne peut s’arrêter. Jamais.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/10387694_491760344304003_2479396169550165796_n.jpg" rel="lightbox[1786]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1792" alt="10387694_491760344304003_2479396169550165796_n-300x205" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/12/10387694_491760344304003_2479396169550165796_n-300x205.jpg" width="300" height="205" /></a></p>
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		<title>A l&#8217;Orient de Michel Henry par Roland Vaschalde</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Nov 2014 13:45:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Voici un livre[1] qui interroge, qui s’interroge, qui affirme aussi – et cela chaque fois que c’est nécessaire, jamais davantage. Voici donc un livre rare. Ce livre commence (presque) par une question, celle du philosophe Michel Henry (1922-2002) à laquelle ce dernier apporte lui-même une réponse, une réponse cependant qui ouvre un champ considérable [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/11/ess_manifestation_02.jpg" rel="lightbox[1779]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1780" alt="A l'Orient de Michel Henry par Roland Vaschalde dans littérature ess_manifestation_02-300x145" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/11/ess_manifestation_02-300x145.jpg" width="300" height="145" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voici un livre<a title="" href="#_ftn1">[1]</a> qui interroge, qui s’interroge, qui affirme aussi – et cela chaque fois que c’est nécessaire, jamais davantage. Voici donc un livre rare. Ce livre commence (presque) par une question, celle du philosophe Michel Henry (1922-2002) à laquelle ce dernier apporte lui-même une réponse, une réponse cependant qui ouvre un champ considérable de questionnement pour qui veut bien y prêter justement attention. Cette question est celle-ci : « Comment… parvenir à la vie véritable pour l’homme naturel perdu dans le monde ? Question mal posée : dans la vie, nous y sommes déjà »<a title="" href="#_ftn2">[2]</a></p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/11/romans.jpg" rel="lightbox[1779]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1781" alt="romans-300x161 Bouddha dans philosophie" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/11/romans-300x161.jpg" width="300" height="161" /></a></p>
<p>Dans ce livre l’auteur met en regard (comment le dire autrement ?) au travers d’une quinzaine de textes (autant de fragments) ce que l’on pourrait appeler les « philosophies orientales » avec l’œuvre de Michel Henry. Ce projet pourrait surprendre, notamment de ce côté du monde, pour ceux qui sont peut-être plus familiers avec la lecture et la compréhension d’un penseur de l’Occident qu’avec les dites philosophies venues du côté du monde où le soleil (pour nous) se lève. Même si elles sont « à la mode », même si on feint parfois de les connaître et de les comprendre. Ce projet pourrait surprendre d’autant plus – mais on ne précisera pas ici pourquoi, il y faudrait une étude entière sans doute ! – que les incompréhensions du bouddhisme, de la pensée zen, de certaines religions hindoues sont aussi totales que celles qui concernent parfois la phénoménologie matérielle dont Michel Henry, penseur génial à nos yeux, non seulement de notre temps mais plus profondément encore de notre condition la plus fondamentale, fut le fondateur dès le mi-temps du XX° siècle. A cause même de cela on pourrait dire que les unes et l’autre ne sont pas aussi étrangères qu’il semblerait à un premier regard même averti des unes et de l’autre, précisément. C’est ce que Roland Vaschalde, dans une quinzaine de textes montre et démontre avec – et c’est souvent une sorte de tour de force – une simplicité, une évidence totales en même temps qu’avec une grande culture, une formidable connaissance tant de l’Orient que de Michel Henry dont il fut l’élève et l’ami, parfois le confident intellectuel.</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/11/statuette-bouddha-maigre.jpg" rel="lightbox[1779]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1782" alt="statuette-bouddha-maigre-300x199 éditions Orizons" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/11/statuette-bouddha-maigre-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a></p>
<p>Lorsqu’on n’est pas féru de textes venus de l’Orient on se passionnera de toute façon pour ce livre. Parce qu’il les fait découvrir avec ce que l’on peut bien, sinon comprendre, au moins ressentir, comme une grande pertinence. On se passionnera pour ce livre, si l’on est convaincu que la philosophie de Michel Henry constitue une pensée considérable d’intelligence pour les hommes que nous sommes, nous qui vivons et qui n’avons de cette vie précisément, le plus souvent dans notre culture, dans nos savoirs, qu’une conception erronée. On se passionnera pour ce livre parce que, de la phénoménologie de la vie il dit, là aussi de façon simple, totalement pertinente, quelque chose qui aurait du être prononcé depuis longtemps par les commentateurs (pourtant souvent extrêmement avertis) de Michel Henry, qu’une philosophie de l’immanence qui se dit dualiste serait contradictoire si « l’idée de dualité, dans ce cas, n’avait pas une valeur tout à fait spéciale lorsqu’elle intervient pour caractériser les structures ultimes de l’être. Elle ne signifie plus alors… une dualité de deux termes à l’intérieur d’une même région ontologique, mais plutôt l’absence de toute dualité, car elle est ce qui rend possible l’expérience, qui est toujours une unité »<a title="" href="#_ftn3">[3]</a></p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/11/5d7611443822845c1bf855bd6b03b1d6.jpg" rel="lightbox[1779]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1783" alt="5d7611443822845c1bf855bd6b03b1d6-300x225 La main d'Athéna" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/11/5d7611443822845c1bf855bd6b03b1d6-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a></p>
<p>L’intérêt de ce livre est donc au moins double. Il est tout autant, en effet, celui de montrer que la vérité n’a besoin d’aucun savoir constitué  pour se dévoiler, qu’elle est ce dévoilement et qu’elle se confond avec ce qu’elle est précisément, son propre auto-dévoilement<a title="" href="#_ftn4">[4]</a> que celui de rapprocher les analyses de Michel Henry avec quelques textes orientaux que le philosophe pourtant ignorait.</p>
<p><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/11/a-l-orient-de-michel-henry.png" rel="lightbox[1779]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1784" alt="a-l-orient-de-michel-henry-191x300 Michel Henry" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2014/11/a-l-orient-de-michel-henry-191x300.png" width="191" height="300" /></a></p>
<div></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> « A l’Orient de Michel Henry » par Roland Vaschalde éditions Orizons collection La main d’Athéna</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Michel Henry « De la phénoménologie », PUF.</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref3">[3]</a> A l’Orient de Michel Henry p 91</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref4">[4]</a> Ibid. p 101</p>
</div>
</div>
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		<title>La vie en marchant : Albert Camus lu par Paul Audi</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Jan 2014 05:59:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Camus]]></category>
		<category><![CDATA[Combat]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Audi]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans son livre intitulé &#171;&#160;Qui témoignera pour nous? Albert Camus face à lui-même&#160;&#187; (éditions Verdier) Paul Audi écrit ces mots qui, à seuls, suffisent: Quant à la solution que requiert le problème de la vie, comme aurait dit Wittgenstein,  [Camus] se refusait de plus en plus à croire qu&#8217;elle se présentait aux hommes au terme [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/albertcamus001.jpg" rel="lightbox[1778]"><img class="alignnone size-full wp-image-1698" alt="La vie en marchant : Albert Camus lu par Paul Audi dans littérature albertcamus001" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/albertcamus001.jpg" width="460" height="276" /></a></p>
<p style="text-align: left">Dans son livre intitulé &laquo;&nbsp;Qui témoignera pour nous? Albert Camus face à lui-même&nbsp;&raquo; (éditions Verdier) Paul Audi écrit ces mots qui, à seuls, suffisent:</p>
<p style="text-align: left"><em>Quant à la solution que requiert le problème de la vie, comme aurait dit Wittgenstein,  [Camus] se refusait de plus en plus à croire qu&rsquo;elle se présentait aux hommes au terme de la lutte qu&rsquo;ils mènent pour atteindre les sommets.</em></p>
<p style="text-align: left">&laquo;&nbsp;La vie, comme le mouvement, se prouve en marchant&nbsp;&raquo;, écrira-t-il un jour [dans un article publié dans Combat le 15 novembre 1945]. Si bien que l&rsquo;important est d&rsquo;avancer &#8211; coûte que coûte &#8211; dans la résolution, la responsabilité et l&rsquo;obstination&nbsp;&raquo;,</p>
<p style="text-align: left"><em>comme il l&rsquo;ajoutait aussitôt.</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Pourquoi la Poésie, avec Jérôme Thélot</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Jun 2013 14:01:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
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		<category><![CDATA[Jérôme Thélot]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; « […] les mots du poème ne sont que très peu des représentations, ne réfèrent guère aux choses du monde, mais nomment les impressions intérieures. Si les poèmes semblent obscurs, c&#8217;est faute d&#8217;une sensibilité qui comprennent leurs mots non comme des renvois au dehors, mais comme des traces du dedans. &#160; Cependant, il reste [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center">
<div id="attachment_1764" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"></dt>
<dd>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: center">
<dl>
<dd> </dd>
</dl>
</div>
</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: center">
<div class="mceTemp mceIEcenter">
<dl>
<dt><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/06/resized2.jpg" rel="lightbox[1763]"><img class="size-medium wp-image-1770" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/06/resized2-300x208.jpg" alt="Pourquoi la Poésie, avec Jérôme Thélot dans littérature resized2-300x208" width="300" height="208" /></a><p class="wp-caption-text">Portrait de Joë Bousquet</p></div>
<p><strong><em>« […] les mots du poème ne sont que très peu des représentations, ne réfèrent guère aux choses du monde, mais nomment les impressions intérieures. Si les poèmes semblent obscurs, c&rsquo;est faute d&rsquo;une sensibilité qui comprennent leurs mots non comme des renvois au dehors, mais comme des traces du dedans.</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em>Cependant, il reste encore ceci, que le dehors lui-même – et c&rsquo;est l&rsquo;ultime révélation du travail du poème – n&rsquo;a justement pas son essence au dehors. Au contraire, lire-entendre un poème est faire cette expérience abyssale de l&rsquo;intériorité comme condition du monde réel.</em></strong></p>
<p><strong><em>S&rsquo;il arrive que le poème donne à son lecteur le sentiment d&rsquo;une incomparable beauté, c&rsquo;est qu&rsquo;il travaille son impression et la donne à elle-même comme l&rsquo;origine du monde réel. »</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&rsquo;est dans un livre <strong>essentiel </strong>que l&rsquo;on trouve ces lignes.</p>
<p>Ce livre est signé de Jérôme Thélot et ii porte pour titre « Le travail vivant de la poésie » (Belles Lettres Encre Marine).</p>
<p style="text-align: center">
<div id="attachment_1766" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/06/608148_sans-titre.jpg" rel="lightbox[1763]"><img class="size-medium wp-image-1766" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/06/608148_sans-titre-300x173.jpg" alt="608148_sans-titre-300x173 Baudelaire dans philosophie" width="300" height="173" /></a><p class="wp-caption-text">Yves Bonnefoy</p></div>
<p>Un livre « essentiel » donc. Aux références multiples. Qui commencent par Joë Bousquet et qui vont de Baudelaire à Cédric Demangeot en passant par Baudelaire ou Bonnefoy pour ne citer qu&rsquo;eux. Un livre qui s&rsquo;appuie souvent sur la phénoménologie de Michel Henry dont il a été souvent question dans les articles de « L&rsquo;Instant ». Mais aussi sur des notes d&rsquo;Emile Benveniste.</p>
<p>Il avait déjà été question d&rsquo;un livre de Jérôme Thélot ici-même, sa « Critique de la raison photographique » parue chez le même éditeur. Nous y avions trouvé, à tort ou à raison, parfois quelques choses à redire.</p>
<p style="text-align: center">
<div id="attachment_1767" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/06/31214.jpg" rel="lightbox[1763]"><img class="size-medium wp-image-1767" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/06/31214-300x191.jpg" alt="31214-300x191 Benveniste dans poésie" width="300" height="191" /></a><p class="wp-caption-text">Charles Baudelaire</p></div>
<p>Rien de tel ici où chaque développement conduit le lecteur au plus profond de lui-même. Et, c&rsquo;est bien cela que l&rsquo;on attend quand, dans le silence de sa propre lecture, nous nous retournons, d&rsquo;une certaine façon, sur ce que nous sommes. En imaginant le monde. Là où le poème fait son <em>travail. </em>Au cœur de la vie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il faut ajouter enfin que Jérôme Thélot vient de publier encore plus récemment un petit essai étourdissant d&rsquo;intelligence dont l&rsquo;écriture est un tour de force : à la fois lumineuse, d&rsquo;une maîtrise rigoureuse à chaque instant, à la fois poétique et comme musicale. Ce livre porte pour titre « Géricault, Le Radeau de la Méduse, le sublime et son double ». (Éditions Manucius)</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/06/radeau.jpg" rel="lightbox[1763]"><img class="aligncenter size-full wp-image-1768" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/06/radeau.jpg" alt="radeau Bonnefoy" width="273" height="185" /></a></p>
<p>S&rsquo;il y avait un prix du livre d&rsquo;art (livre sur l&rsquo;art et livre d&rsquo;artiste) Jérôme Thélot devrait l&rsquo;emporter. Mais il semble que notre temps ne soit guère à ces occupations. Et que lorsqu&rsquo;il semble s&rsquo;y intéresser il ne voit que ce qu&rsquo;il voit et ne sait que trop rarement découvrir ce qui habite chacun d&rsquo;entre-nous, ceci que nous ne voyons pas au premier regard, que beaucoup ne veulent surtout pas découvrir.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ces deux livres donnent du bonheur. Parce qu&rsquo;ils donnent à vivre, parce qu&rsquo;ils donnent à espérer et à désirer.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Sunny et Sonny par Alain Gerber: &#171;&#160;Une année sabbatique&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 10:03:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Il y a des romans qui surprennent, qui saisissent au point que vous ne pouvez plus les lâcher et que, parfois même, ils hantent votre sommeil. Il y a aussi des romans qui vous emmènent dans des régions dont vous ne soupçonniez même pas l’existence avant des les avoir ouverts. Et dont, vous [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/04/532325_4219158764817_1530873775_n1.jpg" rel="lightbox[1756]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1758" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/04/532325_4219158764817_1530873775_n1-300x200.jpg" alt="Sunny et Sonny par Alain Gerber: "Une année sabbatique" dans littérature 532325_4219158764817_1530873775_n1-300x200" width="300" height="200" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il y a des romans qui surprennent, qui saisissent au point que vous ne pouvez plus les lâcher et que, parfois même, ils hantent votre sommeil.</p>
<p>Il y a aussi des romans qui vous emmènent dans des régions dont vous ne soupçonniez même pas l’existence avant des les avoir ouverts. Et dont, vous n’êtes pas tout à fait certain, en les refermant qu’ils sont bien réels.</p>
<p>Mais ce dont vous êtes sûrs c’est qu’ils vous ont ouverts des voies. De traverse sans doute. Mais des sentiers qui vous ont fait découvrir quelques vérités de plus. Et, ces romans-là, ne dévoilent jamais que des choses essentielles. Qui étaient encore cachées pour la plupart. Mais sans lesquelles vous savez bien que vous n’auriez jamais été vous-même et que peut-être aussi vous n’auriez jamais respiré, ni l’air du temps, ni celui de votre enfance, pas même celui du matin où vous les ouverts pour la première fois.</p>
<p>« Une année sabbatique » d’Alain Gerber fait assurément partie de ces livres.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/04/197767_340755946000963_2124595727_n.jpg" rel="lightbox[1756]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1759" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/04/197767_340755946000963_2124595727_n-200x300.jpg" alt="197767_340755946000963_2124595727_n-200x300 dans musiques" width="200" height="300" /></a></p>
<p>Est-il si important de dire que le saxophoniste Sonny Rollins s’y cache sous un nom d’emprunt, celui de Sunny Matthews ? Un nom qui ne dissimule pas grand-chose de celui qui a inspiré, suscité, provoqué cette histoire. Certes, ici tout (ou presque) est inventé. Mais, une fois de plus – une fois de plus chez Gerber – ce qui est inventé est plus vrai que la vérité sans voile aucun.</p>
<p>D’autres musiciens de jazz apparaissent au cours de ce récit. Tous ont des noms ou surnoms qu’on ne trouve dans aucun dictionnaire (pas même le « Petit Dictionnaire incomplet des incompris »). Parfois, on peut s’y perdre un peu. Oublier, au fil des pages, qu’untel est untel.  Douter que l’on ait bien compris qu’il s’agissait de lui. Mais cela fait assurément partie intégrante du jeu : nous égarer c’est « l’art » de l’écrivain, celui de l’inventeur. C’est dans ce genre de parcours, hasardeux, vagabond, que réside la littérature. Quand elle ne prend pas le lecteur pour le premier venu ou pour un sot, mais qu’elle l’aime vraiment, qu’elle l’aime comme on aime un ami.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/04/65996_464329160277150_1557418629_n.jpg" rel="lightbox[1756]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1760" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/04/65996_464329160277150_1557418629_n-199x300.jpg" alt="65996_464329160277150_1557418629_n-199x300" width="199" height="300" /></a></p>
<p>Sur le jazz, sur ses protagonistes, « Une année sabbatique » ne prétend rien nous apprendre. Mais sur toute musique, à propos de la création, bien davantage. Mais sans prétention toutefois. Plutôt comme « en passant », l’air de rien ou en tout cas de pas grand-chose.</p>
<p>C’est sur la vie que ce livre nous dit beaucoup.</p>
<p><em>« Pour chaque improvisateur, comme pour chaque compositeur, le problème, c’est lui. Lui seul. Nu […] Cette vérité-là est indépassable. La contourner revient à entamer dans le vide une chute qui ne rencontrera jamais le sol. On se dissout dans l’air du temps. »</em></p>
<p>Et que nous soyons seuls est une évidence : <em>« Une chose est certaine : un homme n’a pas le cœur assez grand pour adieu à toutes ses solitudes à la fois. »</em></p>
<p>Parce que notre vie n’est que la nôtre – même si, en lisant un livre, en écoutant, Sonny Rollins-Matthews ou en se laissant gagner par les couleurs d’un tableau ou la courbe d’une statue, c’est ainsi qu’on la découvre.</p>
<p><em>« La vraie vie […] existe vraiment [… C’est] celle qu’on ne vit ni en rêve, ni par procuration. Celle qui ne s’écoule pas en dehors de son propre cours, ne se déroule pas derrière son propre dos. Une vie avec laquelle on se sent coïncider point par point. »</em></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/04/539446_3805310055342_2075353181_n.jpg" rel="lightbox[1756]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1761" src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2013/04/539446_3805310055342_2075353181_n-300x177.jpg" alt="539446_3805310055342_2075353181_n-300x177" width="300" height="177" /></a></p>
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		<title>Les notes de l&#8217;instant</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jun 2012 09:42:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous pouvez poursuivre la lecture de &#171;&#160;L&#8217;instant&#160;&#187;, sous une forme et un concept un peu différents, à l&#8217;adresse d&#8217;un nouveau blog: &#171;&#160;Les notes de l&#8217;instant&#160;&#187;. C&#8217;est sur http://www.instants2.wordpress.com &#160; A tout de suite&#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: large">Vous pouvez poursuivre la lecture de &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo;, sous une forme et un concept un peu différents, à l&rsquo;adresse d&rsquo;un nouveau blog: &laquo;&nbsp;Les notes de l&rsquo;instant&nbsp;&raquo;.</span></p>
<p><span style="font-size: large">C&rsquo;est sur <a href="http://www.instants2.wordpress.com">http://www.instants2.wordpress.com</a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: large">A tout de suite&#8230;</span></p>
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		<title>&#171;&#160;Eloge de la trahison&#160;&#187;: une histoire très littéraire</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Mar 2012 16:49:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est un livre qui n’en est pas un… Il faut penser, en le lisant, après l’avoir lu, qu’il a l’air de ce qu’il est. Mais qu’il est aussi bien davantage. Quand on lit « Eloge de la trahison », le livre que Jacques Aboucaya vient de signer aux éditions du Rocher, on découvre une œuvre faite de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2012/03/phpJNhPM6PM2.jpg" rel="lightbox[1729]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1736" alt=""Eloge de la trahison": une histoire très littéraire dans littérature phpJNhPM6PM2-300x224" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2012/03/phpJNhPM6PM2-300x224.jpg" width="300" height="224" /></a></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">C’est un livre qui n’en est pas un…</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">Il faut penser, en le lisant, après l’avoir lu, qu’il a </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">l’air de ce qu’il est. Mais qu’il est aussi bien davantage.</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">Quand on lit « Eloge de la trahison », le livre </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">que Jacques Aboucaya vient de signer aux éditions du Rocher, on découvre une </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">œuvre faite de mille choses : de références multiples, d’une intelligence </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">malicieuse et drôle, d’une écriture élégante et joyeuse – le narrateur s’amuse </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">autant qu’il nous intrigue et nous abuse, et nous fait sourire et souvent rire,</span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">s’il ne nous effraye pas parfois – jusqu’à une « chute » digne d’un </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">film d’Hitchcock.</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">Cela est beaucoup. Et cela suffirait largement à mettre cet </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">ouvrage « en première ligne » des quelques pages de </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">« L’Instant ».</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium"><a href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2012/03/phprjuXzzAM.jpg" rel="lightbox[1729]"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1737" alt="phprjuXzzAM-300x224 dans littérature" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2012/03/phprjuXzzAM-300x224.jpg" width="300" height="224" /></a></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">Mais il y a autre chose. Car tout cela c’est ce qu’</span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">« Eloge de la trahison » semble être : ce que ces quelques cent </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">trente cinq pages nous disent de toute évidence.</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">Seulement voilà, « Eloge de la trahison » c’est </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">aussi une traîtrise. « Eloge de la trahison » ne nous ment pas. Non,</span><br />
<span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">Jacques Aboucaya – quoi qu’il en dise, sans doute ! – reconnaît dans la</span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">trahison tout ce qui fait la vie. </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">Si c’est le cas, croyez-vous qu’il n’aurait pas profité de </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">l’aubaine de signer un tel ouvrage, pour trahir son lecteur ?</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">Ou bien il ne l’a pas fait et il ne pense pas véritablement </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">ce qu’il dit. Ou bien il est sincère – ce que je crois, faut-il le</span><br />
<span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">répéter ? – et alors, il y a là quelque détournement du sens, quelque mise </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">en abîme peut-être, quelque autre piège au détour d’une formule ou d’un </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">chapitre, qui ne sont là que pour nous abuser et trahir notre naïveté, notre </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">confiance de lecteur.</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">Pour essayer de démasquer la trahison (faut-il la dévoiler </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">toujours, est-ce même possible ? rien n’est moins certain ; mais,</span><br />
<span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">pour une fois, le cas étant trop grave pour le coup, il m’a paru de mon devoir </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">d’avertir le lecteur !) pour démasquer sinon le traître, mais au moins ce </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">qui se cache dans ce livre, je ne sais s’il faut être grand clerc ! Je ne </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">pense pas. Bien au contraire. Il faut se laisser aller. Il faut se laisser </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">aller au fil de l’écriture, de la littérature, de la vie.</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">Le livre s’ouvre sur une citation qui nous dit : <em>« Si de la vie tu supprimes la trahison, qu’y laisseras-tu ? » </em>L’auteur de cette interrogation </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">est un écrivain espagnol du nom d’Eduardo Zamacois qui donne au livre le ton </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">borgésien que son auteur ne désavouera certainement pas – et y a-t-il un auteur </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">plus « traître » que ce génial argentin de Borges qui d’une référence </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">savante passe sans trembler à une autre parfaitement inventée ? – cela </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">doit éveiller toute notre attention. C’est un « signe » que Jacques </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">Aboucaya n’aurait pas du placer en évidence. Il s’est trahi en quelque sorte </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">lui-même. Il a laissé plus qu’un indice, un aveu !</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">La preuve définitive, la voici : l’auteur défend sans </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">cesse le paradoxe, il nous fait comprendre que ce sont nos contradictions qui </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">nous font vivre, que nous n’espérons que parce que nous pouvons renoncer à nos </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">engagements et que c’est toujours plus ou moins par la queue que le diable se </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">poursuit.</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">En fait, ce que « Eloge de la trahison » nous dit </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">(mais sans le dire véritablement, sans le dire ouvertement – quoi que… quand on r</span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">elit… on puisse, il est vrai, penser autrement sur ce point précis) c’est que </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">la littérature est une trahison. Que la littérature est d’abord trahison. Qu’il </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">faut être un traître pour écrire, qu’il ne faut pas prendre les choses comme il </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">semble qu’elles sont pour faire un livre. Non pas que les livres mentent. Bien </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">au contraire. La littérature dit la vérité, la réalité et la vie. C’est pour </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">cela qu’elle est fondée sur la trahison la plus profonde et sans doute, la plus </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">indicible. </span></p>
<p style="text-align: left"><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">« Eloge de la trahison » en fait, est un hommage à </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">la littérature, une sorte d&rsquo;histoire littéraire et quelque chose comme le plus important commentaire de texte, de tous les </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">textes passés, présents et futurs – un peu comme Borges, encore lui, l’aurait </span><span style="font-family: times new roman,times;font-size: medium">imaginé – qu’il nous ait jamais été donné de lire.</span></p>
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		<title>En apparence ou la nudité du monde</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Jun 2011 13:50:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[  En apparence Elle danse, là-bas sur l’herbe fraîche du jardin. Elle danse ici, sur les feuilles légères, devant sa maison. Elle boit seulement le souffle du vin. Et jamais à la coupe. Dans mon rêve je ne la vois pas, mais je la suis : un papillon vole au-dessus de son épaule.   Les mots [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/06/210409007.jpg" class="imagelink" title="210409007.jpg" rel="lightbox[1724]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/06/lesyeuxferms.jpg" class="imagelink" title="lesyeuxferms.jpg" rel="lightbox[1724]"></a>  <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/06/diversfin09013.jpg" class="imagelink" title="diversfin09013.jpg" rel="lightbox[1724]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/06/diversfin09013.jpg" alt="diversfin09013.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p class="MsoNormal"><b><span><font face="verdana,geneva">En apparence</font></span></b></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><b><span><font face="verdana,geneva"></font></span></b></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">Elle danse, là-bas sur l’herbe fraîche du jardin. </font></span></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">Elle danse ici, sur les feuilles légères, devant sa maison. </font></span></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">Elle boit seulement le souffle du vin. Et jamais à la coupe. </font></span></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">Dans mon rêve je ne la vois pas, mais je la suis : un papillon vole au-dessus de son épaule. </font></span></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">Les mots maintenant, sont emportés par le vent. </font></span></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">Sur l’impossible nuage toute ma certitude est bâtie. Tel est mon désir, ma volonté : je pâlis au seul nom de cette ville oubliée.</font></span></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">Dans l’inclémence de l’hiver une lumière m’aperçoit au fond de mon regard. </font></span></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">Elle danse et elle m’inonde, elle te remplit et déborde aussi.</font></span></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">Tout ceci n’est qu’un rêve. Mais je suis ce rêve, endormi, éveillé.</font></span></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">J’ai à vous dire cette merveille qui est merveille : dont nul ne se moque. Sauf dans ce monde peut-être.</font></span></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva"><i><span>« J’irai bien, elle et moi, dans une île de la mer… »</span></i><span>, </span></font></p>
<p><font face="verdana,geneva">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">Pour épitaphe commune, ces quelques mots dérobés aux larmes du sommeil.</font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva">Les yeux fermés je vois désormais comme la nudité du monde et l&rsquo;innocence de tes larmes.</font></span></p>
<p><font face="Times New Roman">  <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/06/lesyeuxferms.jpg" alt="lesyeuxferms.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span>Avec<span>  </span>WB Yeats</span></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
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		<title>La musique des souvenirs</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2011/05/18/la-musique-des-souvenirs/</link>
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		<pubDate>Wed, 18 May 2011 20:46:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[  « Quand passe les nuages, quand le soleil s’efface, quand le temps change, c’est comme si le temps passait… au loin le ciel s’éclaire, au loin le ciel s’assombrit… »   Dans un texte inédit, Alain Gerber, l’auteur de « Longueur du temps » qui paraît aux éditions Alter ego, écrit : « … Dans cet art extravagant Réservé à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Times New Roman"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011092.jpg" class="imagelink" title="runion2011092.jpg" rel="lightbox[1713]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011095.jpg" class="imagelink" title="runion2011095.jpg" rel="lightbox[1713]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011045.jpg" class="imagelink" title="runion2011045.jpg" rel="lightbox[1713]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011047.jpg" class="imagelink" title="runion2011047.jpg" rel="lightbox[1713]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011061.jpg" class="imagelink" title="runion2011061.jpg" rel="lightbox[1713]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011059.jpg" class="imagelink" title="runion2011059.jpg" rel="lightbox[1713]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion20110661.jpg" class="imagelink" title="runion20110661.jpg" rel="lightbox[1713]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011064.jpg" class="imagelink" title="runion2011064.jpg" rel="lightbox[1713]"></a>  <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011069.jpg" class="imagelink" title="runion2011069.jpg" rel="lightbox[1713]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011069.jpg" alt="runion2011069.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p class="MsoNormal"><b><span></span></b></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><i><span>« Quand passe les nuages, quand le soleil s’efface, quand le temps change, c’est comme si le temps passait… au loin le ciel s’éclaire, au loin le ciel s’assombrit… »</span></i></p>
<p><font face="Times New Roman">  <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011092.jpg" alt="runion2011092.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><span>Dans un texte inédit, Alain Gerber, l’auteur de « Longueur du temps » qui paraît aux éditions Alter ego, écrit : </span></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><i><span>« … Dans cet art extravagant</span></i></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><i><span>Réservé à d’inconscients extralucides</span></i></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><i><span>Jouer une musique qui n’existe pas</span></i></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><i><span>Ce qu’on dit peut être aléatoire … »</span></i></p>
<p><font face="Times New Roman">  <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011095.jpg" alt="runion2011095.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ne doutons pas qu’il y ait là comme une sorte de manifeste dont ce dernier livre serait comme la réalisation, pleine d’extravagances, d’inconsciences visionnaires, de musiques irréelles et de hasards qui ne seraient que des formes abouties du destin.</span></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span>Avec aujourd’hui bien plus de cinquante titres à son actif, avec des centaines d’émissions de radio sur France Musique et France Culture, Alain Gerber est à la fois un créateur prolixe et un inventeur fertile. Couronné depuis maintenant plusieurs décennies par de prestigieux prix littéraires (Interallié, Goncourt de la nouvelle, prix de la ville de Paris et bien d’autres encore).</span></p>
<p><font face="Times New Roman">  <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011045.jpg" alt="runion2011045.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><span>Tous ses livres jouent une certaine musique comme toutes ses émissions musicales nous donnaient à entendre, entremêlés avec de merveilleuses notes bleues, des textes, récits réels ou imaginaires qui nous en disaient davantage que nous ne nous y attendions chaque fois.</span></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pourtant, « Longueur du temps » est d’une autre nature. Il s’agit bien, ici, d’un texte singulier. Parce que si rien ne dit qu’il s’agit de « poésie » &#8211; pas plus l’auteur ne le reconnaît ; mais comme il ne le dénie pas non plus, il est assez clair que nous sommes dans la perplexité qui provient sans doute de cet aléatoire aussi inconscient qu’irréel – il y a bien là, dans la forme, dans l’apparence donc, quelque chose qui y fait penser : la typographie ne pouvant pour une fois peut-être pas nier totalement son rôle !</span></p>
<p><font face="Times New Roman">  <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011047.jpg" alt="runion2011047.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais surtout, c’est que dans « Longueur du temps » c’est tout le temps passé qui surgit : non comme un retour, non comme quelques anecdotes dont le souvenir se ferait plus ou moins présent au fil de l’écriture qui ne serait alors qu’une façon de garder une trace, une sorte d’archéologie plus ou moins précise, plus ou moins juste, un auto-témoignage auquel on ne pourrait alors apporter qu’un crédit tout relatif à la confiance que l’on ferait à celui qui écrit et dont le lecteur ne saurait rien de la sincérité, de l’exactitude du propos.</span></p>
<p><font face="Times New Roman">  <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011061.jpg" alt="runion2011061.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ce qui vit dans ces lignes ce ne sont pas des faits ou des « événements » &#8211; ni ceux de l’enfance, ni ceux des séjours dans des pays étranges plutôt qu’étrangers, de l’Amérique à l’Afrique sans oublier le plus vieux des continents, ni ceux de l’âge d’homme, ni ceux des épreuves, des joies ou des douleurs, de celles que l’on dit ou de celles qui se cachent mais que l’on ressent et c’est cela l’essentiel &#8211; ce qui se vit dans ces lignes de façon primordiale c’est que le temps, celui qui passe, en fait ne passe jamais, jamais tout à fait. On peut ne voir dans une existence que la force ou même que la rage de vivre : il n’empêche, l’instant que nous vivons, dans toute son intensité est toujours plus fort, plus présent, plus réel. Parce qu’il n’est<span>  </span>fait que de ces rêves, des ces inconsciences, de ces extravagances dont nous parle Alain Gerber.</span></p>
<p><font face="Times New Roman">  <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011059.jpg" alt="runion2011059.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ce qui est sans doute le plus admirable dans « Longueur du temps », c’est que tout cela nous n’avons pas à le comprendre, parce qu’ici rien n’est démontré, pas même montré, mais que tout est donné, de façon absolue, « généreuse » pourrait-on dire sans doute. Parce que nous n’avons, avec la musique qui est au cœur de chaque phrase, de chaque image, dans chaque présence du passé, du temps retrouvé, qu’à nous laisser aller au fil des souvenirs du plus musicien des écrivains.</span></p>
<p><font face="Times New Roman">  <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion20110661.jpg" alt="runion20110661.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><span>Voici pourquoi « Longueur du temps » est un livre comme il n’en existe pas. Et que l’on découvre avec autant de surprises que d’émotions incessantes.</span></p>
<p><font face="Times New Roman">  <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/05/runion2011064.jpg" alt="runion2011064.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
<p class="MsoNormal"><b><span></span></b></p>
<p><font face="Times New Roman">  </font></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ces choses que je voulais dire&#8230; (James Sallis et Bessie Smith)</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Apr 2011 06:08:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est des mots qui semblent, parfois, n&#8217;avoir nul besoin de commentaires: c&#8217;est quand ils se suffisent à eux-mêmes, quand ils disent ce qui fait la souffrance, la douleur, la joie, la vie&#8230; Ceux-ci sont extraits d&#8217;un roman que l&#8217;on dit policier dont l&#8217;auteur est James Sallis. La musique est celle de Bessie Smith.   [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/jimsaug07.gif" class="imagelink" title="jimsaug07.gif" rel="lightbox[1702]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/striptease.jpg" class="imagelink" title="striptease.jpg" rel="lightbox[1702]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/striptease.jpg" alt="striptease.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"><strong><em>Il est des mots qui semblent, parfois, n&rsquo;avoir nul besoin de commentaires: c&rsquo;est quand ils se suffisent à eux-mêmes, quand ils disent ce qui fait la souffrance, la douleur, la joie, la vie&#8230;</em></strong></font></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><font face="Calibri">Ceux-ci sont extraits d&rsquo;un roman que l&rsquo;on dit policier dont l&rsquo;auteur est James Sallis. La musique est celle de Bessie Smith.</font></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">« …</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">- Je vais d’abord rattraper le sommeil en retard. Ensuite, je verrai.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">- Bon, alors je ne t’appellerai pas. Au revoir.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Elle s’est penchée et a effleuré ma joue avec la sienne. Je me suis demandé comment ce serait sans elle. C’était un peu comme essayer d’imaginer le monde sans arbres ni nuages.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella8.vignette.jpg" alt="stella8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella8.vignette.jpg" alt="stella8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella8.vignette.jpg" alt="stella8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella8.vignette.jpg" alt="stella8.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">…</font></p>
<p><span><font face="Calibri">J’ai versé du brandy dans un verre à thé, en fixant l’œil rouge et clignotant du répondeur. J’ai mis Bessie Smith et mon corps s’est balancé au rythme de sa voix pleine de promesses : le blues du lit vide, les neuf jours de spleen, la maison pleine de fantômes, la soif et la faim. Chaque note, chaque mot, semblait arraché, avec la plus grande difficulté, du plus profond de moi-même. </font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella11.vignette.jpg" alt="stella11.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella11.vignette.jpg" alt="stella11.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella11.vignette.jpg" alt="stella11.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella11.vignette.jpg" alt="stella11.jpg" /></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Calibri">…</font></span></p>
<p><span><font face="Calibri">Un peu plus tard, allongé auprès d’elle, je voulais lui demander de ne pas me quitter, de ne pas repartir. Je voulais lui dire que les moments passés avec elle étaient les meilleurs que j’eusse connus, qu’à travers elle, je me sentais rattaché à l’humanité, au monde dans son ensemble, comme jamais auparavant ; qu’elle m’avait sauvé la vie, que je l’aimais. Il y en avait tant, des choses que je voulais lui dire et n’avais jamais dites, ne lui dirais jamais. » (1)</font></span></p>
<p><span> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella7.vignette.jpg" alt="stella7.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella7.vignette.jpg" alt="stella7.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella7.vignette.jpg" alt="stella7.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella7.vignette.jpg" alt="stella7.jpg" /></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Calibri"> (1) James Sallis « Le Faucheux » (Folio policier/Gallimard) (1)</font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella16.vignette.jpg" alt="stella16.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/stella16.vignette.jpg" alt="stella16.jpg" /></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Calibri"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Calibri"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Calibri"></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Calibri">Ce texte est un montage constitué dans le désordre d&rsquo;extraits du livre cité.</font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/jimsaug07.gif" alt="jimsaug07.gif" width="400" /></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><em><font size="1">(James Sallis)</font></em></span></p>
<p class="MsoNormal"><span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>La musique de Bessie, impératrice du blues, est ici:</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><a href="http://www.musicme.com/Bessie-Smith/albums/Bessie-Sings-The-Jazz-3700368423578.html?play=10">http://www.musicme.com/Bessie-Smith/albums/Bessie-Sings-The-Jazz-3700368423578.html?play=10</a></span></p>
<p class="MsoNormal"><span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/smith.vignette.gif" alt="smith.gif" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/smith.vignette.gif" alt="smith.gif" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/04/smith.vignette.gif" alt="smith.gif" /></font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><em><font face="Calibri" size="1">(Bessie Smith)</font></em></span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;The way you look tonight&#160;&#187; ou photographie, littérature et musique quand elles sont indissociables</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Apr 2011 16:44:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[    &#171;&#160;The way you look tonight&#160;&#187; c&#8217;est le titre d&#8217;un &#171;&#160;tube&#160;&#187; de Fred Astaire qu&#8217;il chante à Ginger Rogers dans le film &#171;&#160;Sur les ailes de la danse&#160;&#187;. C&#8217;est une musique de Jerome Kern et des paroles de Dorothy Fields. C&#8217;est l&#8217;Oscar de la meilleure chanson originale en 1937. C&#8217;est l&#8217;origine d&#8217;intenses moments avec Billie [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/thewayyoulooktonight.pdf" id="p230"><img src="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/12.jpg" alt="12.jpg" /> </a></p>
<p> </p>
<p>&laquo;&nbsp;The way you look tonight&nbsp;&raquo; c&rsquo;est le titre d&rsquo;un &laquo;&nbsp;tube&nbsp;&raquo; de Fred Astaire qu&rsquo;il chante à Ginger Rogers dans le film &laquo;&nbsp;Sur les ailes de la danse&nbsp;&raquo;.</p>
<p>C&rsquo;est une musique de Jerome Kern et des paroles de Dorothy Fields. C&rsquo;est l&rsquo;Oscar de la meilleure chanson originale en 1937.</p>
<p><img src="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/imagescau7cz7q.jpg" alt="imagescau7cz7q.jpg" /><img src="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/imagescau7cz7q.jpg" alt="imagescau7cz7q.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;origine d&rsquo;intenses moments avec Billie Holiday, Peggy Lee, Ella Fitzgerald, Franck Sinatra, les Jazz Messengers.</p>
<p>C&rsquo;est désormais le titre d&rsquo;un superbe livre, d&rsquo;un livre précieux à tous nos sens. Un livre doublement signé d&rsquo;Alain Gerber pour le texte et du photographe Yves Dorison. Pour ce qui est bien plus que des illustrations et même bien davantage que des images comme semble le dire le titre de cette nouvelle page.</p>
<p>Les textes et les photographies sont indissociables. Non pas que l&rsquo;on ne puisse les séparer. On pourrait même concevoir &#8211; ce qui serait un comble, mais ce qui serait tout à fait possible tant leurs puissances évocatrices, créatrices se suffisent sans doute &#8211; qu&rsquo;ils pourraient constituer deux livres: photographies seules d&rsquo;un côté, textes de l&rsquo;autre: et notre bonheur serait entier.</p>
<p><img src="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/5497big.jpg" alt="5497big.jpg" /><img src="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/5497big.jpg" alt="5497big.jpg" /><img src="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/5497big.jpg" alt="5497big.jpg" /><img src="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/5497big.jpg" alt="5497big.jpg" /></p>
<p>Textes et photographies pourtant ici s&rsquo;entremêlent, s&rsquo;enlacent, et constituent ainsi, comme au-delà de leurs apparences premières, un tout.</p>
<p>C&rsquo;est là chose rare. On connaît les &laquo;&nbsp;légendes&nbsp;&raquo; qui nous disent plus ou moins ce que les images ne sauraient montrer ou signifier à elles seules, on connaît les photographies qui illustrent un texte, un livre.</p>
<p>Nous sommes ici au-delà de tout ça.</p>
<p>Au-delà ou en-deçà. Car sans doute c&rsquo;est revenant à la source, par une sorte de retour amont et seulement ainsi que l&rsquo;on peut réussir ce tour de force.</p>
<p>Quelle est alors la source qui peut permettre à quelques inventeurs d&rsquo;être ainsi plus perpsicaces que d&rsquo;autres?</p>
<p>Cela est peut-être bien un mystère et doit alors le rester&#8230; il suffit de se laisser emporter comme un amoureux par le regard qui, comme si c&rsquo;était du fond de la nuit, l&rsquo;éclaire et le fait vivre.</p>
<p><img src="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/billie20holidaya.jpg" alt="billie20holidaya.jpg" /><img src="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/billie20holidaya.jpg" alt="billie20holidaya.jpg" /><img src="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/billie20holidaya.jpg" alt="billie20holidaya.jpg" /><img src="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/billie20holidaya.jpg" alt="billie20holidaya.jpg" /></p>
<p>Le lien ici vous permettra de commencer à entrer dans cet univers singulier et qui, pourtant, n&rsquo;est fait que de partages et d&rsquo;échanges. Indissociables.</p>
<p><u><font color="#0066cc"><a href="http://notesdejazz.unblog.fr/files/2011/04/thewayyoulooktonight.pdf" id="p230"><img border="0" src="http://notesdejazz.unblog.fr/wp-includes/images/pdf.png" align="absMiddle" alt=""The way you look tonight" ou photographie, littérature et musique quand elles sont indissociables dans littérature pdf" /> thewayyoulooktonight.pdf</a></font></u></p>
<p><u><font color="#0066cc"></font></u></p>
<p><font color="#000000">si vous souhaitez acquérir ce livre vous pouvez le faire (presque) d&rsquo;un seul clic: <a target="_blank" href="http://fr.blurb.com/bookstore/detail/2077836"><font color="#0066cc">http://fr.blurb.com/bookstore/detail/2077836</font></a><br />
</font></p>
<p><em><font color="#000000">Il est sans doute inutile de préciser que les illustrations de l&rsquo;article de ce blog ne sont pas d&rsquo;Yves Dorison.</font></em></p>
<p><em>Mais il s&rsquo;agit bien, avec le lien ci-dessous, de &laquo;&nbsp;The way you look tonight&nbsp;&raquo;:</em></p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Compilation/Cabu-Jazz-Masters---Une-Anthologie-1952---1955-0884463095595.html?play=03">http://www.musicme.com/Compilation/Cabu-Jazz-Masters&#8212;Une-Anthologie-1952&#8212;1955-0884463095595.html?play=03</a></p>
<p><em>Vous le trouverez ici, enregistré par Stan Getz.</em></p>
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		<item>
		<title>&#171;&#160;Je te verrai dans mes rêves&#160;&#187; ou le miroir du monde selon Alain Gerber</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Mar 2011 10:41:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est des livres plus étranges que d’autres. Plus étranges parce que plus proches. Non pas de cette « proximité » dont on nous rebat les oreilles pour nous faire croire que l’on pense à nous et que l’on serait à notre service en nous vendant de la poudre de perlimpinpin au prix de l’or noir. Mais [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><font face="Calibri"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/03/articlephoto121103389698410.jpg" class="imagelink" title="articlephoto121103389698410.jpg" rel="lightbox[1690]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/03/untitled2.bmp" alt="untitled2.bmp" /></a></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il est des livres plus étranges que d’autres. Plus étranges parce que plus proches. Non pas de cette « proximité » dont on nous rebat les oreilles pour nous faire croire que l’on pense à nous et que l’on serait à notre service en nous vendant de la poudre de perlimpinpin au prix de l’or noir. Mais plus proches parce qu’ils nous entraînent jusqu’à notre « corps défendant » vers des régions que nous ignorons ou que nous croyons ignorer et qui s’avèrent à la fois fascinantes et dérangeantes. Sans cesse ; tout au long de la lecture. Dérangeantes parce qu’elles ne cessent de provoquer des interrogations auxquelles nous ne pourrons jamais répondre avec certitude. Et, parce qu’en même temps nous sommes attirés irrésistiblement par la « suite », par « ce qui va arriver », par cette « vérité » que nous voulons découvrir, à la ligne suivante, à la page que nous allons immanquablement tourner, au chapitre qui vient et dont le dernier n’a peut-être pas même de terme.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Le dernier livre d’Alain Gerber qui vient de paraître sous le beau titre musical « Je te verrai dans mes rêves » (éditions Fayard) est de ceux-là. Il est de ces livres qu’on ne lâche pas. A moins que ne ce soit le livre lui-même qui, s’attachant à vous ne vous quitte pas. Allons savoir…</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/03/1496010197.jpg" alt="1496010197.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/03/1496010197.jpg" alt="1496010197.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/03/1496010197.jpg" alt="1496010197.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Alain Gerber)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Dans le monde littéraire d’Alain Gerber on connaît les romans, on connaît les vies imaginaires et réelles de musiciens de jazz, on connaît les récits, on connaît les essais. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">« Je te verrai dans mes rêves » est un livre à part dans l’œuvre de cet écrivain. Il ressemble à tous mais il est surtout différent de chacun d’entre eux.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Le film de Woddy Allen « Accords et désaccords » dans lequel Sean Penn interprétait un guitariste de jazz du nom d’Emmet Ray et plus encore ce dernier sont à l’origine de « Je te verrai… ».</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/03/articlephoto121103389698410.jpg" alt="articlephoto121103389698410.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><em><font face="Calibri" size="1">(Woody Allen)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">C’est ainsi que le livre commence à Venise par un entretien entre le cinéaste et l’auteur. Un Woody réel, « plus vrai que nature ». Un Alain tout aussi « réel » mais dont il faut bien se résoudre à penser qu’il est aussi et sans doute d’abord, en cette circonstance, un personnage de fiction.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Voici comment Alain Gerber nous raconte le début de sa quête d’Emmet Ray. Nous savons bien qu’Alain Gerber connaît l’histoire du jazz mieux que le fond de sa poche. Alors, que Woody, cinéaste génial, clarinettiste de jazz à ses heures, mais surtout <i>« l’un de ces heureux menteurs qui disent toujours la vérité »</i> lui parle d’un guitariste « génial » absent de tous les dictionnaires et de (presque ?) toutes les mémoires et le voici parti dans une quête méthodique et acharnée. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Mais est-ce Gerber qui nous raconte ses recherches ? Tout cela est bien sûr inventé, y compris ce Gerber-là, celui qui va de la banlieue de Paname au cœur d’un Etat d’Amérique sorti dont ne sait quelle cinématographie, sur les traces d’Emmet Ray.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/03/imagescaemphlf.jpg" alt="imagescaemphlf.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Emmet Ray ou bien Sean Penn)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Alain Gerber, dans ce dernier opus, s’avère, maître du suspens. Davantage qu’Hitchcock lui-même. Parce que son suspens n’est pas seulement celui qui est animé par cette interrogation récurrente, cette question qui nous taraude indéfiniment : « Qu’est-ce qui va arriver ? », « Que va-t-il donc bien se passer ? », « Le ciel va-t-il, en venant du Japon ou d’ailleurs, nous tomber enfin sur la tête ? ». Parce que le suspens de l’écrivain, celui qui anime cette fois le livre tout entier, c’est celui de savoir si ce qui est dit, écrit, suggéré ou dévoilé, est réel ou non, si cela est vrai ou non.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/03/imagescarjvoxq.jpg" alt="imagescarjvoxq.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il faut être très attentif, l’esprit empreint d’une grande habileté, faire preuve d’une logique que même Sherlock Holmes ne saurait connaître, pour au détour d’une page ou d’une autre, savoir de quoi nous parle le livre : d’un musicien qui a réellement existé ? d’un autre Django en l’occurrence, qui est présent au premier plan quand il ne l’est pas au second mais dont on ne sait plus très bien s’il ne serait pas Emmet Ray lui-même, à moins qu’Emmet ne soit une figure de Django ? d’un cinéaste à Venise ou de son ombre ? d’un écrivain ou de son double ?</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Et le livre lui-même est-il réel ou bien est-il imaginaire ?</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il n’y a pas de réponse à la question. Et c’est bien là le « pire » ! C’est bien là le « coup de force, c’est-à-dire le coup de génie » d’Alain Gerber.</font></p>
<p><i><font face="Calibri">« Suis-je en train d’inventer Emmet Ray à mon tour ? Je suis romancier, pas musicien. Je n’ai pas vécu à Bottelneck. Bottelneck, pas plus que Venise ou Montréal, n’a jamais eu aucune réalité pour moi. Je peux me tromper. Je suis même fait pour ça : broder, divaguer, prendre les vessies pour des lanternes, regarder le monde comme un miroir des livres. » </font></i></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Parce que le monde est un miroir des livres, des fictions et des rêves comme le dit la chanson, et non pas le contraire, ce livre est sans fin. Sans fin, il est peut-être avant toute chose une sorte de réflexion – mais plutôt de fable ou de conte, peut-être de récit – sur ce qu’est la littérature. Sur ce qu’est la réalité, sur ce qu’est l’imaginaire, sur ce qu’est la vie. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/03/untitled.bmp" alt="untitled.bmp" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/03/untitled.bmp" alt="untitled.bmp" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">C’est donc autour de Minuit que l’on devrait trouver ce très beau « Je te verrai dans mes rêves », pierre blanche sur l’itinéraire si fertile d’un écrivain si singulier, pour ne plus jamais pour le lâcher, pour ne plus jamais l’oublier. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Comment oublier cette interrogation qui est l’origine-même du livre ? Comment l’oublier puisqu’elle nous met nous-mêmes en question ?</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">La musique du film</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">  <a href="http://www.musicme.com/Woody-Allen/albums/Accords-Et-Desaccords-sweet-And-Lowdown-bof-5099749750227.html?play=01">http://www.musicme.com/Woody-Allen/albums/Accords-Et-Desaccords-sweet-And-Lowdown-bof-5099749750227.html?play=01</a></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">et par la sublime Anita O&rsquo;Day</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/03/untitled1.bmp" alt="untitled1.bmp" /></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.musicme.com/Anita-O%27day/albums/The-Very-Best-Of-Anita-O%27day-3661585696735.html?play=01">http://www.musicme.com/Anita-O%27day/albums/The-Very-Best-Of-Anita-O%27day-3661585696735.html?play=01</a></p>
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		<title>L&#8217;amour caché ou le retour d&#8217;Orphée</title>
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		<pubDate>Sun, 30 Jan 2011 10:17:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[mythologies]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[C’était un mystère. Ca l’est sans doute encore aujourd&#8217;hui, sous le soleil ou sous le ciel bas. Le mystère d’Orphée c’est celui de son retour du Léthè, tenant la main d’Eurydice qui le suit. Les amants reviennent à la lumière. Mais Orphée n’ignore rien de ce que la lumière montre. Il sait que la lumière [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Calibri"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/orpheeeteurydice2468.jpg" class="imagelink" title="orpheeeteurydice2468.jpg" rel="lightbox[1676]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/orpheeeteurydice1975imagearticlepaysagenew1.jpg" class="imagelink" title="orpheeeteurydice1975imagearticlepaysagenew1.jpg" rel="lightbox[1676]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/orpheeeteurydice1.jpg" class="imagelink" title="orpheeeteurydice1.jpg" rel="lightbox[1676]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/image.jpg" class="imagelink" title="image.jpg" rel="lightbox[1676]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/untitled1.bmp" class="imagelink" title="untitled1.bmp" rel="lightbox[1676]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/orphee1950dvdr2.jpg" class="imagelink" title="orphee1950dvdr2.jpg" rel="lightbox[1676]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/orphee1950dvdr2.jpg" alt="orphee1950dvdr2.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">C’était un mystère. Ca l’est sans doute encore aujourd&rsquo;hui, sous le soleil ou sous le ciel bas.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Le mystère d’Orphée c’est celui de son retour du Léthè, tenant la main d’Eurydice qui le suit. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/image098.jpg" alt="image098.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Les amants reviennent à la lumière.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Mais Orphée n’ignore rien de ce que la lumière montre. Il sait que la lumière dévoile bien des choses. Il sait que pour ce faire, la lumière doit anéantir tout ce qui se dissimule. Il sait que la lumière peut détruire ce qui, pour être, ne doit pas se montrer. Orphée sait, mieux que tout autre, peut-être parce qu’il a « inventé » la musique, que ce qui est invisible ne doit pas se soumettre aux lois de la lumière.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/orphe1.jpg" alt="orphe1.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Orphée et Eurydice sont amants. La mort semble les avoir séparés.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Mais Orphée retrouve Eurydice.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Eurydice est vivante, avec Orphée, en lui, grâce à lui. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Eurydice est toujours vivante.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/orpheeeteurydice2468.jpg" alt="orpheeeteurydice2468.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">La menace est claire cependant : si Orphée regarde Eurydice, elle retournera au Léthè.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Orphée a compris. Au cours de son voyage, du voyage de retour des enfers, il sait désormais que contre to</font><font face="Calibri">ute apparence, contre la menace, contre le sens du commun des mortels il doit se retourner et regarder son amour.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/orpheeeteurydice1975imagearticlepaysagenew1.jpg" alt="orpheeeteurydice1975imagearticlepaysagenew1.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Car son amour doit être caché, il doit demeurer invisible.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Orphée dit : « Seul ce qui ne se voit pas, est. »</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">La présence d’Eurydice est bien plus intense et elle n’est réelle que dans cette mesure où, aux yeux des mortels, aux regards apeurés de ceux qui craignent la mort, elle, Eurydice, n’est plus de ce monde.</font></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/orpheeeteurydice1.jpg" alt="orpheeeteurydice1.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">L’amour d’Orphée et celui d’Eurydice n’est pas de ce monde. Il n’est pas dans la lumière qui éclaire les choses. Il est caché dans le cœur des amants. Il ne faut pas que les vivants le voient pour qu’il soit cet amour éternel qu’Orphée et Eurydice se portent depuis toujours. il est comme un secret : un mystère.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/image.jpg" alt="image.jpg" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">L’amour ne peut cesser, sauf à se réaliser dans la lumière des choses, c’est pourquoi Orphée n’a pas hésité, il s’est retourné pour voir Eurydice pour la première fois, pour l’emporter avec lui, pour ne plus la quitter, pour lui donner sa vie et partager la sienne.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Seuls les amants ont ce pouvoir. Parce que leur amour, l’amour, est impossible.<img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/untitled1.bmp" alt="untitled1.bmp" width="400" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Parce que c’est seulement ainsi, parce qu’il est impossible que l’amour est infini, absolu, indestructible.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Mais ce « mystère », souvent nous ne le voyons pas…</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Et qui oserait penser qu’Orphée serait assez sot ou qu’alors il serait étourdi, au point de se retourner, comme cela, sans en avoir la volonté ? </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/orpheeeurydice.jpg" alt="orpheeeurydice.jpg" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">C’est parce que l’amour le guide qu’Orphée veut revoir Eurydice, non pour la dernière fois, mais pour toujours. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Les amants sont toujours vivants sous le regard des dieux.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2011/01/orpheelyre2.jpg" alt="orpheelyre2.jpg" /></p>
<p><font face="Calibri"></font></p>
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		<title>&#171;&#160;Je regarde la terre&#8230;&#160;&#187; avec Philippe Jaccottet</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Dec 2010 16:26:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[Je regarde la terre. Parfois pour une fleur épanouie dans une certaine lumière, pour un peu d’eau laissée par la pluie dans un champ, on dirait qu’elle s’ouvre et qu’elle nous dit : « Entre. » L’image cache le réel, distrait le regard, et quelques fois d’autant plus qu’elle est plus précise, plus séduisante pour [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/12/anniversairesalexetmlaure2010028.jpg" class="imagelink" title="anniversairesalexetmlaure2010028.jpg" rel="lightbox[1669]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/12/anniversairesalexetmlaure2010033.jpg" class="imagelink" title="anniversairesalexetmlaure2010033.jpg" rel="lightbox[1669]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/12/anniversairesalexetmlaure2010039.jpg" class="imagelink" title="anniversairesalexetmlaure2010039.jpg" rel="lightbox[1669]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/12/anniversairesalexetmlaure2010036.jpg" class="imagelink" title="anniversairesalexetmlaure2010036.jpg" rel="lightbox[1669]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/12/anniversairesalexetmlaure2010035.jpg" class="imagelink" title="anniversairesalexetmlaure2010035.jpg" rel="lightbox[1669]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/12/anniversairesalexetmlaure2010035.jpg" alt="anniversairesalexetmlaure2010035.jpg" width="400" /></a></em></p>
<p><em>Je regarde la terre. Parfois pour une fleur épanouie dans une certaine lumière, pour un peu d’eau laissée par la pluie dans un champ, on dirait qu’elle s’ouvre et qu’elle nous dit : « Entre. »</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/12/anniversairesalexetmlaure2010028.jpg" alt="anniversairesalexetmlaure2010028.jpg" width="400" /></p>
<p><em><br />
L’image cache le réel, distrait le regard, et quelques fois d’autant plus qu’elle est plus précise, plus séduisante pour l’un ou l’autre de nos sens et pour la rêverie… il faut seulement dire les choses, seulement les situer, seulement les laisser paraître. Mais quel mot, tout d’abord, dira la sorte de sons que j’écoute, que je n’ai même pas écoutés tout de suite, qui m’ont saisi alors que je marchais ?<br />
Qu’est-ce donc que j’aurais voulu dire ? L’émotion (exaltante, purifiante, pénétrant au plus profond) d’entendre, me trouvant au-dessus d’une vaste étendue de terre, de bois, de roche et d’air, les voix d’oiseaux invisibles suspendues en divers points de cette étendue, dans la lumière. Il ne s’agit pas d’un exercice de poésie. Je voudrais comprendre cette espèce de parole. Après quoi (ou même sans l’avoir comprise, ce qui vaudrait peut-être mieux), je serais heureux de la faire rayonner ailleurs, plus loin. Je cherche des mots assez transparents pour ne pas l’offusquer. Je sais par expérience (mais le devinerais aussi bien sans cela) que j’ai touché maintenant cette immédiateté qui est aussi la plus profonde profondeur, cette fragilité qui est la force durable, cette beauté qui ne doit pas être différente de la vérité.</p>
<p></em><em> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/12/anniversairesalexetmlaure2010033.jpg" alt="anniversairesalexetmlaure2010033.jpg" width="400" /><br />
Du plus visible, il faut aller maintenant vers le moins en moins visible, qui est aussi le plus révélateur et le plus vrai.<br />
L’immédiat : c’est à cela décidément que je m’en tiens, comme à la seule leçon qui ait réussi, dans ma vie, à résister au doute, car ce qui me fut ainsi donné tout de suite n’a pas cessé de me revenir plus tard, non pas comme une répétition superflue, mais comme une insistance toujours aussi vive et décisive, comme une découverte chaque fois surprenante… Aucune vérité vivante ne peut se réduire à une formule… et l’on finit par penser que toues les choses essentielles ne peuvent être abordées qu’avec des détours, ou obliquement, presque à la dérobée. Elles-mêmes, d’une certaine façon, se dérobent toujours. Même qui sait ? à la mort.</em><em> </em><em><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/12/anniversairesalexetmlaure2010039.jpg" alt="anniversairesalexetmlaure2010039.jpg" width="400" /></p>
<p>Ces paroles n’impliquent aucun commentaire.<br />
Elles sont extraites d’un recueil du poète suisse Philippe Jaccottet, également traducteur d’Homère, Shakespeare, Gongora, Hölderlin, Rilke, Musil ou encore Ungaretti.<br />
Ce recueil s’intitule « Paysages avec figures absentes » (Poésie/Gallimard)</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/12/anniversairesalexetmlaure2010036.jpg" alt="anniversairesalexetmlaure2010036.jpg" width="400" /></p>
<p></em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>&#171;&#160;Dernières nouvelles du jazz&#160;&#187; par Jacques Aboucaya: l&#8217;actualité imaginaire</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Nov 2010 11:08:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Il n’est jamais trop tard non seulement pour bien faire mais il n’est jamais trop tard pour s’informer des « Dernières nouvelles du jazz ». C’est sous ce titre que Jacques Aboucaya que l’on connaît comme l’un des meilleurs commentateurs de l’actualité du jazz dans « Jazz Magazine », que l’on connaît aussi comme l’un des meilleurs connaisseurs ( [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><i><span></span></i></p>
<p><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il n’est jamais trop tard non seulement pour bien faire mais il n’est jamais trop tard pour s’informer des « Dernières nouvelles du jazz ». </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">C’est sous ce titre que Jacques Aboucaya que l’on connaît comme l’un des meilleurs commentateurs de l’actualité du jazz dans « Jazz Magazine », que l’on connaît aussi comme l’un des meilleurs connaisseurs ( « des meilleurs » et surtout « des plus compétents ») des différentes et nombreuses facettes de cette musique (il écrit dans les excellents « Cahiers du jazz » de Lucien Malson), Jacques Aboucaya a publié en 2005 son dernier livre aux éditions de L’âge d’homme.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/11/jacquouzoom.jpg" alt="jacquouzoom.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il faut avec avidité s’engouffrer dans ces différentes nouvelles qui sont d’une actualité brûlante, c’est-à-dire toute imaginaire. Les « nouvelles », on l’aura compris, ont ici deux sens. Celui de la forme littéraire, celui de l’information. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ce qui nous montre, ici aussi, que l’invention – parfois la plus insolite, la plus « débridée » &#8211; peut nous en apprendre autant qu’une dépêche « urgente » de la plus réactive des agences de presse.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il y a ici douze nouvelles qui sont autant de petits et grands bonheurs. Avec du rire, des larmes, de l’ironie, du suspense, des musiciens de jazz, des vrais et tous les autres qui sont presque aussi nombreux, sinon davantage, le mont Canigou, des critiques de jazz ou des critiques tout court, des hommes, des femmes, bref, avec tout ce qui fait le bric-à-brac de la vie quotidienne ou de la vie exceptionnelle qu’est celle des musiciens.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/11/johnnyhodges681.jpg" alt="johnnyhodges681.jpg" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><em><font face="Calibri" size="1">(Johnny Hodges &laquo;&nbsp;The Rabbit&nbsp;&raquo;)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ça commence par un grand éclat de rire. La « chute » de la première des dernières nouvelles du jazz – « chute » qui est comme le dénouement d’un film d’Hitchcock, qu’on ne peut, qu’on ne saurait dévoiler – ne fait pas sourire. Elle provoque un rire « à haute voix » irrépressible. Il y a là un oiseau qui s’appelle « Lapin » : ça promet. Et la promesse est tenue. Bien sûr il y a l’ombre du saxophoniste Johnny Hodges qui avait pour surnom « Rabbit ». Mais il y a surtout… NON : allez donc y voir !</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/11/p00578rnc1j.vignette.jpg" alt="p00578rnc1j.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/11/p00578rnc1j.vignette.jpg" alt="p00578rnc1j.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/11/p00578rnc1j.vignette.jpg" alt="p00578rnc1j.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/11/p00578rnc1j.vignette.jpg" alt="p00578rnc1j.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/11/p00578rnc1j.vignette.jpg" alt="p00578rnc1j.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Johnny Hodges toujours)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ça continue par une autre nouvelle qui est à l’opposé de celle-ci tant elle est empreinte d’une émotion tragique, de destins irrémédiables. Elle est en quelque sorte dédiée à l’immense saxophoniste Albert Ayler disparu à l’âge de trente-quatre ans.</font></p>
<p><i><font face="Calibri">« Il sourit tristement. Jane voudrait le consoler, lui dire qu’elle a entendu, elle, le message. Que sa vie en a été changée, là, dans l’instant. Que tout a basculé de façon irrémédiable, et qu’importe si les autres… » </font></i></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Et, quelques lignes plus loin, à peine :</font></p>
<p><i><font face="Calibri">« …Quand, le 27 novembre au matin, le médecin légiste examina Jane qui venait juste d’être retirée du bassin, il fut frappé par la sérénité qui émanait de son visage aux traits enfantins. »</font></i></p>
<p> </p>
<p> <i><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/11/albertayler.jpg" alt="albertayler.jpg" /></font></i></p>
<p><em><font face="Calibri" size="1">(Albert Ayler)</font></em></p>
<p><i><font face="Calibri"></font></i></p>
<p><i><font face="Calibri"></font></i></p>
<p><i><font face="Calibri"><font face="Calibri"></font></font></i><i><font face="Calibri"><font face="Calibri">Quand on est capable d’écrire cela, de façon aussi concise, aussi simple à la fois et aussi intense, c’est que l’on sait au plus profond de soi ce qu’est la douleur, ce qu’est l’intelligence du monde et du cœur, ce qu’est la vie quand elle bat vraiment à chaque instant.</font></font></i></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Quand on est capable de dire cela, de cette façon, émouvante et juste, c’est que l’on écrit avec talent. « Avec talent », ce qui veut dire, non pas avec une sorte de savoir-faire qui permettrait plus ou moins de se défaire de tous les pièges soi-disant tendus par l’écriture, mais en étant capable de faire ressentir ce que l’on ressent soi-même et sans doute ce que l’on est soi-même.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il reste donc dix autres « nouvelles » qui nous « embarquent » toutes avec bonheur. Elles sont sarcastiques, ironiques, drôles encore ou passionnées presque toujours. Ne tardons pas à les découvrir, même si elles sont intemporelles, au-dessus, au-delà du temps qui passe.</font></p>
<p><font face="Calibri">Pour finir, un peu de la musique de Johnny Hodges et de celle d&rsquo;Albert Ayler:</font></p>
<p><font face="Calibri"><u><font color="#0066cc"><a href="http://www.musicme.com/Johnny-Hodges/albums/Everybody-Knows-0602465445220.html?play=01">http://www.musicme.com/Johnny-Hodges/albums/Everybody-Knows-0602465445220.html?play=01</a></font></u></font></p>
<p><u><font face="Calibri" color="#0066cc"></font></u></p>
<p><font face="Calibri"><u><font color="#0066cc"><a href="http://www.musicme.com/Albert-Ayler/albums/Music-Is-The-Healing-Force-Of-The-Universe-0044006538327.html?play=01">http://www.musicme.com/Albert-Ayler/albums/Music-Is-The-Healing-Force-Of-The-Universe-0044006538327.html?play=01</a></font></u><a href="http://www.deezer.com/null?provider=website"></a></font></p>
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		<item>
		<title>Patti Smith: ce qui ne meurt jamais</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Oct 2010 16:47:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>

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		<description><![CDATA[« Je dormais lorsqu’il est mort. J’avais appelé l’hôpital pour dire bonne nuit une dernière fois, mais il avait sombré, sous des couches de morphine. , J’ai pressé le récepteur contre mon oreille pour écouter sa respiration laborieuse à travers le téléphone, sachant que je ne l’entendrais plus jamais. Ensuite, j’ai rangé mes affaires avec calme.  Il [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Calibri"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/untitled.bmp" class="imagelink" title="untitled.bmp" rel="lightbox[1654]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/pattismithrobertmapplethorpe.jpg" class="imagelink" title="pattismithrobertmapplethorpe.jpg" rel="lightbox[1654]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/artsjustkids584.jpg" class="imagelink" title="artsjustkids584.jpg" rel="lightbox[1654]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/robertmapplethorpe31.jpg" class="imagelink" title="robertmapplethorpe31.jpg" rel="lightbox[1654]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/2eobcra.jpg" class="imagelink" title="2eobcra.jpg" rel="lightbox[1654]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/tumblrkoqmjtqrlc1qzhv3io1400.jpg" alt="tumblrkoqmjtqrlc1qzhv3io1400.jpg" /></a></font></p>
<p><font face="Calibri"></font></p>
<p><i><font face="Calibri">« Je dormais lorsqu’il est mort. J’avais appelé l’hôpital pour dire bonne nuit une dernière fois, mais il avait sombré, sous des couches de morphine. , J’ai pressé le récepteur contre mon oreille pour écouter sa respiration laborieuse à travers le téléphone, sachant que je ne l’entendrais plus jamais. </font></i><i><font face="Calibri"><i><font face="Calibri">Ensuite, j’ai rangé mes affaires avec calme. </font></i></font></i><i><font face="Calibri"> </font></i><i><font face="Calibri">Il est toujours vivant ai-je murmuré, je me rappelle. Je me suis endormie. </font></i><i><font face="Calibri"><i><font face="Calibri">Je me suis réveillée tôt et, en descendant l’escalier, j’ai su qu’il était mort…C’était une froide matinée de mars, j’ai mis mon pull. </font></i></font></i><i><font face="Calibri"><i><font face="Calibri">J’ai levé les stores et la lumière du jour a inondé le bureau… »</font></i></font></i></p>
<p><i><font face="Calibri"> <i><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/untitled.bmp" alt="untitled.bmp" width="400" /><i><font face="Calibri"></font></i></font></i><i><font face="Calibri"> </font></i></font></i></p>
<p><i><font face="Calibri"><i><font face="Calibri">« Nous nous sommes dit adieu et j’ai quitté sa chambre. Mais quelque chose m’a fait revenir sur mes pas. Il avait sombré dans un sommeil léger. Je l’ai regardé tout un moment. Tellement paisible, comme un très vieil enfant. Il a ouvert les yeux et souri : « Déjà de retour ? ». Puis il s’est endormi. </font></i><i><font face="Calibri"><i><font face="Calibri">Ainsi ma dernière image fut-elle semblable à la première. Un jeune homme endormi, baigné de lumière, qui ouvrait les yeux avec un sourire de reconnaissance pour celle qui n’avait jamais été une inconnue. »</font></i></font></i></font></i></p>
<p> </p>
<p><i><font face="Calibri"><i><font face="Calibri"></font></i></font></i></p>
<p><i><font face="Calibri"><i><font face="Calibri"><i><font face="Calibri"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/robertmapplethorpe31.vignette.jpg" alt="robertmapplethorpe31.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/robertmapplethorpe31.vignette.jpg" alt="robertmapplethorpe31.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/robertmapplethorpe31.vignette.jpg" alt="robertmapplethorpe31.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/robertmapplethorpe31.vignette.jpg" alt="robertmapplethorpe31.jpg" /></font></i></font></i></font></i></p>
<p><i><font face="Calibri"><i><font face="Calibri"></font></i><i><font face="Calibri"><font size="1">(photographie Robert Mappelthorpe)</font></font></i></font></i></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ces deux paragraphes ouvrent et concluent le livre de la chanteuse, performeuse et plasticienne Patti Smith qui est aussi un magnifique écrivain. (C’est le deuxième article que « L’Instant » lui consacre). Ce livre vient de paraître aux éditions Denoël. Il s’intitule « Just Kids ». Il raconte avec tendresse, discrétion et passion son amour pour Robert Mappelthorpe.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/2eobcra.vignette.jpg" alt="2eobcra.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/2eobcra.vignette.jpg" alt="2eobcra.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/2eobcra.vignette.jpg" alt="2eobcra.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/2eobcra.vignette.jpg" alt="2eobcra.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/2eobcra.vignette.jpg" alt="2eobcra.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ce livre raconte toute la vie de deux jeunes gens qui ne voient pas le monde comme tout le monde, qui ne le voient que par leurs regards réciproques.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/pattismithrobertmapplethorpe.jpg" alt="pattismithrobertmapplethorpe.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Au-delà (à moins qu’il vaille mieux écrire « en-deçà ») ce que </font><font face="Calibri">dit ce livre, ce que dit Patti Smith, ce que nous dit la vie de Patti Smith et celle de Robert Mappelthorpe, c’est que l’amour est bien la chose en ce monde (à moins que ça ne soit qu’en nous) qui soit capable de durer. Et même qui ne puisse être qu’ainsi.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/mapplpt.vignette.jpg" alt="mapplpt.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/mapplpt.vignette.jpg" alt="mapplpt.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/mapplpt.vignette.jpg" alt="mapplpt.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/mapplpt.vignette.jpg" alt="mapplpt.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(photographie Robert Mappelthorpe)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">On croit si souvent que l’amour est passager. On croit si souvent que l’amour vient et s’en va et qu’une de perdue c’est dix… ce qui, probablement devrait être vrai dans le sens inverse des sexes… si l’on peut ainsi s’exprimer. On croit cela et l’on se trompe absolument.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">La lecture de « Just Kids » nous dit tout ce qu’il y a dans une vie qui en croise une autre, dans deux vies qui s’enlacent : plus rien de tout cela ne peut plus alors s’effacer. Et rien de cela ne meurt jamais.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ni même la musique: <a href="http://www.musicme.com/Patti-Smith/albums/Easter-0078221882620.html?play=01">http://www.musicme.com/Patti-Smith/albums/Easter-0078221882620.html?play=01</a></font></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/10/artsjustkids584.jpg" alt="artsjustkids584.jpg" width="400" /></p>
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		<item>
		<title>La contre-rentrée littéraire: trois oubliés&#8230;</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/09/18/la-contre-rentree-litteraire-trois-oublies/</link>
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		<pubDate>Sat, 18 Sep 2010 14:07:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette année &#8211; c&#8217;est la deuxième pour &#171;&#160;L&#8217;Instant&#160;&#187; &#8211; la rentrée littéraire est une sorte de &#171;&#160;contre-rentrée&#160;&#187;, une rentrée à rebours en quelque sorte. Mais pourtant, d&#8217;une manière particulière. Parce que le sujet en est un livre de la &#171;&#160;rentrée&#160;&#187;: celui de Michaël Ferrier, &#171;&#160;Sympathie pour le fantôme&#160;&#187;. Mais si &#171;&#160;L&#8217;Instant&#160;&#187; a retenu ce livre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/309.jpg" class="imagelink" title="309.jpg" rel="lightbox[1641]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/305.jpg" class="imagelink" title="305.jpg" rel="lightbox[1641]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/vollard02.jpg" class="imagelink" title="vollard02.jpg" rel="lightbox[1641]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/379jeanneduval.gif" class="imagelink" title="379jeanneduval.gif" rel="lightbox[1641]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/vollard.jpg" class="imagelink" title="vollard.jpg" rel="lightbox[1641]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/254.jpg" class="imagelink" title="254.jpg" rel="lightbox[1641]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/banvan2.jpg" class="imagelink" title="banvan2.jpg" rel="lightbox[1641]"></a>Cette année &#8211; c&rsquo;est la deuxième pour &laquo;&nbsp;L&rsquo;Instant&nbsp;&raquo; &#8211; la rentrée littéraire est une sorte de &laquo;&nbsp;contre-rentrée&nbsp;&raquo;, une rentrée à rebours en quelque sorte.</strong></em></p>
<p><em><strong>Mais pourtant, d&rsquo;une manière particulière. Parce que le sujet en est un livre de la &laquo;&nbsp;rentrée&nbsp;&raquo;: celui de Michaël Ferrier, &laquo;&nbsp;Sympathie pour le fantôme&nbsp;&raquo;.</strong></em></p>
<p><em><strong>Mais si &laquo;&nbsp;L&rsquo;Instant&nbsp;&raquo; a retenu ce livre c&rsquo;est qu&rsquo;il va à l&rsquo;encontre des idées reçues et qu&rsquo;il le fait ouvertement en reprenant à sa façon le cours de l&rsquo;Histoire en nous racontant celle de trois personnages &laquo;&nbsp;oubliés&nbsp;&raquo;.</strong></em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/9782070130047.vignette.jpg" alt="9782070130047.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/9782070130047.vignette.jpg" alt="9782070130047.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/9782070130047.vignette.jpg" alt="9782070130047.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/9782070130047.vignette.jpg" alt="9782070130047.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/9782070130047.vignette.jpg" alt="9782070130047.jpg" /></p>
<p><span>C’est à la littérature, au roman, à celui qui n’est pas toujours « romanesque », d’écrire l’Histoire. C’est ainsi que les histoires et les fictions, les réalités oubliées et enfouies comme au-delà de la mémoire, peuvent nous en dire bien plus sur nous-mêmes que les manuels des collèges, des lycées et même que les cours de l’Université. </span><span><span>C’est ce que nous dit avec un grand talent d’écriture et encore davantage une intense lucidité dans sa conception de l’histoire de notre monde, le roman de Michaël Ferrier « Sympathie pour le fantôme » qui vient de paraître aux éditions Gallimard (collection « L’infini »). </span></span><span><span><span> </span></span></span></p>
<p><span><span><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/309.jpg" alt="309.jpg" width="400" /></span></span></span></p>
<p><span><span><span><em><font size="1">(Vue sur l&rsquo;Océan indien depuis le Piton Maïdo, La Réunion)</font></em></span></span></span></p>
<p><span><span><span></span></span></span></p>
<p><span><span><span></span>Il le fait en mettant en scène trois « figures » qui furent bien réelles, mais qui n’ont à peu près aucune place dans l’Histoire telle qu’on l’enseigne et telle donc que nous l’avons généralement apprise. Et il s’avère que ces trois figures sont toutes originaires de l’île de La Réunion, une petite terre de France, loin dans l’hémisphère sud à côté de Madagascar : le marchand de tableaux Ambroise Vollard, Jeanne Duval qui inspira Baudelaire et enfin Edmond Albius, le petit esclave de la ville de Sainte-Suzanne qui inventa la fertilisation artificielle de la vanille à l’origine de si grandes fortunes. </span><span><span>Michaël Ferrier nous dit à leur sujet : <i>« on les a gommés de l’Histoire, ces gens, on les a relégués dans les cales, il faut que je les sorte de là. Des fantômes en quelque sorte… Le projet est ardu, à la fois périlleux et pointu : faire apparaître la disparition. Il ne s’agit pas de repentance, mais de remembrance, un beau mot de la langue française, lui aussi oublié. On le trouve dans « La chanson de Roland » ou dans « Le roman de la Rose », pourtant. »</i></span></span></span></p>
<p><span><span><span><em></em></span></span></span></p>
<p><span><span><span> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/305.jpg" alt="305.jpg" width="400" /></span></span></span></p>
<p><span><span><span><em><font size="1">(Le cirque de Mafate, La Réunion)</font></em></span></span></span></p>
<p><span><span><span><em><font size="1"></font></em></span></span></span><span><span></span></span></p>
<p><span><span>Et, un peu plus loin, au début du roman cependant : <em>&laquo;&nbsp;La France donc, voilà le sujet… Non pas ce manuscrit racorni comme une peau de chagrin qu’on veut nous imposer aujourd’hui – flatteur, édulcoré, oublieux, politiquement inepte et esthétiquement périmé – mais un grand livre ouvert, divers, incontrôlable. » </em></span><span><span><em>Il faut savoir pourtant que « Sympathie pour le fantôme » se déroule de nos jours à Tokyo, dans les studios d’une chaîne de télévision et à l’Université : loin de La Réunion.&nbsp;&raquo;</em></span></span></span><span> </span><span><span></span></span><span><em> </em></span></p>
<p><span><em></em></span></p>
<p><span><em><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/mferrier.png" alt="mferrier.png" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/mferrier.png" alt="mferrier.png" /></em></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span></span><span><span></span><span><span></span></span><span><span></span><span><span>Michaël Ferrier connaît bien Tokyo pour y enseigner, comme le personnage principal du roman, la littérature française. Et ce jeune écrivain est proprement fasciné par la capitale de ce qu’on nomme « L’Archipel ». Il dit ainsi à propos de cette ville dont il souligne qu’elle n’en n’est pas une, qu’on ne sait plus comment la définir et comment l’appeler : <i>« Cette espèce d’espace ne commence nulle part et ne finit jamais… Tokyo… a quelque affinité avec le rêve et, plus encore, avec le rébus. C’est la ville la plus poétique du XXI° siècle… ville fantôme, tout en apparitions, en disparitions, rencontres diasporiques. » </i></span></span><span>Les milieux de l’Université japonaise (mais on pourrait à coup sûr se trouver à Paris, à Saint-Germain-des-Prés ou ailleurs en province) et de la télévision (tout autant « universelle » que japonaise ou française) sont peints avec humour et férocité. Avec justesse, avec un œil acéré et drôle à chaque page. </span><span><span>Mais, s’il est souvent très amusant, toujours très « vivant », ce roman est aussi très sérieux. Et il est sérieux quand, précisément, il s’agit de l’Océan Indien et de La Réunion et des trois personnages que le narrateur a choisi, envers et contre tout, pour être le sujet d’une émission de télévision sur l’identité de la France à l’occasion de l’anniversaire – le 150° ! – des amitiés franco-japonaises (qui n’ont pourtant pas été continûment amicales que l’on sache). </span></span><span><span><span> </span></span></span></span></span></p>
<p><span><span><span><span><span></span></span></span></span></span></p>
<p><span><span><span><span><span></span></span></span></span></span></p>
<p><span><span></span><span><span><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/vollard02.vignette.jpg" alt="vollard02.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/vollard02.vignette.jpg" alt="vollard02.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/vollard02.vignette.jpg" alt="vollard02.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/vollard02.vignette.jpg" alt="vollard02.jpg" /></span></span></span></span><span> </span></p>
<p><span><em><font size="1">(Ambroise Vollard, portrait de Picasso)</font></em></span></p>
<p><span></span><span><span><span><span></span>Pour Michaël Ferrier Ambroise Vollard a fait basculer la France dans la modernité de l’art pictural, du XIX° au XX° siècle. Il raconte magnifiquement l’histoire personnelle de ce natif de Saint-Denis qui, le premier, a exposé Cézanne, Van Gogh, Gauguin, Picasso. Et il écrit notamment : <i>« C’est un révélateur… Tout d’un coup il change la manière de percevoir et de présenter. »</i></span></span></span></p>
<p><span><span><span></span></span></span></p>
<p><span><span><span> </span></span></span><span><span><span><em></em></span></span></span><span><span><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/379jeanneduval.gif" alt="379jeanneduval.gif" width="400" /></span></span></span><span> </span></p>
<p><span><em><font size="1">(évocation de Jeanne Duval)</font></em></span></p>
<p><span></span><span><span><span></span><span><span></span></span></span></span><span><span><span><span>Jeanne Duval, la femme si aimée par Baudelaire – plus et plus longtemps…toujours même, que beaucoup d’autres – lui a permis d’épanouir la langue française tout entière. On n’écrit plus, on ne parle plus, on ne pense plus après Baudelaire, comme avant.</span></span></span></span></p>
<p><span><span><span><span></span></span></span></span></p>
<p><span><span><span><span> </span></span></span></span><span><span><span><span> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/cbperjeanneduval1865.jpg" alt="cbperjeanneduval1865.jpg" /></span></span></span></span><span> </span><span><span><span><span></span></span></span></p>
<p></span><span><span><span></span></span></span></p>
<p><span><span><span>Après Jeanne Duval comme avant. <em>« Elle est représentative d’un grand mouvement de fond qui emporte – et aujourd’hui peut-être plus que jamais – la culture française ».</em> </span></span></span></p>
<p><span><span><span></span></span></span></p>
<p><span><span><span></span></span></span><span> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/banvan2.jpg" alt="banvan2.jpg" width="400" /></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span></span><span><span>Et puis il y a <i>« Le marieur de fleurs » </i>: Edmond Albius, le petit esclave de Sainte-Suzanne qui invente la fécondation artificielle de la vanille et qui, après avoir été condamné à cinq années de travaux forcés, mourra en indigent à l’hospice. Sa découverte a pourtant permis d’immenses fortunes. Elle est comme le symbole du changement industriel et commercial, économique pour mieux dire, qui s’opère lui aussi du XIX au XX° siècle et qui fait encore notre quotidien pour une bonne part. <i>« Il n’y a pas seulement les lieux de mémoire, il y a aussi les moments. Celui-ci est fugace, fragile, incertain. Il a marqué sont temps, et continue de parfumer le nôtre », </i>écrit Michaël Ferrier. </span></span></p>
<p><span><span></span></span></p>
<p><span><span></span></span></p>
<p><span><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/254.jpg" alt="254.jpg" width="400" /></span></span><span> </span></p>
<p><span></span><span><span><em><font size="1">(Représentation d&rsquo;une fleur de vanille. Musée de Stella Matutina, Saint-Leu. La Réunion)</font></em></span></span></p>
<p><span><span></span></span><span><span><em><font size="1"></font></em></span></span><span></span><span><span></span></span><span><span></span><span><span>Ces trois parties de « Sympathie pour le fantôme » consacrées à Ambroise Vollard, Jeanne Duval et Edmond Albius sont comme des piliers autour desquels le projet d’une émission de télévision entrain de se faire (ou peut-être de ne pas se faire si le conseiller culturel « officiel » s’opposait à </span></span><span><span>une version aussi iconoclaste de la culture française) nous est raconté avec brio. Comme pour mieux nous faire entendre la voix de ces personnages qui ont marqué notre histoire : leur temps mais aussi le nôtre. Alors qu’ils sont ignorés, niés, déniés, réduits à errer dans leur nuit par l’historiographie courante. Alors que ce sont eux à qui nous devons, à bien des égards, le plus de choses et presque tout ce que nous sommes.</span></span></span></p>
<p><span><span><span></span></span></span></p>
<p><span><span><span></span></span></span><span><span><span></span></span></span></p>
<p><span><span><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/edmondalbius.jpg" alt="edmondalbius.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/edmondalbius.jpg" alt="edmondalbius.jpg" /></span></span></span><span> </span><span><span><span><em><font size="1">(Edmond Albius)</font></em></span></span></p>
<p></span><span><span></span></span></p>
<p><span><span></span></span><span><span></span></span></p>
<p><span><span>On ne sait pas où sont enterrés les fantômes mais <i>« on bea</i></span></span><span><span><i>u ne pas le savoir, leur existence est un triomphe… A les évoquer, les livres soudain sont traversés par le réel le plus vibrant, le plus déchirant, et c’est à eux que les plus beaux romans, même en silence, sont dédiés ». </i>Sans doute parce que, comme le dit toujours Michaël Ferrier : <i>« L’anomalie, l’écart, tous les éléments dits secondaires, les exceptions, les déviances…c’est la culture même. »</i></span></span></p>
<p><span><span></span></span></p>
<p><span><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/vollard.jpg" alt="vollard.jpg" width="400" /></span></span></p>
<p><span><span><em><font size="1">(Ambroise Vollard)</font></em></span></span></p>
<p><span><span></span><span><span></span></span></span></p>
<p><span><span><span>C’est ainsi que sur une petite île, loin de Paris et de sa « m</span></span></span><span><span><span>étropole », sont nés trois personnages essentiels et pourtant presque « inaperçus ». C’est ainsi que l’exception et la singularité réunionnaises ont pu infléchir de façon décisive le destin d’un monde. Parce que, ce qui est aux marges de ce monde, à ses frontières, c’est bien souvent ce qui le marque, le démarque. Et pas nécessairement ce qui est en son centre. En tout cas, si l’on en croit « Sympathie pour le fantôme ». Et si l’on sait qu’<em> « un fantôme est ce qui disparaît mais aussi ce qui apparaît. »</em> </span></span></span><span> </span><span><span></span><span></span><span></span><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"></font></span></span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Lorand Gaspar avec Bill Evans</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Sep 2010 16:07:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[  Au moment où ces quelques mots sont écrits on pense particulièrement à l&#8217;immense pianiste de jazz que fut Bill Evans qui disparu le 15 septembre 1980. Il y a donc trente ans. Qui connaît Bill Evans sait d&#8217;évidence que sa musique nous fait souvent, si ce n&#8217;est toujours (car rien de ce qu&#8217;a joué [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/billevansmilano65.jpg" class="imagelink" title="billevansmilano65.jpg" rel="lightbox[1634]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/billevans.jpg" class="imagelink" title="billevans.jpg" rel="lightbox[1634]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/billevans.jpg" alt="billevans.jpg" width="400" /></a></p>
<p> </p>
<p>Au moment où ces quelques mots sont écrits on pense particulièrement à l&rsquo;immense pianiste de jazz que fut Bill Evans qui disparu le 15 septembre 1980. Il y a donc trente ans.</p>
<p>Qui connaît Bill Evans sait d&rsquo;évidence que sa musique nous fait souvent, si ce n&rsquo;est toujours (car rien de ce qu&rsquo;a joué Bill Evans n&rsquo;est médiocre), apercevoir ce que nous n&rsquo;avions pas encore su imaginer.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/paulbaconbillevanstrioportraitinjazz.vignette.jpg" alt="paulbaconbillevanstrioportraitinjazz.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/paulbaconbillevanstrioportraitinjazz.vignette.jpg" alt="paulbaconbillevanstrioportraitinjazz.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/paulbaconbillevanstrioportraitinjazz.vignette.jpg" alt="paulbaconbillevanstrioportraitinjazz.jpg" /></p>
<p>Ces propos devraient sans doute avoir place dans &laquo;&nbsp;l&rsquo;autre&nbsp;&raquo; blog: <a href="http://www.notesdejazz.unblog.fr/">www.notesdejazz.unblog.fr</a> &#8230;</p>
<p> </p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/lorandmax.jpg" alt="lorandmax.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/lorandmax.jpg" alt="lorandmax.jpg" /></p>
<p>Mais la lecture du dernier recueil de poèmes de Lorand Gaspar &laquo;&nbsp;Derrière le dos de Dieu&nbsp;&raquo; (Gallimard) nous montre de façon si éblouissante, en tout cas si lumineuse, que la littérature et la musique sont proches, pour ne pas dire que l&rsquo;une est aussi bien l&rsquo;autre qu&rsquo;il est apparu &#8211; naïvement sans doute &#8211; que l&rsquo;on pouvait bien faire ce rapprochement:</p>
<p>Lorand Gaspar:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Une musique faite seulement de ce rien qui respire entre contraires entre un battement du coeur et le battement d&rsquo;une aile, la fin et l&rsquo;infini.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Nous n&rsquo;avons que cette musique &#8211; multitude blessante et joyeuse pour toucher le feu qui nous habite.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em></em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/billevansmilano65.jpg" alt="billevansmilano65.jpg" width="400" /></p>
<p><em></em></p>
<p>Bill Evans:</p>
<p><a href="http://www.deezer.com/music/bill-evans/conversations-with-myself-223708?provider=website">http://www.deezer.com/music/bill-evans/conversations-with-myself-223708?provider=website</a></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/billevanstrio2e11.jpg" alt="billevanstrio2e11.jpg" /></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La vérité sur Eros</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jul 2010 06:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[mythologies]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Que savons-nous d’Eros ? Nous croyons savoir beaucoup de choses à propos de cette figure des dieux grecs, de ce qu’elle semble symboliser, signifier peut-être seulement. Parce que toutes et tous nous aimons… Parce que si nous croyons ne pas aimer, eh bien nous nous trompons… C’est cela que nous dit Eros. Eros n’est pas ce [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/cpshrj96301107114255photo01photodefault512x323.jpg" class="imagelink" title="cpshrj96301107114255photo01photodefault512x323.jpg" rel="lightbox[1615]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/aimemoi.jpg" class="imagelink" title="aimemoi.jpg" rel="lightbox[1615]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/janfabrepeutallerserhabillerm20367.jpg" class="imagelink" title="janfabrepeutallerserhabillerm20367.jpg" rel="lightbox[1615]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/erosrodin.jpg" class="imagelink" title="erosrodin.jpg" rel="lightbox[1615]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/zvdj7550.jpg" class="imagelink" title="zvdj7550.jpg" rel="lightbox[1615]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/sashawaltz.jpg" class="imagelink" title="sashawaltz.jpg" rel="lightbox[1615]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/a0953.jpg" class="imagelink" title="a0953.jpg" rel="lightbox[1615]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/a0953.jpg" alt="a0953.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Que savons-nous d’Eros ? </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Nous croyons savoir beaucoup de choses à propos de cette figure des dieux grecs, de ce qu’elle semble symboliser, signifier peut-être seulement.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/16492344jpegpreviewmedium.jpg" alt="16492344jpegpreviewmedium.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/16492344jpegpreviewmedium.jpg" alt="16492344jpegpreviewmedium.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/16492344jpegpreviewmedium.jpg" alt="16492344jpegpreviewmedium.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Parce que toutes et tous nous aimons…</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Parce que si nous croyons ne pas aimer, eh bien nous nous trompons…</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">C’est cela que nous dit Eros.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/eros.gif" alt="eros.gif" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Eros n’est pas ce petit ange impudique que nous voyons souvent dans des représentations antiques ou dans des peintures classiques.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/janfabre.jpg" alt="janfabre.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Eros est un dieu primordial : celui qui créa le monde.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Le désir, l’amour, la « volonté » aussi, sont la vie, l’origine de tout, de tout ce qui est.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Mais l’amour ne se voit pas.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/graziacache.jpg" alt="graziacache.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/graziacache.jpg" alt="graziacache.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il est invisible.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">On dit souvent qu’Eros est aveugle.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">S’il se voit, si on le voit, alors il peut ne pas survenir.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/lhistoiredeslarmes2.bmp" alt="lhistoiredeslarmes2.bmp" /></p>
<p><i><font face="Calibri">Si les fiançailles de Johannes et Cordelia se transforment en mariage, leur amour ne sera pas aussi intense. Søren rompt son lien avec Régine. (1) </font></i></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">De même, la représentation d’Eros le fait fuir : il faut qu’il se dérobe à notre regard. Il se dérobe toujours. Eros est pudique. C’est pourquoi il va nu. Il n’a pas à se cacher : nous ne devons pas le voir. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/principesolitude3.jpg" alt="principesolitude3.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/principesolitude3.jpg" alt="principesolitude3.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Sa nudité, contrairement à nos préjugés, le protège. Comme elle nous protège. Nous pensons l’inverse. A tort.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il arrive que l’imagination nous le révèle <span> </span>et nous avons alors, mystérieusement, souvent besoin d’elle.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/37erosanteros.jpg" alt="37erosanteros.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Parfois nous avons besoin d’images <span> </span>pour aimer Eros lui-même, ce dieu dont les plus vieilles « légendes » disent qu’il a deux sexes.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Nous ne savons pas s’il avait les deux sexes ou deux sexes identiques. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/janfabrepeutallerserhabillerm20367.jpg" alt="janfabrepeutallerserhabillerm20367.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Mais Eros est un ange et comme eux il est doublement sexué. </font></p>
<p><i><font face="Calibri">Ce qui, en passant, met fin ici à une ancienne et archaïque querelle. </font></i><i><font face="Calibri"><font face="Calibri"></font></font></i><i><font face="Calibri"><font face="Calibri"></font></p>
<p></font></i><font face="Calibri"></font></p>
<p><font face="Calibri"></font></p>
<p><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/cpshrj96301107114255photo01photodefault512x323.jpg" alt="cpshrj96301107114255photo01photodefault512x323.jpg" width="400" /></font></p>
<p><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Eros, comme principe, comme élan primordial, est partout.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">L’amour est incessant.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Un amour qui fut est un amour qui est.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/romeoetjuliette.jpg" alt="romeoetjuliette.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Aucune séparation n’est totalement possible.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">L’amour rime avec toujours.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">On n&rsquo;échappe pas à ses flèches, Médée elle-même fut atteinte, en plein coeur, dit le mythe.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/erosrodin.vignette.jpg" alt="erosrodin.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/erosrodin.vignette.jpg" alt="erosrodin.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/erosrodin.vignette.jpg" alt="erosrodin.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/erosrodin.vignette.jpg" alt="erosrodin.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Une partie de l’histoire, des histoires nombreuses et parfois entremêlées des dieux grecs, s’explique par là.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Parce que c’est ainsi que les amours se superposent. Puisque ils ne s’effacent jamais.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">La vérité sur Eros c’est qu’il est la vie, qu’elle ne cesse pas, qu’on ne la voit pas davantage que l’amour lui-même.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/aimemoi.vignette.jpg" alt="aimemoi.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/aimemoi.vignette.jpg" alt="aimemoi.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/aimemoi.vignette.jpg" alt="aimemoi.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/aimemoi.vignette.jpg" alt="aimemoi.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">La vérité sur Eros c’est qu’il est partout et qu’il est secret, qu’il est impossible.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">C’est seulement parce qu’il est secret, tu, caché, inimaginable, invisible donc, qu’Eros est possible.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/sashawaltz.jpg" alt="sashawaltz.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Et cette invisibilité est l’origine même de tout, jusqu’à notre existence.</font></p>
<p><i><font face="Calibri">Il est notre existence même.</font></i></p>
<p><i><font face="Calibri"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/zvdj7550.jpg" alt="zvdj7550.jpg" width="400" /></font></i></p>
<p class="MsoNormal"><span><span><font face="Calibri">(1)</font><span>    </span></span></span><font face="Calibri">Le livre le plus érotique de toute la littérature « contemporaine » n’est ni l’œuvre de Sade, ni celle de Pauline Réage, même pas celle de Georges Bataille, il s’agit du « Journal du séducteur » de Søren Kierkegaard <span> </span>(on peut lire à ce sujet l’un des tous premiers articles, chronologiquement parlant, de ce blog)</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/romeo10.vignette.jpg" alt="romeo10.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/romeoetjuliettepreljocaj.vignette.jpg" alt="romeoetjuliettepreljocaj.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/romeo10.vignette.jpg" alt="romeo10.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/07/romeoetjuliettepreljocaj.vignette.jpg" alt="romeoetjuliettepreljocaj.jpg" /></p>
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		<title>&#171;&#160;Don Quichotte&#160;&#187;: une histoire infinie, impossible.</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 06:00:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>

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		<description><![CDATA[(Katy Acker auteur de &#171;&#160;Don Quichotte&#160;&#187; éditions Laurence Viallet) Il ya du « Don Quichotte » de Cervantès maints commentaires, voire maintes interprétations. De qui constitue l’une des œuvres de fiction les plus passionnantes et les plus géniales de tous les temps, il y a même quelques analyses aussi surprenantes au premier abord que fascinantes. Comme celles [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Calibri" size="1"><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/donquichottebrellhommedelamancha1203780886.jpg" class="imagelink" title="donquichottebrellhommedelamancha1203780886.jpg" rel="lightbox[1605]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/donquichottemilan20062.jpg" class="imagelink" title="donquichottemilan20062.jpg" rel="lightbox[1605]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/whosafraidofkathyackerweb.jpg" class="imagelink" title="whosafraidofkathyackerweb.jpg" rel="lightbox[1605]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/whosafraidofkathyackerweb.jpg" alt="whosafraidofkathyackerweb.jpg" width="400" /></a></em></font></p>
<p><em><font face="Calibri" size="1">(Katy Acker auteur de &laquo;&nbsp;Don Quichotte&nbsp;&raquo; éditions Laurence Viallet)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il ya du « Don Quichotte » de Cervantès maints commentaires, voire maintes interprétations.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">De qui constitue l’une des œuvres de fiction les plus passionnantes et les plus géniales de tous les temps, il y a même quelques analyses aussi surprenantes au premier abord que fascinantes. Comme celles qui en font une sorte de métaphore de l’histoire du peuple juif et de ses croyances.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ce qui est le plus étonnant sans doute, extraordinaire assurément, c’est le caractère infini de l’œuvre. En tout cas, son caractère indéfini, indéfinissable, non fini.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/donquichottebrellhommedelamancha1203780886.jpg" alt="donquichottebrellhommedelamancha1203780886.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">« Quichotte » ne cesse de se poursuivre. Voici un livre qui ne se termine pas par <b><i>« Vale ».</i></b></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">« Don Quichotte » ne se termine pas.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Rares sont les livres qui ne se terminent pas. Il y a bien « L’Odyssée » et quelques très rares autres dont quelques « nouveaux romans » se sont un temps emparés.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Mais tout cela fut, à un degré ou un autre, plus ou moins donc, « exercice de style ».</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/donquichottenoureev.jpg" alt="donquichottenoureev.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/donquichottenoureev.jpg" alt="donquichottenoureev.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Concernant le Quichotte, c’est différent. Car toutes les épreuves qui poursuivent le chemin du chevalier semblent reposer sur le fait que sa propre quête est dès l’origine et par nature quelque chose qui ne peut aboutir. Et qui ne peut donc s’arrêter. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">L’infini du Quichotte c’est encore davantage le fait que le livre semble ne pas commencer et ne pas se clore. Sinon, le début comme la fin, provisoirement.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/mediumborges.jpg" alt="mediumborges.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Jorge-Luis Borges)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">On se rappelle évidemment que le Quichotte fut écrit, réécrit, par Pierre Ménard. Un Pierre Ménard, Nîmois, qui n’existe pas. Mais Don Quichotte existe-t-il ? Et Cervantès ? Et Borgès l’auteur de « Fictions » et de « Pierre Ménard, auteur du Quichotte » ? Ou plutôt ils ne cessent d’exister ; car la fiction demeure même si son sens peut changer dans la course du temps.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/acker.jpg" alt="acker.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Kathy Acker)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Vient de paraître un nouveau « Don Quichotte » signé de Kathy Acker (éditions Laurence Viallet). Cette fois Don Quichotte est une femme… Dans ce livre les citations de Cervantès ( ?) sont nombreuses, cachées ou non. Le livre est le même (comme celui de Ménard) et tout autre, déjanté comme son auteur le fut (Kathy Acker est disparue en 1997, elle avait 55 ans).</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/kathyackerlarge.vignette.jpg" alt="kathyackerlarge.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/kathyackerlarge.vignette.jpg" alt="kathyackerlarge.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/kathyackerlarge.vignette.jpg" alt="kathyackerlarge.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/kathyackerlarge.vignette.jpg" alt="kathyackerlarge.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">« Don Quichotte », le livre, vit toujours sous toutes les formes et dans tous les sens, mêmes les plus incroyables, les plus « impossibles » qui puissent être. Ce « roman » n’est pas une histoire parmi d’autres, mais une sorte d’histoire tellement impossible, inconcevable, qu’elle est la source de toutes les histoires. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Aussi bien de toutes les histoires que de la nôtre, sans doute.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/donquichottemilan20062.jpg" alt="donquichottemilan20062.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal">Don Quichotte est une oeuvre donc éternelle. Donc, pour tous les enfants. Ici avec Jean Topart et Jean-Pierre Cassel. (On peut préférer celle de Gérard Philipe)</p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.musicme.com/Miguel-De-Cervantes/albums/Don-Quichotte-3448960283922.html?play=01">http://www.musicme.com/Miguel-De-Cervantes/albums/Don-Quichotte-3448960283922.html?play=01</a></p>
<p class="MsoNormal">Et un &laquo;&nbsp;petit tour&nbsp;&raquo; par la musique avec José Van Dam. C&rsquo;est ici:</p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.musicme.com/Jose-Van-Dam/albums/Sechs-Monologe-don-Quichotte-quatre-Chansons-le-Bal-Masque-0077775923650.html?play=01">http://www.musicme.com/Jose-Van-Dam/albums/Sechs-Monologe-don-Quichotte-quatre-Chansons-le-Bal-Masque-0077775923650.html?play=01</a></p>
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		<title>Sur une photo de Willy Ronis: &#171;&#160;l&#8217;écrin de la nudité&#160;&#187;</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/06/17/sur-une-photo-de-willy-ronis-lecrin-de-la-nudite/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Jun 2010 06:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>

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		<description><![CDATA[« A la naissance de ce monde-là, l’espace est si transparent que le monde n’y adhère pas. Chaque objet qui s’installe semble une effraction… J’adore la nudité qui est… une opulence à l’envers, mais une opulence sans mesure. »  Ces mots sont signés d’un auteur que « L’instant » a souvent célébré. Ils sont empruntés au livre d’Alain Gerber [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><i><font face="Calibri"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/ronisnu.jpg" class="imagelink" title="ronisnu.jpg" rel="lightbox[1591]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/ronis.jpg" class="imagelink" title="ronis.jpg" rel="lightbox[1591]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/ronis.jpg" alt="ronis.jpg" width="400" /></a></font></i></p>
<p><i><font face="Calibri">« A la naissance de ce monde-là, l’espace est si transparent que le monde n’y adhère pas. Chaque objet qui s’installe semble une effraction… J’adore la nudité qui est… une opulence à l’envers, mais une opulence sans mesure. » </font></i></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ces mots sont signés d’un auteur que « L’instant » a souvent célébré. Ils sont empruntés au livre d’Alain Gerber « Paul Desmond et le côté féminin du monde » (éditions Fayard).</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/651391356x237.vignette.jpg" alt="651391356x237.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/651391356x237.vignette.jpg" alt="651391356x237.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/651391356x237.vignette.jpg" alt="651391356x237.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><font size="1">(Paul Desmond)</font></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Paul Desmond fut le saxophoniste du fameux quartet de jazz du pianiste Dave Brubeck. Il fut le compositeur de l’un des thèmes les plus célèbres que cette musique ait jamais donné. Il est intitulé « Take five ».</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Mais c’est d’un autre musicien, le merveilleux John Lewis. Il fut le pianiste du magnifique Modern Jazz Quartet.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/johnlewis.vignette.jpg" alt="johnlewis.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/johnlewis.vignette.jpg" alt="johnlewis.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/johnlewis.vignette.jpg" alt="johnlewis.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/johnlewis.vignette.jpg" alt="johnlewis.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><font size="1">(John Lewis)</font></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Le texte cité a cependant d’autres vertus que de s’en tenir à la musique d’un musicien de jazz, fut-il l’un des plus brillants.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">La photographie de Willy Ronis qui est ici pourrait être illustrée par les mots d’Alain Gerber.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/ronisnu.jpg" alt="ronisnu.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ceux-ci ont cette pertinence de faire que malgré ce que l’on pense généralement, malgré ce que semble montrer cette image, la nudité ne provient pas d’un dévoilement. Elle ne dit pas cela. Mais bien plutôt l’inverse. Voici la raison pour laquelle elle est le sujet de malentendus.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Comme la vérité, la nudité n’est pas quelque chose qui aurait été caché, puis qui serait apparu au terme d’un procès. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ni la vérité, ni la nudité ne sont « non-cachées ». Pas plus que la musique. Pas plus que la peinture. Pas davantage que la vie. Puisqu’elles sont cette vie-même. Alors, elles sont primordiales.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">En restant en tout point fidèle au texte de « Paul Desmond et le côté féminin du monde », à un moment où c’est Desmond qui parle par l’écriture d’Alain Gerber, il faut ajouter ceci :</font></p>
<p><font face="Calibri">La nudité, dans sa seule existence, dans son seul fait, <i>« loin d’être un obstacle </i>au regard (Desmond/Gerber dit <i>« au </i>lyrisme<i> »</i>) <i>représente ce qui </i>lui <i>donne… en même temps qu’un écrin naturel sans égal, tout son prix. » </i></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Et, surtout :</font></p>
<p><font face="Calibri"><i>« D’une </i>épure<i> </i>Willy Ronis <i>trouve le courage de ne présenter que l’esquisse. Son art est une <b>vaste abstention, où prennent cependant naissance des initiatives cruciales. »</b></i></font></p>
<p> </p>
<p> <strong><em><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/willyronisbn.vignette.jpg" alt="willyronisbn.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/willyronisbn.vignette.jpg" alt="willyronisbn.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/willyronisbn.vignette.jpg" alt="willyronisbn.jpg" /></font><font face="Calibri"> </font><font face="Calibri"><font size="1">(Willy Ronis)</font></font></em></strong><font face="Calibri"><strong><em> </em></strong><font face="Calibri"><strong><em></em></strong></font></font><font face="Calibri">Pour mémoire voici &laquo;&nbsp;Take five&nbsp;&raquo; par le Dave Brubeck quartet</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Dave-Brubeck/albums/Time-Out-5099706512226.html?play=01">http://www.musicme.com/Dave-Brubeck/albums/Time-Out-5099706512226.html?play=01</a></p>
<p>et quelques instants de la musique &laquo;&nbsp;nue&nbsp;&raquo; et si pure, si originelle de John Lewis</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/John-Lewis/albums/Improvised-Meditations-&#038;-Excursions-0081227792268.html?play=01">http://www.musicme.com/John-Lewis/albums/Improvised-Meditations-&#038;-Excursions-0081227792268.html?play=01</a></p>
<p></font></p>
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		<title>Segalen, Tahiti et la mémoire perdue</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/06/10/segalen-tahiti-et-la-memoire-perdue/</link>
		<comments>http://michelarcens.unblog.fr/2010/06/10/segalen-tahiti-et-la-memoire-perdue/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Jun 2010 06:04:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[En 1944, dans un texte intitulé « Funes ou la mémoire » (in « Fictions » éditions Gallimard) l’écrivain argentin Jorge-Luis Borges imagine un personnage doué d’une faculté si vive à tout retenir de ce qu’il voit, perçoit, imagine qu’il ne peut plus penser. Qu’il n’y a plus de place en lui pour la moindre abstraction. « D’un coup d’œil, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Calibri"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/tahiti41.jpg" class="imagelink" title="tahiti41.jpg" rel="lightbox[1575]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/img1492.jpg" class="imagelink" title="img1492.jpg" rel="lightbox[1575]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/tahitietlapolynsiefranaise1.jpg" class="imagelink" title="tahitietlapolynsiefranaise1.jpg" rel="lightbox[1575]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/lesimmemoriaux.jpg" class="imagelink" title="lesimmemoriaux.jpg" rel="lightbox[1575]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/paul20gauguin2020tahitian20landscape.jpg" class="imagelink" title="paul20gauguin2020tahitian20landscape.jpg" rel="lightbox[1575]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/ilestahitimoorea.jpg" class="imagelink" title="ilestahitimoorea.jpg" rel="lightbox[1575]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/ilestahitimoorea.jpg" alt="ilestahitimoorea.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">En 1944, dans un texte intitulé « Funes ou la mémoire » (in « Fictions » éditions Gallimard) l’écrivain argentin Jorge-Luis Borges imagine un personnage doué d’une faculté si vive à tout retenir de ce qu’il voit, perçoit, imagine qu’il ne peut plus penser. Qu’il n’y a plus de place en lui pour la moindre abstraction.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/jorgeluisborges.vignette.jpg" alt="jorgeluisborges.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/jorgeluisborges.vignette.jpg" alt="jorgeluisborges.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/jorgeluisborges.vignette.jpg" alt="jorgeluisborges.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/jorgeluisborges.vignette.jpg" alt="jorgeluisborges.jpg" /></p>
<p><b><i><font face="Calibri">« D’un coup d’œil, nous percevons trois verres sur une table ; Funes, lui, percevait tous les rejets, les grappes et les fruits qui composent une treille… Il pouvait reconstituer tous les rêves, tous les demi-rêves. Deux ou trois fois il avait reconstitué un jour entier ; il n’avait jamais hésité, mais chaque reconstitution avait demandé un jour entier. » </font></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Quarante années plus tôt l’écrivain français Victor Segalen commence à écrire « Les Immémoriaux » qui paraîtront en 1907.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/14217.vignette.jpg" alt="14217.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/14217.vignette.jpg" alt="14217.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/14217.vignette.jpg" alt="14217.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/14217.vignette.jpg" alt="14217.jpg" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il s’agit là d’un des livres, sans doute, les plus importants du XX° siècle.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">« Les Immémoriaux » sont le livre de l’oubli. Rédigé par un navigateur, médecin, poète et penseur. Par lequel on peut aussi découvrir bien d’autres choses comme un autre monde qui nous est encore étranger, la Chine. Avec son roman intitulé « René Leys » à qui un commentateur, historien, universitaire de haut talent Simon Leys emprunta son nom de plume.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">« Les Immémoriaux »racontent de façon très amusante et tragique à la fois (quel est l’écrivain qui comme Segalen peut écrire à la fois une tragédie et une comédie en un seul texte ?) la perte des traditions ancestrales des peuples de Tahiti. Sous le poids des missionnaires. Mais aussi parce que ces Tahitiens eux-mêmes sont empreints d’une culture qui est, en raison même de ses fondements (et surtout pas seulement de son « oralité » comme on l’a dit sottement trop souvent), à même de se laisser submerger.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/img1492.jpg" alt="img1492.jpg" width="400" /></p>
<p><b><i><font face="Calibri">« Ils avaient des dieux fétii, des dieux maoris… Ils avaient des chefs de leur race, de leur taille, ou plus robustes encore ! Ils avaient d’inviolables coutumes : les Tapu qu’on n’enfreignait jamais… C’était la Loi, c’était la Loi ! … Maintenant la loi est faible, les coutumes neuves sont malades qui ne peuvent arrêter ce qu’elles nomment crime, et se contentent de se mettre en colère…après ! Un homme tue : on l’étrangle : la sottise même ! Cela fait-il revivre le massacré ? Deux victimes au lieu d’une seule…Vous aves perdu les mots qui vous armaient… Vous avez oublié tout…et laissé fuir les temps d’autrefois. » </font></i></b></p>
<p><b><i><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/presentation1.jpg" alt="presentation1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/presentation1.jpg" alt="presentation1.jpg" /></font></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ce qui fondait la société polynésienne ça n’était pas une loi rigoureuse, c’était une loi naturelle. C’était une loi qui n’avait jamais séparé ni divisé les hommes, la nature et les dieux. C’était une loi pour laquelle il n’y avait qu’un seul monde.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ca n’est pas qu’une loi, une loi des hommes ou de Dieu, ou aussi de la nature dont la force est parfois ressentie, lorsqu’elle semble « se déchaîner », comme une loi, ça n’est pas qu’une loi soit meilleure qu’une autre. Mais il y a des lois qui s’imposent d’elles-mêmes et il y a des lois qu’il faut sans cesse imposer. Et que l’on peut s’efforcer d’imposer sans cesse et sans cesse : jamais on n’en aura fini. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/tahiti41.jpg" alt="tahiti41.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ca n’est pas la loi que les Polynésiens ont oubliée alors. A moins que « loi » veuille dire « Etre » ou « Vie » ou… y a-t-il un mot pour cela ? Un mot plutôt qu’un autre ?</font></p>
<p><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/sega.jpg" alt="sega.jpg" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il faut rapprocher cette perte de mémoire de la notion de « l’oubli de l’Etre » qui est au centre de la philosophie de Heidegger et frappa en quelque sorte de sa marque le XX° siècle.(1) Pour longtemps encore. Ce qui fit l’ère de la « technique » que, semble-t-il, ni les guerres ni même les paix, ni a fortiori, ni même les murs qui s’écroulent ne peuvent permettre de dépasser.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Quand on a trop de souvenirs comme le Funes de Borges on ne peut plus penser. Mais c’est là une fable que de n’avoir que des souvenirs qui occuperaient toute la place de nos fonctions « cérébrales ».</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/pacifique.png" alt="pacifique.png" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Quand on oublie l’essentiel (dont le « passé » ne doit être perçu que comme une sorte de « figure », d’analogie), quand on oublie ce que nous sommes, quand on oublie le Soi que nous sommes, quand on rejette hors de nous ce qui nous fonde (non pas les traditions de l’histoire d’autrefois mais ce qui nous fonde au plus profond), alors commencent peut-être des « temps de détresse. »</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Une façon d&rsquo;oublier &laquo;&nbsp;l&rsquo;essentiel&nbsp;&raquo; c&rsquo;est d&rsquo;être fasciné par les images. Au point de les croire plus réelles que le réel, plus vivantes que la vie.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Gauguin ne s&rsquo;y est jamais trompé qui a privilégié la vie dans ses tableaux.</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/paul20gauguin2020tahitian20landscape.jpg" alt="paul20gauguin2020tahitian20landscape.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Le 15 octobre 1907, trois semaines après la parution des « Immémoriaux », Victor Segalen écrit un article intitulé « Voix mortes : musiques maories ». Claude Debussy était une sorte d’instigateur de cet article. Le musicien était passionné par les propos de Segalen et il l’avait donc encouragé à publier ses réflexions dans « Le Mercure musical ». </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/mikegilroyvahinemdsep02.jpg" alt="mikegilroyvahinemdsep02.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Segalen affirme que la musique était jadis au cœur de la vie quotidienne des maoris. Sans la moindre distinction entre les spectateurs et les exécutants. Pour Segalen « les hommes blancs » ont tout défiguré, tout faussé et ce qui se subsiste, subsiste au prix du reniement. Les « hyménées » d’aujourd’hui, voire les « ute » sont empreints de la musique religieuse des occidentaux (les premiers missionnaires à Tahiti étaient luthériens).</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/segalen.vignette.jpg" alt="segalen.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/segalen.vignette.jpg" alt="segalen.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/segalen.vignette.jpg" alt="segalen.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/segalen.vignette.jpg" alt="segalen.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Oublier la musique c’est oublier le plaisir. Le plaisir d’être ensemble. Le plaisir d’être soi et d’être soi dans une société. Oublier la musique c’est oublier. C’est oublier le désir. C’est à peu près ce que dit Segalen.</font></p>
<p><b><i><font face="Calibri">« … tous les vivants, sur une île, étaient tous à la fois susceptibles<span>  </span>d’un entrain… » </font></i></b></p>
<p><b><i><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/06/tahitietlapolynsiefranaise1.jpg" alt="tahitietlapolynsiefranaise1.jpg" width="400" /></font></i></b></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Il y a cependant dans la musique polynésienne d’aujourd’hui qui, parfois, cherche à retrouver ses propres origines en tentant de les débarrasser des apports occidentaux ou alors en les assimilant tant qu’à les estomper paradoxalement, il y a à entendre des échos d’autrefois.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Peut-être même à retrouver la mémoire. A ne pas la perdre entièrement.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Ici, quelques versions de chants polynésiens tels qu&rsquo;ils s&rsquo;entendent aujourd&rsquo;hui:</font></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.deezer.com/listen-4956714">http://www.deezer.com/listen-4956714</a></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.deezer.com/listen-5092462">http://www.deezer.com/listen-5092462</a></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.deezer.com/listen-5085231">http://www.deezer.com/listen-5085231</a></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://wwhttp//www.deezer.com/listen-508523">http://wwhttp://www.deezer.com/listen-508523</a></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.deezer.com/listen-5092464">http://www.deezer.com/listen-5092464</a></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.deezer.com/listen-5092466">http://www.deezer.com/listen-5092466</a></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.deezer.com/listen-5092471">http://www.deezer.com/listen-5092471</a></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.deezer.com/listen-5092475">http://www.deezer.com/listen-5092475</a></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.deezer.com/listen-4956721">http://www.deezer.com/listen-4956721</a></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.deezer.com/listen-1360832"></a></p>
<p><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><span><span><font face="Calibri">(1)</font><span>    </span></span></span><font face="Calibri">Je peux imaginer sans peine les critiques qui diront que je « mélange » un peu tout sans discernement. Je n’en suis pas si certain.</font></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Walt Withman: les mots et le sang</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Jun 2010 06:03:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[  UNE A UNE, GOUTTES, TOMBEZ ! Une à une, gouttes, tombez ! en quittant mes veines bleues ! Qui êtes à moi ! une à une, lentement, Candidement, vous saignez, une à une, Des plaies qui vous libèrent de votre prison, De mon visage, de mon front, de mes lèvres, De mon cœur, de la nuit intime où [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/mai2010joretcoquelicotsfleurs022.jpg" class="imagelink" title="mai2010joretcoquelicotsfleurs022.jpg" rel="lightbox[1574]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/mai2010joretcoquelicotsfleurs026.jpg" class="imagelink" title="mai2010joretcoquelicotsfleurs026.jpg" rel="lightbox[1574]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/mai2010joretcoquelicotsfleurs019.jpg" class="imagelink" title="mai2010joretcoquelicotsfleurs019.jpg" rel="lightbox[1574]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/mai2010joretcoquelicotsfleurs021.jpg" class="imagelink" title="mai2010joretcoquelicotsfleurs021.jpg" rel="lightbox[1574]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/mai2010joretcoquelicotsfleurs018.jpg" class="imagelink" title="mai2010joretcoquelicotsfleurs018.jpg" rel="lightbox[1574]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/mai2010joretcoquelicotsfleurs018.jpg" alt="mai2010joretcoquelicotsfleurs018.jpg" width="400" /></a> </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">UNE A UNE, GOUTTES, TOMBEZ !</font></p>
<p><font face="Calibri"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Une à une, gouttes, tombez ! en quittant mes veines bleues !</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Qui êtes à moi ! une à une, lentement,</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Candidement, vous saignez, une à une,</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Des plaies qui vous libèrent de votre prison,</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">De mon visage, de mon front, de mes lèvres,</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">De mon cœur, de la nuit intime où je me cachais, gouttes rouges exprimées, gouttes de confession,</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Maculez une à une mes pages, maculez mes chansons, le moindre mot dit par moi, gouttes sanglantes,</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Apprenez-leur votre chaleur écarlate, votre lueur vermeille,</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Saturez-les de votre grande honte mouillée,</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Rougeoyez sur tous mes écrits passés ou à venir, gouttes qui saignez,</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Calibri">Tout doit être vu à votre lumière, gouttes timides !</font></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/mai2010joretcoquelicotsfleurs021.jpg" alt="mai2010joretcoquelicotsfleurs021.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/mai2010joretcoquelicotsfleurs026.jpg" alt="mai2010joretcoquelicotsfleurs026.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal">Si l&rsquo;on suit l&rsquo;auteur de ce poème, Walt Whitman (1819-1892), il n&rsquo;y a qu&rsquo;un monde dont nous sommes un élément, il n&rsquo;y a qu&rsquo;une nature dont nous sommes entièrement.</p>
<p class="MsoNormal">Et, quand il y a des mots, des choses dites ou écrites, alors elles sont un moment de la vie, écrites avec le sang.</p>
<p class="MsoNormal">Comme les fleurs du printemps sont d&rsquo;autres gouttes de sang&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La Vénitienne ou &#171;&#160;le rêve impossible&#160;&#187; de Vladimir Nobokov</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/05/27/la-venitienne-ou-le-reve-impossible-de-vladimir-nobokov/</link>
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		<pubDate>Thu, 27 May 2010 06:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[« Elle est comme vivante, dit Simpson d’un air songeur. On pourrait croire aux récits mystérieux sur les portraits qui deviennent vivants. J’ai lu quelque part qu’un roi est sorti de sa toile et dès que… Magor se répandit d’un rire doux et cassant.   -  Ce sont des bêtises bien entendu. Mais il existe autre chose, le contraire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Calibri"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/doroteaberlino.jpg" class="imagelink" title="doroteaberlino.jpg" rel="lightbox[1560]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/inspirationcorinnebellet.jpg" class="imagelink" title="inspirationcorinnebellet.jpg" rel="lightbox[1560]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/allegorias4645570inspiration.jpg" class="imagelink" title="allegorias4645570inspiration.jpg" rel="lightbox[1560]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/nabokov.jpg" alt="nabokov.jpg" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/lolita.jpg" class="imagelink" title="lolita.jpg" rel="lightbox[1560]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/nabokovvladimir.jpg" class="imagelink" title="nabokovvladimir.jpg" rel="lightbox[1560]"></a></font></p>
<p><b><i><span><font face="Calibri">« Elle est comme vivante, dit Simpson d’un air songeur. On pourrait croire aux récits mystérieux sur les portraits qui deviennent vivants. J’ai lu quelque part qu’un roi est sorti de sa toile et dès que… </font></span></i></b><b><i><span><font face="Calibri"><b><i><span><font face="Calibri">Magor se répandit d’un rire doux et cassant. </font></span></i></b></font></span></i></b></p>
<p><b><i><span><font face="Calibri"><b><i><span></span></i></b></font></span></i></b><b><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i></b><span><span><font face="Calibri">-</font><span>  </span></span></span><b><i><span><font face="Calibri">Ce sont des bêtises bien entendu. Mais il existe autre chose, le contraire si je puis dire… </font></span></i></b></p>
<p><b><i><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/09/inspirationcorinnebellet.jpg" alt="inspirationcorinnebellet.jpg" width="400" /></span></i></b></p>
<p><b><i><span><font size="1">(&laquo;&nbsp;Inspiration&nbsp;&raquo; dessin de Corinne Bellet, encre et café. Voir le site de C Bellet accessible par la rubrique &laquo;&nbsp;liens&nbsp;&raquo;)</font></span></i></b></p>
<p><b><i><span></span></i></b><b><i><span><font face="Calibri"><b><i><span><font face="Calibri">… Voici ce qui arrive, poursuivit-il sans se hâter ; imaginez qu’au lieu de faire sortir du cadre la figure représentée, quelqu’un réussisse à entrer lui-même dedans. Cela vous fait rire, n’est-ce pas ? Je l’ai fait cependant maintes fois… Je finissais par me décider. Je m’arrachais de la vie et je pénétrais dans le tableau. Sensation merveilleuse ! … Je devenais une partie vivante de l’œuvre et tout prenait vie autour de moi. »</font></span></i></b></font></span></i></b></p>
<p><b><i><span><font face="Calibri"><b><i><span></span></i></b></font></span></i></b></p>
<p><b><i><span><font face="Calibri"><b><i><span> </span></i></b></font></span></i></b><b><i><span><font face="Calibri"><b><i><span><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/doroteaberlino.vignette.jpg" alt="doroteaberlino.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/doroteaberlino.vignette.jpg" alt="doroteaberlino.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/doroteaberlino.vignette.jpg" alt="doroteaberlino.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/doroteaberlino.vignette.jpg" alt="doroteaberlino.jpg" /></font></span></i></b></font></span></i></b><b><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i></b></p>
<p><b><i><span></span></i></b><b><i><span><font face="Calibri"><b><i><span><font face="Calibri"></font></span></i></b><b><i><span><b><span><font face="Calibri">Ajoutons que Maureen, l’un des personnages de la nouvelle de Vladimir Nabokov, ressemble trait pour trait à celui peint par Luciani (dit « del Piombo ») au XVI° siècle, ajoutons…</font></span></b></span></i></b></font></span></i></b><b><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i></b><b><i><span><font face="Calibri"><b><i><span><b><span></span></b></span></i></b></font></span></i></b><b><i><span><font face="Calibri"><b><i><span><b><span> </span></b></span></i></b><b><i><span><b><span><font face="Calibri"></font></span></b></span></i></b></font></span></i></b><b><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i></b></p>
<p><b><i><span></span></i></b><b><i><span><b><span></span></b></span></i></b><b><i><span><b><span><font face="Calibri">Les mystères qui s’emboîtent en quelque sorte les uns dans les autres donnent ainsi une impression d’infini. </font></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span><font face="Calibri">C’est bien sûr tout l’art, l’art de la fiction, de la littérature qui est comme « condensé » dans cette nouvelle. </font></span></b></font></span></b></span></i></b></p>
<p><b><i><span><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b></font></span></b><b><span><font face="Calibri"> </font></span></b></span></i></b><b><i><span></span></i></b><b><i><span><b><span></span></b></span></i></b><b><i><span><b><span><font face="Calibri"></font></span></b></span></i></b><b><i><span><b><span><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/nabokovvladimir.vignette.jpg" alt="nabokovvladimir.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/nabokovvladimir.vignette.jpg" alt="nabokovvladimir.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/nabokovvladimir.vignette.jpg" alt="nabokovvladimir.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/nabokovvladimir.vignette.jpg" alt="nabokovvladimir.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/nabokovvladimir.vignette.jpg" alt="nabokovvladimir.jpg" /></font></span></b></span></i></b><b><i><span> </span></i></b></p>
<p><b><i><span></span></i></b><b><i><span><b><span></span></b></span></i></b><b><i><span><b><span></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span><font face="Calibri">Nabokov est un auteur de « l’impossible ». Il faut non pas imaginer ce qui est possible, ou une possibilité parmi tant d’autres, fut-elle la plus surprenante, pour écrire un roman, il faut imaginer ce qui est hors de toute possibilité. Là aussi est la poésie, la musique et peut-être aussi la philosophie. </font></span></b></font></span></b></span></i></b><b><i><span> </span></i></b></p>
<p><b><i><span></span></i></b><b><i><span><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b></font></span></b></span></i></b><b><i><span><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b></font></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b><b><span><font face="Calibri"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/lolita.vignette.jpg" alt="lolita.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/lolita.vignette.jpg" alt="lolita.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/lolita.vignette.jpg" alt="lolita.jpg" /></font></span></b></font></span></b><b><span><font face="Calibri"> </font></span></b></span></i></b></p>
<p><b><i><span><b><span></span></b></span></i></b><b><i><span></span></i></b><b><i><span><b><span></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b></font></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span><font face="Calibri">« Lolita », « Ada » sont de grands romans : ils nous en disent plus sur nous-mêmes et sur la vie que beaucoup d’autres. <b><span><font face="Calibri">Parce que « l’impossible » en est la source.</font></span></b></font></span></b></font></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span><font face="Calibri"></font></span></b> </font></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span> </span></b></font></span></b></font></span></b><b><span><font face="Calibri"> </font></span></b></span></i></b><b><i><span> </span></i></b></p>
<p><b><i><span></span></i></b></p>
<p><b><i><span></span></i></b><b><i><span><b><span></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b></font></span></b></font></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b><b><span><font face="Calibri"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/piombo15.vignette.jpg" alt="piombo15.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/035.vignette.jpg" alt="035.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/piombo15.vignette.jpg" alt="piombo15.jpg" /></font></span></b></font></span></b><b><span><font face="Calibri"> </font></span></b></font></span></b></span></i></b><b><i><span></span></i></b><b><i><span><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b></font></span></b><b><span><font face="Calibri"></font></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b></font></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><span></span></b><b><span><font face="Calibri"><b><font face="Calibri">NB : « La Vénitienne » peut-être découverte dans les « Nouvelles complètes » qui viennent de paraître dans la collection Quarto (éditions Gallimard) </font></b></font></span></b></font></span></b></font></span></b></span></i></b></p>
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		<title>Lorand Gaspar: l&#8217;approche de la parole</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 06:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[« Ce matin qui vient se poser si frais dans tes yeux  tout pleins encore de fragiles porcelaines  le jour poreux  son long baiser de laine tout ce corps resté pour nuit quelque part. »  (« Connaissance de la lumière » in « Le quatrième état de la matière »)   Ces mots sont ceux du poète, mais aussi du médecin, historien, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><i><span><font face="Calibri"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/portraitscitizen017.jpg" class="imagelink" title="portraitscitizen017.jpg" rel="lightbox[1556]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/mediumnualafenetre3.jpg" class="imagelink" title="mediumnualafenetre3.jpg" rel="lightbox[1556]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/mediumnualafenetre3.jpg" alt="mediumnualafenetre3.jpg" width="400" /></a></font></span></i></strong></p>
<p><strong><i><span><font face="Calibri"></font></span></i></strong></p>
<p><strong><i><span><font face="Calibri">« Ce matin qui vient se poser si frais dans tes yeux </font></span></i><i><span><font face="Calibri"> <i><span><font face="Calibri">tout pleins encore de fragiles porcelaines </font></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i><i><span><font face="Calibri">le jour poreux </font></span></i><i><span><font face="Calibri"> <i><span><font face="Calibri">son long baiser de laine </font></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri">tout ce corps resté pour nuit quelque part. » </font></span></i><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i></font></span></i></strong></p>
<p><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><strong>(« Connaissance de la lumière » in « Le quatrième état de la matière »)</strong></font></span></i></font></span></i></font></span></i></p>
<p><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong></strong></span></i></font></span></i></font></span></i></p>
<p><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span> </span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/2367338838015344872227344836759667045751n.jpg" alt="2367338838015344872227344836759667045751n.jpg" /></font></span></i></font></span></i></p>
<p><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></p>
<p><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"></font></span></i><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><font face="Calibri"></font><span><font face="Calibri">Ces mots sont ceux du poète, mais aussi du médecin, historien, essayiste, traducteur et photographe Lorand Gaspar. </font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">C’est sa parole qui constitue ce nouvel « article » : sa parole suffit, elle se suffit. Et sans doute nous suffit-elle. </font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span></span></font></span><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><span></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span></font></span><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"></font></span></i></strong></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri">« Et si les mots s’avèrent parfois impuissants à communiquer un moment de « vraie vie », à faire partager ce qui est apparu comme une connaissance vive, puissent-ils du moins témoigner d’un immense désir de lumière partageable » </font></span></i><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i></strong></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span></span></i></strong></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri">(« Feuilles d’observation »)</font></span></i></font></span></i></strong></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></font></span></font></span><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span><font face="Calibri">« Et nous, follement légers, courons vers les crêtes d’où se jettent ensemble les couleurs. » </font></span></i></span></i></strong></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span><font face="Calibri">(« Judée »)</font></span></i></span></i></strong></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span><span><font face="Calibri"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/14116135695305744516400630698787462793136n.jpg" alt="14116135695305744516400630698787462793136n.jpg" width="400" /></font></span></font></span><span><font face="Calibri"> </font></span></p>
<p><span></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span><font face="Calibri"></font></span></i></span></i></strong></font></span><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri">« Et il me semble que notre pensée, notre art, que je vois inséparables de la vie de notre corps – tout cela c’est notre vie, c’est vivre – ne peuvent exister qu’à l’intérieur du tissu humain commun, lui-même lié nécessairement à celui non-humain dans lequel il reste immergé, même si nous l’en voyons émerger. » </font></span></i><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i></strong></font></span></i></span></i></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span></span></i></strong></font></span></i></span></i></font></span></font></span><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span></span></i></strong></font></span></i></span></i></font></span><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span></span></i></strong><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><strong>(« Andante » in « Approche de la parole »)</strong></font></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i></font></span></font></span><span><font face="Calibri"> </font></span></p>
<p><span></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong></strong></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i></font></span></font></span><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong></strong></span></i></font></span></i></span></i><i><span></span></i></font></span><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><i><span></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong></strong></span></i></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong></strong></span></i></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"></font></span></i><i><span><strong><i><span><font face="Calibri">« Tout ce qui se produit dans notre corps…ces résonnances ou interactions entre corps humain et corps musical, peuvent donc être perçus comme des sentiments. » </font></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i></font></span></font></span><span><font face="Calibri"> </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i></font></span><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span></span></i><i><span><font face="Calibri">(op. cit.)</font></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i></font></span><span><font face="Calibri"> </font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span></p>
<p></font><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i></font></span><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i></font></span><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i></font></span><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/14116135695321744916400630698787505042002n.jpg" alt="14116135695321744916400630698787505042002n.jpg" width="400" /></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i></font></span><span><font face="Calibri"> </font></span></p>
<p></span><span></span><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span></span></i></strong></span></i></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span></span></i></strong></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i><strong></strong></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><strong>« Ce que nous appelons beauté, n’est-ce pas le sommet du vivant ? » </strong></font></span></i><i><span></span></i><i><span><font face="Calibri"><strong> </strong></font></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i><i><span> </span></i></font></span><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><i><span></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri">(op. cit.)</font></span></i></strong></font></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i><i><span> </span></i></font></span><span><font face="Calibri"></font></span><i><span></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span></span></i></strong></font></span></i></font></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span></span></i></strong></font></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"></font></span></i></span></i><i><span></span></i><i><span><i><span></span></i><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span><font face="Calibri">« A propos de musique, on parle toujours de temps, alors que la présence génétique du Vivant, du Mouvant m’y apparaît beaucoup plus fondamentale. » </font></span></i></span></i></strong></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri">(op. cit.)</font></span></i></span></i></strong></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span><font face="Calibri">« Aux errants, aux insomniaques de reprendre la route. </font></span></i><i><span><font face="Calibri"> <i><span><font face="Calibri">Et où sont nos enchanteurs, nos mages, nos musiciens ? » </font></span></i></font></span></i></strong></span></i></font></span></i></p>
<p></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></span></i><i><span><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri">(« Judée »)</font></span></i></font></span></i></strong></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i></p>
<p><i><span></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri">« Figures où le mouvement a pris feu un instant, où le temps et la peur se sont donnés, apaisés dans une main. </font></span></i><i><span><font face="Calibri"> <i><span><font face="Calibri">Jour et nuit dans nos os, dans nos mots le bruit des vents et des vagues, la musique des meules. </font></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri">Et la lumière respire où elle peut. » </font></span></i><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i></font></span></i></strong></font></span></i></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></strong><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><strong>(« Feuilles d’observation »)</strong></font></span></i></font></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong></strong></span></i></font></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i></p>
<p></font></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i></p>
<p><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong></strong></span></i></font></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i></p>
<p><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><strong></strong></span></i></font></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i></p>
<p><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></font></span></i></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span><font face="Calibri"><i><span></span></i></font></span></i></font></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/210409009.jpg" alt="210409009.jpg" width="400" /></font></span></i></span></i><i><span> </span></i></p>
<p><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span><font face="Calibri">« La montée au soir d’une autre, d’une tactile lumière, sorte de vivant pollen de la densité devenue poudreuse et transparente des corps, comme si les battements de tous les capillaires, le resserrement et l’expansion de tous les poumons de la vie, de tous les mouvements – des plus infimes aux plus amples, des presque immobiles à celui absolu – des millions d’années de vie devenaient soudain à la fois visibles et comme palpables dans les flancs érodés des montagnes. » </font></span></i></span></i></strong></font></span></i><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i></span></i></p>
<p><i><span><i><span></span></i></span></i><i><span></span></i><i><span><i><span></span></i><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri">(« Le désert vivant »)</font></span></i></span></i></strong></font></span></i></span></i></p>
<p><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span></i></span></i><i><span> </span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span></i></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/portraitscitizen008.jpg" alt="portraitscitizen008.jpg" width="400" /></span></i></span></i></strong></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><i><span></span></i></span></i></strong><i><span><strong></strong></span></i><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span><font face="Calibri"></font></span></i></strong></font></span></i></span></i></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><i><span><i><span><font face="Calibri"><strong><i><span></span></i></strong></font></span></i></span></i></font></span></i></span></i></p>
]]></content:encoded>
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		<title>&#171;&#160;La tendresse d&#8217;une caresse&#160;&#187;: &#171;&#160;Contre-critique&#160;&#187; de la raison photographique, suite et fin</title>
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		<pubDate>Thu, 13 May 2010 06:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>

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		<description><![CDATA[« Est-il possible de percevoir dans une image ce qui n’a pas d’image ? »  C’est une question que pose un personnage de « L’idiot », le roman de Dostoïevski. Jérôme Thélot la pose en introduction de son chapitre intitulé « La passion de l’image ».  Est ainsi posée la question de l’être et de l’apparence. Dans l’image de la personne aimée, que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Calibri"></font></p>
<p><font face="Calibri"></font></p>
<p><i><span><font face="Calibri"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/418.jpg" class="imagelink" title="418.jpg" rel="lightbox[1526]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/381.jpg" class="imagelink" title="381.jpg" rel="lightbox[1526]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/unange.jpg" class="imagelink" title="unange.jpg" rel="lightbox[1526]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/486.jpg" class="imagelink" title="486.jpg" rel="lightbox[1526]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/735.jpg" class="imagelink" title="735.jpg" rel="lightbox[1526]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/yeuxfermesl1.jpg" class="imagelink" title="yeuxfermesl1.jpg" rel="lightbox[1526]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/yeuxfermesl1.jpg" alt="yeuxfermesl1.jpg" width="400" /></a></font></span></i></p>
<p><span><font face="Calibri"></font></span></p>
<p><i><span><font face="Calibri">« Est-il possible de percevoir dans une image ce qui n’a pas d’image ? » </font></span></i></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">C’est une question que pose un personnage de « L’idiot », le roman de Dostoïevski. Jérôme Thélot la pose en introduction de son chapitre intitulé « La passion de l’image ». </font></span></font><font face="Calibri"> </font><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Est ainsi posée la question de l’être et de l’apparence. </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Dans l’image de la personne aimée, que vois-je ? Son apparence ou son amour ? Sa beauté ou mon désir ? Ses traits souriants ou ce qu’elle est au plus profond d’elle-même et qui m’émeut plus encore que lorsqu’elle rit aux éclats ?</font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></p>
<p><i><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></i></p>
<p><i><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stina2.vignette.jpg" alt="stina2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stina2.vignette.jpg" alt="stina2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stina2.vignette.jpg" alt="stina2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stina2.vignette.jpg" alt="stina2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stina2.vignette.jpg" alt="stina2.jpg" /></span></font></span></font></span></i><i><span><font face="Calibri"> </font></span></i></p>
<p><i><span><font face="Calibri"></font></span></i></p>
<p><i><span></span></i></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Cette interrogation est formulée par Jérôme Thélot comme si l’être et l’apparence étaient de natures différentes, comme si leurs statuts ontologiques étaient opposés. </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">C’est là que se situe probablement la question principale que contient la « Critique de la raison photographique ». </font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit quand on cherche dans l’image la « ressemblance », c’est-à-dire l’unité de l’être et de l’apparence du modèle, telle que Thélot la définit magnifiquement. </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Mais c’est bien de cela qu’il s’agit lorsqu’en outre on dit, pour renforcer cette thèse, que cela « dans la photographie ne peut se produire que <b><u>par hasard</u></b>. »</font></span></font></span></font></span></font><font face="Calibri"> </font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"></font></span></p>
<p><i><span><font face="Calibri"></font></span></i><i><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span> </span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/418.jpg" alt="418.jpg" width="400" /></span></font></span></font></span></font></span></i></p>
<p><i><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span></i></p>
<p><i><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span></i></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Ce que veut exprimer notre « contre-critique » c’est que cela apparaît <b><u>nécessairement, inévitablement</u>. </b> </font><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Et que, lorsque cela ne se produit pas c’est là que le « hasard » serait peut-être intervenu. </font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Cette « nécessité » pourquoi peut-on prétendre qu’elle est la condition-même de la photographie ? </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Parce que l’être et l’apparence ne sont pas distincts d’un point de vue ontologique ou phénoménologique.</font></span></font></span></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><em><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></em></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><em><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></em></font></span></font><em><font face="Calibri"> </font><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span></font><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/381.jpg" alt="381.jpg" width="400" /></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"> </font></span></font></em><font face="Calibri"><em> </em></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><em></em></font></span><span><font face="Calibri"><span></span></font></span><span><font face="Calibri"><span></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Ce qu’il y a dans une photographie c’est l’être du modèle, en tant qu’il ne saurait ni se distinguer, ni être distingué par quelque point de vue que ce soit, de son apparaître. Que l’on peut bien appeler apparence. </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">En ce sens il n’y a pas de « ressemblance » ; puisqu’il ne saurait y avoir de distinction ou de dualisme. </font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">On posera sans aucun doute la question de toute photographie. En disant que certaines photographies oui, et d’autres non. </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">C’est comme si l’on posait la question de tout tableau, de toute musique !</font></span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"> </font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/207.vignette.jpg" alt="207.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/206.vignette.jpg" alt="206.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/207.vignette.jpg" alt="207.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/206.vignette.jpg" alt="206.jpg" /></span></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Ce qui est fondamental sans doute c’est que la photographie ait ce pouvoir de montrer l’invisible dans le visible et avec lui, en même temps que lui et indissolublement. Car l’être est un « pouvoir », une « production ». </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Ce que fait ainsi la photographie elle le fait donc, non par effet de« ressemblance », car alors cela signifierait que les traits mesurables du modèle en sont seuls la vérité. Et l’on voit bien qu’une photographie ne saurait nous dire rien d’autre de plus ou de mieux qu’une esquisse, qu’une approximation si « authentique » soit-elle de son modèle et de ses « traits ».</font></span></font></span></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span> </span></font></span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span><span><font face="Calibri"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/203.vignette.jpg" alt="203.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/203.vignette.jpg" alt="203.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/203.vignette.jpg" alt="203.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/203.vignette.jpg" alt="203.jpg" /></font></span></font></span><span><font face="Calibri"> </font></span><span><font face="Calibri"><span></span></font></span><span><font face="Calibri"><span></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Ce que nous fait voir la photographie, comme toute création esthétique, comme toute « sculpture », c’est soi. C’est nous-mêmes. </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Parce que ce que nous sommes c’est ce que nous éprouvons et que rien, à aucun moment, ne peut séparer notre vie de sa propre épreuve, que ce que fait apparaître une photographie ça n’est jamais quelque chose d’extérieur à nous-mêmes.</font></span></font></span></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span> </span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stella8.vignette.jpg" alt="stella8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stella8.vignette.jpg" alt="stella8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stella8.vignette.jpg" alt="stella8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stella8.vignette.jpg" alt="stella8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stella8.vignette.jpg" alt="stella8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stella8.vignette.jpg" alt="stella8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/stella8.vignette.jpg" alt="stella8.jpg" /></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">C’est la vie de l’être aimé, c’est la charge du passé sur le visage d’un vieillard, c’est la joie d’un enfant, c’est aussi la vie quotidienne, douloureuse et heureuse des habitants des villes ou du hameau, au loin dans les montagnes. Et c’est cela que nous ressentons, que nous éprouvons dans un « pathos » qui provient de cette « création » et qui ainsi, n’étant pas le nôtre, le devient. Et c’est donc aussi ce qu’il y a de nous dans le vase sans fleurs, dans l’étrange maison, dans tout ce qui n’est pas nous, dans tout cela qui ne nous ressemble pas et qui peut faire « l’objet » d’une photographie.</font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/486.jpg" alt="486.jpg" width="400" /></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Mais tout ceci –ces « sujets » qu’a saisis le photographe- ne ressemble pas davantage à sa propre objectivité. </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Toute photographie a beau être saisie par un « objectif », toute photographie est une subjectivité. La nôtre, qui la découvrons. Parce qu’elle est d’abord, en même temps, au même instant, celle du photographe. Parce qu’elle est d’abord, en même temps, au même instant, celle du modèle quand celui-ci est une vie : comme nous le sommes.</font></span></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span> </span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"> </font></span></p>
<p><span></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span><span><font face="Calibri"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/eve.jpg" alt="eve.jpg" /></font></span></font></span><span><font face="Calibri"> </font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"></font></span><span><font face="Calibri"><span></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Et, il n’y a qu’une vie…Et la photographie peut être cette vie : elle peut la montrer. Elle a ce pouvoir que seul l’art, dans la vie, nous fait rencontrer. </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">La photographie n’est pas une <i>« œuvre dévoilante » </i>comme l’écrit Jérôme Thélot dans le dernier chapitre de son livre. La photographie n’a pas à révéler que <i>« la subjectivité n’est pas du monde. » </i>Comme si <i>« …l’essence de la subjectivité était d’une autre essence que le monde. »</i> </font></span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span> </span></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/735.jpg" alt="735.jpg" width="400" /></span></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span><span><font face="Calibri">Bien plutôt, la photographie nous montre qu’il n’y a pas deux « essences », mais qu’au contraire il n’y a de subjectivité qu’au même instant où celle-ci est au monde. A-t-on jamais vu une subjectivité hors du monde ? La réponse qu’elle serait invisible n’est pas plus satisfaisante…à moins qu’il y ait quelque part ce que Nietzsche appelait des « arrière-mondes ». </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Il faut donc se rendre à l’évidence : on peut voir l’invisible. </font></span></font></span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"> </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"></font></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span></span><span><font face="Calibri"><span></span></font></span><span><font face="Calibri"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/unange.jpg" alt="unange.jpg" width="400" /></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">C’est même dans la visibilité que celui-ci est toujours. </font></span><span><font face="Calibri"> </font></span><span><font face="Calibri">Il n’y a pas de « pouvoir » qui ne soit un accomplissement. </font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri">Il n’y a pas de tendresse sans une main qui caresse, sans un regard, sans un sourire, sans une attention…</font></span></font></span></font></span></p>
<p></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span></p>
<p><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span></span></font></span></font></span><span><font face="Calibri"><span><font face="Calibri"><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/05/nudedos21ht65x5080.jpg" alt="nudedos21ht65x5080.jpg" /></span></font></span></font></span></p>
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		<title>De Lily Dahl à Marilyn Monroe (avec Siri Hustvedt): la vie, la littérature, le théâtre, la peinture et la musique&#8230;</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/05/06/de-lily-dahl-a-marilyn-monroe-avec-siri-hustvedt-la-vie-la-litterature-le-theatre-la-peinture-et-la-musique/</link>
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		<pubDate>Thu, 06 May 2010 06:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>

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		<description><![CDATA[                       &#171;&#160;&#8230;Il ne commençait pas à faire noir? Je ne prétends pas que n&#8217;avez rien vu, mais comment pouvez-vous être aussi sûr?&#160;&#187; Décidément &#171;&#160;L&#8217;instant&#160;&#187; n&#8217;est pas souvent dans ce qu&#8217;il convient d&#8217;appeler &#171;&#160;l&#8217;actualité&#160;&#187;. Voici en effet quelques lignes qui concernent un roman publié pour la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/marilynnuelitcouleur.jpg" class="imagelink" title="marilynnuelitcouleur.jpg" rel="lightbox[1508]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/siriwideweb470x3230.jpg" class="imagelink" title="siriwideweb470x3230.jpg" rel="lightbox[1508]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sp27d6bejpg43657b.jpg" class="imagelink" title="sp27d6bejpg43657b.jpg" rel="lightbox[1508]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/lesongedunenuitdete2.jpg" class="imagelink" title="lesongedunenuitdete2.jpg" rel="lightbox[1508]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/dorignysongedunenuitdete.jpg" class="imagelink" title="dorignysongedunenuitdete.jpg" rel="lightbox[1508]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/g44891495354896.jpg" class="imagelink" title="g44891495354896.jpg" rel="lightbox[1508]"></a></p>
<p align="left"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sirihustvedt1251987205.jpg" class="imagelink" title="sirihustvedt1251987205.jpg" rel="lightbox[1508]"></a></p>
<p align="left"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/meeeeeeebyangelofsolitude.jpg" class="imagelink" title="meeeeeeebyangelofsolitude.jpg" rel="lightbox[1508]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/el6e225k0c1182164834.jpg" class="imagelink" title="el6e225k0c1182164834.jpg" rel="lightbox[1508]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/marilyn1.jpg" class="imagelink" title="marilyn1.jpg" rel="lightbox[1508]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/marilynmonroe.jpg" class="imagelink" title="marilynmonroe.jpg" rel="lightbox[1508]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/marilynmonroe.jpg" alt="marilynmonroe.jpg" align="left" width="400" /></a></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> <strong><em>&laquo;&nbsp;&#8230;Il ne commençait pas à faire noir? Je ne prétends pas que n&rsquo;avez rien vu, mais comment pouvez-vous être aussi sûr?&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p>Décidément &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; n&rsquo;est pas souvent dans ce qu&rsquo;il convient d&rsquo;appeler &laquo;&nbsp;l&rsquo;actualité&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Voici en effet quelques lignes qui concernent un roman publié pour la première fois aux Etats-Unis et en France en 1996 (éditions Actes Sud; aujourd&rsquo;hui collection Babel)</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/untitled.bmp" alt="untitled.bmp" /></p>
<p>Et dont vient, bien sûr, la citation qui les introduit.</p>
<p>&laquo;&nbsp;L&rsquo;envoûtement de Lily Dahl&nbsp;&raquo; &#8211; c&rsquo;est le titre de ce roman - est l&rsquo;oeuvre de Siri Hustvedt.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/siriwideweb470x3230.jpg" alt="siriwideweb470x3230.jpg" width="400" /></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sp27d6bejpg43657b.jpg" alt="sp27d6bejpg43657b.jpg" width="400" /></p>
<p>Si l&rsquo;on ne s&rsquo;arrête pas à ce qui constitue &laquo;&nbsp;l&rsquo;histoire&nbsp;&raquo; racontée par Siri Hustvedt, si l&rsquo;on ne s&rsquo;en tient pas aux événements plus ou moins mystérieux qui surviennent dans la vie de la jeune femme du nom de Lily Dahl, on découvre d&rsquo;autres mystères dans ce roman.</p>
<p>Des mystères bien plus étranges, bien plus fascinants que la succession de faits pourtant extrêmement intrigants qui font le quotidien de Lily. Et qui sont ce que l&rsquo;on pourrait appeler &laquo;&nbsp;le suspense&nbsp;&raquo; de ce livre.</p>
<p>Il faisait noir. Qu&rsquo;avons nous vu? Sommes-nous certains de ce que nous voyons? Sommes-nous certains de ce qui semble être ou apparaître, de ce qui est, &laquo;&nbsp;assurément&nbsp;&raquo;, des autres, et même de nous-mêmes?</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/marilynnuelitcouleur.jpg" alt="marilynnuelitcouleur.jpg" width="400" /></p>
<p>Lily, serveuse dans un café restaurant est aussi actrice de théâtre.</p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Mais Marilyn avait modifié l&rsquo;idée que se faisait Lily du métier d&rsquo;acteur, elle avait commencé à se demander si ce n&rsquo;était pas un moyen de se trouver très près du coeur des choses, si jouer la comédie ne vous rapprochait pas de la vie plutôt que de vous en éloigner.&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p>Non pas que la vie soit un &laquo;&nbsp;théâtre&nbsp;&raquo;, une suite plus ou moins réussie de faux-semblants, de mensonges.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/archivesmhg209146405761.gif" alt="archivesmhg209146405761.gif" /></p>
<p>Mais au contraire, Lily a compris; elle sait, stupéfaite par Marilyn, sidérée, envoûtée par elle (ici s&rsquo;extrapole le roman dans cette &laquo;&nbsp;interprétation&nbsp;&raquo;, dans cette lecture), que là où se trouve la vie, là il y a une part de rêve, une part d&rsquo;imaginaire.</p>
<p>Lily sait que la vie n&rsquo;est vécue que lorsqu&rsquo;elle est animée, lorsqu&rsquo;elle est cette vie qui invente, qui s&rsquo;invente. Comme un personnage de théâtre ou même comme celui d&rsquo;un roman, d&rsquo;une fiction totale, s&rsquo;il le faut.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/lesongedunenuitdete2.jpg" alt="lesongedunenuitdete2.jpg" width="400" /></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/g44891495354896.jpg" alt="g44891495354896.jpg" width="400" /></p>
<p>La vie est un songe, un imaginaire. Là même où elle est le plus elle-même, là où elle est la plus &laquo;&nbsp;concrète&nbsp;&raquo;, la plus incarnée. Et c&rsquo;est &laquo;&nbsp;Le songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;été&nbsp;&raquo; que répète Lily.</p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Rappelez-vous ceci: Hermia n&rsquo;est ni plus ni moins que les mots sur la page, les dire c&rsquo;est <u>être elle</u>. C&rsquo;est aussi simple que ça. La qualité de votre jeu dépend, néanmoins, de votre capacité à <u>donner</u> <u>corps au langage</u>. Et ça &#8211; Mabel pointa l&rsquo;index vers Lily &#8211; c&rsquo;est <u>spirituel</u>.&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p>C&rsquo;est ce que lance à Lily l&rsquo;un des personnages du roman, une vieille dame, disons &laquo;&nbsp;expérimentée&nbsp;&raquo;, connaisseuse de la vie comme elle va ou ne va pas&#8230;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/dorignysongedunenuitdete.jpg" alt="dorignysongedunenuitdete.jpg" width="400" /></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/songedunenuitdete12.jpg" alt="songedunenuitdete12.jpg" /></p>
<p>Un personnage de roman s&rsquo;il n&rsquo;a pas la même réalité qu&rsquo;un personnage de la &laquo;&nbsp;vraie vie&nbsp;&raquo; est cependant <strong><em>plus près</em></strong> de la vie que celui-ci.</p>
<p>Le personnage de roman, comme celui du théâtre, a un corps. Le corps que l&rsquo;acteur, que le lecteur, que le spectateur aussi, lui donnent. Il vit, en chacun d&rsquo;eux, ce personnage. Et aussi, à tous ceux-là, il donne vie. Il leur apporte cette part de &laquo;&nbsp;volonté&nbsp;&raquo; qui est la vie elle-même, cette part d&rsquo;imaginaire, de fiction, qui est le réel. Ou, plutôt qui fait que le réel est réel, qui est la possibilité de tout. C&rsquo;est cette part de &laquo;&nbsp;fiction&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-à-dire pour le dire autrement, cette part d&rsquo;invention infinie qui est la condition de toute possibilité. C&rsquo;est l&rsquo;impossible, sans doute, pour le dire encore avec d&rsquo;autres mots, qui permet le possible, le réel.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sirihustvedt1251987205.jpg" alt="sirihustvedt1251987205.jpg" width="400" /></p>
<p>Et Siri Hustvedt dit la même chose:</p>
<p><strong><em>&nbsp;&raquo; &#8211; Les livres?</em></strong></p>
<p><strong><em>- Les livres?</em></strong></p>
<p><strong><em>- Oui, je voulais vivre une grande vie passionnée, pleine de risques, de beauté et de douleur.</em></strong></p>
<p><strong><em>&#8230;</em></strong></p>
<p><strong><em>- Et tu l&rsquo;as eue? &#8230; Ta vie a été comme ça?</em></strong></p>
<p><strong><em>&#8230;</em></strong></p>
<p><strong><em>- Je crois que ce n&rsquo;est pas tant ce qui arrive dans la vie que la façon dont on se représente ce qui arrive, dont on colore les événements&#8230; J&rsquo;avais lu beaucoup de livres, et <u>ces histoires écrivaient la</u> <u>mienne</u>, si tu vois ce que je veux dire&#8230;</em></strong></p>
<p><strong><em>- C&rsquo;est pour ça que tu me donnes tout le temps des livres à lire?&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/el6e225k0c1182164834.jpg" alt="el6e225k0c1182164834.jpg" width="400" /></p>
<p>Dans &laquo;&nbsp;L&rsquo;envoûtement de Lily Dahl&nbsp;&raquo; il y a cela de rare qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un livre dans lequel on se demande toujours ce qui va arriver. Et mieux: on se demande ce qui arrive. Et, au même moment ce livre est aussi et peut-être d&rsquo;abord un livre émouvant. Émouvant parce que ce qui arrive et qui demeure pour une part énigmatique est en même temps extrêmement familier: tout cela qui arrive c&rsquo;est ce qui nous arrive à nous aussi.</p>
<p>On vient de le voir en un autre sens.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Familier&nbsp;&raquo; donc est ce roman de Lily Dahl.</p>
<p>Parce que la vie n&rsquo;est pas faite, d&rsquo;un côté de tâches &laquo;&nbsp;triviales&nbsp;&raquo; et de l&rsquo;autre de tâches &laquo;&nbsp;nobles&nbsp;&raquo; ou extraordinaires.</p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Elle se demanda pourquoi on pouvait avoir envie de peindre sans rien représenter, et puis décider de ranger sa chambre&nbsp;&raquo; </em></strong>se demande Lily.</p>
<p>Peindre sans rien représenter, voilà un acte exceptionnel, détaché du &laquo;&nbsp;réel&nbsp;&raquo;&#8230; tandis que ranger sa chambre&#8230;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/meeeeeeebyangelofsolitude.jpg" alt="meeeeeeebyangelofsolitude.jpg" width="400" /></p>
<p>Mais concevons que ces différentes actions ne sont pas contradictoires, pas opposées, pas si différentes que cela. Elles sont la vie. Et si l&rsquo;on ne savait pas accomplir les tâches ménagères, si l&rsquo;on n&rsquo;était pas un individu &laquo;&nbsp;concret&nbsp;&raquo;, fait de chair et d&rsquo;os, on ne pourrait sans doute pas se livrer à une quelconque activité &laquo;&nbsp;spéculative&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;artistique&nbsp;&raquo;. Non par impossibilité &laquo;&nbsp;physique&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;matérielle&nbsp;&raquo; mais tout simplement parce que ces deux types de tâches sont du même ordre, du même monde. Puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul monde. Et pas non plus, comme disait Nietzsche, d&rsquo;arrière-monde.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/tphplbovfm.vignette.jpg" alt="tphplbovfm.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sirihustvedtsorrows.vignette.jpg" alt="sirihustvedtsorrows.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/tphplbovfm.vignette.jpg" alt="tphplbovfm.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sirihustvedtsorrows.vignette.jpg" alt="sirihustvedtsorrows.jpg" /></p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;La musique était émotion pour elle, alors, moins le reflet d&rsquo;un sentiment que le sentiment lui-même.&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p>Et là, tout est dit&#8230;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/marilyn1.jpg" alt="marilyn1.jpg" width="400" /></p>
<p>C&rsquo;est pour cela, pour cette même raison, pour tout ce qui vient d&rsquo;être explicité que, vers la fin du roman, Lily se dit:</p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;&#8230; il a disparu, cet instant, ce &laquo;&nbsp;maintenant&nbsp;&raquo;. Ça n&rsquo;existe pas, &laquo;&nbsp;maintenant&nbsp;&raquo;, en réalité. Même prononcer le mot &laquo;&nbsp;maintenant&nbsp;&raquo;, ça prend trop de temps. Maintenant glisse tellement vite dans le passé que ce n&rsquo;est rien du tout&#8230; le temps est inexprimable.&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p>&laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; s&rsquo;en tient là, pour le moment, à propos de Lily Dahl et Siri Hustvedt: à cette dernière il faut laisser &laquo;&nbsp;le dernier mot&nbsp;&raquo;.re</p>
<p>Ci-dessous on pourra cependant écouter &laquo;&nbsp;Le songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;été&nbsp;&raquo; de Mendelsshon, en &laquo;&nbsp;contrepoint&nbsp;&raquo;. </p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Eugene-Fodor/albums/Le-Songe-D%27un-Nuit-D%27ete-0743217402822.html?play=01">http://www.musicme.com/Eugene-Fodor/albums/Le-Songe-D%27un-Nuit-D%27ete-0743217402822.html?play=01</a></p>
<p>Et aussi celui de Sir Benjamin Britten qu&rsquo;il faut partager avec une attention toute particulière.</p>
<p>Le voici donc:</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Beaux-Arts-Trio/albums/A-Midsummer-Night%27s-Dream-0028945412221.html?play=01">http://www.musicme.com/Beaux-Arts-Trio/albums/A-Midsummer-Night%27s-Dream-0028945412221.html?play=01</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Il n&#8217;y a rien du monde&#8230;(Contre-critique de la raison photographique II)</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/04/29/il-ny-a-rien-du-mondecontre-critique-de-la-raison-photographique-ii/</link>
		<comments>http://michelarcens.unblog.fr/2010/04/29/il-ny-a-rien-du-mondecontre-critique-de-la-raison-photographique-ii/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 29 Apr 2010 06:04:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[(photographie Pierre Wetzel) La photographie a cela de fascinant c&#8217;est qu&#8217;elle suscite de nombreux commentaires, tant et tant d&#8217;analyses et qu&#8217;on n&#8217;a en a cependant jamais fini avec elle. Encore plus, semble-t-il qu&#8217;avec d&#8217;autres formes de création. Revenons donc à elle et à la &#171;&#160;Critique de la raison photographique&#160;&#187; de Jérôme Thélot (éditions Encre Marine/ [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/167.jpg" class="imagelink" title="167.jpg" rel="lightbox[1488]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/place409parking4emesoussolphotographieurbainearchitecture.jpg" class="imagelink" title="place409parking4emesoussolphotographieurbainearchitecture.jpg" rel="lightbox[1488]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/211.jpg" class="imagelink" title="211.jpg" rel="lightbox[1488]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/674.jpg" class="imagelink" title="674.jpg" rel="lightbox[1488]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/652.jpg" class="imagelink" title="652.jpg" rel="lightbox[1488]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/20080111panomiroirdsc0071.jpg" class="imagelink" title="20080111panomiroirdsc0071.jpg" rel="lightbox[1488]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/20080111panomiroirdsc0071.jpg" alt="20080111panomiroirdsc0071.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em><font size="1">(photographie Pierre Wetzel)</font></em></p>
<p>La photographie a cela de fascinant c&rsquo;est qu&rsquo;elle suscite de nombreux commentaires, tant et tant d&rsquo;analyses et qu&rsquo;on n&rsquo;a en a cependant jamais fini avec elle. Encore plus, semble-t-il qu&rsquo;avec d&rsquo;autres formes de création.</p>
<p>Revenons donc à elle et à la &laquo;&nbsp;Critique de la raison photographique&nbsp;&raquo; de Jérôme Thélot (éditions Encre Marine/ Les Belles Lettres).</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/167.jpg" alt="167.jpg" width="400" /></p>
<p>Le deuxième chapitre de ce livre, par son intitulé, annonce son ambition.</p>
<p>Son titre est: &nbsp;&raquo;La philosophie de la photographie&nbsp;&raquo;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/photographiephotography.vignette.jpg" alt="photographiephotography.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/photographiephotography.vignette.jpg" alt="photographiephotography.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/photographiephotography.vignette.jpg" alt="photographiephotography.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/photographiephotography.vignette.jpg" alt="photographiephotography.jpg" /></p>
<p>Et, plus encore:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La philosophie de la photographie n&rsquo;est pas une recherche revendiquée par </em>l&rsquo;opinion<em> ou par la spécialité d&rsquo;un chercheur, elle est prescrite par la photographie elle-même qui la réclame par une détermination d&rsquo;essence comme son savoir propre&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>En d&rsquo;autres termes on pourrait dire que la photographie est un acte philosophique. Qu&rsquo;en tout cas et à tout le moins sa pratique met en jeu la question même que se pose toute philosophie.</p>
<p>Si l&rsquo;on aime la photographie, si donc on la comprend, on ne peut qu&rsquo;acquiescer.</p>
<p>La question spontanée: &laquo;&nbsp;Qu&rsquo;est-ce que la photographie?&nbsp;&raquo; philosophiquement exprimée est comme le dit Jérôme Thélot celle-ci: &laquo;&nbsp;Qu&rsquo;arrive-t-il dans l&rsquo;arrivée de la photographie?&nbsp;&raquo;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/place409parking4emesoussolphotographieurbainearchitecture.jpg" alt="place409parking4emesoussolphotographieurbainearchitecture.jpg" width="400" /></p>
<p>Car ce qu&rsquo;est la photographie, nous le savons: elle est un mode d&rsquo;apparition. Elle est une manifestation, une manière d&rsquo;apparition, une manière d&rsquo;apparaître. Une façon qu&rsquo;a la lumière de se montrer. C&rsquo;est ainsi que la photographie est bien cette &laquo;&nbsp;écriture de la lumière&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais il faut sans doute savoir ce que c&rsquo;est que cette lumière. Se demander là où il y a lumière: pourquoi parle-t-on de lumière et qu&rsquo;est-ce donc que la lumière?</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/211.jpg" alt="211.jpg" width="400" /></p>
<p>Et ici Jérôme Thélot nous dit que la lumière engendre une image d&rsquo;elle-même (la photographie) qui est différente d&rsquo;elle-même.</p>
<p>Cela me semble une erreur fondamentale.</p>
<p>Tentons de voir pourquoi.</p>
<p>Thélot nous dit au même moment qu&rsquo;il y a <em>&laquo;&nbsp;un écart&nbsp;&raquo;. </em>Il y a selon lui un écart parce que la photographie n&rsquo;est pas identique à la lumière qui l&rsquo;a produite.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/200.vignette.jpg" alt="200.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/200.vignette.jpg" alt="200.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/200.vignette.jpg" alt="200.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/200.vignette.jpg" alt="200.jpg" /></p>
<p>Il nous dit:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Entre la lumière et son écriture, l&rsquo;écart est celui du monde&#8230;la photographie est un phénomène du monde&#8230;la photographie révèle le monde&#8230;la photographie, essentiellement, est une phénoménologie &#8211; la phénoménologie du monde. D&rsquo;une part elle donne à voir celui-ci; d&rsquo;autre part elle donne à voir la phénoménalité selon laquelle il se produit en tant que monde.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/201.vignette.jpg" alt="201.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/201.vignette.jpg" alt="201.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/201.vignette.jpg" alt="201.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/201.vignette.jpg" alt="201.jpg" /></p>
<p>Cette analyse me paraît commettre plusieurs erreurs décisives.</p>
<p>Tout d&rsquo;abord il faut contester radicalement cette idée qu&rsquo;il pourrait y avoir une différence, une séparation, un &laquo;&nbsp;écart&nbsp;&raquo; entre la lumière et son écriture.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/208.vignette.jpg" alt="208.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/208.vignette.jpg" alt="208.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/208.vignette.jpg" alt="208.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/208.vignette.jpg" alt="208.jpg" /></p>
<p>Ce qui est saisissant dans la photographie c&rsquo;est bien que d&rsquo;un seul coup, si l&rsquo;on ose dire!, il y a lumière et écriture. Pour la première fois peut-être la photographie -en tout cas, la photographie plus ou mieux que toute autre forme de création- montre ceci: il n&rsquo;y a (parce qu&rsquo;il ne peut y avoir)de différence entre voir la lumière et écrire cette même lumière. Et, aussi bien, il n&rsquo;y a aucune différence ni de nature, ni même de degré entre la lumière et son écriture. C&rsquo;est parce qu&rsquo;elle s&rsquo;écrit, qu&rsquo;elle est en train de s&rsquo;écrire que la lumière est lumière. C&rsquo;est parce qu&rsquo;elle est lumière que l&rsquo;écriture (toute écriture) écrit quelque chose, qu&rsquo;elle peut dire quelque chose et qu&rsquo;elle le proclame.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/306.vignette.jpg" alt="306.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/306.vignette.jpg" alt="306.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/306.vignette.jpg" alt="306.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/306.vignette.jpg" alt="306.jpg" /></p>
<p>En deuxième lieu alors, et comme par conséquence, la photographie ne peut pas être <em>&laquo;&nbsp;la phénoménologie du monde&nbsp;&raquo;. </em>Le monde est un réel visible, un spectacle où se trouve le primat de l&rsquo;étendu, de l&rsquo;objectivation, de la spatialisation. C&rsquo;est Jérôme Thélot qui le définit ainsi au chapitre précédent. C&rsquo;est donc bien là le sens qu&rsquo;il donne à ce concept.</p>
<p>Ici (au deuxième chapitre, toujours) il rajoute:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La photographie donne à voir&#8230;elle&#8230;jette au monde, c&rsquo;est-à-dire à l&rsquo;extériorité.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/419.vignette.jpg" alt="419.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/419.vignette.jpg" alt="419.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/419.vignette.jpg" alt="419.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/419.vignette.jpg" alt="419.jpg" /></p>
<p>Juste auparavant il dit même ceci:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Dans cette écriture</em> (la photographie)<em> la lumière s&rsquo;objective, elle s&rsquo;expose au regard qui la perçoit comme apparence&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/421.vignette.jpg" alt="421.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/421.vignette.jpg" alt="421.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/421.vignette.jpg" alt="421.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/421.vignette.jpg" alt="421.jpg" /></p>
<p>On ne peut dire mieux que la photographie est une &laquo;&nbsp;objectivation&nbsp;&raquo; et qu&rsquo;elle a pour fonction de montrer le monde, de faire voir, de faire apparaître l&rsquo;extériorité. Comme Jérôme Thélot le dit la photographie fait voir au même moment l&rsquo;apparition même du monde et comment il apparaît, elle fait voir le monde et sa phénoménalité.</p>
<p>Sauf qu&rsquo;il manque à ceci l&rsquo;essentiel!</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/652.jpg" alt="652.jpg" width="400" /></p>
<p>Il est frappant de constater que ce chapitre sur &laquo;&nbsp;La philosophie de la photographie&nbsp;&raquo; est placé sous l&rsquo;égide d&rsquo;une citation du philosophe Michel Henry.</p>
<p>Cette citation nous dit ceci:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;En réalité, il y a une autre révélation que celle de l&rsquo;objectivation, que celle du monde.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Mais alors s&rsquo;il y a une autre révélation que celle du monde, que celle de l&rsquo;objectivation, de celle qui donne à voir dans l&rsquo;espace et pourquoi pas dans le temps, alors qu&rsquo;elle est-elle et qu&rsquo;a à voir la photographie avec cela?</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/727.vignette.jpg" alt="727.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/727.vignette.jpg" alt="727.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/727.vignette.jpg" alt="727.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/727.vignette.jpg" alt="727.jpg" /></p>
<p>Cette révélation dont parle Michel Henry c&rsquo;est celle de la subjectivité. Quand elle est définie comme ce qui est premier, comme ce par quoi tout arrive, comme auto-affection ou auto-donation. La subjectivité est cela qui est un ressenti par lequel je me ressens moi-même. C&rsquo;est donc non une représentation de mon ressenti, de ce ressenti, et non une image de moi. C&rsquo;est un moi primordial qui <strong><u>est</u></strong> ce &laquo;&nbsp;ressenti&nbsp;&raquo; dont il ne se distingue pas. La vie est ce &laquo;&nbsp;ressenti&nbsp;&raquo;. Elle ne s&rsquo;en distingue pas: il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre définition de la vie que ce qui est affecté et affecté par soi, par soi-même, comme soi.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/nu1936weston.vignette.jpg" alt="nu1936weston.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/nu1936weston.vignette.jpg" alt="nu1936weston.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/nu1936weston.vignette.jpg" alt="nu1936weston.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/nu1936weston.vignette.jpg" alt="nu1936weston.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/nu1936weston.vignette.jpg" alt="nu1936weston.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/nu1936weston.vignette.jpg" alt="nu1936weston.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/nu1936weston.vignette.jpg" alt="nu1936weston.jpg" /></p>
<p>Il faudra montrer (plus tard, dans une autre analyse du livre de Jérôme Thélot: ça sera le chapitre III de cette &laquo;&nbsp;contre-critique&nbsp;&raquo;) <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/295.jpg" class="imagelink" title="295.jpg" rel="lightbox[1488]"></a>que la photographie, que &laquo;&nbsp;l&rsquo;écriture de la lumière&nbsp;&raquo;, est un acte de création qui n&rsquo;est possible comme tel, qui n&rsquo;est finalement intelligible pour ce qu&rsquo;il est, que sur la base d&rsquo;une analyse phénoménologique de la vie et non d&rsquo;une phénoménologie du monde.</p>
<p>Dans la photographie il n&rsquo;y a aucun monde. Aucun monde objectif. Aucune &laquo;&nbsp;objectivité&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/a126674vx.vignette.jpg" alt="a126674vx.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/a126674vx.vignette.jpg" alt="a126674vx.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/a126674vx.vignette.jpg" alt="a126674vx.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/a126674vx.vignette.jpg" alt="a126674vx.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/a126674vx.vignette.jpg" alt="a126674vx.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/a126674vx.vignette.jpg" alt="a126674vx.jpg" /></p>
<p><em>Peut-être cela n&rsquo;est-il pas aisé à saisir&#8230;</em> </p>
<p>Pour clore ce chapitre un peu &laquo;&nbsp;théorique&nbsp;&raquo; entendons cette part d&rsquo;un poème de Carlos Drummond de Andrade, l&rsquo;écrivain brésilien:</p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Pour l&rsquo;instant le voir ne voit pas; le voir recueille</em></strong></p>
<p><strong><em>des fibrilles du chemin, de l&rsquo;horizon,</em></strong></p>
<p><strong><em>et même ne s&rsquo;aperçoit pas qu&rsquo;il les recueille</em></strong></p>
<p><strong><em>pour un jour tisser des tapisseries</em></strong></p>
<p><strong><em>qui sont des photographies</em></strong></p>
<p><strong><em>d&rsquo;inaperçue terre visitée.</em></strong></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/295.jpg" alt="295.jpg" width="400" /></p>
<p><strong><em>Le paysage va être. Maintenant c&rsquo;est un blanc</em></strong></p>
<p><strong><em>qui se teint de vert, de marron, de gris cendre,</em></strong></p>
<p><strong><em>mais la couleur ne s&rsquo;attache pas aux surfaces,</em></strong></p>
<p><strong><em>elle ne modèle pas. La pierre n&rsquo;est pierre</em></strong></p>
<p><strong><em>que dans le mûrissement lointain.</em></strong></p>
<p><strong><em>Et l&rsquo;eau de ce ruisseau ne mouille pas le corps nu;</em></strong></p>
<p><strong><em>il mouille plus tard.</em></strong></p>
<p><strong><em>L&rsquo;eau est un projet de vivre.&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p>(&laquo;&nbsp;Paysage: comme on le forme&nbsp;&raquo; in &laquo;&nbsp;Les impuretés du blanc&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;La machine du monde&nbsp;&raquo; Poésie/Gallimard)</p>
<p> </p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Et puis, un jour, nous perdons pied&#160;&#187; (Miguel de Azambuja avec Rimbaud, Walter Benjamin et quelques autres)</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Apr 2010 06:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[mythologies]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
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		<description><![CDATA[                    Il faut lever les yeux. Il faut regarder au loin Il faut rêver. Il faut perdre pied, danser, s&#8217;envoler. Pour voir le monde tel qu&#8217;il est vraiment, pour voir la vie. Le philosophe Walter Benjamin écrit un soir: &#171;&#160;C&#8217;est là une des sources de la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/fitxawalterbenjamin.jpg" class="imagelink" title="fitxawalterbenjamin.jpg" rel="lightbox[1468]"></a></p>
<p align="right"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/fitxawalterbenjamin.jpg" class="imagelink" title="fitxawalterbenjamin.jpg" rel="lightbox[1468]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/lavipre.jpg" class="imagelink" title="lavipre.jpg" rel="lightbox[1468]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/63b7f22ebc9a11deb964db61ca243e18.jpg" class="imagelink" title="63b7f22ebc9a11deb964db61ca243e18.jpg" rel="lightbox[1468]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/lueursaubemontagnefileetoilesrapprochementlunevenus1.jpg" class="imagelink" title="lueursaubemontagnefileetoilesrapprochementlunevenus1.jpg" rel="lightbox[1468]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/themapicsouvenirdenfancel1.jpg" class="imagelink" title="themapicsouvenirdenfancel1.jpg" rel="lightbox[1468]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/themapicsouvenirdenfancel1.jpg" alt="themapicsouvenirdenfancel1.jpg" align="left" width="400" /></a> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Il faut lever les yeux.</p>
<p>Il faut regarder au loin</p>
<p>Il faut rêver.</p>
<p>Il faut perdre pied, danser, s&rsquo;envoler.</p>
<p>Pour voir le monde tel qu&rsquo;il est vraiment, pour voir la vie.</p>
<p>Le philosophe Walter Benjamin écrit un soir:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est là une des sources de la poésie. Quand un homme, un animal ou un être inanimé, investi de ce pouvoir par le poète, lève les yeux, c&rsquo;est pour regarder au loin; ainsi éveillé, le regard de la nature rêve et entraîne le poète dans sa rêverie.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/fitxawalterbenjamin.jpg" alt="fitxawalterbenjamin.jpg" width="400" /></p>
<p>Cela se trouve dans ses essais sous le titre &laquo;&nbsp;Sur quelques thèmes baudelairiens&nbsp;&raquo;.</p>
<p>C&rsquo;est une référence que l&rsquo;on déniche, au détour, dans un livre qui vient d&rsquo;être publié dans la collection &laquo;&nbsp;Traces. Connaissance de l&rsquo;inconscient&nbsp;&raquo; aux éditions Gallimard. L&rsquo;auteur est le psychanalyste Miguel de Azambuja.</p>
<p>Miguel de Azambuja est originaire du Pérou. Il écrit dans la revue &laquo;&nbsp;Penser/Rêver&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Et puis, un jour, nous perdons pied&nbsp;&raquo; est le titre de ce livre.</p>
<p>Il y a, sans doute, bien des raisons et bien des façons de &laquo;&nbsp;perdre pied&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Les pyschanalystes le savent. Mais chacun d&rsquo;entre-nous tout autant, mais chacun d&rsquo;entre-nous à notre manière.</p>
<p>Ce qui fait notre vie, une part de notre vie&#8230;</p>
<p>Exceptons les pertes pathologiques. Ce que fait souvent Miguel de Azambuja.</p>
<p>Il s&rsquo;avère fertile de suivre quelques unes des voies qu&rsquo;il explore ici.</p>
<p><strong><em><u>I * Le deuil</u></em></strong></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/orpheelyre2.jpg" alt="orpheelyre2.jpg" /></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tout chagrin, toute douleur liée à la perte d&rsquo;un être cher, n&rsquo;a-t-il pas quelque chose d&rsquo;inconsolable, d&rsquo;inachevé, d&rsquo;erratique?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Ce dernier mot Azambuja l&rsquo;emprunte explicitement à Roland Barthes (&laquo;&nbsp;Journal de deuil&nbsp;&raquo; éditions du Seuil).</p>
<p align="left">Le deuil ne s&rsquo;efface pas avec le temps, la perte demeure. Et ainsi l&rsquo;être disparu n&rsquo;est pas tout à fait disparu. Il revient sans cesse, peut-être comme Eurydice et comme le mythe d&rsquo;Orphée le disent.</p>
<p align="left"><strong><em><u>II *Le souvenir</u></em></strong></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;&#8230;Barthes parle de temps immobile, c&rsquo;est le téléscopage des temps (dans la photographie) qui donne cette impression, ce &laquo;&nbsp;loin&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;le souvenir qui est toujours maintenant&nbsp;&raquo;</em> (selon l&rsquo;expression cette fois d&rsquo;un autre psychanalyste, Michel Gribinski dans &laquo;&nbsp;Le trouble de la réalité&nbsp;&raquo; éditions Gallimard).</p>
<p>Le souvenir est un &laquo;&nbsp;maintenant&nbsp;&raquo;, pas un passé. C&rsquo;est ce qu&rsquo;Orphée aussi nous raconte.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/orphee1.jpg" alt="orphee1.jpg" /></p>
<p>Le souvenir est un présent. Je me souviens, donc je suis. Cela pourrait être une formulation. Sans s&rsquo;attarder car pas exactement conforme. Il faudrait à tout le moins éviter la &laquo;&nbsp;conséquence&nbsp;&raquo;, le &laquo;&nbsp;donc&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Azambuja fait référence à &laquo;&nbsp;La vipère&nbsp;&raquo; le film de William Wyler avec Bette Davis.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/lavipre.jpg" alt="lavipre.jpg" width="400" /></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;- La fille parle à un moment de &laquo;&nbsp;poudre de riz&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><em>- Toute ma petite enfance me revient. Maman. La poudre de riz. Tout est là, présent. Je suis là.</em></p>
<p><em>- Le Moi ne vieillit pas. (Je suis aussi &laquo;&nbsp;frais&nbsp;&raquo; que du temps de la poudre de riz)&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Autrement dit c&rsquo;est à peu près Marcel Proust.</p>
<p>Le Moi, le &laquo;&nbsp;je suis&nbsp;&raquo;, n&rsquo;est que du présent. Il n&rsquo;est que présence. Présence à soi.</p>
<p><strong><em><u>III *Le temps passé, le temps présent</u></em></strong></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/1603841large.jpg" alt="1603841large.jpg" /></p>
<p>A propos d&rsquo;&nbsp;&raquo;Intervista&nbsp;&raquo; le film de Fellini, Azambuja dit ceci:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Chez Marcello (Mastroianni) et Anita (Ekberg, longtemps après &laquo;&nbsp;La dolce vita&nbsp;&raquo;, donc) je ne trouve pas de nostalgie. Ils sont émus et regardent leur passé dans leur présent&#8230;Ils ont leurs rêves et leurs vies, et ils arrivent à faire vivre les uns avec les autres.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/intervista198703m.jpg" alt="intervista198703m.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/intervista198703m.jpg" alt="intervista198703m.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/intervista198703m.jpg" alt="intervista198703m.jpg" /></p>
<p>La vie se nourrit des rêves, du passé, des souvenirs qui sont du présent, qui &laquo;&nbsp;reviennent&nbsp;&raquo; toujours. Voici pourquoi il peut y avoir des fantômes. Les fantômes ne sont pas des figures du passé, ils ne sont pas morts, disparus.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/63b7f22ebc9a11deb964db61ca243e18.jpg" alt="63b7f22ebc9a11deb964db61ca243e18.jpg" width="400" /></p>
<p>Il y a une présence constante de ce qui est perdu mais ne l&rsquo;est jamais tout à fait. Aucune séparation, comme aucune disparition n&rsquo;est parfaite.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/trembler.jpg" alt="trembler.jpg" /></p>
<p>Il y a un <em>&laquo;&nbsp;temps mêlé&nbsp;&raquo;</em> (l&rsquo;expression est de Jean-Baptiste Pontalis dans une préface à &laquo;&nbsp;Le délire et les rêves&#8230;&nbsp;&raquo; de Freud) <em>&laquo;&nbsp;où le passé et le présent s&rsquo;entremêlent&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><strong><em><u>IV *Le rêve</u></em></strong></p>
<p>Et aussi: <em>&laquo;&nbsp;&#8230;quand le rêve habille le monde, il n&rsquo;est plus un rêve et le monde n&rsquo;est plus le monde mais leur étrange</em> <em>mélange.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sandrobotticellivenusetlestroisgracesdtail5218.jpg" alt="sandrobotticellivenusetlestroisgracesdtail5218.jpg" /></p>
<p>Comme ces &laquo;&nbsp;figures&nbsp;&raquo; de Botticelli selon Azambuja en référence à Aby Warburg:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;&#8230;ils viennent juste de sortir d&rsquo;un rêve pour s&rsquo;éveiller à la conscience du monde extérieur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Et Walter Benjamin à nouveau:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;&#8230;il y a dans le rêve une zone bien précise où commence l&rsquo;aube.&nbsp;&raquo;</em> (&laquo;&nbsp;Esquisses sur Kafka&nbsp;&raquo; in &laquo;&nbsp;Rêves&nbsp;&raquo; éditions Le Promeneur)</p>
<p>L&rsquo;aube commence dans le rêve. Le &laquo;&nbsp;réel&nbsp;&raquo; ainsi advient par le rêve.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/lueursaubemontagnefileetoilesrapprochementlunevenus1.jpg" alt="lueursaubemontagnefileetoilesrapprochementlunevenus1.jpg" width="400" /></p>
<p><strong><em><u>V *L&rsquo;art e(s)t la vie</u></em></strong></p>
<p>C&rsquo;est Azambuja qui parle:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;&#8230;les productions artistiques sont des restes nocturnes: c&rsquo;est la transformation d&rsquo;une matière qui puise ses sources dans notre vie nocturne et qui va se loger à la lumière du jour. Réussir à faire migrer le rêve vers la vie, c&rsquo;est cela, l&rsquo;oeuvre d&rsquo;art. C&rsquo;est le lieu où nos restes nocturnes transformés, ont trouvé résidence. Toute la complexité consiste à maintenir vivant ce reste nocturne de telle sorte qu&rsquo;il puisse nous toucher, et, en même temps, à lui proposer une forme qui le circonscrit et le délivre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Mais alors, allons au bout. En tout cas, à peine un peu plus loin.</p>
<p>La vie vit du rêve, elle est vie comme oeuvre d&rsquo;art et comme rêve.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/leseauxbrulantesdusouvenir2.vignette.jpg" alt="leseauxbrulantesdusouvenir2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/leseauxbrulantesdusouvenir2.vignette.jpg" alt="leseauxbrulantesdusouvenir2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/leseauxbrulantesdusouvenir2.vignette.jpg" alt="leseauxbrulantesdusouvenir2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/leseauxbrulantesdusouvenir2.vignette.jpg" alt="leseauxbrulantesdusouvenir2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/leseauxbrulantesdusouvenir2.vignette.jpg" alt="leseauxbrulantesdusouvenir2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/leseauxbrulantesdusouvenir2.vignette.jpg" alt="leseauxbrulantesdusouvenir2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/leseauxbrulantesdusouvenir2.vignette.jpg" alt="leseauxbrulantesdusouvenir2.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est le rêve qui donne réalité et non qui s&rsquo;y oppose.</p>
<p>Tout cela n&rsquo;est possible, tout cela est ainsi parce que la vie comme le rêve sont d&rsquo;abord autres choses qu&rsquo;un monde comme représentation, comme extériorité et comme objet. (Même et peut-être surtout si nous sommes fascinés, aveuglés devrait-on dire sans doute, par les images de ce monde, par ce &laquo;&nbsp;monde/image&nbsp;&raquo;.)</p>
<p><strong><em><u>VI *A Rimbaud ou la danse, le tremblement, les nouveaux chemins&#8230;</u></em></strong></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/rimbaudparernestpignonernest1.vignette.jpg" alt="rimbaudparernestpignonernest1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/rimbaudparernestpignonernest1.vignette.jpg" alt="rimbaudparernestpignonernest1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/rimbaudparernestpignonernest1.vignette.jpg" alt="rimbaudparernestpignonernest1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/rimbaudparernestpignonernest1.vignette.jpg" alt="rimbaudparernestpignonernest1.jpg" /></p>
<p>Un<em> &laquo;&nbsp;geste libre&nbsp;&raquo; </em>dit Miguel de Azambuja c&rsquo;est Rimbaud dans les &laquo;&nbsp;Illuminations&nbsp;&raquo; et le poème intitulé &laquo;&nbsp;A une raison&nbsp;&raquo;:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Ta tête se détourne, le nouvel amour! Ta tête se retourne, &#8211; le nouvel amour!&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Du monde quotidien, par un geste poétique, donc libre, libre et poétique, Rimbaud nous conduit au monde amoureux.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.vignette.jpg" alt="sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.vignette.jpg" alt="sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.vignette.jpg" alt="sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.vignette.jpg" alt="sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.vignette.jpg" alt="sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.vignette.jpg" alt="sculpturesjuillet2008238dsquilibre3corrigpetit.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est le même geste, le même mouvement qu&rsquo;il y a dans la danse. Ce que Miguel de Azambuja note comme son pouvoir de nous faire nous échapper des lois physiques.</p>
<p>C&rsquo;est ce que dit aussi Jean-Baptiste Pontalis dans une autre référence que l&rsquo;on trouve dans ce livre.</p>
<p>Pontalis écrit dans &laquo;&nbsp;Fenêtres&nbsp;&raquo; (éditions Gallimard) que <em>&laquo;&nbsp;le pied ferme&nbsp;&raquo; </em>nous empêche de décoller&#8230; de participer au mouvement de la vie, il nous conduit à <em>&laquo;&nbsp;être à jamais séparé des sources de la vie&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/490987039.vignette.jpg" alt="490987039.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/490987039.vignette.jpg" alt="490987039.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/490987039.vignette.jpg" alt="490987039.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/490987039.vignette.jpg" alt="490987039.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/490987039.vignette.jpg" alt="490987039.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est la même chose que dit un peu plus loin dans &laquo;&nbsp;Et puis, un jour,&#8230;&nbsp;&raquo; Azambuja:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;&#8230;le tremblement c&rsquo;est la vie et sa perturbation.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/edouard02.vignette.jpg" alt="edouard02.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/edouard02.vignette.jpg" alt="edouard02.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/edouard02.vignette.jpg" alt="edouard02.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/edouard02.vignette.jpg" alt="edouard02.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/edouard02.vignette.jpg" alt="edouard02.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/edouard02.vignette.jpg" alt="edouard02.jpg" /></p>
<p>L&rsquo;équilibre est difficile à trouver. Le danseur le sait.</p>
<p>Mais on ne peut vivre sans &laquo;&nbsp;tremblement&nbsp;&raquo;, sans bond, sans pouvoir sauter, sans frôler le vide et le précipice, sans vertige, sans équilibre incertain, sans incertitude.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/28367769985909f8508ao.vignette.jpg" alt="28367769985909f8508ao.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/28367769985909f8508ao.vignette.jpg" alt="28367769985909f8508ao.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/28367769985909f8508ao.vignette.jpg" alt="28367769985909f8508ao.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/28367769985909f8508ao.vignette.jpg" alt="28367769985909f8508ao.jpg" /></p>
<p>La vie va sur des chemins à inventer.</p>
<p>La vie n&rsquo;est pas dans les chemins déjà tracés.</p>
<p>La vie est une surprise.</p>
<p> </p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Une &#171;&#160;contre-critique&#160;&#187; de la photographie (chap I)</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/04/15/une-contre-critique-de-la-photographie-chap-i/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Apr 2010 06:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[   &#171;&#160;Rien n&#8217;aura eu lieu que le lieu&#160;&#187; (Stéphane Mallarmé) Il y a quelque chose de surprenant dans tout ce qui s&#8217;écrit à propos de la photographie. Ce qui est surprenant c&#8217;est que chaque fois, on y fait référence au temps et à l&#8217;espace, à la réalité, la vérité, la subjectivité et l&#8217;objectivité, à l&#8217;apparence et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/022.jpg" class="imagelink" title="022.jpg" rel="lightbox[1406]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/380.jpg" class="imagelink" title="380.jpg" rel="lightbox[1406]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/p1010987.jpg" class="imagelink" title="p1010987.jpg" rel="lightbox[1406]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/paris0609343.jpg" class="imagelink" title="paris0609343.jpg" rel="lightbox[1406]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/024.jpg" class="imagelink" title="024.jpg" rel="lightbox[1406]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/024.jpg" alt="024.jpg" width="400" /></a> </p>
<p><em><font size="1"> </font></em><em>&laquo;&nbsp;Rien n&rsquo;aura eu lieu que le lieu&nbsp;&raquo; </em>(Stéphane Mallarmé)</p>
<p>Il y a quelque chose de surprenant dans tout ce qui s&rsquo;écrit à propos de la photographie.</p>
<p>Ce qui est surprenant c&rsquo;est que chaque fois, on y fait référence au temps et à l&rsquo;espace, à la réalité, la vérité, la subjectivité et l&rsquo;objectivité, à l&rsquo;apparence et à l&rsquo;être.</p>
<p>Et, cette référence est rarement &laquo;&nbsp;critique&nbsp;&raquo;. Ce qui veut dire qu&rsquo;elle entreprend rarement une démarche qui définirait les propres fondements de la photographie, ce qu&rsquo;est, fondamentalement, la photographie.  </p>
<p>Dans sa &laquo;&nbsp;Critique de la raison photographique&nbsp;&raquo; (Encre marine, éditions des Belles-Lettres) Jérôme Thélot, lui n&rsquo;y va pas quatre chemins. Il se réfère dès le titre à la &laquo;&nbsp;Critique de la Raison pure&nbsp;&raquo; de Kant. Et, il s&rsquo;inscrit, brillamment il faut le dire, dans une perspective authentiquement phénoménologique. (C&rsquo;est Jérôme Thélot qui se réfère à la citation de Mallarmé rappelée ci-dessus, au début de son livre).   </p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/cret0909010.vignette.jpg" alt="cret0909010.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/cret0909010.vignette.jpg" alt="cret0909010.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/cret0909010.vignette.jpg" alt="cret0909010.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/cret0909010.vignette.jpg" alt="cret0909010.jpg" /></p>
<p>Mais cette &laquo;&nbsp;critique&nbsp;&raquo; qu&rsquo;élabore Jérôme Thélot semble parfois si loin de ce qu&rsquo;est la photographie, de ce qu&rsquo;elle est profondément, que &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; se propose d&rsquo;esquisser une &laquo;&nbsp;contre-critique&nbsp;&raquo; des thèses proposées dans ce livre.</p>
<p>Et, en chemin, &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; reformulera, à propos de l&rsquo;art photographique, quelques points de vue déjà évoqués dans des articles antérieurs, notamment à propos d&rsquo;Henri Cartier-Bresson ou de la danse et de la photographie par exemple.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/022.jpg" alt="022.jpg" width="400" /></p>
<p>Jérôme Thélot nous dit que la photographie &laquo;&nbsp;<em>livre bientôt </em>au photographe son<em> propre présent comme son passé.</em>&laquo;&nbsp; Entendons: &laquo;&nbsp;comme étant son passé&nbsp;&raquo;, comme étant représentation de son passé, le mettant à sa façon face à celui-ci.</p>
<p>Il ajoute ainsi que le présent est alors pris dans chaque photographie comme <em>&laquo;&nbsp;dans une représentation&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>Si Jérôme Thélot peut affirmer ceci en toute introduction de son travail, il faut bien que cette proposition, cette thèse, soit l&rsquo;expression  d&rsquo;une conception encore plus profonde. Le mérite insigne de Jérôme Thélot c&rsquo;est que cette thèse est le fait d&rsquo;une authentique ontologie: elle est une conception fondamentale de ce qu&rsquo;<strong>est</strong> la photographie, ce qu&rsquo;il l&rsquo;appelle <em>&laquo;&nbsp;le photographique&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>Cette thèse c&rsquo;est que, <em>&laquo;&nbsp;ce qui se trouve dit dans son nom de photographie, <strong>écriture de la lumière, </strong>est une essence telle que ce qu&rsquo;elle déploie &#8230; dans les photos &#8230; c&rsquo;est <strong>le monde </strong>- le monde que la lumière expose, et tel qu&rsquo;elle l&rsquo;expose.&nbsp;&raquo; </em>(c&rsquo;est l&rsquo;auteur qui souligne)</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/028.vignette.jpg" alt="028.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/016.vignette.jpg" alt="016.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/015.vignette.jpg" alt="015.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/028.vignette.jpg" alt="028.jpg" /></p>
<p>Ici, nous avons développé déjà dans des articles précédents une idée, disons, inverse. Celle selon laquelle &laquo;&nbsp;la lumière photographique&nbsp;&raquo; n&rsquo;est, dans son principe, dans son essence qui est aussi bien sa &laquo;&nbsp;matière&nbsp;&raquo;, qu&rsquo;une &laquo;&nbsp;lumière invisible&nbsp;&raquo;, intérieure et absolument &laquo;&nbsp;hors du monde&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Jérôme Thélot, dès qu&rsquo;il porte l&rsquo;affirmation citée ici, approche l&rsquo;aporie sinon la contradiction, sinon l&rsquo;empêchement et en tout cas la difficulté.</p>
<p>Il écrit ceci:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;&#8230;inversement&#8230;l&rsquo;essence des individus vivants -la subjectivité de tout homme réel- n&rsquo;appartient pas&#8230;à la lumière, au règne de laquelle elle demeure largement étrangère&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>et d&rsquo;opposer sous le concept <em>&laquo;&nbsp;d&rsquo;ambivalence affective&nbsp;&raquo;</em>  <em>&laquo;&nbsp;le radical dehors&nbsp;&raquo;</em> de la photographie d&rsquo;une part et le spectateur comme <em>&laquo;&nbsp;tout autre que ce monde lumineux&nbsp;&raquo; </em>d&rsquo;autre part.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/cret0909006.vignette.jpg" alt="cret0909006.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/cret0909006.vignette.jpg" alt="cret0909006.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/cret0909006.vignette.jpg" alt="cret0909006.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/cret0909006.vignette.jpg" alt="cret0909006.jpg" /></p>
<p>Alors qu&rsquo;il convient bien plutôt de comprendre (et peut-être de montrer ou de démontrer, convenons-en) que si la photographie est un art c&rsquo;est parce qu&rsquo;elle a ce pouvoir de faire surgir dans <strong>un seul et unique </strong>mouvement et le sujet, et le photographe et le spectateur. (Nous y reviendrons dans un prochain article).</p>
<p>La photographie est ainsi, peut-être, la preuve la plus éclatante qu&rsquo;entre la subjectivité en tant qu&rsquo;auto-affection, dans son plus intime soi-même, en tant que soi qui se ressent soi-même, dans le plus secret et le plus invisible d&rsquo;elle-même d&rsquo;une part et la lumière du monde, de l&rsquo;extériorité d&rsquo;autre part, il n&rsquo;y a pas de différence. Pas de différence possible. Il n&rsquo;y a pas deux mondes qui seraient étrangers l&rsquo;un à l&rsquo;autre et qui pourraient exister l&rsquo;un sans l&rsquo;autre. (Nous y reviendrons aussi).</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/380.jpg" alt="380.jpg" width="400" /></p>
<p>Ca n&rsquo;est pas -pour le dire autrement- (et pour revenir au <em>&laquo;&nbsp;futur antérieur&nbsp;&raquo; </em>de Mallarmé tel que le décrit Jérôme Thélot) ça n&rsquo;est pas le présent qui se livre comme passé mais peut-être bien davantage, le passé qui se livre comme présent.</p>
<p>Et davantage: le présent de la photographie, celle qui se saisit, celle en train de se faire, dans le studio, comme devant la mer ou au pied de la montagne, <strong>de même </strong>que celle qui se trouve contemplée par un spectateur, toutes deux échappent et au temps (et donc au passé, au présent et au futur fut-il antérieur) et à l&rsquo;espace.</p>
<p>Pour cette unique raison que la photographie ne nous montre jamais un objet, jamais un monde, un monde obscur qui n&rsquo;apparaîtrait alors que parce que la lumière, (dans sa clarté et dans celle du laboratoire -chimique ou virtuel- qui non seulement la restituerait mais en quelque sorte la provoquerait), nous le révélerait.</p>
<p>La lumière de la photographie n&rsquo;est pas la lumière du monde extérieur.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/paris0609343.jpg" alt="paris0609343.jpg" width="400" /></p>
<p>Jérôme Thélot le pressent mais reste semble-t-il cependant comme enclos dans une approche de la photographie qui demeurerait empreinte de ces a priori selon lesquels elle représente toujours et elle représente toujours quelque chose comme le monde.</p>
<p>Il prononcera ainsi cette phrase &laquo;&nbsp;définitive&nbsp;&raquo;: <em>&laquo;&nbsp;ces photos qui sont <strong>du dehors</strong> et ne peuvent être rien d&rsquo;autre.&nbsp;&raquo; </em>(page 48)</p>
<p>Mais les photographies ne sont pas <em>&laquo;&nbsp;du dehors&nbsp;&raquo;, </em>elles ne montrent rien des objets ou des faits du monde. Elles ne sont qu&rsquo;une subjectivité en train d&rsquo;être. Ou bien celle du portrait (de la jeune fille ou du vieillard, de la personne en tout cas) ou bien celle du photographe lui-même ou bien encore celle du spectateur de l&rsquo;exposition.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/paris0609334.vignette.jpg" alt="paris0609334.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/paris0609334.vignette.jpg" alt="paris0609334.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/paris0609334.vignette.jpg" alt="paris0609334.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/paris0609334.vignette.jpg" alt="paris0609334.jpg" /></p>
<p>Ou alors les photographies sont documentaires, informatives et dans ce cas elles ne prétendent pas être constitutives d&rsquo;une esthétique; elles ne sont pas de l&rsquo;art.</p>
<p>Si elles sont de l&rsquo;art, alors elles sont abstraites, abstraites du monde et non pas reflet du dehors qu&rsquo;est ce monde-ci ou ce monde-là.</p>
<p>Si elles sont de l&rsquo;art, elles sont la manifestation subjective d&rsquo;une subjectivité. Elles sont une &laquo;&nbsp;émotion&nbsp;&raquo; (une sorte d&rsquo;affection par soi-même, une &laquo;&nbsp;manifestation&nbsp;&raquo; de celle-ci), le fruit d&rsquo;une &laquo;&nbsp;émotion&nbsp;&raquo;, cette &laquo;&nbsp;émotion&nbsp;&raquo; elle-même et aussi la source d&rsquo;une &laquo;&nbsp;émotion&nbsp;&raquo;. Et c&rsquo;est même seulement dans ce dernier cas qu&rsquo;elles sont pleinement création, &laquo;&nbsp;sculpture artistique&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Car la photographie n&rsquo;est pas un &laquo;&nbsp;média&nbsp;&raquo; (ou un &laquo;&nbsp;médium&nbsp;&raquo;, un intermédiaire). La photographie est un art. Elle fait surgir le &laquo;&nbsp;soi&nbsp;&raquo; et mieux encore elle donne son &laquo;&nbsp;soi&nbsp;&raquo; au &laquo;&nbsp;soi&nbsp;&raquo; lui-même.</p>
<p>Et, si comme le dit Michel Henry (philosophe que nous avons déjà cité maintes fois ici-même et auquel aussi se réfère Jérôme Thélot) <em>&laquo;&nbsp;la subjectivité n&rsquo;a besoin d&rsquo;aucune médiation pour faire l&rsquo;expérience de sa propre vie&nbsp;&raquo; (in &laquo;&nbsp;Philosophie et phénoménologie du corps&nbsp;&raquo; éditions PUF) </em>alors la photographie exprime la vie, elle est un instant de cette vie.</p>
<p>Car le photographique -pour reprendre la très juste formule de Jérôme Thélot- est subjectif, il est subjectivité.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/04/p1010987.jpg" alt="p1010987.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(les photographies de cet article sont de M Arcens)</font></em></p>
<p>Avant de poursuivre -une autre fois, dans un prochain article- cette &laquo;&nbsp;contre-critique&nbsp;&raquo;, un instant avec Hervé Guibert, parlant des photographies de Jean-Claude Larrieu:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;&#8230; ses photos ne ressemblent à aucune autre, parce que au lieu de la satisfaction graphique pour les lieux, ou la dérision pour les personnages, elles arrivent à tirer une chose vraie et profondément humaine, un sentiment.&nbsp;&raquo; (in &laquo;&nbsp;La photo, inéluctablement&nbsp;&raquo; éditions Gallimard)</em></p>
<p> </p>
<p> </p>
]]></content:encoded>
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		<title>Sur le chemin des Busclats: approche de René Char</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/04/08/sur-le-chemin-des-busclats-approche-de-rene-char/</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Apr 2010 06:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[(par Nicolas de Stael) Dansons aux Baronnies En robe d&#8217;olivier l&#8217;Amoureuse avait dit: Croyez à ma très enfantine fidélité. Et depuis, une vallée ouverte une côte qui brille un sentier d&#8217;alliance ont envahi la ville où la libre douleur est sous le vif de l&#8217;eau. René Char est sans doute l&#8217;un des poètes du XX° [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char1.jpg" class="imagelink" title="char1.jpg" rel="lightbox[1435]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/renecharhallba4b0.jpg" class="imagelink" title="renecharhallba4b0.jpg" rel="lightbox[1435]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/pictureaspx.jpg" class="imagelink" title="pictureaspx.jpg" rel="lightbox[1435]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/pictureaspx.jpg" alt="pictureaspx.jpg" width="400" /></a></strong></em></p>
<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/gilletpa1181995462.jpg" class="imagelink" title="gilletpa1181995462.jpg" rel="lightbox[1435]"></a><font size="1">(par Nicolas de Stael)</font><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/1003952.jpg" class="imagelink" title="1003952.jpg" rel="lightbox[1435]"></a></em></p>
<p><em><strong>Dansons aux Baronnies</strong></em></p>
<p><em>En robe d&rsquo;olivier</em></p>
<p><em>l&rsquo;Amoureuse</em></p>
<p><em>avait dit:</em></p>
<p><em>Croyez à ma très enfantine fidélité.</em></p>
<p><em>Et depuis,</em></p>
<p><em>une vallée ouverte</em></p>
<p><em>une côte qui brille</em></p>
<p><em>un sentier d&rsquo;alliance</em></p>
<p><em>ont envahi la ville</em></p>
<p><em>où la libre douleur est sous le vif de l&rsquo;eau.</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/1003952.jpg" alt="1003952.jpg" width="400" /></p>
<p><em></em></p>
<p>René Char est sans doute l&rsquo;un des poètes du XX° siècle les plus fascinants. Sinon même celui qui est fascination. Par sa clarté. Par son obscurité. Sans que celles-ci constituent un quelconque oxymore. Char est éclairant. Il est aussi aveuglant. Mais le plus souvent, pas au même moment. Ou alors ça n&rsquo;est pas dans la même lecture.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/gilletpa1181995462.jpg" alt="gilletpa1181995462.jpg" width="400" /></p>
<p><font size="1"><em>(par Nicolas de Stael)</em></font></p>
<p>Les commentaires de Char sont nombreux. Ils ne sont pas toujours sources de bonheur; je veux dire que, trop souvent, ils me paraissent dissimuler et même parfois dissiper le poème quand ça n&rsquo;est pas l&rsquo;oeuvre tout entière.</p>
<p>Il leur manque souvent la simplicité que Char, il me semble, aimait.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char2.vignette.jpg" alt="char2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char2.vignette.jpg" alt="char2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char2.vignette.jpg" alt="char2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char2.vignette.jpg" alt="char2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char2.vignette.jpg" alt="char2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char2.vignette.jpg" alt="char2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char2.vignette.jpg" alt="char2.jpg" /></p>
<p>Ca n&rsquo;est pas à l&rsquo;intelligence de la raison, du calcul, du décompte que René Char s&rsquo;est jamais adressé. (Il disait je crois, qu&rsquo;elle &laquo;&nbsp;divisait&nbsp;&raquo;). Mais à celle de l&rsquo;immédiateté de la vie en train de se vivre ou à celle du désir, ou à celle de la volonté, du projet de l&rsquo;audace, du courage le plus inouï parce que le plus indispensable. A celle du risque.</p>
<p>On ne s&rsquo;attachera pas ici au moindre commentaire de René Char.</p>
<p align="left"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char3.jpg" alt="char3.jpg" align="right" /></p>
<p>Parce qu&rsquo;il  y a, comme cela, des oeuvres qui sont elles-mêmes. Elles n&rsquo;ont besoin de rien d&rsquo;autre qu&rsquo;elles pour demeurer dans leur génie.</p>
<p>On notera seulement que le livre de Laurent Greilsamer &laquo;&nbsp;L&rsquo;éclair au front&nbsp;&raquo; (éditions Fayard) est la biographie la plus admirable qui soit. Parce qu&rsquo;elle nous conduit comme en proximité et en voisinage de René Char. Sans prétendre pour autant tout expliquer.</p>
<p>Ce que l&rsquo;on peut faire avec René Char, c&rsquo;est s&rsquo;approcher&#8230;seulement s&rsquo;approcher, un peu.</p>
<p>Ce que l&rsquo;on peut faire avec René Char, c&rsquo;est essayer de trouver l&rsquo;un de ces chemins, l&rsquo;un de ces sentiers, l&rsquo;une de ces pentes qu&rsquo;il devait parfois parcourir du côté de L&rsquo;Isle-sur-Sorgue.</p>
<p>Et peut-être comprendrons-nous qu&rsquo;un jour, ou bien qu&rsquo;un soir, à la tombée du soir, ce n&rsquo;est pas nous qui nous approcherons de Char mais peut-être bien, lui qui s&rsquo;approchera de nous.</p>
<p>Voici pourquoi, aujourd&rsquo;hui &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; ne dira rien d&rsquo;autre, aujourd&rsquo;hui, que quelques textes de René Char.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.vignette.jpg" alt="minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.vignette.jpg" alt="minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.vignette.jpg" alt="minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.vignette.jpg" alt="minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.vignette.jpg" alt="minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.vignette.jpg" alt="minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.vignette.jpg" alt="minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.vignette.jpg" alt="minegraveaquarelleetdetrempesurpapier19391254825755.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(par Paul Klee)</font></em></p>
<p><strong><em>Dieux et morts</em></strong></p>
<p><em>Nuls dieux à l&rsquo;extérieur de nous, car ils sont le fruit de la seule de nos pensées qui ne conquiert pas la mort, la mort qui, lorsque le Temps nous embarque à son bord, </em>chuchote, <em>une encablure en avant.</em></p>
<p><em>Ô délices, ô sabotages!</em></p>
<p><em>Roule le roc, éclate l&rsquo;arbre,</em></p>
<p><em>Conspué soit l&rsquo;innocent.</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Voilà le temps des assassins!&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em>C&rsquo;était beaucoup et c&rsquo;était peu.</em></p>
<p><em>Voilà le temps du suintement!</em></p>
<p><em>Voilà le temps des instructeurs!</em></p>
<p><em>Voilà le temps des délateurs!</em></p>
<p><em>*</em></p>
<p><em>Refuse les stances de la mémoire.</em></p>
<p><em>Remonte au servage de ta faim, </em></p>
<p><em>Indocile et dans le froid.</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char5.vignette.jpg" alt="char5.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char5.vignette.jpg" alt="char5.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char5.vignette.jpg" alt="char5.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char5.vignette.jpg" alt="char5.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char5.vignette.jpg" alt="char5.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(par Joan Miro)</font></em></p>
<p><em></em></p>
<p><strong><em>Ebriété</em></strong></p>
<p><em>Tandis que la moisson achevait de se graver sur le cuivre du soleil, une alouette chantait dans la faille du grand vent sa jeunesse qui allait prendre fin. L&rsquo;aube d&rsquo;automne parée de ses miroirs déchirés de coups de feu, dans trois mois retentirait.</em></p>
<p><em><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/char1.jpg" alt="char1.jpg" width="400" /></em></p>
<p><strong><em>A la santé du serpent</em></strong></p>
<p><em>Je chante la chaleur à visage</em></p>
<p><em>de nouveau-né, la chaleur désespérée;</em></p>
<p><em>*</em></p>
<p><em>Au tour du pain de rompre l&rsquo;homme,</em></p>
<p><em>d&rsquo;être la beauté du point-du jour.</em></p>
<p><em>*</em></p>
<p><em>Celui qui se fie au tournesol ne méditera pas dans la maison.</em></p>
<p><em>Toutes les pensées de l&rsquo;amour deviendront ses pensées.</em></p>
<p><em>*</em></p>
<p><em>Dans la boucle de l&rsquo;hirondelle un orage s&rsquo;informe, un jardin se construit.</em></p>
<p><em>*</em></p>
<p><em>Il y aura toujours une goutte d&rsquo;eau pour durer</em></p>
<p><em>plus que le soleil sans que l&rsquo;ascendant du soleil soit ébranlé.</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/georgesdelatourstjoseph.jpg" alt="georgesdelatourstjoseph.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/georgesdelatourstjoseph.jpg" alt="georgesdelatourstjoseph.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(par Georges de La Tour)</font></em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.vignette.jpg" alt="7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.vignette.jpg" alt="7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.vignette.jpg" alt="7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.vignette.jpg" alt="7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.vignette.jpg" alt="7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.vignette.jpg" alt="7bcef879f57f5faa81249d2cc357a1c8.jpg" /></p>
<p>Références:</p>
<p>* &laquo;&nbsp;Dans l&rsquo;atelier du poète&nbsp;&raquo; René Char (collection Quarto éditions Gallimard)</p>
<p>* &laquo;&nbsp;René Char&nbsp;&raquo; Cahier de l&rsquo;Herne</p>
<p>* &laquo;&nbsp;Faire du chemin avec&#8230;&nbsp;&raquo; Marie-Claude Char (éditions Gallimard)</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/20070613charjacquesrobert.vignette.jpg" alt="20070613charjacquesrobert.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/20070613charjacquesrobert.vignette.jpg" alt="20070613charjacquesrobert.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/20070613charjacquesrobert.vignette.jpg" alt="20070613charjacquesrobert.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/20070613charjacquesrobert.vignette.jpg" alt="20070613charjacquesrobert.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/20070613charjacquesrobert.vignette.jpg" alt="20070613charjacquesrobert.jpg" /></p>
<p> * en musique &laquo;&nbsp;Le marteau sans maître&nbsp;&raquo; avec l&rsquo;Ensemble intercontemporain&nbsp;&raquo; et Pierre Boulez</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Ensemble-Intercontemporain/albums/Boulez:-Le-Marteau-Sans-Maitre;-Derive-1-&#038;-2-8888880002295.html?play=01">http://www.musicme.com/Ensemble-Intercontemporain/albums/Boulez:-Le-Marteau-Sans-Maitre;-Derive-1-&#038;-2-8888880002295.html?play=01</a></p>
<p>sans oublier cet enregistrement (CD) où René Char lit quelques-uns de ses poèmes&#8230;et où sa voix, présente, nous parle intensément.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/renecharhallba4b0.jpg" alt="renecharhallba4b0.jpg" width="400" /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Fernando Pessoa: une existence hors du temps</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/04/01/fernando-pessoa-une-existence-hors-du-temps/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Apr 2010 06:02:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[(photographie M Arcens) &#171;&#160;Mon regard aussi bleu que le ciel est aussi calme que l&#8217;eau au soleil. Il est ainsi, et bleu et calme, parce qu&#8217;il n&#8217;interroge ni ne s&#8217;effraie&#8230;&#160;&#187; (Le gardeur de troupeaux XXIII, Poésie/Gallimard)  (phtographie M Arcens) Fernando Pessoa (1888-1935) est un écrivain à propos duquel les commentaires les plus courants (et qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/6a00e553c8c40f88330120a5f2177e970b.jpg" class="imagelink" title="6a00e553c8c40f88330120a5f2177e970b.jpg" rel="lightbox[1407]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/nu015.jpg" class="imagelink" title="nu015.jpg" rel="lightbox[1407]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/parcsanvicens008.jpg" class="imagelink" title="parcsanvicens008.jpg" rel="lightbox[1407]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/709.jpg" class="imagelink" title="709.jpg" rel="lightbox[1407]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/parcsanvicens032.jpg" class="imagelink" title="parcsanvicens032.jpg" rel="lightbox[1407]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/parcsanvicens017.jpg" class="imagelink" title="parcsanvicens017.jpg" rel="lightbox[1407]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/571.jpg" class="imagelink" title="571.jpg" rel="lightbox[1407]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/028.jpg" class="imagelink" title="028.jpg" rel="lightbox[1407]"></a><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/p1010315.jpg" alt="p1010315.jpg" /></em></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p><em></em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Mon regard aussi bleu que le ciel</em></p>
<p><em>est aussi calme que l&rsquo;eau au soleil.</em></p>
<p><em>Il est ainsi, et bleu et calme,</em></p>
<p><em>parce qu&rsquo;il n&rsquo;interroge ni ne s&rsquo;effraie&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>(<em>Le gardeur de troupeaux XXIII, </em>Poésie/Gallimard)</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/parcsanvicens031.jpg" alt="parcsanvicens031.jpg" width="400" /></p>
<p> <em><font size="1">(phtographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Fernando Pessoa (1888-1935) est un écrivain à propos duquel les commentaires les plus courants (et qui portent alors sur les noms d&rsquo;emprunt qui furent les siens, à l&rsquo;instar du philosophe danois Soren Kierkegaard, sur les &laquo;&nbsp;hétéronymes&nbsp;&raquo; donc) masquent ou déforment parfois le génie.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/pessoa1197022838.jpg" alt="pessoa1197022838.jpg" width="400" /></p>
<p>&laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; se propose d&rsquo;ouvrir aujourd&rsquo;hui une autre approche, de cheminer un moment au voisinage de Pessoa, sur une autre route. Parfois contraire aux analyses souvent réitérées.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/pessoa1202813613.vignette.jpg" alt="pessoa1202813613.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/003almadanegreirospessoa.vignette.jpg" alt="003almadanegreirospessoa.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/pessoa1202813613.vignette.jpg" alt="pessoa1202813613.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/003almadanegreirospessoa.vignette.jpg" alt="003almadanegreirospessoa.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/pessoa1202813613.vignette.jpg" alt="pessoa1202813613.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/003almadanegreirospessoa.vignette.jpg" alt="003almadanegreirospessoa.jpg" /></p>
<p>Laissons donc Pessoa venir simplement jusqu&rsquo;à nous: écoutons-le en quelques-uns de ses poèmes.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/parcsanvicens008.jpg" alt="parcsanvicens008.jpg" align="right" width="400" /></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Lorsque l&rsquo;été passe sur mon visage</em></p>
<p><em>la main légère et chaude de sa brise,</em></p>
<p><em>je n&rsquo;ai qu&rsquo;à éprouver du plaisir de ce qu&rsquo;elle soit la brise</em></p>
<p align="left"><em>ou à éprouver du déplaisir de ce qu&rsquo;elle soit chaude</em></p>
<p><em>et, de quelque manière que je l&rsquo;éprouve,</em></p>
<p><em>c&rsquo;est ainsi, puisqu&rsquo;ainsi je l&rsquo;éprouve, qu&rsquo;il est de mon devoir de l&rsquo;éprouver.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>(<em>Le gardeur de troupeaux XXII</em>)</p>
<p>Si on le dit de façon &laquo;&nbsp;théorique&nbsp;&raquo;, Pessoa définit ce qu&rsquo;il est, ce que nous sommes, disons la subjectivité, comme &laquo;&nbsp;épreuve&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Je suis parce que j&rsquo;éprouve.</p>
<p>&laquo;&nbsp;J&rsquo;éprouve, donc je suis.&nbsp;&raquo; A l&rsquo;opposé de la pensée. A l&rsquo;opposé du &laquo;&nbsp;cartésianisme&nbsp;&raquo;. A l&rsquo;opposé de la pensée comme science &laquo;&nbsp;galiléenne&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="right"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/fernandopessoa2.jpg" alt="fernandopessoa2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/fernandopessoa2.jpg" alt="fernandopessoa2.jpg" /></p>
<p>Pessoa écrit aussi:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je cherche à dire ce que j&rsquo;éprouve</em></p>
<p><em>sans penser à ce que j&rsquo;éprouve.</em></p>
<p><em>Je cherche à appuyer les mots contre l&rsquo;idée</em></p>
<p><em>et à n&rsquo;avoir pas besoin du couloir </em></p>
<p><em>de la pensée pour conduire à la parole.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>(<em> id XLVI</em>)</p>
<p>L&rsquo;épreuve est avant la pensée, elle en est l&rsquo;opposé.</p>
<p>L&rsquo;épreuve est au commencement. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;après que vient la pensée.</p>
<p>C&rsquo;est quand la nuit tombe que s&rsquo;envole l&rsquo;oiseau de Minerve.</p>
<p>Mais, nous dit Fernando Pessoa, il y a une parole de l&rsquo;épreuve qui n&rsquo;a pas besoin de la pensée.</p>
<p>L&rsquo;épreuve peut s&rsquo;exprimer, par les mots.</p>
<p>Et comme telle.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/fernandopessoa1.vignette.jpg" alt="fernandopessoa1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/fernandopessoa1.vignette.jpg" alt="fernandopessoa1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/fernandopessoa1.vignette.jpg" alt="fernandopessoa1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/fernandopessoa1.vignette.jpg" alt="fernandopessoa1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/fernandopessoa1.vignette.jpg" alt="fernandopessoa1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/fernandopessoa1.vignette.jpg" alt="fernandopessoa1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/fernandopessoa1.vignette.jpg" alt="fernandopessoa1.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est le premier des &laquo;&nbsp;Poèmes désassemblés&nbsp;&raquo;: le voici tout entier.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/parcsanvicens032.jpg" alt="parcsanvicens032.jpg" align="right" width="400" /></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il ne suffit pas d&rsquo;ouvrir la fenêtre</em></p>
<p><em>pour voir les champs et la rivière.</em></p>
<p><em>Il ne suffit pas de n&rsquo;être pas aveugle</em></p>
<p><em>pour voir les arbres et les fleurs.</em></p>
<p><em>Il faut également n&rsquo;avoir aucune philosophie.</em></p>
<p><em>Avec la philosophie il n&rsquo;y a pas d&rsquo;arbres: il n&rsquo;y a que des idées.</em></p>
<p><em>Il n&rsquo;y a que chacun d&rsquo;entre nous, telle une cave.</em></p>
<p><em>Il n&rsquo;y a qu&rsquo;une fenêtre fermée, et tout l&rsquo;univers à l&rsquo;extérieur;</em></p>
<p><em>et le rêve de ce qu&rsquo;on pourrait voir si la fenêtre s&rsquo;ouvrait,</em></p>
<p><em>et qui jamais n&rsquo;est ce qu&rsquo;on voit quand la fenêtre s&rsquo;ouvre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Pessoa nous dit que l&rsquo;épreuve de ce que nous voyons ne se confond jamais avec ce que nous voyons, avec la chose, avec l&rsquo;extérieur, avec l&rsquo;univers, avec le monde. L&rsquo;épreuve du monde n&rsquo;est pas le monde. Elle est nous.</p>
<p>Et peut-être alors ne sommes-nous pas de ce monde&#8230;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/p1000726.jpg" alt="p1000726.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je n&rsquo;arrive pas à comprendre comment on peut trouver triste un couchant.</em></p>
<p><em>A moins que ce ne soit parce qu&rsquo;un couchant n&rsquo;est pas une aurore.</em></p>
<p><em>Mais s&rsquo;il est un couchant, comment pourrait-il bien être une aurore?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>(<em>id</em>)</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/709.jpg" alt="709.jpg" align="right" width="400" /></p>
<p>Et, dans le premier des &laquo;&nbsp;Poèmes retrouvés&nbsp;&raquo;, publiés seulement en 1960, ceci:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Toutes les opinions sur la nature qui ont cours</em></p>
<p><em>n&rsquo;ont jamais fait pousser une herbe ou naître une fleur.</em></p>
<p><em>Toute la somme des connaissances relatives aux choses jamais ne fut chose à quoi je pusse adhérer autant qu&rsquo;aux choses.</em></p>
<p><em>Si la science entend être véridique, est-il science plus véridique que celle des choses étrangères à la science?</em></p>
<p><em>Je ferme les yeux et la terre sur laquelle je me couche</em></p>
<p><em>a une réalité si réelle qu&rsquo;il n&rsquo;est jusqu&rsquo;à mon échine qui ne le sente.</em></p>
<p><em>Quel besoin ai-je de ratiociner si j&rsquo;ai des épaules?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Ca n&rsquo;est pas entre les choses et l&rsquo;épreuve que j&rsquo;en fais qu&rsquo;il y a une différence irréductible mais bien plutôt entre cette épreuve et les choses elles-mêmes d&rsquo;une part, et les idées d&rsquo;autre part. </p>
<p>Si j&rsquo;ai des épaules, si j&rsquo;existe, si je suis moi, si je suis ce que je suis alors, ce qui me fait être moi, mon être, c&rsquo;est précisément d&rsquo;exister, de vivre, de ressentir: d&rsquo;éprouver, d&rsquo;être cette épreuve.</p>
<p>La réalité est cette épreuve elle-même.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/pessoamur1195305546.vignette.jpg" alt="pessoamur1195305546.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/wanderingpessoa1.vignette.jpg" alt="wanderingpessoa1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/pessoamur1195305546.vignette.jpg" alt="pessoamur1195305546.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/wanderingpessoa1.vignette.jpg" alt="wanderingpessoa1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/pessoamur1195305546.vignette.jpg" alt="pessoamur1195305546.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/wanderingpessoa1.vignette.jpg" alt="wanderingpessoa1.jpg" /></p>
<p>Cet autre poème parmi les &laquo;&nbsp;Poèmes desassemblés&nbsp;&raquo; dit ceci:</p>
<p><em>Vis, dis-tu dans le présent;</em></p>
<p><em>ne vis que dans le présent.</em></p>
<p><em>*</em></p>
<p><em>Mais moi je ne veux pas le présent, je veux la réalité;</em></p>
<p><em>je veux les choses qui existent, non le temps qui les mesure.</em></p>
<p><em>*</em></p>
<p><em>Qu&rsquo;est-ce que le présent?</em></p>
<p><em>C&rsquo;est une chose relative au passé et à l&rsquo;avenir.</em></p>
<p><em>C&rsquo;est une chose qui existe en fonction de l&rsquo;existence d&rsquo;autres choses.</em></p>
<p><em>Moi je veux la seule réalité, les choses sans présent</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/fernandopessoa.jpg" alt="fernandopessoa.jpg" /></p>
<p><em>Je ne veux pas inclure les choses dans mon schéma.</em></p>
<p><em>Je ne veux pas penser les choses en tant que présentes: je veux les penser en tant que choses.</em></p>
<p><em>Je ne veux pas les séparer d&rsquo;elles-mêmes, en les traitant de présentes.</em></p>
<p><em>*<img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/parcsanvicens017.jpg" alt="parcsanvicens017.jpg" align="right" width="400" /></em></p>
<p><em>Je ne devrais même pas les traiter de réelles</em></p>
<p><em>Je ne devrais les traiter de rien du tout.</em></p>
<p><em>Je devrais les voir, simplement les voir;</em></p>
<p><em>les voir jusqu&rsquo;au point de ne pouvoir penser à elles,</em></p>
<p><em>les voir hors du temps, hors de l&rsquo;espace,</em></p>
<p><em>les voir avec la faculté de tout départir, fors le visible.</em></p>
<p><em>Telle est la science de voir &#8211; qui n&rsquo;en est pas une.</em></p>
<p> </p>
<p>Le temps et l&rsquo;espace ne sont pas les catégories qui permettent de définir la réalité, de la comprendre. Ni même et surtout d&rsquo;être nous-mêmes cette réalité.</p>
<p>Le temps qui se mesure est un temps comme spatialisé et il ne dit rien, ni sur moi, ni sur les choses elles-mêmes.</p>
<p>L&rsquo;Etre n&rsquo;est pas du temps. L&rsquo;Etre n&rsquo;est pas le temps.</p>
<p>Ni même du présent. Le présent n&rsquo;est qu&rsquo;un terme relatif au passé et au futur, au temps mesurable.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/028.jpg" alt="028.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>La réalité première qui est cette épreuve que je suis est hors du temps. Elle est hors du monde en ce sens que le monde ne serait qu&rsquo;espace et que temporalité.</p>
<p>Mais cette réalité première est par définition le fondement de toute réalité. Elle est cette épreuve qui est moi. On peut dire qu&rsquo;elle est l&rsquo;existence que je suis: elle est ce que sont mes épaules lorsque je m&rsquo;allonge sur le sol, sur la terre et que je ferme les yeux.</p>
<p>Alors seul, l&rsquo;instant, dans son éternel retour, est le langage qui définit mon existence et ma vie hors du monde, hors du temps: ici, maintenant. Eternelle. </p>
<p>Le langage de l&rsquo;instant est multiple, pourtant.</p>
<p>Il est toujours celui de l&rsquo;amour. Il ne s&rsquo;en distingue pas.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/p1020826.jpg" alt="p1020826.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Haut dans le ciel est la lune printanière.</em></p>
<p><em>Je pense à toi, et complet je m&rsquo;éprouve.</em></p>
<p><em><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/nucarreallambique2a.vignette.jpg" alt="nucarreallambique2a.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/nucarreallambique2a.vignette.jpg" alt="nucarreallambique2a.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/nucarreallambique2a.vignette.jpg" alt="nucarreallambique2a.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/nucarreallambique2a.vignette.jpg" alt="nucarreallambique2a.jpg" /></em></p>
<p><em>Par les champs vagues court jusqu&rsquo;à moi une brise légère.</em></p>
<p><em>Je pense à toi, je murmure ton nom; et je ne suis pas moi;</em></p>
<p><em>je suis heureux.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>(<em>Le pasteur amoureux</em>)</p>
<p>L&rsquo;amour! Où je suis enfin complet, complet comme épreuve de moi et pourtant je ne suis pas moi: en étant pleinement moi, je suis toi. En étant toi, je suis enfin moi-même.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/nu015.vignette.jpg" alt="nu015.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/nu015.vignette.jpg" alt="nu015.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/nu015.vignette.jpg" alt="nu015.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/nu015.vignette.jpg" alt="nu015.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/nu015.vignette.jpg" alt="nu015.jpg" /></p>
<p>L&rsquo;amour! Seul l&rsquo;amour peut cela.</p>
<p> </p>
<p><em></em></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Joë Bousquet: la mémoire d&#8217;un écrivain</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/03/25/joe-bousquet-la-memoire-dun-ecrivain/</link>
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		<pubDate>Thu, 25 Mar 2010 06:05:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Joë Bousquet est l&#8217;un des écrivains essentiels de la littérature contemporaine. Pour autant, s&#8217;il est ainsi parfois célébré, il n&#8217;est pas le plus connu, pas le plus lu&#8230; Pour découvrir ou partager un moment avec Joë Bousquet, &#171;&#160;L&#8217;instant&#160;&#187; a choisi de débuter avec un poème (si Joë Bousquet est à tout moment poète, ses poèmes, ses [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><b><font face="Times New Roman"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/chambrejoebousquet1206519502.jpg" class="imagelink" title="chambrejoebousquet1206519502.jpg" rel="lightbox[1366]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/20photo20thierry20aguiar4375423013.jpg" class="imagelink" title="20photo20thierry20aguiar4375423013.jpg" rel="lightbox[1366]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/striptease2.jpg" class="imagelink" title="striptease2.jpg" rel="lightbox[1366]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/portraitscitizen020.jpg" class="imagelink" title="portraitscitizen020.jpg" rel="lightbox[1366]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/portraitscitizen008.jpg" class="imagelink" title="portraitscitizen008.jpg" rel="lightbox[1366]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/girl6361ir1.jpg" class="imagelink" title="girl6361ir1.jpg" rel="lightbox[1366]"></a><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/300pxjoeb.jpg" alt="300pxjoeb.jpg" /></font></b></p>
<p>Joë Bousquet est l&rsquo;un des écrivains essentiels de la littérature contemporaine.</p>
<p>Pour autant, s&rsquo;il est ainsi parfois célébré, il n&rsquo;est pas le plus connu, pas le plus lu&#8230;</p>
<p>Pour découvrir ou partager un moment avec Joë Bousquet, &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; a choisi de débuter avec un poème (si Joë Bousquet est à tout moment poète, ses poèmes, ses écrits sous forme poétique sont peu nombreux et sont tous réunis dans le recueil intitulé &laquo;&nbsp;La connaissance du soir&nbsp;&raquo;).</p>
<p>La meilleure connaissance que l&rsquo;on peut avoir d&rsquo;un écrivain c&rsquo;est, à coup sûr, de lire et d&rsquo;entendre ce qu&rsquo;il dit dans le silence même de cette lecture.</p>
<p> </p>
<p align="right"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jb20magritte.jpg" alt="jb20magritte.jpg" align="left" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jb20magritte.jpg" alt="jb20magritte.jpg" align="left" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jb20magritte.jpg" alt="jb20magritte.jpg" align="left" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jb20magritte.jpg" alt="jb20magritte.jpg" align="left" /></p>
<p align="left"><strong><font face="Times New Roman" size="4"><em></em></font></strong></p>
<p align="left"><strong><font face="Times New Roman" size="4"><em></em></font></strong></p>
<p align="left"><strong><font face="Times New Roman" size="4"><em></em></font></strong></p>
<p align="left"><strong><font face="Times New Roman" size="4"><em></em></font></strong></p>
<p align="left"><strong><font face="Times New Roman" size="4"><em></em></font></strong></p>
<p align="left"><strong><font face="Times New Roman" size="4"><em></em></font></strong></p>
<p align="left"><strong><font face="Times New Roman" size="4"><em></em></font></strong></p>
<p align="left"><strong><font face="Times New Roman" size="4"><em></em></font></strong></p>
<p align="left"><strong><font face="Times New Roman" size="4"><em> </em></font></strong><strong><font face="Times New Roman" size="4"><em>&laquo;&nbsp;Quand l&rsquo;âme eut froid&nbsp;&raquo;</em></font></strong></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Mon coeur ouvert de toutes parts</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Et l&rsquo;effroi du jour que je pleure</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>D&rsquo;un mal sans fin mourant trop tard</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Je ne fus rien que par hasard</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Priez qu&rsquo;on m&rsquo;enterre sur l&rsquo;heure</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em></em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>On reverra dans le brouillard</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Avec ses maux et ses années</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Le roi qu&rsquo;il fut dans la fumée</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>D&rsquo;un feu qui n&rsquo;était nulle part</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Sa mère avait des yeux d&rsquo;eau vive</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Il reviendra dans le brouillard</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Le coeur ouvert par trois poignards</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Vidé par les lunes oisives</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em></em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Mais les ans passent sans nous voir</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>L&rsquo;aube naît d&rsquo;une ombre où l&rsquo;on pleure</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>De quoi voulez-vous que l&rsquo;on meure                                                                                </em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>La nuit ne sait pas qu&rsquo;il fait noir</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Tout est passé pour nous revoir</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Nos pas reviennent pour nous attendre       </em></font></p>
<p align="left"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/girl6361ir1.jpg" alt="girl6361ir1.jpg" align="left" width="400" /></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>On rouvre la classe du soir</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Où l&rsquo;on attend le roi des cendres</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em></em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>J&rsquo;ai cru le voir dans un miroir</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Qui m&rsquo;est resté de mon enfance</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Un chant de source était devant</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Qui m&rsquo;a bercé jusqu&rsquo;au silence</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Et je le suis jusqu&rsquo;à l&rsquo;absence</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Mon corps s&rsquo;ouvrant à tous les vents</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>A bu le froid dans l&rsquo;eau d&rsquo;argent</em></font></p>
<p align="right"> </p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>D&rsquo;un coeur noir qu&rsquo;il est las d&rsquo;entendre                                                 </em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em></em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Tout est trop beau pour être vu</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Un amour plus grand que l&rsquo;espace</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Ferme les yeux qui ne voient plus</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Et l&rsquo;ombre que sa forme efface</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Mendiant son pas mendiant sa place</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Au jour mort d&rsquo;un rêve pareil</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Dira des ombres qui la suivent</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Ma vie avait des yeux d&rsquo;eau vive</em></font></p>
<p align="left"><font face="Times New Roman"><em>Passé prête-moi ton sommeil</em></font></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jb20camberoque202.jpg" alt="jb20camberoque202.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jb20camberoque202.jpg" alt="jb20camberoque202.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jb20camberoque202.jpg" alt="jb20camberoque202.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jb20camberoque202.jpg" alt="jb20camberoque202.jpg" /></p>
<p>Et puis, &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; a aussi laissé la place à Serge Bonnery pour parler de Joë Bousquet.</p>
<p>Serge, parmi ses activités nombreuses, professionnelles ou personnelles, artistiques ou non, préside au destin du &laquo;&nbsp;Centre Joë Bousquet et son temps&nbsp;&raquo; qui a son siège à Carcassonne.</p>
<p>Il nous parle avec justesse, avec intelligence et passion de cet immense écrivain qu&rsquo;est Joë Bousquet.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/3065799840a33ebaf67b1.jpg" alt="3065799840a33ebaf67b1.jpg" /></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p><font size="4"><b><font face="Times New Roman">Joë Bousquet de mémoire </font></b><b><font face="Times New Roman"><b><font face="Times New Roman"></font></b></font></b><b><font face="Times New Roman"> </font></b><b><font face="Times New Roman"><i><font face="Times New Roman">Quatorze séquences pour &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo;.</font></i></font></b></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">1 – La maison de Carcassonne est un hôtel particulier dont l’origine remonte au XVIIIe siècle. Il est situé au cœur de la ville<i> </i>bâtie par Louis IX, une bastide que les Carcassonnais nomment « ville basse », par opposition à la Cité médiévale construite sur une colline dominant le fleuve Aude. La famille Bousquet a pris possession de cet hôtel vers le milieu des années 20. Elle habitait un appartement au premier étage. Le reste de la maison était occupé par des locataires. Dans ce vaste appartement qui, au XIXe siècle, abrita un cercle de jeu, Joë Bousquet s’était vu attribuer par les siens une chambre dont la situation lui conférait une certaine autonomie. Une porte s’ouvre sur un escalier dérobé qui relie directement la pièce à la cour intérieure du rez-de-chaussée. On pouvait, empruntant cet accès, visiter Bousquet sans être vu par quiconque. Sur cette porte, le poète avait fait punaiser sa carte de visite sur laquelle on lisait : Joë Bousquet. Tout simplement. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/3.vignette.jpg" alt="3.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/3.vignette.jpg" alt="3.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/3.vignette.jpg" alt="3.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/3.vignette.jpg" alt="3.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/3.vignette.jpg" alt="3.jpg" /></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">2 – René Nelli, Paul et Gala Eluard, Max Ernst, Louis Aragon et Elsa Triolet, Simone Weil, André Gide, Hans Bellmer, Julien Benda, Gaston Gallimard, Jean Paulhan furent parmi les innombrables visiteurs de la nuit. Au milieu d’eux, des femmes. De jeunes et toujours très belles femmes. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/portraitdejoebousquet.jpg" alt="portraitdejoebousquet.jpg" /></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">3 – Pourquoi Joë Bousquet demeura-t-il immobilisé dans un lit, du 27 mai 1918 au 26 septembre 1950, date de sa mort ? Le 27 mai 1918, sur le front de l’Aisne, à Vailly, le lieutenant Bousquet âgé de 21 ans (il était né à Narbonne le 19 mars 1897) reçoit l’ordre de ses supérieurs de <i>« tenir coûte que coûte »</i> face à l’ennemi qui déferle par vagues pour percer les lignes françaises. Submergé mais resté debout (par défi ?) quand il comprend <i>« que tout est fini »</i>, Joë Bousquet est frappé par une balle qui l’atteint au poumon gauche, ressort par l’omoplate droit, pinçant au passage la moelle épinière, cause de sa paralysie des membres inférieurs. Tels sont les faits. Tel est l’acte. Fondateur. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/3065846484d640e60a5b.vignette.jpg" alt="3065846484d640e60a5b.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/3065846484d640e60a5b.vignette.jpg" alt="3065846484d640e60a5b.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/3065846484d640e60a5b.vignette.jpg" alt="3065846484d640e60a5b.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/3065846484d640e60a5b.vignette.jpg" alt="3065846484d640e60a5b.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/3065846484d640e60a5b.vignette.jpg" alt="3065846484d640e60a5b.jpg" /></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">4 – Comment nommer les textes qui composent son œuvre ? Récits ? Romans ? Contes ? Journaux ? Méditations philosophiques ? Métaphysiques ? Rien, véritablement, de tout cela (hormis peut-être les contes, un des rares noms de genres que Bousquet employa) et, pourtant, tout cela à la fois. Les textes de Joë Bousquet se dérobent à toute tentative de classification. Ils sont, littérairement, objets non identifiables. Peu rassurants pour un lecteur rangé. Une chance pour tout lecteur qui attend de la littérature qu’elle le dérange. L’œuvre de Bousquet se déploie, dos tourné à la littérature, tentative pure de poésie si la poésie contient tout. Elle fait fi des formes codifiées. Les dépasse. Seuls les mots sont premiers. Seuls les mots importent. Seule la pensée qui se pense sous la plume écrivant commande. Impose son rythme. Par exemple, l’ouverture de tel ou tel cahier qui recueillera l’instant de la parole. Joë Bousquet en possédait par dizaines. Il en menait plusieurs de front : le cahier bleu, le cahier vert, le cahier turquoise, le cahier noir, tous posés sur l’édredon qui recouvrait son corps malade, comme des taches de couleur sur la palette du peintre. Sur de tout petits carnets qui lui servaient de guide, où il notait ses plans de travail, Bousquet indique : telle pensée cahier vert, tel conte cahier turquoise, tel récit cahier noir. Et ainsi de suite, dans une tentative d’ordonnancement d’une toujours extrême fragilité. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/72097011.vignette.jpg" alt="72097011.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/72097011.vignette.jpg" alt="72097011.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/72097011.vignette.jpg" alt="72097011.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/72097011.vignette.jpg" alt="72097011.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/72097011.vignette.jpg" alt="72097011.jpg" /></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">5 – Jusqu’à la déclaration de guerre de 1939, Joë Bousquet ressentit le besoin de sortir de sa chambre. L’été, il partait en villégiature dans une maison louée à La Franqui, petite plage de style très « années 30 » située sur la côte audoise, dans le voisinage immédiat de Leucate que prisait la bourgeoisie carcassonnaise. La famille maternelle de Bousquet vivait tout près de là, à Lapalme, village viticole en bord de mer, où le poète vint séjourner souvent dans son enfance. Il décrit ces paysages dans un livre paru après sa mort sous le titre « Le roi du sel » et l’on peut lire dans ses œuvres romanesques complètes (éditions Albin Michel) des contes du cycle de Lapalme dans lesquels Bousquet poétise ses souvenirs. C’est à La Franqui, adulte, que Joë Bousquet rencontra l’écrivain aventurier Henry de Montfreid qui lui procura, un temps, de l’opium. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/97820707129531.vignette.jpg" alt="97820707129531.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/97820707129531.vignette.jpg" alt="97820707129531.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/97820707129531.vignette.jpg" alt="97820707129531.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/97820707129531.vignette.jpg" alt="97820707129531.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/97820707129531.vignette.jpg" alt="97820707129531.jpg" /></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">6 – A l’automne, pendant la période des vendanges, Bousquet partait avec sa famille (son père, sa mère, sa sœur) dans la propriété de Villalier, en Minervois, près de Carcassonne. Les Bousquet vivaient dans une vaste demeure, ancien évêché, entourée de terres riches. C’est à Villalier que Joë Bousquet hébergea pour quelques mois Gaston Gallimard et les siens, quand ils quittèrent Paris après la débâcle de 1940 et l’entrée des Allemands dans la capitale. </font></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">7 – Après l’été 1939, Joë Bousquet ne quitta plus la chambre de sa maison carcassonnaise, sise 53 rue de Verdun. Il y demeura, jusqu’à sa mort, onze ans plus tard. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/2602937819708a77fb91.jpg" alt="2602937819708a77fb91.jpg" /></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">8 – Les murs de la chambre de Joë Bousquet étaient tapissés de tableaux. Dès la fin des années 20, sur les conseils éclairés de Paul et (surtout) Gala Eluard, il avait commencé à constituer une collection personnelle très marquée par le surréalisme. De mémoire, Bousquet posséda des œuvres de : Magritte, Tanguy, Dali, Ernst, Miro, Soutine, Bellmer… Il collectionnait par séries. La plus importante (en nombre d’œuvres) était la série des Max Ernst qui était l’un des plus proches amis de Bousquet. Une histoire à dormir debout liait les deux hommes : Bousquet prétendait que Max Ernst se trouvait dans les rangs de l’armée allemande, à Vailly, sur le plateau de Brenelle, en mai 1918, quand lui-même y fut blessé. Plus sûrement : les rêves qui constituaient la base de leurs expressions artistiques les désignaient comme frères. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/6a00d8345167db69e201053649993a970c250wi.jpg" alt="6a00d8345167db69e201053649993a970c250wi.jpg" /></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">9 – Lisez Bousquet au hasard. Prenez un livre, le premier qui vous tombe sous la main, ouvrez-le à n’importe quelle page et lancez-vous. Il est impossible d’indiquer à un lecteur qui n’a encore jamais rien lu de Bousquet un livre par lequel commencer. Pourquoi celui-ci et pas tel autre ? Généralement, on a pris l’habitude d’indiquer <i>Le meneur de lune</i>, le texte le plus directement autobiographique du poète. Le plus facile d’accès aussi. Soit disant. C’est une très mauvaise habitude. Pourquoi pas <i>Isel ? La tisane de sarments ? Iris et petite fumée ? Le passeur s’est endormi ?</i> Et pourquoi pas <i>Mystique ? Traduit du silence</i> (l’un des plus connus, parce que paru chez Gallimard) ? <i>La neige d’un autre âge ?</i> Et encore, <i>Lumière infranchissable pourriture</i> (un essai sur Pierre Jean Jouve) ? Ou alors, évidemment, suis-je sot, <i>Le cahier noir</i>, le fameux Cahier noir, dernier paru chez Albin Michel des inédits de Bousquet, celui qui a fait tant de bruit lors de sa sortie, articles dans les journaux, même les plus généralistes ? <i>Le Cahier noir</i> qui contiendrait toute l’érotique de Joë Bousquet, sa fascination pour la sodomie, la fessée, le sadisme etc… Je glisse cela en passant à l’adresse d’oreilles curieuses, je n’y reviendrai pas : il n’est pas sûr que l’essentiel pour la compréhension de l’érotique de Bousquet se trouve dans ce cahier-là. Avec Bousquet, il vaut mieux toujours se méfier des évidences quand elles apparaissent comme telles dans ses textes. En pareil cas, il est préférable de prendre son courage à deux mains et aller chercher ailleurs dans son œuvre. Mais combien reste-t-il, dans le monde d’aujourd’hui, de lecteurs courageux (c’est-à-dire attentifs, exigeants) de Bousquet ?</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/image0031.vignette.jpg" alt="image0031.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/image0031.vignette.jpg" alt="image0031.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/image0031.vignette.jpg" alt="image0031.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/image0031.vignette.jpg" alt="image0031.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/image0031.vignette.jpg" alt="image0031.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/image0031.vignette.jpg" alt="image0031.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/image0031.vignette.jpg" alt="image0031.jpg" /></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">10 – Et les correspondances ? Elles sont si nombreuses qu’il serait vain, ici, de les citer toutes. Lettres à Stéphane et à Jean (Mistler), Lettres à Marthe, à Ginette, à Poisson d’Or, Un amour couleur de thé, Lettres à Carlo Suarès, Jean Cassou, à Paul Eluard… Si nombreuses, disais-je, et si authentiquement littéraires qu’il faut sans barguigner les intégrer toutes dans le corpus de l’œuvre, tant la correspondance fait corps avec le reste. Joë Bousquet avait rétabli en littérature le genre épistolaire très prisé au XVIIe siècle, passé entre temps aux oubliettes de l’histoire. Il écrivait ses lettres comme ses autres textes. Dans le même élan, avec la même encre. De sorte que les correspondances de Joë Bousquet sont essentielles. Mais, malheureusement pour la plupart, épuisées. Hormis « Lettres à une jeune fille », correspondance inédite publiée en 2008 chez Grasset, il faut fouiller chez les bouquinistes pour les dénicher. A ce titre, et pas seulement, elles se méritent. Mais toutes, sans exception, sont de nature à mettre le lecteur en joie. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/images1.vignette.jpg" alt="images1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/images1.vignette.jpg" alt="images1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/images1.vignette.jpg" alt="images1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/images1.vignette.jpg" alt="images1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/images1.vignette.jpg" alt="images1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/images1.vignette.jpg" alt="images1.jpg" /></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">11 – Joë Bousquet était lecteur régulier de toutes les revues de poésie de son temps. Elles étaient nombreuses, alors, et jouaient un rôle premier dans la diffusion de la poésie contemporaine. Lui-même en fonda une, avec son ami René Nelli. Elle avait pour titre <i>Chantiers</i> et connut une existence éphémère : neuf parutions entre 1928 et 1930. Joë Bousquet lisait les surréalistes auprès de qui il s’éveilla à l’écriture. Des cahiers de travail, parmi les premiers tenus par le poète, en attestent. Joë Bousquet lisait Shapeskeare en anglais dans le texte. Il étudia aussi assidûment Jean Duns Scot, Ramon Llull, Maître Eckhart, Pascal. Joë Bousquet adora encore <i>Les caractères </i>de La Bruyère dont il s’inspira pour son livre <i>Le médisant par bonté, </i>suite de portraits et de situations se moquant tendrement de la vie provinciale dans sa ville nommée ici Carqueyrolles.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman"><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jb20chambre203.jpg" alt="jb20chambre203.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jb20chambre203.jpg" alt="jb20chambre203.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jb20chambre203.jpg" alt="jb20chambre203.jpg" /></span></font></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">12 – Une seule fois, sur l’injonction de Jean Paulhan, un homme auquel il était difficile, compte tenu de sa position à la tête des éditions Gallimard et de la Nouvelle revue française, de refuser quelque chose, Joë Bousquet entreprit de se confronter à la poésie formelle. Rimes, pieds, donnèrent naissance à son seul recueil de poèmes, dans le sens académique du terme, <i>La connaissance du soir</i>, toujours réédité dans la collection Poésie/Gallimard. Sauf que cette poésie est tout sauf académique. Je tiens que Joë Bousquet s’y est souvenu de l’art formel des troubadours. Il les avait étudiés avec attention et il pensait qu’ils étaient l’âme pure d’une civilisation occitane, héritière ultime de la Grèce antique. Autant dire, une Occitanie universelle.<span>  </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman"><span><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/9782070322015.vignette.jpg" alt="9782070322015.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/9782070322015.vignette.jpg" alt="9782070322015.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/9782070322015.vignette.jpg" alt="9782070322015.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/9782070322015.vignette.jpg" alt="9782070322015.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/9782070322015.vignette.jpg" alt="9782070322015.jpg" /></span></font></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">13 – Joë Bousquet est mort le 28 septembre 1950 d’une crise d’urémie qui eut raison de ses dernières forces. On l’avait transporté quelques jours plus tôt à l’hôpital de Carcassonne, mais face à l’impuissance des médecins, on l’avait ramené chez lui, dans sa chambre, au milieu de ses tableaux, de ses cahiers et de ses livres. Il est mort pendant que son infirmière faisait sa toilette, en présence de sa sœur Henriette. Tout d’un coup, en un éclair, il s’est tourné sur le côté, a poussé un râle et s’est éteint. Le curé, un de la famille, que l’on avait appelé en urgence pour les derniers sacrements, raconte qu’il trouva Bousquet étendu sur son lit <i>« comme un guerrier sur le champ de bataille »</i>. Son ami de toujours, peut-être le plus proche, le plus vrai de tous ses amis, James Ducellier, avait quitté peu avant la chambre du mourant. Il était quelque chose comme dix heures du matin. Bousquet est décédé à onze heures. Rentrant chez lui, James Ducellier aurait constaté, stupéfait, que sa pendule s’était arrêtée pile à l’heure de la mort de son ami.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/chambrejoebousquet1206519502.jpg" alt="chambrejoebousquet1206519502.jpg" width="400" /></font></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">14 – Beaucoup de temps s’est écoulé depuis ce 28 septembre 1950, les pendules ont repris leur décompte mécanique et il a fallu attendre de (trop) longues années pour que la mémoire et l’œuvre du poète suscitent à nouveau l’intérêt.<span>  </span>Joë Bousquet doit sa postérité à quelques témoins privilégiés de son temps qui ont consacré toute leur énergie à la survie de sa poésie, ce qui ne manquait pas d’un certain panache, dans un monde qui allait de plus en plus tourner le dos à la poésie jusqu’à la reléguer dans les catacombes. Parmi ces témoins, figurent : René Nelli (auteur de la seule biographie du poète digne d’intérêt parue à ce jour, chez Albin Michel, mais <i>« Joë Bousquet, sa vie, son œuvre »</i> est épuisé), Ginette Augier (destinatrice des <i>Lettres à Ginette</i>), Gaston Puel (peintre, poète, éditeur), Jean Camberoque (peintre), Charles-Pierre Bru (plasticien, théoricien de l’art), Henri Tort-Nouguès (philosophe). Tous furent, avec les héritiers directs du poète, et à l’exception de René Nelli mort en 1982, cofondateurs du Centre Joë Bousquet et son temps que nous créâmes avec René Piniès et Alain Freixe (poète) à la fin des années 1990. Aujourd’hui, le Centre Joë Bousquet, installé dans la maison du poète à Carcassonne (53 rue de Verdun), fait vivre l’œuvre du poète dans une exposition permanente présentée autour de sa chambre. Le centre organise également des expositions temporaires sur les relations entre écriture, poésie et arts plastiques, publie des catalogues de ses expositions, propose au public des rencontres et lectures poétiques et travaille, à travers son service éducatif, en direction des écoles, collèges et lycées de tout le département de l’Aude. Nous avons voulu (je dis <i>nous</i> car je suis le modeste et, j’espère, dévoué président du Centre Joë Bousquet) éviter à tout prix de transformer la chambre du poète en un mausolée à sa mémoire. Ce qui a guidé les fondateurs de l’association, ce qui nous guide encore, ce qui continuera de nous guider demain est cette approche, la seule à nos yeux acceptable : poursuivre, inlassablement, une interrogation de la création contemporaine et conserver ainsi à la Maison Bousquet son âme, elle qui fut un creuset exceptionnel d’échange et de rencontres, du vivant de son habitant essentiel.<span>  </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman"><span></span></font><font face="Times New Roman"><i>Serge Bonnery</i></font></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal" align="right"><font face="Times New Roman"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/f83b894ffe50433f9ed9e708bc481b67.jpg" alt="f83b894ffe50433f9ed9e708bc481b67.jpg" /></font></p>
<p class="MsoNormal" align="right"><em><font face="Times New Roman" size="1">(Serge Bonnery aux côtés des écrivains Bernard Noël et Alain Freixe)</font></em></p>
<p class="MsoNormal" align="right"> Et, pour terminer, ces quelques lignes de &laquo;&nbsp;Traduit du silence&nbsp;&raquo; (éditions Gallimard collection L&rsquo;imaginaire):</p>
<p class="MsoNormal" align="right"><em>&laquo;&nbsp;Elle était comme une étoile tombée dans la neige. Le silence éternel de tous les endroits où elle irait danser&#8230;Elle n&rsquo;aurait plus été en ce monde qu&rsquo;un rayon perdu si la lumière ne s&rsquo;était faite chair pour la toucher&#8230;J&rsquo;ai compris&#8230;je sais que certains instants sont la forme accessible de l&rsquo;absolu.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class="MsoNormal" align="right"><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal" align="right"><font face="Times New Roman"><span>  </span></font><font face="Times New Roman"><span>  <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/20photo20thierry20aguiar4375423013.jpg" alt="20photo20thierry20aguiar4375423013.jpg" width="400" />  </span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="right"><span>Et en toute fin ces mots de Maître Eckhart (1260-1327):</span></p>
<p class="MsoNormal" align="right"><span><font face="Times New Roman"><em><font face="Georgia">&laquo;&nbsp;La vie connaît mieux que la joie ou la lumière tout ce que l&rsquo;on peut obtenir en cette vie&nbsp;&raquo;</font></em> </font></span></p>
<p class="MsoNormal" align="right"><span>et de Joë Bousquet:</span></p>
<p class="MsoNormal" align="right"><span><em>&laquo;&nbsp;Je voudrais être votre amour, vos yeux, votre voix.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Autour du jazz: quelques chansons préférées et un livre au détour&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Mar 2010 06:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
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		<description><![CDATA[(John Coltrane) Aujourd&#8217;hui &#171;&#160;L&#8217;instant&#160;&#187; fait quelque chose qui (peut-être/sûrement) ne se fait pas. Je vous conduit dans ce nouvel article vers un livre que j&#8217;ai écrit et qui paraît ces jours-ci. C&#8217;est le premier que je signe ainsi, sous cette forme (sans compter donc quelques publications antérieures mais partielles, parcellaires). C&#8217;est peut-être le dernier. Quand [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/bill20evans1.jpg" class="imagelink" title="bill20evans1.jpg" rel="lightbox[1357]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/virginieteychenemarciac08.jpg" class="imagelink" title="virginieteychenemarciac08.jpg" rel="lightbox[1357]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/keithjarrettumvd005.jpg" class="imagelink" title="keithjarrettumvd005.jpg" rel="lightbox[1357]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/img008.jpg" class="imagelink" title="img008.jpg" rel="lightbox[1357]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/bradmehldau03.jpg" class="imagelink" title="bradmehldau03.jpg" rel="lightbox[1357]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/coltrane2def.jpg" class="imagelink" title="coltrane2def.jpg" rel="lightbox[1357]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/coltrane2def.jpg" alt="coltrane2def.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em><font size="1">(John Coltrane)</font></em></p>
<p>Aujourd&rsquo;hui &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; fait quelque chose qui (peut-être/sûrement) ne se fait pas.</p>
<p>Je vous conduit dans ce nouvel article vers un livre que j&rsquo;ai écrit et qui paraît ces jours-ci. C&rsquo;est le premier que je signe ainsi, sous cette forme (sans compter donc quelques publications antérieures mais partielles, parcellaires). C&rsquo;est peut-être le dernier.</p>
<p>Quand on écrit un premier livre c&rsquo;est toujours comme cela: on se sent souvent incapable d&rsquo;en écrire un autre, ou bien on se dit que les difficultés du premier empêcheront le deuxième de voir le jour, nous embarrasseront tant que nous mourrons empêtrés dans celles-ci avant d&rsquo;avoir pu dire &laquo;&nbsp;ouf&nbsp;&raquo;.</p>
<p>C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il y a des premiers livres qui ont souvent comme défaut majeur de vouloir tout dire, de dire trop.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/sonnyrollins2.vignette.jpg" alt="sonnyrollins2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/sonnyrollins2.vignette.jpg" alt="sonnyrollins2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/sonnyrollins2.vignette.jpg" alt="sonnyrollins2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/sonnyrollins2.vignette.jpg" alt="sonnyrollins2.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Sonny Rollins)</font></em></p>
<p>Ce livre donc, prend une place dans ce blog.</p>
<p>Il faut dire qu&rsquo;il y a à cela deux raisons (outre que l&rsquo;auteur de l&rsquo;un est aussi celui de l&rsquo;autre, enfin, bref, c&rsquo;est le même!):</p>
<p>- tout d&rsquo;abord, ce livre s&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;Instants de jazz&nbsp;&raquo;. Il y a donc dès &laquo;&nbsp;l&rsquo;ouverture&nbsp;&raquo;, avant même la première page, de &laquo;&nbsp;l&rsquo;instant&nbsp;&raquo; là-dedans: quelque chose comme hors du temps. Non pas de l&rsquo;éternité. Ce qui serait tellement prétentieux, insupportable. Bien plutôt du contraire: de quelque chose de résolument présent, mais seulement, irrémédiablement présent, et rien de plus. Donc quelque chose en train de se faire, d&rsquo;être sans cesse &laquo;&nbsp;improvisé&nbsp;&raquo;, quelque chose en recherche incessante.</p>
<p>- ensuite, de nombreux thèmes évoqués dans ce blog le sont aussi dans ce livre.</p>
<p>Enfin, il y a peut-être une dernière raison qu&rsquo;il faudrait ajouter:<em><strong> &laquo;&nbsp;Instants de jazz&nbsp;&raquo; est un livre qui n&rsquo;est qu&rsquo;apparemment un livre sur le jazz. Il est pourtant un livre sur le jazz; absolument.</strong></em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/milesdavis.vignette.jpg" alt="milesdavis.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/milesdavis.vignette.jpg" alt="milesdavis.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/milesdavis.vignette.jpg" alt="milesdavis.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/milesdavis.vignette.jpg" alt="milesdavis.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/milesdavis.vignette.jpg" alt="milesdavis.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Miles Davis)</font></em></p>
<p>Il y a dans ces pages bien d&rsquo;autres choses: littérature, peinture, psychologie, philosophie, psychanalyse, poésie, même un peu d&rsquo;astrophysique et bien d&rsquo;autres, sans doute, un peu partout&#8230;</p>
<p>Les références y sont, elles aussi, aussi nombreuses que variées.</p>
<p>Ce qui signifie cependant, que celles ou ceux qui ne s&rsquo;intéressent pas au jazz peuvent, il me semble, trouver aussi leur compte dans la lecture de ce livre.</p>
<p>Il n&rsquo;y a donc pas que du jazz, loin de là, dans &nbsp;&raquo;Instants de jazz&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il y a aussi de très belles photos de Jean-Jacques Pussiau et un long et superbe poème inédit, en introduction, ou en &laquo;&nbsp;prologue&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est comme l&rsquo;on voudra, que nous offre Alain Gerber.</p>
<p>C&rsquo;est en librairie depuis quelques jours. Il est cependant possible que vous soyez contraints de le commander&#8230;</p>
<p>C&rsquo;est édité par Joël Mettay pour &laquo;&nbsp;Alter Ego éditions&nbsp;&raquo;. Vous pouvez aussi en faire directement la commande auprès de l&rsquo;éditeur. C&rsquo;est à l&rsquo;adresse suivante: 3, rue Elie-Danflous 66400 Céret. Cela coûte 17 € (il n&rsquo;y a pas de frais de port à votre charge pour le premier exemplaire que vous commanderez). Si vous souhaitez une dédicace, n&rsquo;hésitez pas, demandez-là dans votre courrier; ce sera un plaisir pour moi.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/keithjarrettumvd005.jpg" alt="keithjarrettumvd005.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(Keith Jarrett)</font></em></p>
<p>En poursuivant, si vous le souhaitez dès maintenant, ne serait-ce que pour savoir un peu mieux de quoi il s&rsquo;agit, je vous propose deux textes rédigés par deux amis (oui, je sais, ils ne sont pas objectifs! mais bon, je ne vais pas leur reprocher leur indulgence: peut-on reprocher une amitié?). Ces deux-là sont aussi journalistes.</p>
<p>Le premier article est signé par Hubert Beauchamp qui s&rsquo;y connaît particulièrement en jazz.</p>
<p>Le second l&rsquo;est par Serge Bonnery qui s&rsquo;y connaît en musiques de toutes sortes, le jazz y compris, mais aussi et tout particulièrement en littérature. Lui, a publié plusieurs livres (l&rsquo;un d&rsquo;entre eux paraît ces jours-ci à propos du catharisme et des parcours que l&rsquo;on peut faire dans le sud de la France, en leur donnant un sens qu&rsquo;ils n&rsquo;auraient pas sans que nous en sachions, grâce à lui, un peu plus sur cette partie de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Occident). En outre, il préside aux destinées d&rsquo;un établissement consacré tout entier à la mémoire d&rsquo;un poète dont nous vous parlerons bientôt tous les deux, le merveilleux Joë Bousquet.</p>
<p>Pour compléter cet article d&rsquo;aujourd&rsquo;hui: quelques photos qui ne proviennent pas du livre, quelques liens avec quelques chansons favorites <em>(tout à la fin de l&rsquo;article)</em>&#8230;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/billevans.jpg" alt="billevans.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Bill Evans)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><b><font face="Times New Roman">Fragments d’un amoureux de jazz… <em>par Hubert Beauchamp</em></font></b></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">Instants de jazz : plutôt quelques fragments d’un discours amoureux dirait Roland Barthes, puisqu’aussi bien, comme lui, Michel Arcens s’intéresse – notamment &#8211; à la sémiologie et à la photographie à travers un <i>blog</i> intelligent et assidu… Ici l’auteur converse en solo, expose le thème, prend des chorus et improvise une musique réinventée de mots en liberté. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">Amoureux du jazz, donc, Michel Arcens a longtemps publié une chronique dans Midi Libre. Aujourd’hui il prolonge une réflexion sur son thème de prédilection : ni portraits, ni critiques mais des “digressions”, des “rêveries”, sur une musique qui swingue ou s’étire dans une sonorité inquiète. Cette “musique crépusculaire et qui oscille sans fin entre le blanc et le noir.”</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/ericdolphy.vignette.jpg" alt="ericdolphy.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/ericdolphy.vignette.jpg" alt="ericdolphy.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/ericdolphy.vignette.jpg" alt="ericdolphy.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/ericdolphy.vignette.jpg" alt="ericdolphy.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Eric Dolphy)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">Ces “parcours erratiques” nous mènent sur les chemins qui conduisent de Bix à Chet, de Miles à Ornette, par des chemins de traverse syncopés. On fait halte à l’ombre salutaire d’un Comte, d’un Duc ou d’un dauphin (Eric), pour les plus courageux. Il y a aussi les belles dames : Lady Day, Ella ou Cassandra. En lisière, c’est Ahmad Jamal, plus loin Stan Getz et Keith Jarrett… ils sont tous là ou presque, autour de minuit ! Ce sont les <i>favorite things</i>, les<i> favorite songs</i> du chroniqueur qui rend au passage un bel hommage à un Django empli de mystères. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">Pour ouvrir ce livre d’heures d’un jazz envoûtant, obsédant, Michel Arcens a reçu, en guise de prologue, comme une façon de l’adouber, un nostalgique et long poème d’Alain Gerber. Un beau cadeau…</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/thelonious.vignette.jpg" alt="thelonious.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/thelonious.vignette.jpg" alt="thelonious.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/thelonious.vignette.jpg" alt="thelonious.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/thelonious.vignette.jpg" alt="thelonious.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/thelonious.vignette.jpg" alt="thelonious.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/thelonious.vignette.jpg" alt="thelonious.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/thelonious.vignette.jpg" alt="thelonious.jpg" /></font></p>
<p class="MsoNormal"><em><font face="Times New Roman" size="1">(Thelonious Monk)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><b><font face="Times New Roman">Sur « Instants de jazz »&#8230;  </font></b><b><font face="Times New Roman"><em>par Serge Bonnery</em></font></b><b><font face="Times New Roman"> </font></b></p>
<p><font face="Times New Roman">1 – Sous le titre « Il cimento dell’armonie e dell’invenzione », Vivaldi avait regroupé douze concerti dont les quatre premiers sont demeurés célèbres : il s’agit des fameuses « Quatre saisons ». <i>Cimento </i>signifie, en italien, risque (ou épreuve). Nous traduisons donc : « Au risque de l’harmonie et de l’invention », qui pourrait parfaitement convenir au jazz. Mais peut-on (ou plus simplement doit-on ?) définir le jazz ? La réponse que Michel Arcens donne à cette lancinante question dans son livre (1) est non, pour la raison que le jazz est indéfinissable. Ce serait même là sa seule définition possible. Une définition indéfinie. Le jazz, personne ne sait ce qu’il est. D’où il vient ? On dispose de quelques repères sûrs, encore que discutés par les spécialistes, nous prévient Michel Arcens qui se défend en raison d’en être un. Où il est ? Partout et nulle part. Surtout, croit-on comprendre, là où on ne l’attend pas. Où va-t-il ? On l’ignore. Et pour cause.</font></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">2 – La cause de tous ces tourments vient du fait que le jazz est une musique de l’instant. Une musique qui s’invente au moment où elle se fait. Ici et maintenant. Entre réminiscences, références à hier (ce qui s’est déjà produit) et avenir impalpable. Mais que sera demain ? semble s’interroger le musicien de jazz au moment où il joue. Voilà réunies toutes les conditions pour que cet instant de musique s’inventant soit un authentique moment de création. Le musicien de jazz, le vrai musicien de jazz, se risque à chaque instant. Il répond à l’injonction puissante du poète René Char : <i>« Va vers ton risque ».</i></font></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">3 – Au risque de l’invention : telle est la condition fragile du musicien de jazz. Parce que rien n’est écrit du moment de musique qui advient. Rien n’est écrit. Tout se transforme. S’invente. Et s’il n’existait pas les techniques d’enregistrement pour fixer ces instants, tout disparaîtrait. Seule la mémoire conserverait bribes, fragments de ce qui a été, l’espace d’un instant, la musique de jazz. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/billieholiday.vignette.jpg" alt="billieholiday.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/billieholiday.vignette.jpg" alt="billieholiday.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/billieholiday.vignette.jpg" alt="billieholiday.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/billieholiday.vignette.jpg" alt="billieholiday.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Billie Holiday)</font></em></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">4 – Le jazz, parce qu’indéfini, parce qu’indéfinissable, est multiple. Il est la multiplication de ses propres multiples. Une formule dont le symbole pourrait être le 8 horizontal qui, dans le langage mathématique, signifie l’infinie. Le jazz ne finit pas. Ne peut pas finir. Le jazz est infini parce qu’in(dé)fini. S’il est infini, a-t-il seulement commencé ?</font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/charlesmingus1976.jpg" alt="charlesmingus1976.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Charlie Mingus)</font></em></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">5 – Pour parler ainsi du jazz, il fallait inventer une forme de livre correspondant à son contenu. Michel Arcens l’a fait. Dans « Instants de jazz », il parle du jazz par fragments. Par séquences qui se présentent sous la forme de courts chapitres. Chacun d’eux évoque un musicien de jazz. Deux font l’objet de chapitres plus longs, découpés en sous-chapitres courts : ils sont consacrés à Miles Davis et John Coltrane. On se dit que ces deux-là sont particulièrement significatifs du jazz tel qu’en parle Michel Arcens. Mais cela n’enlève rien aux autres musiciens évoqués dans le livre. Chacun y est à sa place, comme chacun a trouvé sa place dans la musique de jazz. La composition du livre de Michel Arcens ouvre une porte : le jazz serait la somme des parties qui le composent. Nul musicien ne détiendrait la vérité sur le jazz mais chacun participerait de sa vérité. Le jazz est espace de liberté. Où s’exprime l’absolue liberté de ceux qui le font. </font></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">6 – « Instants de jazz » est aussi marqué par des réflexions philosophiques. Elles surgissent, au fil des pages, comme autant d’incises. Elles ne sont pas parachutées là par le fruit du hasard. Ces réflexions, c’est le jazz qui les inspire. Les suscite. Elles se posent sur le texte comme les papillons sur les fleurs. En douceur. Leurs ailes frêles donnent au lecteur le loisir de s’envoler vers d’autres espaces. Ceux que le jazz crée sans cesse, instant après instant. Et grâce à ces réflexions philosophiques, jamais le lecteur ne survole le jazz. Michel Arcens aborde le jazz en profondeur. L’auteur s’est confronté non au risque de l’interprétation, mais plus dangereusement au risque de sa propre perception. C’est ce qui fait qu’ « Instants de jazz » n’est pas un livre de plus (encore un) sur le jazz mais un authentique cheminement personnel à l’intérieur du jazz. </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/bradmehldau03.jpg" alt="bradmehldau03.jpg" width="400" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Brad Meldhau)</font></em></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">7 – Me vient, à la lecture de ces « instants », une réflexion sur le temps. Le temps du jazz est-il historique ? Il n’y a pas grand risque, explique Michel Arcens, à le penser ainsi. C’est le rôle des historiens. Vous voulez avoir à connaître du jazz ? Vous établissez une chronologie en partant d’un point A, vous vous arrêtez au point Y qui correspondant à l’instant d’aujourd’hui. L’avenir, lui, est ouvert. Ca marche. Vous aurez ainsi à connaître du jazz. Mais connaîtrez-vous le jazz pour autant ?<span>  </span>Pas si sûr. Michel Arcens propose une autre voie. Plus risquée. Celle qui consiste à considérer que le temps du jazz n’est pas un temps linéaire mais plutôt un temps cyclique qui procède comme une spirale. Il avance, incontestablement, le temps du jazz, mais en repassant sans cesse par des points antérieurs qui demeurent, dans le temps du jazz, comme des repères, des phares. Dans le jazz, on repasse par ces points d’ancrage pour les dépasser. Aller plus loin. On les utilise comme des points d’appui pour prendre un nouvel élan. On peut aussi repasser par ces points pour les anéantir (le free jazz, par exemple, que j’entends comme une déstructuration du jazz), autre manière de les dépasser. Mais on doit les revisiter, sans quoi le temps du jazz se referme, se replie sur lui-même. Et qu’est-ce que la mort sinon du temps replié ? </font></p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/dizzy20gillespie2002.vignette.jpg" alt="dizzy20gillespie2002.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/dizzy20gillespie2002.vignette.jpg" alt="dizzy20gillespie2002.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/dizzy20gillespie2002.vignette.jpg" alt="dizzy20gillespie2002.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/dizzy20gillespie2002.vignette.jpg" alt="dizzy20gillespie2002.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Dizzy Gillespie)</font></em></p>
<p><font face="Times New Roman"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="Times New Roman">8 – Je dirai encore une chose sur le livre de Michel Arcens. Sûrement pas la dernière tant il y aurait à dire, mais ceci : son livre « Instants de jazz » est un don. C’est un livre qui tend ses bras au lecteur, qui l’accueille chaleureusement dans ses pages. Un livre qui ouvre des portes, donne des pistes, laisse le lecteur penser par lui-même. Un livre qui suggère plus qu’il n’impose. Ne théorise. En cela, le livre de Michel Arcens est authentiquement littéraire. Il utilise toutes les ressources de la langue non pour figer une vérité, mais pour donner en partage une perception, un ressenti. Risquons le mot : une vision. La vision du jazz par Michel Arcens se situe à hauteur d’homme. C’est pourquoi nous conclurons sur ce sentiment que nous laisse la lecture d’« Instants de jazz » : le jazz selon Michel Arcens est un humanisme. Je n’ai trouvé nulle par ailleurs, concernant le jazz, enseignement plus juste.</font></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/11.jpg" alt="11.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Billie Holiday)</font></em></p>
<p class="MsoNormal">&laquo;&nbsp;Le futur féminin du jazz&nbsp;&raquo;: c&rsquo;est le titre de l&rsquo;épilogue d&rsquo; &laquo;&nbsp;Instants de jazz&nbsp;&raquo;&#8230;voici quelques-unes de ces femmes qui font le jazz de tous les temps&#8230;quelques-unes connues ou moins connues. Elles sont, pour nous, l&rsquo;avenir. Par leurs présences&#8230;</p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/helenmerrilldickkatz.vignette.jpg" alt="helenmerrilldickkatz.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/charliehadencarlabley.vignette.jpg" alt="charliehadencarlabley.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/n8353133623408.vignette.jpg" alt="n8353133623408.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/virginieteychenemarciac08.vignette.jpg" alt="virginieteychenemarciac08.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/lenka.vignette.jpg" alt="lenka.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><em><font size="1">(Hellen Merrill, Carla Bley avec Charlie Haden, Anne Ducros, Virginie Teychené, Sarah Lenka)</font></em></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em>Et maintenant la musique. </em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em>Pas nécessairement la plus attendue.</em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em>* John Coltrane: &laquo;&nbsp;Last performance at Newport&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.musicme.com/John-Coltrane/albums/Last-Performance-At-Newport-8436019580639.html?play=01">http://www.musicme.com/John-Coltrane/albums/Last-Performance-At-Newport-8436019580639.html?play=01</a></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em>* Miles Davis: &laquo;&nbsp;Workin&rsquo;&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.musicme.com/Miles-Davis/albums/Workin%27-0888072300804.html?play=01">http://www.musicme.com/Miles-Davis/albums/Workin%27-0888072300804.html?play=01</a></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em>* Bill Evans: &laquo;&nbsp;Turn out the stars&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.musicme.com/Bill-Evans/albums/Bill-Evans:-Turn-Out-The-Stars-the-Final-Village-Vanguard-Recordings-June-1980-0075597983159.html?play=01">http://www.musicme.com/Bill-Evans/albums/Bill-Evans:-Turn-Out-The-Stars-the-Final-Village-Vanguard-Recordings-June-1980-0075597983159.html?play=01</a></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em>* Thelonious Monk: &laquo;&nbsp;Its monk&rsquo;s time&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.musicme.com/Thelonious-Monk/albums/It%27s-Monk%27s-Time-0074646353226.html?play=01">http://www.musicme.com/Thelonious-Monk/albums/It%27s-Monk%27s-Time-0074646353226.html?play=01</a></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em>* Virginie Teychené: &laquo;&nbsp;Portraits&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.musicme.com/Virginie-Teychene/albums/Portraits-7619993002316.html?play=01">http://www.musicme.com/Virginie-Teychene/albums/Portraits-7619993002316.html?play=01</a></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em>* Sarah Lenka: &laquo;&nbsp;Am I blue&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.musicme.com/Sarah-Lenka/albums/Am-I-Blue-0826596031088.html?play=01">http://www.musicme.com/Sarah-Lenka/albums/Am-I-Blue-0826596031088.html?play=01</a></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em>* Alain Gerber: &laquo;&nbsp;Le jazz est un roman&nbsp;&raquo; (produit par Jean-Jacques Pussiau)</em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.musicme.com/Alain-Gerber/albums/Le-Jazz-Est-Un-Roman-0044006416021.html?play=01">http://www.musicme.com/Alain-Gerber/albums/Le-Jazz-Est-Un-Roman-0044006416021.html?play=01</a></p>
<p> </p>
]]></content:encoded>
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		<title>Présence de Django: &#171;&#160;Insensiblement&#160;&#187; par Alain Gerber</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/03/11/presence-de-django-insensiblement-par-alain-gerber/</link>
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		<pubDate>Thu, 11 Mar 2010 06:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[ C&#8217;est en musique (en cliquant sur le lien ci-dessous) et, par exemple, en commençant par le titre &#171;&#160;Insensiblement&#160;&#187; que l&#8217;on peut lire cet article.    http://www.musicme.com/Django-Reinhardt/albums/Nuages-0044001842825.html?play=01 ******************************************************************************************************************************************************************** ******************************************************************************************************************************************************************* &#171;&#160;&#8230;mais ils avaient trop de choses à se dire. Trop de choses pour lesquelles on n&#8217;a pas inventé les mots. Trop de choses que les poètes eux-mêmes [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/img005.jpg" class="imagelink" title="img005.jpg" rel="lightbox[1269]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt1190862901.jpg" class="imagelink" title="djangoreinhardt1190862901.jpg" rel="lightbox[1269]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/vjkkam8l1.jpg" class="imagelink" title="vjkkam8l1.jpg" rel="lightbox[1269]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/piafreinhardt1.jpg" class="imagelink" title="piafreinhardt1.jpg" rel="lightbox[1269]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/django1.jpg" class="imagelink" title="django1.jpg" rel="lightbox[1269]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangograppeliwy7.jpg" class="imagelink" title="djangograppeliwy7.jpg" rel="lightbox[1269]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/piafreinhardt2.jpg" class="imagelink" title="piafreinhardt2.jpg" rel="lightbox[1269]"></a> <strong>C&rsquo;est en musique (en cliquant sur le lien ci-dessous) et, par exemple, en commençant par le titre &laquo;&nbsp;Insensiblement&nbsp;&raquo; que l&rsquo;on peut lire cet article.</strong></em></p>
<p><em> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/u0044001842825.vignette.jpg" alt="u0044001842825.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt.vignette.jpg" alt="djangoreinhardt.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt.vignette.jpg" alt="djangoreinhardt.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/u0044001842825.vignette.jpg" alt="u0044001842825.jpg" /></em></p>
<p><em> <a href="http://www.musicme.com/Django-Reinhardt/albums/Nuages-0044001842825.html?play=01">http://www.musicme.com/Django-Reinhardt/albums/Nuages-0044001842825.html?play=01</a></em></p>
<p><em>********************************************************************************************************************************************************************</em></p>
<p><em>*******************************************************************************************************************************************************************</em></p>
<p><em></em></p>
<p><em></em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;&#8230;mais ils avaient trop de choses à se dire. Trop de choses pour lesquelles on n&rsquo;a pas inventé les mots. Trop de choses que les poètes eux-mêmes n&rsquo;écrivent qu&rsquo;entre les lignes, au moyen d&rsquo;une encre plus limpide que les larmes, et qui laisse moins de traces.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;écrit Alain Gerber. A la manière même des poètes dont il parle ici.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/img005.jpg" alt="img005.jpg" width="400" /></p>
<p>Ici<strong>: &laquo;&nbsp;Insensiblement, Django&nbsp;&raquo;,</strong> c&rsquo;est le titre de son dernier livre, paru il y a quelques jours à peine (éditions Fayard).</p>
<p>La lecture de ce livre constitue une manière essentielle et unique de célébrer la naissance du guitariste il y a cent ans (le 23 janvier 1910, quelque part, nulle part&#8230;)</p>
<p>Mais il est plus encore. Bien davantage.</p>
<p>Un livre sur Django Reinhardt ça pourrait être une biographie.</p>
<p>Nous sommes, paraît-il, &nbsp;&raquo;friands&nbsp;&raquo; de biographies. C&rsquo;est ce que diront les éditeurs, sans doute bien intentionnés, cherchant à répondre à nos attentes.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jpgreinhardtdjango.jpg" alt="jpgreinhardtdjango.jpg" /></p>
<p>&laquo;&nbsp;Insensiblement&nbsp;&raquo; n&rsquo;est pas une biographie. C&rsquo;est un roman. Comme, depuis longtemps, tous les livres d&rsquo;Alain Gerber, puisque l&rsquo;on sait bien que, pour lui, <em>&laquo;&nbsp;le jazz est un roman.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Mais enfin, écrire sur Django, avec Django, autour de Django, à propos du manouche, comme l&rsquo;on voudra, c&rsquo;est forcément évoquer des éléments de sa vie.</p>
<p>Alors, quand Alain Gerber commence son livre en octobre 46, pour le poursuivre au printemps 39, puis en venir aux années 35 et après, 46 ou 53, on comprendra que la chronologie propre à la logique biographique est loin, bien loin: que le temps, tel qu&rsquo;il se déroule dans les calendriers et même dans les célébrations anniversaires obligées, n&rsquo;est pas l&rsquo;affaire de ce roman.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardtmaingp.vignette.jpg" alt="djangoreinhardtmaingp.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardtmaingp.vignette.jpg" alt="djangoreinhardtmaingp.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardtmaingp.vignette.jpg" alt="djangoreinhardtmaingp.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardtmaingp.vignette.jpg" alt="djangoreinhardtmaingp.jpg" /></p>
<p>La réalité, telle qu&rsquo;on la conçoit généralement, n&rsquo;a pas grand chose à voir avec l&rsquo;écriture de ce livre.</p>
<p>On pourrait dire que c&rsquo;est là le propre de la fiction., tordre le cou à la réalité.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/06django.jpg" alt="06django.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(avec Duke Ellington)</font></em></p>
<p>Mais qu&rsquo;en est-il d&rsquo;une fiction qui mêle les personnages réels: Django, mais bien sûr tant d&rsquo;autres musiciens comme Coleman Hawkins ou Duke Ellington sans parler, évidemment, de Stéphane Grappelli, avec des personnages imaginaires, inventés? Cela constitue sans doute l&rsquo;art du &laquo;&nbsp;trouble&nbsp;&raquo; le plus accompli. Ce qui semble &laquo;&nbsp;repère&nbsp;&raquo; l&rsquo;est-il encore? Où donc se trouve la part de réalité? Qui dit vrai? Où est la vérité, quelle est-elle donc? Où se cache-t-elle, où se montre-t-elle?</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/piafreinhardt2.jpg" alt="piafreinhardt2.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(avec Edith Piaf)</font></em></p>
<p>Alain Gerber nous prévient dans un &laquo;&nbsp;Avertissement&nbsp;&raquo; liminaire: Lorna Selznick n&rsquo;existe pas. Ou, plutôt elle n&rsquo;a pas existé.</p>
<p>Mais il écrit quelque part dans le roman:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Ayant ensemble tourné la tête, ils se regardaient depuis quelques secondes déjà lorsqu&rsquo;ils ont pris conscience d&rsquo;être en face l&rsquo;un de l&rsquo;autre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Après s&rsquo;être quittés, ils se sont retrouvés: le hasard qui s&rsquo;appelle parfois le destin, les a, dans le roman, rapprochés, Lorna qui n&rsquo;est pas et Django qui fut.</p>
<p>Et, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils sont!</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/django1.jpg" alt="django1.jpg" width="400" /></p>
<p>Ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre ne sont décrits autrement que dans leur vie, dans l&rsquo;instant de leurs émotions, de leurs regards réciproques, de leurs sensations, de leurs sentiments. Lorna et Django, alors sont bien vivants!</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Nous vivons dans un éternel présent que nous ne quittons jamais.&nbsp;&raquo; </em>(Michel Henry, in &laquo;&nbsp;Entretiens&nbsp;&raquo; éditions Sulliver)</p>
<p>C&rsquo;est ce &laquo;&nbsp;présent&nbsp;&raquo; qu&rsquo;Alain Gerber nous montre, à chaque ligne de ce livre. Où Django, dans ce présent, dans cette présence, est tout simplement, vivant.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt1.vignette.jpg" alt="djangoreinhardt1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt1.vignette.jpg" alt="djangoreinhardt1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt1.vignette.jpg" alt="djangoreinhardt1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt1.vignette.jpg" alt="djangoreinhardt1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt1.vignette.jpg" alt="djangoreinhardt1.jpg" /></p>
<p>Non pas comme une sorte d&rsquo;objet, de personnage qui se déplacerait ici ou là, qui passerait de tel état à tel autre, qui cheminerait de telle salle de concert en tel club enfumé à Saint-Germain, au &laquo;&nbsp;Village&nbsp;&raquo; ou n&rsquo;importe où dans le vaste monde: dans &laquo;&nbsp;Insensiblement (Django)&nbsp;&raquo; nous sommes comme avec Django. Non pas seulement à ses côtés, non pas comme des visionnaires (à moins que ce soit des &laquo;&nbsp;voyeurs&nbsp;&raquo;) des scènes de sa vie, mais bien plutôt comme à l&rsquo;intérieur de lui-même, comme une parcelle, fut-elle infime, de lui, de sa propre vie.</p>
<p>Sa propre vie: c&rsquo;est-à-dire ses propres sensations, ses propres émotions, ses doutes et ses certitudes tout autant. Ses &laquo;&nbsp;vibrations&nbsp;&raquo; et ses errances, ses bonheurs, ses affrontements, ses peurs, ses désirs.</p>
<p>De tout cela, parce qu&rsquo;il les ressent lui-même, parce qu&rsquo;il en est comme le dépositaire (parcellaire sans aucun doute, car nul autre que Django ne peut être Django et nul autre que chacun de nous ne peut être nous) parcellaire donc, mais si proche, si intime, alors, Gerber peut nous donner quelque chose à partager: une exception à saisir. Fugitive, presque in-atteignable.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/django18ol9.vignette.jpg" alt="django18ol9.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/django18ol9.vignette.jpg" alt="django18ol9.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/django18ol9.vignette.jpg" alt="django18ol9.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/django18ol9.vignette.jpg" alt="django18ol9.jpg" /></p>
<p>Mais, si parfois nous croyons l&rsquo;atteindre, s&rsquo;il nous semble que nous l&rsquo;avons trouvée cette chose-là qui s&rsquo;appelle la vie, la vie de Django, de Lorna, celle de Naguine ou de Babik, c&rsquo;est que l&rsquo;encre invisible du poète a accompli son destin, faute peut-être de ne pouvoir jamais atteindre sa cible.</p>
<p>C&rsquo;est aussi, parce que notre propre vie c&rsquo;est ce que nous sentons, ressentons, ce à quoi nous n&rsquo;échappons en aucune façon, à aucun moment&#8230;</p>
<p> </p>
<p> *        *        *        *        *</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/vjkkam8l1.jpg" alt="vjkkam8l1.jpg" width="400" /></p>
<p>On aurait pu croire qu&rsquo;en faisant le récit des &laquo;&nbsp;événements&nbsp;&raquo; de l&rsquo;histoire que nous avons vécue on aurait là la meilleure et plus efficace façon de dire la réalité, de dire ce que nous fûmes ou même ce que nous sommes.</p>
<p>Mais Django est insaisissable, encore plus que tout autre. Comment voulez-vous le décrire?</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;&#8230;il a parcouru tant et tant de chemin pour atteindre ce but qu&rsquo;il ne s&rsquo;était jamais fixé, qui s&rsquo;est présenté à lui un beau jour et qui n&rsquo;a plus bougé de là. Il a tant bourlingué, Londres, Rome, Bruxelles, Genève, Amsterdam, Stockholm, Oslo, l&rsquo;Algérie, l&rsquo;Amérique, l&rsquo;Allemagne, Trifouillis, Pétaouchnock, camps volants, tours et détours à n&rsquo;en plus finir&#8230; la route aura été si longue et le temps si court.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt2high2.vignette.jpg" alt="djangoreinhardt2high2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt2high2.vignette.jpg" alt="djangoreinhardt2high2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt2high2.vignette.jpg" alt="djangoreinhardt2high2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardt2high2.vignette.jpg" alt="djangoreinhardt2high2.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est comme sa musique, Django l&rsquo;a souvent comme cachée, dissimulée pour mieux la protéger, pour mieux la jouer et la donner, pour la partager davantage. Alors, avec ça vous voudriez la décrire cette musique?</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Et maintenant chaque note est un campement. Chaque note est un endroit où l&rsquo;on a mis le feu bien à l&rsquo;abri, au lieu de la laisser danser dehors jusqu&rsquo;à l&rsquo;épuisement. Chacun des souvenirs qui ne vous ont rien coûté soudain n&rsquo;a plus de prix, et&#8230; vous faites couler cet or entre vos doigts, sans vous lasser.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Décidément, Django est au fond, invisible, &laquo;&nbsp;in-montrable&nbsp;&raquo;! Tout autant que sa musique!</p>
<p>Mais sa musique, son art, son génie, sa personne, qui est tout cela à la fois, insensiblement, ce livre nous les fait quand même apercevoir, c&rsquo;est-à-dire, ressentir, pressentir.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardta.vignette.jpg" alt="djangoreinhardta.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardta.vignette.jpg" alt="djangoreinhardta.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardta.vignette.jpg" alt="djangoreinhardta.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardta.vignette.jpg" alt="djangoreinhardta.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/djangoreinhardta.vignette.jpg" alt="djangoreinhardta.jpg" /></p>
<p>Toute la musique de Django Reinhardt est comme la trame même du roman; à chaque phrase nous en faisons l&rsquo;épreuve en nous-même.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;invisible désigne en réalité la première forme de la révélation, la plus radicale, secrète parce qu&rsquo;on ne peut pas la voir, mais incontestable car ce qui s&rsquo;éprouve, on ne peut pas dire qu&rsquo;on ne l&rsquo;éprouve pas.&nbsp;&raquo; </em>(Michel Henry, op cit.)</p>
<p>La vérité n&rsquo;est pas visible: elle est inactuelle, hors du monde, hors du temps. Mais elle est une sorte de présence absolue, que rien ne peut effacer, ne peut empêcher.</p>
<p>C&rsquo;est pour cela et c&rsquo;est ainsi que ce roman au beau titre d&rsquo;un des plus beaux enregistrements de Django, c&rsquo;est pour cela qu&rsquo; &laquo;&nbsp;Insensiblement&nbsp;&raquo;, fait vivre Django.</p>
<p>A chacune de ses pages. A chacun des instants qu&rsquo;il parcourt.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/03/jesseluladjango3.jpg" alt="jesseluladjango3.jpg" /></p>
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		<title>Comment un roman cela s&#8217;écrit! Pylône, Faulkner et Dorothy&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 06:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[William Faulkner est l&#8217;un des plus grands écrivains de tous les temps. On peut dire cela, sans doute, pour plusieurs raisons. Parce que les &#171;&#160;critères&#160;&#187; des uns ne sont pas ceux des autres. Et parce qu&#8217;il y a aussi plusieurs façons de lire et donc plusieurs façons d&#8217;apprécier un livre, une oeuvre. Il y en a [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/avionvoltige1.jpg" class="imagelink" title="avionvoltige1.jpg" rel="lightbox[1012]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/1465335311.jpg" class="imagelink" title="1465335311.jpg" rel="lightbox[1012]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/rock20hudson20and20dorothy20malone20in20written20on20the20wind.jpg" class="imagelink" title="rock20hudson20and20dorothy20malone20in20written20on20the20wind.jpg" rel="lightbox[1012]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/rarkrow2.jpg" class="imagelink" title="rarkrow2.jpg" rel="lightbox[1012]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/arton174.jpg" class="imagelink" title="arton174.jpg" rel="lightbox[1012]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/1a.jpg" class="imagelink" title="1a.jpg" rel="lightbox[1012]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/1a.jpg" alt="1a.jpg" width="400" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/williamfaulkner.jpg" class="imagelink" title="williamfaulkner.jpg" rel="lightbox[1012]"></a></p>
<p>William Faulkner est l&rsquo;un des plus grands écrivains de tous les temps.</p>
<p>On peut dire cela, sans doute, pour plusieurs raisons.</p>
<p>Parce que les &laquo;&nbsp;critères&nbsp;&raquo; des uns ne sont pas ceux des autres. Et parce qu&rsquo;il y a aussi plusieurs façons de lire et donc plusieurs façons d&rsquo;apprécier un livre, une oeuvre.</p>
<p>Il y en a même qui n&rsquo;aiment pas Faulkner.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/faulkner.jpg" alt="faulkner.jpg" /></p>
<p>Respectons ce sentiment: il y a sans doute tant ou tant d&rsquo;auteurs que vous et moi n&rsquo;aimons pas et que d&rsquo;autres aiment&#8230;</p>
<p>Cependant, une des raisons qui peuvent faire aimer l&rsquo;oeuvre de Faulkner au point de dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une oeuvre &laquo;&nbsp;géniale&nbsp;&raquo; c&rsquo;est qu&rsquo;elle comporte, en son origine même, tout ce qui fait la littérature.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tout ce qui fait la littérature!&nbsp;&raquo;: à y regarder de près, on peut, en lisant Faulkner, découvrir la littérature elle-même.</p>
<p>Ce que cela peut bien pouvoir signifier?</p>
<p>Que dans les romans de William Faulkner, à leur source, mais parfois dans l&rsquo;histoire elle-même,  il y a ce qui fait qu&rsquo;un roman est possible.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/n47732.vignette.jpg" alt="n47732.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/n47732.vignette.jpg" alt="n47732.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/n47732.vignette.jpg" alt="n47732.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/n47732.vignette.jpg" alt="n47732.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/n47732.vignette.jpg" alt="n47732.jpg" /></p>
<p>Et c&rsquo;est, de façon très visible, le cas dans ce roman qui s&rsquo;intitule &laquo;&nbsp;Pylône&nbsp;&raquo;, un roman que, parfois, on a dit si peu faulknérien. Alors qu&rsquo;il est peut-être l&rsquo;un des plus faulknériens de tous. Parce qu&rsquo;il révèle tout l&rsquo;art de Faulkner, tout son génie.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/14101.vignette.jpg" alt="14101.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/14101.vignette.jpg" alt="14101.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/14101.vignette.jpg" alt="14101.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/14101.vignette.jpg" alt="14101.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/14101.vignette.jpg" alt="14101.jpg" /></p>
<p>Dans &laquo;&nbsp;Pylône&nbsp;&raquo; William Faulkner écrit -c&rsquo;est le personnage principal, le reporter, qui parle :</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il s&rsquo;efforçait d&rsquo;expliquer ce qu&rsquo;il ne savait pas. &laquo;&nbsp;Je n&rsquo;avais pas pensé à ça! s&rsquo;écria-t-il. Je me figurais seulement qu&rsquo;ils partaient tous ensemble. Je ne sais pas où, mais je croyais que c&rsquo;était tous les trois, que peut-être, les cent-soixante-quinze dollars suffiraient jusqu&rsquo;à ce que Holmes puisse&#8230; et qu&rsquo;alors il serait assez grand et que je serais là. C&rsquo;est elle sans doute, que je verrais d&rsquo;abord, et elle n&rsquo;aurait pas un air différent, même si elle était là-bas aux alentours du pylône, et moi non plus, même si j&rsquo;avais quarante-deux ans au lieu de vingt-huit; il reviendrait des pylônes, nous irions à sa rencontre, et peut-être que, tenant mon bras, tandis qu&rsquo;il nous regarderait par-dessus la carlingue, elle dirait: &laquo;&nbsp;Voici celui qui était là-bas, à New-Valois cette fois-là. Celui qui te payait des glaces.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Et c&rsquo;est ainsi que &laquo;&nbsp;l&rsquo;on se fait un roman&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/la20ronde20de20laube.jpg" alt="la20ronde20de20laube.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est ainsi, aussi, que s&rsquo;écrit un roman! Et jamais autrement!</p>
<p>Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre façon pour écrire que d&rsquo;écrire au conditionnel: ce qui aurait pu arriver, ce qui aurait du arriver ou ce qui n&rsquo;aurait jamais du arriver. (Et, dans &laquo;&nbsp;Pylône&nbsp;&raquo; il y a comme chacun de ces trois cas de figure&#8230;)</p>
<p>&laquo;&nbsp;Au conditionnel&nbsp;&raquo;: un roman n&rsquo;est pas une histoire vraie.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/avionvoltige1.jpg" alt="avionvoltige1.jpg" width="400" /></p>
<p>Un roman est un rêve: il est plus vrai que la vérité et plus réel que la réalité.</p>
<p>C&rsquo;est la raison pour laquelle il y a une nécessité impérative du roman. Une nécessité pour vivre, c&rsquo;est-à-dire pour goûter la vie.</p>
<p>Il faut donc de l&rsquo;impossible pour qu&rsquo;il y ait une création, un roman.</p>
<p>Il faut une imagination au-delà de tout réel concret, de tout ce qui advient, pour qu&rsquo;il y ait quelque chose comme la vie elle-même, comme le désir qui nous fait vivre, qui est cette vie elle-même.</p>
<p>Il faut &laquo;&nbsp;se faire du cinéma&nbsp;&raquo; pour qu&rsquo;il y ait au même instant tout ce qui fait un roman, une oeuvre, une &laquo;&nbsp;histoire&nbsp;&raquo;, une biographie, une personne, un personnage.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/meetingaeriensavoietechnolac4aout07voltigefeminine24.jpg" alt="meetingaeriensavoietechnolac4aout07voltigefeminine24.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est pour cela que ceux de &laquo;&nbsp;Pylône&nbsp;&raquo; sont capables de frôler la mort, de la provoquer dans chacun de leurs gestes. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;ils vivent dans leur monde. Presque en dehors du monde.</p>
<p>C&rsquo;est pour cela que &laquo;&nbsp;Pylône&nbsp;&raquo; est devenu (en 1958; le roman est paru, lui, en 1935) &laquo;&nbsp;La ronde de l&rsquo;aube&nbsp;&raquo;, un film de Douglas Sirk. Avec Rock Hudson, Robert Stack et Dorothy, Dorothy Malone aussi &laquo;&nbsp;improbable&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;impossible&nbsp;&raquo; que son personnage de Laverne.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/dorothymaloned.jpg" alt="dorothymaloned.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/dorothymaloned.jpg" alt="dorothymaloned.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/dorothymaloned.jpg" alt="dorothymaloned.jpg" /></p>
<p>Le génie de Faulkner ne réside toutefois pas seulement dans sa capacité à &laquo;&nbsp;décrire&nbsp;&raquo; l&rsquo;impossible.</p>
<p>Non seulement cela ne suffirait pas. Mais surtout cela pourrait conduire au résultat inverse: à une &laquo;&nbsp;fantaisie&nbsp;&raquo; si irréelle que personne n&rsquo;y croirait.</p>
<p>Comme un conte pour enfants&#8230;</p>
<p>A l&rsquo;inverse, son &nbsp;&raquo;secret&nbsp;&raquo;, William Faulkner l&rsquo;a dévoilé lui-même.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/williamfaulkner.jpg" alt="williamfaulkner.jpg" width="400" /></p>
<p>Un jour Faulkner a dit la vérité.</p>
<p>Il a dit: <em>&laquo;&nbsp;Car si le souvenir existe en dehors de la chair, ce ne sera pas le souvenir; car il ne saura pas de quoi il se souvient&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Un roman c&rsquo;est l&rsquo;impossible, le rêve, mais l&rsquo;impossible rêvé quand il est incarné.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/rock20hudson20and20dorothy20malone20in20written20on20the20wind.jpg" alt="rock20hudson20and20dorothy20malone20in20written20on20the20wind.jpg" width="400" /></p>
<p>C&rsquo;est là, très précisément que réside le génie absolu de William Faulkner!</p>
<p>Ce rêve incarné, cette chair rêvée, c&rsquo;est tout cela qui est vécu par les personnages de &laquo;&nbsp;Pylône&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Et, tout d&rsquo;abord par ce reporter dont on ne connaîtra jamais ni le nom, ni le prénom, qui devrait donc être anonyme alors qu&rsquo;il est présent, absolument présent, qu&rsquo;il est la présence même du roman pour le lecteur: à tout instant où l&rsquo;on peut lire &laquo;&nbsp;Pylône&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il y a bien évidemment un risque à ce que tout imaginaire soit désincarné, non incarné.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/1465335311.jpg" alt="1465335311.jpg" width="400" /></p>
<p>Seul l&rsquo;imaginaire dans sa chair, comme le dit Faulkner, est la source du roman, de la création.</p>
<p>Car c&rsquo;est à ce point-là, à cet instant qu&rsquo;il est la vie elle-même, dans sa propre source, dans sa propre appartenance, dans son surgissement, dans sa continuité, dans sa &laquo;&nbsp;perdurance&nbsp;&raquo;, dans son désir ou sa volonté d&rsquo;elle-même.</p>
<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;un roman est un roman d&rsquo;amour et qu&rsquo;il ne peut être autrement.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/7516022878871.vignette.jpg" alt="7516022878871.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/7516022878871.vignette.jpg" alt="7516022878871.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/7516022878871.vignette.jpg" alt="7516022878871.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/7516022878871.vignette.jpg" alt="7516022878871.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/7516022878871.vignette.jpg" alt="7516022878871.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/7516022878871.vignette.jpg" alt="7516022878871.jpg" /></p>
<p>Dans sa préface à l&rsquo;édition française Roger Grenier cite Faulkner parlant du personnage principal, foudroyé par la vision de Laverne/Dorothy:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il ne portait pas de nom. Mais il n&rsquo;était pas anonyme: c&rsquo;était M. Tout-le-monde. Je suis convaincu que tout homme jeune, même laid&#8230;possède en lui-même la capacité d&rsquo;éprouver un grand amour, de se sacrifier au nom de cet amour pour celle qu&rsquo;il aime. Mais la plupart d&rsquo;entre nous ratent le coche. Nous demeurons muets, incapables de communiquer nos sentiments, ou bien notre choix (si l&rsquo;on peut parler de choix) se porte sur la mauvaise personne, qui se révèle indigne de nous, ou bien trop grande, trop forte pour nous, en tout cas en dehors de notre catégorie. C&rsquo;est tragique, tirste, vrai, mais c&rsquo;est préférable à rien du tout. En réalité, mieux vaut aimer qu&rsquo;être aimé&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/248646.jpg" alt="248646.jpg" /></em></p>
<p>Mieux vaut aimer: car aimer c&rsquo;est rêver dans sa chair. Tandis qu&rsquo;être aimé&#8230;</p>
<p>C&rsquo;est ainsi que Roger Grenier ajoute:</p>
<p><em>&nbsp;&raquo; Le reporter se heurte ainsi au problème de la grâce, de l&rsquo;amour impossible, du malentendu. La ténébreuse malédiction faulknérienne le rapproche de façon imprévue de l&rsquo;absurde.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/rarkrow2.jpg" alt="rarkrow2.jpg" width="400" /></p>
<p>Peut-être est-ce là le prix du roman!</p>
<p>Incarner un rêve: aimer! Voici comment s&rsquo;écrit un roman.</p>
<p>Dans un avion qui s&rsquo;envole pour un dernier voyage, et Dorothy Malone qui s&rsquo;échappe, loin, au fond de l&rsquo;écran, le coeur battant&#8230;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/dorothymalonea.jpg" alt="dorothymalonea.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/dorothymalonea.jpg" alt="dorothymalonea.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/02/dorothymalonea.jpg" alt="dorothymalonea.jpg" /></p>
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		<title>L&#8217;enfance de Dionysos</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Feb 2010 07:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[mythologies]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;L&#8217;enfant ne peut pas vivre sans rien briser&#8230;&#160;&#187;  (Friedrich Nietzsche &#171;&#160;Sur l&#8217;eau&#160;&#187; in &#171;&#160;Derniers fragments&#160;&#187; automne 1888 Gallimard/Poésie) (&#171;&#160;L&#8217;enfance de Dionysos&#160;&#187; par Martial Raysse) Zeus, avec la fascinante Sémélé, a une aventure cachée. Si secrète qu&#8217;il ne se montre même pas à elle à visage découvert. Sémélé est la fille de Cadmos, roi de Thèbes. Sa [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sacreduprintemps02.jpg" class="imagelink" title="sacreduprintemps02.jpg" rel="lightbox[914]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/following.png" class="imagelink" title="following.png" rel="lightbox[914]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/hyadesp.jpg" class="imagelink" title="hyadesp.jpg" rel="lightbox[914]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/86241242292553.png" class="imagelink" title="86241242292553.png" rel="lightbox[914]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/hylasandthenymphs.jpg" class="imagelink" title="hylasandthenymphs.jpg" rel="lightbox[914]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/z121dionysos.jpg" class="imagelink" title="z121dionysos.jpg" rel="lightbox[914]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/jeanalbertlaurence202.jpg" class="imagelink" title="jeanalbertlaurence202.jpg" rel="lightbox[914]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/01/photojnbarak24.jpg" class="imagelink" title="photojnbarak24.jpg" rel="lightbox[914]"></a>&laquo;&nbsp;L&rsquo;enfant ne peut pas vivre</em></p>
<p><em>sans rien briser&#8230;&nbsp;&raquo;  </em></p>
<p><strong><font size="1">(Friedrich Nietzsche &laquo;&nbsp;Sur l&rsquo;eau&nbsp;&raquo; in &laquo;&nbsp;Derniers fragments&nbsp;&raquo; automne 1888 Gallimard/Poésie)</font></strong></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/martialraysseenfancebacchus.jpg" alt="martialraysseenfancebacchus.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(&laquo;&nbsp;L&rsquo;enfance de Dionysos&nbsp;&raquo; par Martial Raysse)</font></em></p>
<p>Zeus, avec la fascinante Sémélé, a une aventure cachée.</p>
<p>Si secrète qu&rsquo;il ne se montre même pas à elle à visage découvert.</p>
<p>Sémélé est la fille de Cadmos, roi de Thèbes. Sa mère se nomme Harmonie.</p>
<p>Elle a aussi pour nom Séléné. Elle est l&rsquo;une des &laquo;&nbsp;figures&nbsp;&raquo; de Séléné, l&rsquo;un de ses masques. Et elle est la lune qui désigne la femme, la déesse, la mère, l&rsquo;amante, celle qui porte les enfants et donc, la constance, l&rsquo;amour.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/jeanalbertlaurence202.jpg" alt="jeanalbertlaurence202.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie Jean Albert)</font></em></p>
<p>L&rsquo;épouse &laquo;&nbsp;légitime&nbsp;&raquo; de Zeus, Héra est jalouse.</p>
<p>Déguisée en vieille voisine, elle va voir Sémélé et elle lui dit:</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ton amant mystérieux se moque de toi. Il ne peut continuer à te cacher son visage. Dis-lui de se montrer enfin tel qu&rsquo;il est&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/6a00d8341ce44553ef0105361ce003970c320wi.jpg" alt="6a00d8341ce44553ef0105361ce003970c320wi.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/6a00d8341ce44553ef0105361ce003970c320wi.jpg" alt="6a00d8341ce44553ef0105361ce003970c320wi.jpg" /></p>
<p>En se montrant, Zeus frappe Sémélé de sa lumière: il la foudroie.</p>
<p>Elle porte Dionysos, leur fils, en son sein depuis six mois.</p>
<p>Hermès le vigilant, sauve Dionysos.</p>
<p>Il le &laquo;&nbsp;coud&nbsp;&raquo; dans la &laquo;&nbsp;cuisse&nbsp;&raquo; de Zeus. Trois mois plus tard, Dionysos vient au monde.</p>
<p>Il s&rsquo;appelle aussi &laquo;&nbsp;Le deux fois né&nbsp;&raquo; ou encore &laquo;&nbsp;Le fils de la double porte&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/mediumdionysos2.vignette.jpg" alt="mediumdionysos2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/mediumdionysos2.vignette.jpg" alt="mediumdionysos2.jpg" /></p>
<p>Mais Héra le poursuit de sa haine.</p>
<p>Elle demande aux Titans de s&rsquo;emparer du nouveau-né. Ils l&rsquo;aperçoivent. Sa tête est couverte de cornes et entourée de serpents.</p>
<p>Il leur faut tout leur courage et toute leur force pour le mettre en pièce et le brûler dans un chaudron.</p>
<p>Là où le sang de l&rsquo;enfant s&rsquo;est répandu sur le sol, soudain jaillit un grenadier.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/dansemarsblancheneigew350.vignette.jpg" alt="dansemarsblancheneigew350.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/dansemarsblancheneigew350.vignette.jpg" alt="dansemarsblancheneigew350.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/dansemarsblancheneigew350.vignette.jpg" alt="dansemarsblancheneigew350.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/dansemarsblancheneigew350.vignette.jpg" alt="dansemarsblancheneigew350.jpg" /></p>
<p>Rhéa, sa grand-mère, soeur des Titans, vient pour le sauver. Comme elle a déjà sauvé par sa ruse, Zeus le propre père de Dionysos, de son mari Cronos qui dévorait tous leurs enfants.</p>
<p>Dionysos est confié à Athamos, roi d&rsquo;Orchomène et à son épouse la reine Ino, la soeur de Sémélé.</p>
<p>Il est élevé dans le quartier des filles; &laquo;&nbsp;dans l&rsquo;obscurité&nbsp;&raquo; disaient les Grecs. Achille aussi sera élevé dans le quartier des filles.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pria0.vignette.jpg" alt="pria0.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pria0.vignette.jpg" alt="pria0.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pria0.vignette.jpg" alt="pria0.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pria0.vignette.jpg" alt="pria0.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pria0.vignette.jpg" alt="pria0.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pria0.vignette.jpg" alt="pria0.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pria0.vignette.jpg" alt="pria0.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pria0.vignette.jpg" alt="pria0.jpg" /></p>
<p>Ino s&rsquo;appelle aussi Leucothéa. Elle est &laquo;&nbsp;la déesse blanche&nbsp;&raquo;. Elle est celle &laquo;&nbsp;qui rend vigoureux&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est la figure de la déesse à qui on rend encore un culte ithyphallique. Au temps des semailles on lui sacrifie un jeune garçon.</p>
<p>Dionysos est déguisé en fille: le rite ancien, désormais est &laquo;&nbsp;brisé.&nbsp;&raquo;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sacreduprintemps02.jpg" alt="sacreduprintemps02.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(&laquo;&nbsp;Le sacre du printemps&nbsp;&raquo;, ballet A Preljocaj)</font></em></p>
<p>Mais Héra se venge.</p>
<p>Dionysos fuit jusque sur le mont Hélicon. Les nymphes qui l&rsquo;habitent s&rsquo;occupent de lui. Elles le nourrissent de miel et de leurs douceurs.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/hylasandthenymphs.jpg" alt="hylasandthenymphs.jpg" width="400" /></p>
<p>Plus tard, récompensées par Zeus, le soir dans le ciel, elles sont les Hyades. En désolation, elles pleurent les larmes de leur corps: elles sont les &laquo;&nbsp;faiseuses de la pluie&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Elles s&rsquo;appellent aussi &laquo;&nbsp;Les hautes&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Les passionnées&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Les rugissantes&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Les furies&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/hyadesp.jpg" alt="hyadesp.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(La constellation des Hyades)</font></em></p>
<p>En dépit de son allure efféminée, lorsque Dionysos atteint l&rsquo;âge adulte, Héra le reconnaît enfin comme le fils de Zeus.</p>
<p>Elle le condamne à parcourir le monde. En toutes parts.</p>
<p>Partout dans le monde, Dionysos est chez lui. Il est le premier &laquo;&nbsp;universel&nbsp;&raquo;. Le monde est à lui; il est comme le monde.</p>
<p>Il est accompagné de Silène, son précepteur. Il est accompagné aussi d&rsquo;une armée de Satyres et de Ménades. Ils sont &laquo;&nbsp;déchaînés.&nbsp;&raquo;</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/bacchae2.jpg" alt="bacchae2.jpg" /></p>
<p>Sur le mont Nysa, en Libye, Dionysos invente le vin.</p>
<p>Il n&rsquo;y aura plus jamais de culte et de rite proclamé sans qu&rsquo;il y ait du vin. Et de l&rsquo;ivresse&#8230;</p>
<p>Si le royaume de Dionysos est total, c&rsquo;est qu&rsquo;il a &laquo;&nbsp;brisé&nbsp;&raquo; les anciens cultes. Il a transformé le monde.</p>
<p>Il est lui-même celui qui se transforme. Il se transforme tout en restant identique à soi. Parce qu&rsquo;il demeure ce qu&rsquo;il est.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/poussin22.jpg" alt="poussin22.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/poussin22.jpg" alt="poussin22.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/poussin22.jpg" alt="poussin22.jpg" /></p>
<p>Dionysos est né en hiver sous la forme d&rsquo;un serpent dont il est couronné. Il devient un lion au printemps et un taureau au milieu de l&rsquo;été. Ce sont les trois âges de l&rsquo;année. Ce sont aussi les trois âges de la vie. Ils sont parfois simultanés.</p>
<p>Sous ses différentes &laquo;&nbsp;formes&nbsp;&raquo;, ses différentes &laquo;&nbsp;personnae&nbsp;&raquo;, Dionysos est le même. Il est toujours affirmation de lui-même, affirmation de soi. Il ne fait pas comme son père, il ne se dissimule pas.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Dionysos est l&rsquo;affirmation pure et multiple, la vraie affirmation, la volonté affirmative&nbsp;&raquo; <strong><font size="1">(Gilles Deleuze in &laquo;&nbsp;Le mystère d&rsquo;Ariane&nbsp;&raquo; Le Magazine Littéraire n°298 avril 1992 &laquo;&nbsp;Les vies de Nietzsche&nbsp;&raquo;)</font></strong></em></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/z121dionysos.jpg" alt="z121dionysos.jpg" width="400" /></p>
<p>C&rsquo;est comme dieu de la vie que Dionysos apparaît. Les Satyres et Ménades ne sont qu&rsquo;un autre &laquo;&nbsp;masque&nbsp;&raquo; de la vie que manifeste le dieu lui-même.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2010/01/photojnbarak24.jpg" alt="photojnbarak24.jpg" width="400" /></p>
<p><font size="1"><em>(photographie Jean Barak)</em></font></p>
<p>Il est le dieu de la vie qui est volonté, volonté de soi, d&rsquo;être soi.</p>
<p>Dionysos c&rsquo;est la vie qui se veut elle-même, qui se répète sans cesse, éternel retour à soi-même, à chaque instant, à chaque éternité.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/86241242292553.png" alt="86241242292553.png" width="400" /></p>
<p>C&rsquo;est ainsi que Dionysos est le dieu de la plénitude.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La plénitude n&rsquo;est pas un état, elle est le parvenir en soi de ce qui ne cesse de parvenir en soi et, de cette façon, d&rsquo;être ce qu&rsquo;il est.&nbsp;&raquo; <strong><font size="1">(Michel Henry &laquo;&nbsp;Les dieux naissent et meurent ensemble&nbsp;&raquo; in &laquo;&nbsp;Généalogie de la psychanalyse&nbsp;&raquo; PUF éditeur)</font></strong></em></p>
<p>Dionysos est un enfant. Il le demeure. Il demeure lui-même dans sa plénitude. Comme le fait l&rsquo;enfant.</p>
<p>Dionysos est le dieu de la vie et le dieu du désir. Dionysos est le désir de la vie et de la vie qui se désire comme vie, toujours, pleinement.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Pour adhérer à soi, l&rsquo;être n&rsquo;est que le désir de soi; désir de soi, il n&rsquo;est que pure adhésion à soi.&nbsp;&raquo; <strong><font size="1">(Michel Henry op.cit.)</font></strong></em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/balletpreljocaj6img1.jpg" alt="balletpreljocaj6img1.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Ballet A Preljocaj)</font></em></p>
<p>Plus tard, Dionysos n&rsquo;est plus un enfant, si l&rsquo;on mesure le temps comme il s&rsquo;écoulerait.</p>
<p>Il voit Ariane et, en un instant, il est amoureux.</p>
<p>C&rsquo;est &laquo;&nbsp;un coup de foudre&nbsp;&raquo;. Comme l&rsquo;éclair de Zeus, son père!</p>
<p>En janvier 1882, à Gênes, pour saluer la nouvelle année, Friedrich Nietzsche s&rsquo;exclame:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;</em>Amor fati<em>: que ceci soit désormais mon amour!&#8230; Je veux à partir d&rsquo;un moment quelconque n&rsquo;être plus que pure adhésion.&nbsp;&raquo; <strong><font size="1">(&laquo;&nbsp;Le gai savoir&nbsp;&raquo; éditions Gallimard)</font></strong></em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/balletpreljocaj66img1.jpg" alt="balletpreljocaj66img1.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Ballet A Preljocaj)</font></em></p>
<p>Comme l&rsquo;enfant, Dionysos est pure adhésion. Avec Ariane il est lui-même. Ils dansent. Le labyrinthe n&rsquo;est plus le chemin où l&rsquo;on se perd. Il est la vie. Dionsyos et Ariane en sont les enfants.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/following.png" alt="following.png" width="400" /></p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>&#171;&#160;Dans ton pays&#160;&#187; ou &#171;&#160;un poème retrouvé&#160;&#187;</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/02/18/dans-ton-pays-ou-un-poeme-retrouve/</link>
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		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 06:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[(photographie M Arcens) Dans ton pays &#171;&#160;&#8230;avançant le bras, on peut toucher parfois, dans la distance entre deux êtres, un instant du rêve de l&#8217;autre, qui va sans fin.&#160;&#187; (Yves Bonnefoy. &#171;&#160;Ce qui fut sans lumière&#160;&#187;)   Les nuages passaient au loin, aux confins de la plaine. D&#8217;autres s&#8217;attardaient au bord de la mer. Quand [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><font size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/doux20sommeils20laurentdepla437543287c.jpg" class="imagelink" title="doux20sommeils20laurentdepla437543287c.jpg" rel="lightbox[897]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/stella33.jpg" class="imagelink" title="stella33.jpg" rel="lightbox[897]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/lac6.jpg" class="imagelink" title="lac6.jpg" rel="lightbox[897]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/parcsanvicens042.jpg" class="imagelink" title="parcsanvicens042.jpg" rel="lightbox[897]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/parcsanvicens039.jpg" class="imagelink" title="parcsanvicens039.jpg" rel="lightbox[897]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/parcsanvicens038.jpg" class="imagelink" title="parcsanvicens038.jpg" rel="lightbox[897]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/parcsanvicens038.jpg" alt="parcsanvicens038.jpg" width="400" /></a></font></strong></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p><strong><font size="4">Dans ton pays</font></strong></p>
<p><strong><font size="4"></font></strong></p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;&#8230;avançant le bras, on peut toucher parfois, dans la distance entre deux êtres, un instant du rêve de l&rsquo;autre, qui va sans fin.&nbsp;&raquo; </em>(Yves Bonnefoy. &laquo;&nbsp;Ce qui fut sans lumière&nbsp;&raquo;)</strong></p>
<p> </p>
<p>Les nuages passaient au loin, aux confins de la plaine. D&rsquo;autres s&rsquo;attardaient au bord de la mer.</p>
<p>Quand elle était accueillante ou lorsque que la tempête approchait.</p>
<p>Il y avait des maisons sur les collines et quelques villages se cachaient encore au creux des heures et des forêts.</p>
<p>La ville, elle, était incessante.</p>
<p>A l&rsquo;heure de midi le vent s&rsquo;agitât dans les arbres.</p>
<p>Dans la fulgurance fugitive de l&rsquo;instant soudain surgit l&rsquo;éclair.</p>
<p>La paix avait gagné et l&rsquo;été ne pourrait plus jamais s&rsquo;effondrer.</p>
<p>Le temps s&rsquo;immobilisait enfin.</p>
<p>(M.A. mai 2009)</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/parcsanvicens042.jpg" alt="parcsanvicens042.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/lac4.jpg" alt="lac4.jpg" width="400" /></p>
<p> </p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/parcsanvicens021.jpg" alt="parcsanvicens021.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/parcsanvicens035.jpg" alt="parcsanvicens035.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/nngimages.vignette.jpg" alt="nngimages.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/nngimages.vignette.jpg" alt="nngimages.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/nngimages.vignette.jpg" alt="nngimages.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/nngimages.vignette.jpg" alt="nngimages.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Yves Bonnefoy)</font></em></p>
<p>Selon le poète et traducteur Yves Bonnefoy <em>&laquo;&nbsp;la poésie n&rsquo;est pas identifiable à une vérité formulable; c&rsquo;est rechercher le contact avec ce que la vie a d&rsquo;immédiat&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/alechinskylouisianaiii.jpg" alt="alechinskylouisianaiii.jpg" /></p>
<p>Pierre Alechinsky a souvent illustré les poésies d&rsquo;Yves Bonnefoy.</p>
<p>Il écrit un jour:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;aurais compris davantage ou encore moins, ou rien comme dans la plupart des rêves.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong><em><font size="2"></font></em></strong></p>
<p><strong><em><font size="1">On peut aussi écouter l&rsquo;une des oeuvres de la musique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui parmi les plus réussies: &laquo;&nbsp;L&rsquo;homme de fumée&nbsp;&raquo; de Pascal Dusapin. </font></em></strong></p>
<p><strong><em><font size="1">Cet opéra est l&rsquo;une des plus belles &laquo;&nbsp;résonnances&nbsp;&raquo; de la poésie de notre temps.</font></em></strong></p>
<p><strong><em><font size="1">C&rsquo;est en cliquant sur le lien ci-dessous et en tout cas, sur le site musicme.</font></em></strong></p>
<p> <a href="http://www.musicme.com/Alain-Altinoglu/albums/Perela-L%27homme-De-Fumee-(Integrale)-0822186821688.html">http://www.musicme.com/Alain-Altinoglu/albums/Perela-L%27homme-De-Fumee-(Integrale)-0822186821688.html</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Retour à Venise III: Elena Corner, la liberté et la connaissance</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/02/11/retour-a-venise-ii-elena-corner-la-premiere-femme-diplomee/</link>
		<comments>http://michelarcens.unblog.fr/2010/02/11/retour-a-venise-ii-elena-corner-la-premiere-femme-diplomee/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 06:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[(photographie M Arcens)  Voici une histoire &#171;&#160;édifiante&#160;&#187;, en dehors des &#171;&#160;sentiers habituels&#160;&#187; de &#171;&#160;L&#8217;instant&#160;&#187;. Il n&#8217;est pas exclu que Venise ou d&#8217;autres lieux ou d&#8217;autres circonstances encore, n&#8217;en inspirent pas d&#8217;autres à venir&#8230; Voici donc l&#8217;histoire d&#8217;Elena Corner.   A Venise, le palais Loredan (connu sous le nom de &#171;&#160;Ca&#8217; Loredan&#160;&#187;), avant de prendre ce [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/palaisloredanetfarsetti.jpg" class="imagelink" title="palaisloredanetfarsetti.jpg" rel="lightbox[884]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/elena.gif" class="imagelink" title="elena.gif" rel="lightbox[884]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070906.jpg" class="imagelink" title="p1070906.jpg" rel="lightbox[884]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/loredan.jpg" class="imagelink" title="loredan.jpg" rel="lightbox[884]"></a></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/14553144.jpg" class="imagelink" title="14553144.jpg" rel="lightbox[884]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1080078.jpg" class="imagelink" title="p1080078.jpg" rel="lightbox[884]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1080078.jpg" alt="p1080078.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p> Voici une histoire &laquo;&nbsp;édifiante&nbsp;&raquo;, en dehors des &laquo;&nbsp;sentiers habituels&nbsp;&raquo; de &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il n&rsquo;est pas exclu que Venise ou d&rsquo;autres lieux ou d&rsquo;autres circonstances encore, n&rsquo;en inspirent pas d&rsquo;autres à venir&#8230;</p>
<p>Voici donc l&rsquo;histoire d&rsquo;Elena Corner.</p>
<p> </p>
<p>A Venise, le palais Loredan (connu sous le nom de &laquo;&nbsp;Ca&rsquo; Loredan&nbsp;&raquo;), avant de prendre ce nom, appartint pendant longtemps à une branche de cette fameuse famille Corner qui donna quatre doges à la Sérénissime.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/palaisloredanetfarsetti.jpg" alt="palaisloredanetfarsetti.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(le palais Corner-Loredan est ici à gauche)</font></em></p>
<p>Entre ses murs naît le 15 juin 1646 Elena Lucrezia Corner Piscopia. Son père est procurateur à la basilique San Marco.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070655.jpg" alt="p1070655.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Giovanni Battista Corner Piscopia -c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il s&rsquo;appelle- a fait un mariage d&rsquo;amour. Avec une femme du peuple, Zanetta Boni. Ce qui est, à cette époque, un &laquo;&nbsp;scandale&nbsp;&raquo;. Surtout au regard de l&rsquo;Eglise.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/14553144.jpg" alt="14553144.jpg" width="400" /></p>
<p>Mais Giovanni Battista est un homme éclairé et volontaire. Son nom lui donne autorité.</p>
<p>Il n&rsquo;est pas question que sa fille étudie la théologie. L&rsquo;Eglise s&rsquo;y refuse.</p>
<p>Alors, l&rsquo;université de Padoue accueille Elena.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/moyencathedralepodavaas.jpg" alt="moyencathedralepodavaas.jpg" /></p>
<p>Le 25 juin 1678 elle obtient le doctorat de philosophie. Cela se passe dans la cathédrale, &laquo;&nbsp;pleine à craquer&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Avec sa dissertation sur Aristote elle est la première femme à recevoir un diplôme universitaire à cette époque.</p>
<p>Elena sait le grec, le latin, l&rsquo;hébreu, le français, l&rsquo;espagnol et, bien sûr l&rsquo;italien. Elle est poète et musicienne. Elle en sait long en mathématique et aussi en astronomie.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/elena.gif" alt="elena.gif" width="400" /></p>
<p>Elle est timide et très réservée.</p>
<p>Elle meurt peu après, le 27 juillet 1684.</p>
<p>Elle a trente-huit ans. Elle est bénédictine. Pour être à l&rsquo;écart d&rsquo;un monde qui n&rsquo;est pas tout à fait le sien. Pour être &laquo;&nbsp;libre&nbsp;&raquo;, dit-elle.</p>
<p>Le XVII° siècle n&rsquo;est pas encore terminé.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/piscopiacorner.vignette.jpg" alt="piscopiacorner.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/piscopiacorner.vignette.jpg" alt="piscopiacorner.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/piscopiacorner.vignette.jpg" alt="piscopiacorner.jpg" /></p>
<p>La liberté des femmes n&rsquo;est pas, encore aujourd&rsquo;hui, celle que l&rsquo;on espère, même dans les pays qui se disent les plus &laquo;&nbsp;avancés.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il faut deux siècles et demi après la mort d&rsquo;Elena pour qu&rsquo;en France, les femmes puissent voter: pour qu&rsquo;elles soient citoyennes de la République.</p>
<p>Celle de Venise est le premier État de la péninsule italienne à autoriser des leçons publiques d&rsquo;algèbre et de mathématiques. Elle donnait des bourses aux étudiants méritants ou sans argent pour aller étudier à Paris ou dans d&rsquo;autres grandes villes universitaires.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/0264042000.vignette.jpg" alt="0264042000.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/0264042000.vignette.jpg" alt="0264042000.jpg" /></p>
<p>Moins d&rsquo;un siècle avant la disparition d&rsquo;Elena, en 1609, Galilée est à Venise. Il monte sur le campanile. Il est accompagné du doge Leonardo Dona.</p>
<p>Il lui montre sa lunette. Il explique pourquoi la terre tourne.</p>
<p>A Rome, il se renie. Il n&rsquo;oublie pas ce qui est arrivé à Giordano Bruno.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/galilee.jpg" alt="galilee.jpg" /></p>
<p>La liberté et la connaissance qui en dépend et dont la liberté est elle-même le fruit ne sont jamais acquises.</p>
<p>Il en est ainsi chaque jour. Aujourd&rsquo;hui aussi.</p>
<p> </p>
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		<title>Pina Bausch: en frôlant un rêve</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/02/04/un-reve-de-pina-bausch/</link>
		<comments>http://michelarcens.unblog.fr/2010/02/04/un-reve-de-pina-bausch/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 06:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[danse]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Je me souviens de ses bras se mouvant dans l&#8217;espace, flottant presque&#8230; ses bras nus dans Café Müller flottant pour toujours&#8230;&#160;&#187; (Pedro Almodovar) &#171;&#160;Se lever, s&#8217;affaler, tituber, s&#8217;effondrer, se dérober, saisir, relâcher, sauter, bondir, pirouetter, s&#8217;affaisser sur soi même, rouler, chercher protection, s&#8217;endurcir, se tendre, s&#8217;entrelacer, prendre par l&#8217;épaule se toucher et s&#8217;éloigner l&#8217;un de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/bamboobluesdepinabauschreference.jpg" class="imagelink" title="bamboobluesdepinabauschreference.jpg" rel="lightbox[730]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina8.jpg" class="imagelink" title="pina8.jpg" rel="lightbox[730]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina7.jpg" class="imagelink" title="pina7.jpg" rel="lightbox[730]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pinabauschtenchi799533.jpg" class="imagelink" title="pinabauschtenchi799533.jpg" rel="lightbox[730]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina3.jpg" class="imagelink" title="pina3.jpg" rel="lightbox[730]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina13.jpg" class="imagelink" title="pina13.jpg" rel="lightbox[730]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina11.jpg" class="imagelink" title="pina11.jpg" rel="lightbox[730]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pinabausch.jpg" class="imagelink" title="pinabausch.jpg" rel="lightbox[730]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pinabausch.jpg" class="imagelink" title="pinabausch.jpg" rel="lightbox[730]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina1.jpg" class="imagelink" title="pina1.jpg" rel="lightbox[730]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina1.jpg" alt="pina1.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je me souviens de ses bras se mouvant dans l&rsquo;espace, flottant presque&#8230; ses bras nus dans </em>Café Müller <em>flottant pour toujours&#8230;&nbsp;&raquo; (Pedro Almodovar)</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/bamboobluesdepinabauschreference.jpg" alt="bamboobluesdepinabauschreference.jpg" width="400" /></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Se lever, s&rsquo;affaler,</em></p>
<p><em>tituber, s&rsquo;effondrer, </em></p>
<p><em>se dérober, saisir, relâcher,</em></p>
<p><em>sauter, bondir, pirouetter,</em></p>
<p><em>s&rsquo;affaisser sur soi même,</em></p>
<p><em>rouler, chercher protection, </em></p>
<p><em>s&rsquo;endurcir, se tendre,</em></p>
<p><em>s&rsquo;entrelacer, prendre par l&rsquo;épaule</em></p>
<p><em>se toucher et s&rsquo;éloigner l&rsquo;un de l&rsquo;autre,</em></p>
<p><em> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pinabauschjpg.jpg" alt="pinabauschjpg.jpg" /></em></p>
<p><em>se laisser soulever, porter, tomber</em></p>
<p><em>baisser la tête, pleurer, rire, exulter, glousser</em></p>
<p><em>éclater de joie, pouffer, sangloter,</em></p>
<p><em>glisser, trébucher, faire la galipette, foncer&#8230;</em></p>
<p><em>aller, marcher, courir, cavaler, s&rsquo;arrêter,</em></p>
<p><em>rester immobile&#8230;&nbsp;&raquo; (Wim Wenders discours pour Pina)</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina8.jpg" alt="pina8.jpg" width="400" /></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina7.jpg" alt="pina7.jpg" width="400" /> </p>
<p>Évoquer, invoquer Pina Bausch ne peut se faire que dans un certain silence. &laquo;&nbsp;Recueillement&nbsp;&raquo;, disent certains&#8230;</p>
<p>On peut seulement rêver, partager le rêve, cette chose au monde si secrète qu&rsquo;elle est celle qui se partage le mieux. Elle est celle où tout partage s&rsquo;accomplit.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pinabauschtenchi799533.jpg" alt="pinabauschtenchi799533.jpg" width="400" /></p>
<p>Avec Pina Bausch la danse fait voir cela-même qui fait voir.</p>
<p>A la fois énigme, manifestation, secret, vérité accomplie, nuages et révélation, obscurité et innocence.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pinabausch01.jpg" alt="pinabausch01.jpg" /></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Quand on y regarde de près, tout provient d&rsquo;un incoercible besoin d&rsquo;amour&nbsp;&raquo; (Pina Bausch)</em></p>
<p>C&rsquo;est alors que <em>&laquo;&nbsp;Pina Bausch est là, simplement, imprégnant l&rsquo;atmosphère de son indicible présence, de sa timidité, de sa redoutable lucidité, de cette densité qui donne à penser que tout ce qui l&rsquo;entoure aussitôt se retire en elle pour l&rsquo;éclairer de l&rsquo;intérieur et diffuser comme une aura autour de sa personne.&nbsp;&raquo; (Raphaël de Gubernatis)</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina4.jpg" alt="pina4.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina4.jpg" alt="pina4.jpg" /></p>
<p>Le corps des danseurs n&rsquo;est pas un corps matériel. Il n&rsquo;est même peut-être pas celui que nous voyons.</p>
<p>Le corps des danseurs est invisible.</p>
<p>C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il est présence, qu&rsquo;il est présent.</p>
<p>Il est toujours présence. Il est l&rsquo;instant.</p>
<p>Tel que la vie se manifeste dans cet instant, hors de toute durée et de tout espace.</p>
<p>La danse de Pina Bausch est démesurée. Elle ne se mesure pas. Elle est sans mesure commune.</p>
<p>Elle est comme la pleine lune (&laquo;&nbsp;Vollmond&nbsp;&raquo; est le titre d&rsquo;une des chorégraphies de Pina Bausch) le signe de la permanence.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina3.jpg" alt="pina3.jpg" width="400" /></p>
<p>Dans le ciel de la nuit. Mais du jour aussi où l&rsquo;on peut souvent la voir. Où elle se trouve.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina11.jpg" alt="pina11.jpg" width="400" /></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La danse existe quand bien même elle n&rsquo;est pas directement exhibée. Pina est une créature façonnée par elle: tous ses spectacles le démontrent.&nbsp;&raquo; (Jean Cébron)</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina14.vignette.jpg" alt="pina14.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina14.vignette.jpg" alt="pina14.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina14.vignette.jpg" alt="pina14.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est bien ainsi que Pina Bausch a su <em>&laquo;&nbsp;arracher à l&rsquo;individu l&rsquo;essentiel de lui-même, sans autre intermédiaire que son corps et sa voix.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>L&rsquo;essentiel ne s&rsquo;aperçoit que là où il n&rsquo;y a pas d&rsquo;intermédiaire, pas de &laquo;&nbsp;medium&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Là où le &laquo;&nbsp;medium&nbsp;&raquo; disparaît.</p>
<p>C&rsquo;est la seule définition de la &laquo;&nbsp;nudité&nbsp;&raquo;; la définition solitaire de la nudité.</p>
<p>Toute nudité est une solitude absolue.</p>
<p>Toute solitude est nue.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina13.jpg" alt="pina13.jpg" width="400" /></p>
<p>La nudité c&rsquo;est l&rsquo;individu qui se déploie. Qui est, soudain, déploiement de soi.</p>
<p>Il ne s&rsquo;en &laquo;&nbsp;remet&nbsp;&raquo; plus, en cet instant, qu&rsquo;à lui-même.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina10.vignette.jpg" alt="pina10.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina10.vignette.jpg" alt="pina10.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina10.vignette.jpg" alt="pina10.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pina10.vignette.jpg" alt="pina10.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est comme si Pina Bausch nous avait toujours dit: <em>&laquo;&nbsp;Viens, danse avec moi&nbsp;&raquo; </em>(C&rsquo;est &laquo;&nbsp;Komm tanz mit mir&nbsp;&raquo; déjà en 1977).</p>
<p>Elle nous a emportés.</p>
<p>Certains spectateurs, pourtant, ont fuit la salle. Ils ont bien fait.</p>
<p>On ne fréquente pas sans risque, sans amour, sans don de soi, la danse, l&rsquo;origine de la danse.</p>
<p>On ne doit pas attendre de recevoir quelque chose de cette danse qui est au début de tout.</p>
<p>On doit se donner à elle&#8230;sinon il vaut mieux s&rsquo;échapper. Autrement, cela serait &laquo;&nbsp;mortel&nbsp;&raquo;!</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pinaaffichesweetmambo1.jpg" alt="pinaaffichesweetmambo1.jpg" /></p>
<p>Pina Bausch était comme la vérité, <em>&laquo;&nbsp;on ne pouvait que la frôler&nbsp;&raquo; (Mathilde Monnier).</em></p>
<p>Comme nous ne faisons que frôler le sol sous nos pas.</p>
<p>Comme les fleurs sont l&rsquo;image de ces rêves qui nous habitent, qui sont notre vie, qui nous font danser. Avec Pina&#8230;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/pinabausch.jpg" alt="pinabausch.jpg" width="400" /></p>
<p><strong><em><font size="1">(Les citations de ce texte proviennent pour une part du numéro spécial hors-série du magazine Danser paru en juillet 2009. Les propos de Mathilde Monnier ont été recueillis par Gérard Mayen. Les autres citations proviennent du programme du Théâtre de la Ville -Paris- Pina Bausch novembre 2009)</font></em></strong> </p>
<p>Pour rêver encore, pour frôler les émotions qui ont fait la danse de Pina Bausch voici quelques musiques de quelques musiciennes et musiciens qui ont donné de leurs talents et de leurs passions:</p>
<p>Cat Power</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Cat-Power/albums/The-Greatest-0744861074427">http://www.musicme.com/Cat-Power/albums/The-Greatest-0744861074427</a></p>
<p>Tom Waits</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Tom-Waits/albums/Real-Gone-8714092667820.html">http://www.musicme.com/Tom-Waits/albums/Real-Gone-8714092667820.html</a></p>
<p>Amalia Rodrigues</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Amalia-Rodrigues/albums/Songs-From-Portugal-3700368449660.html">http://www.musicme.com/Amalia-Rodrigues/albums/Songs-From-Portugal-3700368449660.html</a></p>
<p>Leon Parker</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Leon-Parker/albums/Belief-5099748513823.html">http://www.musicme.com/Leon-Parker/albums/Belief-5099748513823.html</a></p>
<p>Duke Ellington</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Duke-Ellington/albums/Masterpieces-By-Ellington-5099751291824.html?ipg=5">http://www.musicme.com/Duke-Ellington/albums/Masterpieces-By-Ellington-5099751291824.html?ipg=5</a></p>
<p>Ben Webster</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Ben-Webster/albums/Blue-Skies-8013252384523.html">http://www.musicme.com/Ben-Webster/albums/Blue-Skies-8013252384523.html</a></p>
<p>Lisa Ekdahl</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Lisa-Ekdahl/albums/Sings-Salvadore-Poe-0743219027023.html">http://www.musicme.com/Lisa-Ekdahl/albums/Sings-Salvadore-Poe-0743219027023.html</a></p>
<p>Nicolette</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Nicolette/albums/Life-Loves-Us-0881390640225.html">http://www.musicme.com/Nicolette/albums/Life-Loves-Us-0881390640225.html</a></p>
<p>René Aubry</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Rene-Aubry/albums/Steppes-3307510991420.html">http://www.musicme.com/Rene-Aubry/albums/Steppes-3307510991420.html</a></p>
<p>Amon Tobin</p>
<p><a href="http://www.deezer.com/listen-3966086">http://www.deezer.com/listen-3966086</a></p>
<p>Jun Miyake</p>
<p><a href="http://www.deezer.com/listen-4050505">http://www.deezer.com/listen-4050505</a></p>
<p>Alexander Balanescu</p>
<p><a href="http://www.deezer.com/listen-2946025">http://www.deezer.com/listen-2946025</a></p>
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		<title>Les chansons et la musique de Céline (Louis-Ferdinand)</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 06:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>

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		<description><![CDATA[ &#171;&#160;Là-bas, tout au loin, c&#8217;était la mer. Mais j&#8217;avais plus rien à imaginer moi sur elle la mer à présent. J&#8217;avais autre chose à faire. J&#8217;avais beau essayer de me perdre pour ne plus me retrouver devant ma vie, je la retrouvais partout simplement. Je revenais sur moi-même. Mon trimbalage à moi, il était bien [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cline3louisferdinandcelinemanuscritvoyageauboutdelanuit1.jpg" class="imagelink" title="cline3louisferdinandcelinemanuscritvoyageauboutdelanuit1.jpg" rel="lightbox[704]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cline3louisferdinandcelinemanuscritvoyageauboutdelanuit1.jpg" class="imagelink" title="cline3louisferdinandcelinemanuscritvoyageauboutdelanuit1.jpg" rel="lightbox[704]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/arletty.jpg" class="imagelink" title="arletty.jpg" rel="lightbox[704]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/arletty21.jpg" class="imagelink" title="arletty21.jpg" rel="lightbox[704]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/lettrelouisferdinandceli.jpg" class="imagelink" title="lettrelouisferdinandceli.jpg" rel="lightbox[704]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine1louisferdinandcelinemeudonlucette.jpg" class="imagelink" title="celine1louisferdinandcelinemeudonlucette.jpg" rel="lightbox[704]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine21.jpg" class="imagelink" title="celine21.jpg" rel="lightbox[704]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine21.jpg" alt="celine21.jpg" width="400" /></a></p>
<p> <em><strong>&laquo;&nbsp;Là-bas, tout au loin, c&rsquo;était la mer. Mais j&rsquo;avais plus rien à imaginer moi sur elle la mer à présent. J&rsquo;avais autre chose à faire. J&rsquo;avais beau essayer de me perdre pour ne plus me retrouver devant ma vie, je la retrouvais partout simplement. Je revenais sur moi-même. Mon trimbalage à moi, il était bien fini. A d&rsquo;autres!&#8230;Le monde était refermé! Au bout qu&rsquo;on était arrivés nous autres!&#8230;Comme à la fête!&#8230;&nbsp;&raquo;</strong></em></p>
<p><em><strong>(Voyage au bout de la nuit)</strong></em></p>
<p>A propos des romans de Louis-Ferdinand Céline, Paul Chambrillon souligne que <em>&laquo;&nbsp;son oeuvre&#8230;est un plaidoyer incessant</em> <em>pour les rythmes profonds du langage, formulé à travers le sien, le savoureux parler parisien des petites gens.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Et Céline lui-même dit qu&rsquo;il faut déplacer très légèrement le sens des mots, des phrases. En tournant autour de l&rsquo;émotion. Au commencement n&rsquo;est pas le verbe mais l&rsquo;émotion. Le travail de styliste est très difficile, dit-il encore.</p>
<p><em>(in &laquo;&nbsp;Céline vous parle&nbsp;&raquo;).</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cline2.jpg" alt="cline2.jpg" /></p>
<p>Céline dit aussi : <em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;aurais voulu être musicien; le langage musical est évidemment plus émotif.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Il y a, oui, dans le style de Céline (lui qui faisait du style l&rsquo;un des principes d&rsquo;une civilisation), au commencement, au fondement même de son style, non pas une musique, mais la musicalité des mots, la musique des mots: les mots comme musique.</p>
<p>Peut-être est-ce pour cette raison que Céline chantait.</p>
<p>On peut entendre, à volonté, Céline chanter. Puisqu&rsquo;il existe deux chansons où l&rsquo;on peut aujourd&rsquo;hui encore, grâce aux enregistrements, l&rsquo;écouter.</p>
<p>Ces deux chansons il les a <strong><em>écrites.</em></strong>Paroles et musique. Enfin, musique dictée à Jean Nocetti. C&rsquo;est Céline qui le dit. Il faut bien sûr le croire. </p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cline11.vignette.jpg" alt="cline11.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cline11.vignette.jpg" alt="cline11.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cline11.vignette.jpg" alt="cline11.jpg" /></p>
<p>Ces deux chansons on les trouve dans le double CD édité en 2000 par Paul Chambrillon, cité plus haut, pour l&rsquo;excellent catalogue (toutes musiques et tous documents sonores de toutes sortes confondues) de Frémeaux et associés et intitulé &laquo;&nbsp;Anthologie Céline&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/louisferdinandcelinemeudon19591.vignette.jpg" alt="louisferdinandcelinemeudon19591.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/louisferdinandcelinemeudon19591.vignette.jpg" alt="louisferdinandcelinemeudon19591.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/louisferdinandcelinemeudon19591.vignette.jpg" alt="louisferdinandcelinemeudon19591.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/louisferdinandcelinemeudon19591.vignette.jpg" alt="louisferdinandcelinemeudon19591.jpg" /></p>
<p><em><font size="1"> </font></em>Mais surtout il faut entendre Céline.</p>
<p>Cela a plusieurs sens. Et il y a plusieurs façon d&rsquo;entendre Céline.</p>
<p>Il y a ces deux chansons. Pour l&rsquo;anecdote. Ou un peu plus&#8230;Elles ont pour titre, l&rsquo;une &laquo;&nbsp;A noeud coulant&nbsp;&raquo;, l&rsquo;autre &laquo;&nbsp;Règlement&nbsp;&raquo;. (C&rsquo;est sans doute Aimable qui joue de l&rsquo;accordéon en &laquo;&nbsp;re-recording&nbsp;&raquo;.)</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine4.vignette.jpg" alt="celine4.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine4.vignette.jpg" alt="celine4.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine4.vignette.jpg" alt="celine4.jpg" /></p>
<p>Il y a aussi, dans cette &laquo;&nbsp;anthologie&nbsp;&raquo;, quatre propos de Céline. Quatre fois on entend Céline. On l&rsquo;entend parler de l&rsquo;écriture, de la littérature, de la vie et de la mort. Avec son génie singulier. Lui qui écrit pour être vendu mais <em>&laquo;&nbsp;en se foutant du</em> <em>lecteur. Il faut qu&rsquo;il l&rsquo;avale&#8230;&nbsp;&raquo;, </em>dit-il, provocateur.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cline3louisferdinandcelinemanuscritvoyageauboutdelanuit1.jpg" alt="cline3louisferdinandcelinemanuscritvoyageauboutdelanuit1.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(le manuscrit du &laquo;&nbsp;Voyage&nbsp;&raquo;)</font></em></p>
<p>On entend donc Céline dans ce double CD dans un &laquo;&nbsp;entretien inédit&nbsp;&raquo; et dans trois autres entretiens dont l&rsquo;un s&rsquo;intitule &laquo;&nbsp;Céline vous parle&nbsp;&raquo;; dans les autres donc, il est interrogé par Albert Zbiden et Louis Pauwels.</p>
<p>Il y a ce que dit Céline. Mais il y a aussi la façon dont il le dit. Le son de sa voix, sa tonalité, sa façon de rythmer la phrase. Sa &laquo;&nbsp;musique&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine1louisferdinandceline0045.jpg" alt="celine1louisferdinandceline0045.jpg" /></p>
<p>Et puis, il y a des extraits du &laquo;&nbsp;Voyage&nbsp;&raquo; ou de &laquo;&nbsp;Mort à crédit&nbsp;&raquo; qui sont interprétés par Michel Simon, par Arletty ou par Pierre Brasseur.</p>
<p>Il y a dans ces enregistrements à la fois la voix de ces acteurs et celle de Céline: de sa langue et de sa poésie. Qui sont, sans doute la même chose.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/arletty21.jpg" alt="arletty21.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(Arletty et Louis-Ferdinand Céline)</font></em></p>
<p>Avec Arletty par exemple (dont on découvrira à nouveau le talent, bien au-delà de celui de &laquo;&nbsp;L&rsquo;hôtel du Nord&nbsp;&raquo;) c&rsquo;est Louis-Ferdinand Céline que l&rsquo;on entend.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/arletty3.vignette.jpg" alt="arletty3.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/arletty3.vignette.jpg" alt="arletty3.jpg" /></p>
<p>Mais cela est vrai aussi de Michel Simon et de Pierre Brasseur.</p>
<p>Pleinement. Pas seulement parce qu&rsquo;ils sont tous trois de formidables &laquo;&nbsp;interprètes&nbsp;&raquo;. Mais surtout, plus essentiellement, parce que Céline est poète, musicien: écrivain.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/michelsimonarlettyceline.jpg" alt="michelsimonarlettyceline.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Michel Simon, Arletty et L-F Céline)</font></em></p>
<p>Parce que la langue de Céline est sonore.</p>
<p>Parce qu&rsquo;elle vient de la vie vivante, de la vie telle qu&rsquo;elle se vit et telle qu&rsquo;elle s&rsquo;exprime elle-même.</p>
<p>Dans ce qu&rsquo;on appelle &laquo;&nbsp;la trivialité&nbsp;&raquo; en regardant cela avec un certain dédain. Trop souvent. Et que Céline affronte, exprime, de front, brutalement. Comme s&rsquo;il ne pouvait en être autrement: et il ne peut en être autrement!</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/lfceline.vignette.jpg" alt="lfceline.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/lfceline.vignette.jpg" alt="lfceline.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/lfceline.vignette.jpg" alt="lfceline.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est bien de la vie dans son immédiateté qu&rsquo;il s&rsquo;agit!</p>
<p>Céline le dit assez!</p>
<p>La vie est là; elle est &laquo;&nbsp;mauvaise&nbsp;&raquo;, malade&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;mensongère&nbsp;&raquo;, comme le souligne Anne Henry dans son remarquable &laquo;&nbsp;Céline écrivain&nbsp;&raquo; (éditions de L&rsquo;Harmattan).</p>
<p>Mais elle est là.</p>
<p>Dans les livres de Louis-Ferdinand Céline. Elle est là!</p>
<p>Et qui, alors, ne saurait lire la &laquo;&nbsp;préface&nbsp;&raquo; à &laquo;&nbsp;Guignol&rsquo;s band I&nbsp;&raquo;?</p>
<p>Écoutons un peu:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;&#8230;Essayez donc! Chie pas juste qui veut! Ça serait trop commode!</em></p>
<p><em>&#8230; Tant mieux pour les autres de livres!&#8230; Mais moi n&rsquo;est-ce pas je peux pas les lire&#8230; Je les trouve en projets, <strong>pas écrits,</strong> <strong>morts-nés, </strong>ni faits ni à faire, <strong>la vie qui manque</strong>..&nbsp;&raquo;</em></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine1louisferdinandcelinesaintmalo1933.vignette.jpg" alt="celine1louisferdinandcelinesaintmalo1933.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine1louisferdinandcelinesaintmalo1933.vignette.jpg" alt="celine1louisferdinandcelinesaintmalo1933.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine1louisferdinandcelinesaintmalo1933.vignette.jpg" alt="celine1louisferdinandcelinesaintmalo1933.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine1louisferdinandcelinesaintmalo1933.vignette.jpg" alt="celine1louisferdinandcelinesaintmalo1933.jpg" /></p>
<p>Pour dire cette vie, il faut écrire. Il faut faire des &laquo;&nbsp;variations&nbsp;&raquo; comme il le dit lui-même.</p>
<p>Mais, pour faire des variations, il faut connaître &laquo;&nbsp;l&rsquo;art&nbsp;&raquo;, la rhétorique, comme celle qu&rsquo;Auguste Destouches, son grand-père enseignait au Havre au milieu du XIX° siècle.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est mon ancêtre! Si je la connais un peu la langue et pas d&rsquo;hier comme tant et tant! Je le dis tout de suite dans les finesses!</em></p>
<p><em>&#8230;</em></p>
<p><em>Mon grand-père Auguste est d&rsquo;avis. Il me le dit de là-haut, il me l&rsquo;insuffle, du ciel au fond&#8230;</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Enfant, pas de phrases!&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em>Il sait ce qu&rsquo;il faut pour que ça tourne. Je fais tourner!</em></p>
<p><em>&#8230;</em></p>
<p><em>Le Jazz a renversé la valse. L&rsquo;Impressionnisme a tué le &laquo;&nbsp;faux-jour&nbsp;&raquo;, vous écrirez &laquo;&nbsp;télégraphique&nbsp;&raquo; ou vous écrirez plus du tout!&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cline4louisferdinandcelinelucettealmansor19361.vignette.jpg" alt="cline4louisferdinandcelinelucettealmansor19361.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cline4louisferdinandcelinelucettealmansor19361.vignette.jpg" alt="cline4louisferdinandcelinelucettealmansor19361.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cline4louisferdinandcelinelucettealmansor19361.vignette.jpg" alt="cline4louisferdinandcelinelucettealmansor19361.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Lucette Almanzor en 1936)</font></em></p>
<p>Et encore dans la même introduction à &laquo;&nbsp;Guignol&rsquo;s band&nbsp;&raquo;, introduction à toute littérature d&rsquo;aujourd&rsquo;hui:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;A vous de comprendre! Emouvez-vous!&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/celine1louisferdinandcelinemeudonlucette.jpg" alt="celine1louisferdinandcelinemeudonlucette.jpg" width="400" /></em></p>
<p><em><font size="1">(A Meudon, avec Lucette)</font></em></p>
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		<title>Icare, oubli et mémoire d&#8217;un mythe</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/01/21/icare-oubli-et-memoire-dun-mythe/</link>
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		<pubDate>Thu, 21 Jan 2010 06:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[mythologies]]></category>

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		<description><![CDATA[ Prologue &#171;&#160;Le vol d&#8217;Icare&#160;&#187; est un roman de Raymond Queneau. Mais &#171;&#160;Zazie&#160;&#187; et son métro ont sans doute étouffé, effacé Icare. Icare n&#8217;est pas un personnage de roman en quête d&#8217;un auteur. Icare est, chez Queneau, ce personnage qui s&#8217;est échappé du roman, qui s&#8217;est envolé.   Et que son auteur peine, même avec l&#8217;aide d&#8217;un [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/songeminotaure21.jpg" class="imagelink" title="songeminotaure21.jpg" rel="lightbox[616]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icare4.jpg" class="imagelink" title="icare4.jpg" rel="lightbox[616]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icare21.jpg" class="imagelink" title="icare21.jpg" rel="lightbox[616]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icmfxpccex88902.jpg" class="imagelink" title="icmfxpccex88902.jpg" rel="lightbox[616]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/artssauts.jpg" class="imagelink" title="artssauts.jpg" rel="lightbox[616]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/plage8om2.jpg" class="imagelink" title="plage8om2.jpg" rel="lightbox[616]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cirkvost.jpg" class="imagelink" title="cirkvost.jpg" rel="lightbox[616]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/songeminotaure11.jpg" class="imagelink" title="songeminotaure11.jpg" rel="lightbox[616]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icare1.jpg" alt="icare1.jpg" /></a></p>
<p><u> <strong><em>Prologue</em></strong></u></p>
<p>&laquo;&nbsp;Le vol d&rsquo;Icare&nbsp;&raquo; est un roman de Raymond Queneau.</p>
<p>Mais &laquo;&nbsp;Zazie&nbsp;&raquo; et son métro ont sans doute étouffé, effacé Icare.</p>
<p>Icare n&rsquo;est pas un personnage de roman en quête d&rsquo;un auteur. Icare est, chez Queneau, ce personnage qui s&rsquo;est échappé du roman, qui s&rsquo;est envolé.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icare21.jpg" alt="icare21.jpg" width="400" /></p>
<p>Et que son auteur peine, même avec l&rsquo;aide d&rsquo;un détective, à retrouver.</p>
<p>Icare est ainsi le sujet d&rsquo;une métaphore de la création. De la difficulté à inventer un monde, une fiction. Ou bien à imaginer une réalité: tout autant.</p>
<p>On s&rsquo;intéressera ici, comme sous forme d&rsquo;une &laquo;&nbsp;plaisanterie&nbsp;&raquo;, d&rsquo;un divertissement en tout cas, au mythe perdu et oublié d&rsquo;Icare.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/artssauts.jpg" alt="artssauts.jpg" width="400" /></p>
<p>Cette démarche peut sembler paradoxale: tout le monde connaît plus ou moins le mythe d&rsquo;Icare. Et l&rsquo;on sait bien qu&rsquo;il veut nous apprendre qu&rsquo;il ne faut pas surestimer ses forces, son savoir, qu&rsquo;il ne faut pas pécher par orgueil, prétention, qu&rsquo;il faut rester modeste et peut-être &laquo;&nbsp;à sa place&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est la version &laquo;&nbsp;morale&nbsp;&raquo; et quelque peu restreinte du mythe. Ramené à une &laquo;&nbsp;sentence&nbsp;&raquo;.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cirkvost.jpg" alt="cirkvost.jpg" width="400" /></p>
<p>Car nous sommes oublieux des mythes. Ils ont été recouverts par des fables (par d&rsquo;autres mythes fabriqués pour dissimuler les premiers), par la science et ses applications techniques, par les illusions du &laquo;&nbsp;retour aux sources&nbsp;&raquo;. Et autres fariboles. Car ça n&rsquo;est peut-être pas cela que nous dit Icare.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icare3.jpg" alt="icare3.jpg" /></p>
<p>Voici comment en oubliant les mythes c&rsquo;est tout simplement l&rsquo;absence de nous-mêmes que nous avons forgée, que nous ne cessons de fabriquer. Comme si les croyances d&rsquo;aujourd&rsquo;hui étaient à la fois la conséquence d&rsquo;un oubli et la condition de celui-ci. Nous voici sans mémoire. Ou si peu&#8230;</p>
<p>Qui sait si les quelques lignes qui suivent nous en disent plus sur Icare, sur le mythe d&rsquo;Icare que ce que nous savons déjà?</p>
<p>Qui sait si elles contiennent un peu plus de précisions sur la place de cette &laquo;&nbsp;histoire&nbsp;&raquo; dans la culture grecque?</p>
<p>Cela nous dira, à tout le moins, que ce que nous pensons, ce avec quoi nous pensons parfois, n&rsquo;est peut-être pas aussi évident que nous le croyons.</p>
<p>Et aussi qu&rsquo;à tenter de cheminer au coeur d&rsquo;autres mondes, de mondes et de cultures qui s&rsquo;estompent mais qui sont aussi proches de nous, si proches que nous nous les cachons souvent, nous pouvons voir notre présent autrement.</p>
<p> </p>
<p><strong><em><u>Le retour du mythe</u></em></strong></p>
<p>La puissance du soleil s&rsquo;avère invincible. Icare y succombe. Lui aussi oublie les mythes: à cause de cela il périt.</p>
<p>Au même moment Dedale réussit son évasion du labyrinthe qu&rsquo;il a lui-même construit.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/lesongeduminotauremini.jpg" alt="lesongeduminotauremini.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/lesongeduminotauremini.jpg" alt="lesongeduminotauremini.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(chorégraphie Blanca Li)</font></em></p>
<p>Icare (comme, on l&rsquo;a vu il y a peu, Sisyphe) symbolise ceux qui veulent sans doute restaurer des cultes anciens à la déesse-lune. Et ainsi à la lignée matriarcale. En tout cas à la puissance féminine. A la féminité comme pouvoir. Comme pouvoir c&rsquo;est-à-dire comme signe de la continuité, de la pérennité. </p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/songeminotaure11.jpg" alt="songeminotaure11.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(chorégraphie Blanca Li)</font></em></p>
<p>Contre la science et la technique de son père Dedale, Icare est celui qui incarne la science des rêves.</p>
<p>Au Printemps dans les temps archaïques, tout autour de la Méditerranée, on exécute une danse érotique, la danse de la perdrix, en l&rsquo;honneur de la déesse-lune. Les danseurs mâles portent des ailes et boitent. Comme la perdrix quand elle est au sol. La perdrix s&rsquo;entoure de petits oisillons qui sont perdus et qui ne sont pas à elles. Elle les protège.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/songeminotaure21.jpg" alt="songeminotaure21.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(chorégraphie Blanca Li)</font></em></p>
<p>En Palestine, une cérémonie similaire s&rsquo;appelle alors &laquo;&nbsp;Pesach&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est notre &laquo;&nbsp;Pâques&nbsp;&raquo;. Elle a gardé des oiseaux les oeufs et les ailes des carillons.</p>
<p>De même, au Printemps, quand on doit changer de roi, on symbolise la fin du règne par sa mise à mort. On choisit un &laquo;&nbsp;substitut&nbsp;&raquo;. On le pare d&rsquo;ailes d&rsquo;aigle qui manifestent son &laquo;&nbsp;pouvoir&nbsp;&raquo;. On le jette dans le feu de joie du Printemps.</p>
<p>C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui la Saint-Jean. Et si l&rsquo;on saute au-dessus du feu, sans se brûler, ce saut décrit dans l&rsquo;air de la nuit, un demi-cercle qui déjà, figure la lune.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icare4.jpg" alt="icare4.jpg" width="400" /></p>
<p>La Saint-Jean comme la Pâques sont la continuité de rites lunaires.</p>
<p>Il y a aussi des variantes ou des compléments du mythe.</p>
<p>Qui permettent, non d&rsquo;en savoir plus sur des époques lointaines mais, peut-être davantage sur notre &laquo;&nbsp;aujourd&rsquo;hui&nbsp;&raquo; et sur nous-mêmes. Sur ce que nous faisons, accomplissons, sans le savoir véritablement.</p>
<p>Sur ce que nous sommes.</p>
<p>En ces temps encore &laquo;&nbsp;archaïques&nbsp;&raquo; on jette parfois dans le feu, le substitut du roi, paré qu&rsquo;il est de ses plumes d&rsquo;aigle.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icare111.vignette.jpg" alt="icare111.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icare111.vignette.jpg" alt="icare111.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icare111.vignette.jpg" alt="icare111.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icare111.vignette.jpg" alt="icare111.jpg" /></p>
<p>D&rsquo;autres fois, on le jette d&rsquo;une falaise d&rsquo;où il est censé &laquo;&nbsp;s&rsquo;envoler&nbsp;&raquo; avant de chuter -comme Icare- dans la mer.</p>
<p>C&rsquo;est parfois une jeune fille qui s&rsquo;envole ainsi un instant.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/songeminotaure61.jpg" alt="songeminotaure61.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(chorégraphie Blanca Li)</font></em></p>
<p>D&rsquo;autres fois enfin, on plante une flèche empoisonnée dans le talon du roi. Tous les rois ont un point faible: leur talon. C&rsquo;est Oedipe, Achille, presque tous.</p>
<p>Le labyrinthe est un sol en mosaïque. C&rsquo;est là qu&rsquo;a lieu la danse sacrée de la perdrix.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/copie1dedale.vignette.jpg" alt="copie1dedale.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/copie1dedale.vignette.jpg" alt="copie1dedale.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/copie1dedale.vignette.jpg" alt="copie1dedale.jpg" /></p>
<p>C&rsquo;est de là que s&rsquo;envole Icare.</p>
<p>La danse est un envol. La chute est sa fin, son but. Non comme désastre. Mais comme accomplissement. Parce qu&rsquo;elle doit toujours être recommencée.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/plage8om2.jpg" alt="plage8om2.jpg" width="400" /></p>
<p>Enfin, Icare dit: <em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est du haut de la falaise que le saut est espoir et réussite.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Il dit plus tard: <em>&laquo;&nbsp;Seuls ceux qui savent renoncent.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong><em><u>Epilogue</u></em></strong></p>
<p>Icare est une part de rêve, jamais atteinte, toujours envolée, toujours s&rsquo;envolant.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/icmfxpccex88902.jpg" alt="icmfxpccex88902.jpg" width="400" /></p>
<p>C&rsquo;est cette part qui va comme s&rsquo;échappant que, sans doute, Raymond Queneau a voulu dire.</p>
<p>Cette part de rêve qui fait la fiction et la vérité des mythes.</p>
<p>Qui fait la littérature et aussi le monde.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/artssauts1.jpg" alt="artssauts1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/artssauts1.jpg" alt="artssauts1.jpg" /></p>
<p><em><font size="2">Cet article est partiellement inspiré par l&rsquo;interprétation de Robert Graves in &laquo;&nbsp;Les mythes grecs&nbsp;&raquo; (éditions Fayard/Tel Gallimard)</font></em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les histoires de Sisyphe/Présence d&#8217;Albert Camus</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Jan 2010 06:00:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[mythologies]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[(le site de Corinthe) &#171;&#160;Affrontés à l&#8217;histoire la plus vieille du monde nous sommes les premiers hommes &#8211; non pas ceux du déclin comme on le crie dans les journaux mais ceux d&#8217;une aurore indécise et différente.&#160;&#187; (Albert Camus &#171;&#160;Le premier homme&#160;&#187; éditions Gallimard) Le mythe lointain et pourtant présent, présent parce qu&#8217;actuel, le mythe [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe5.jpg" class="imagelink" title="sisyphe5.jpg" rel="lightbox[598]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe.jpg" class="imagelink" title="sisyphe.jpg" rel="lightbox[598]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/merope30.jpg" class="imagelink" title="merope30.jpg" rel="lightbox[598]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe7.jpg" class="imagelink" title="sisyphe7.jpg" rel="lightbox[598]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe7.jpg" alt="sisyphe7.jpg" width="400" /></a></em></p>
<p><em><font size="1">(le site de Corinthe)</font></em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Affrontés à l&rsquo;histoire la plus vieille du monde nous sommes les premiers hommes &#8211; non pas ceux du déclin comme on le crie dans les journaux mais ceux d&rsquo;une aurore indécise et différente.&nbsp;&raquo; </em>(Albert Camus &laquo;&nbsp;Le premier homme&nbsp;&raquo; éditions Gallimard)</p>
<p>Le mythe lointain et pourtant présent, présent parce qu&rsquo;actuel, le mythe de Sisyphe est au coeur de l&rsquo;oeuvre d&rsquo;Albert Camus.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/camus.jpg" alt="camus.jpg" /></p>
<p>Mais de Sisyphe il y a plusieurs histoires.</p>
<p>Sisyphe qui est un homme, un &laquo;&nbsp;mortel&nbsp;&raquo;, est fils d&rsquo;un dieu. Celui du vent, Eole. Lui-même est le fils de Poséidon le dieu de la mer. Il se peut, toutefois, que le père de Sisyphe ne soit pas cet Eole-là mais le &laquo;&nbsp;père&nbsp;&raquo;, le fondateur, d&rsquo;une branche de la nation hellène.</p>
<p>Sisyphe a pour épouse la fille d&rsquo;un autre dieu, Atlas. Celui-ci porte le ciel (et non la Terre comme on le dit parfois par erreur) sur ses épaules. C&rsquo;est un châtiment de Zeus. (Mais il y a aussi un autre Atlas, roi de l&rsquo;Atlantide, qui est si juste et si bon qu&rsquo;il en fit le plus riche et le plus heureux de tous les royaumes de la Terre.)</p>
<p>L&rsquo;épouse de Sisyphe s&rsquo;appelle Méropé. C&rsquo;est l&rsquo;une des Pléiades. C&rsquo;est une soeur d&rsquo;Electre.</p>
<p>Quand les Pléiades apparaissent dans le ciel, au moi de mai, c&rsquo;est le printemps qui arrive. Elles guident les navires des hommes. En novembre où elles disparaissent, il faut rentrer au port pour de longs mois.</p>
<p>Méropé est la seule parmi ses soeurs à épouser un mortel. C&rsquo;est elle qui choisit d&rsquo;être, dans le ciel, la moins brillante de toutes.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/merope30.jpg" alt="merope30.jpg" width="400" /></p>
<p>Sisyphe (autrement dit &laquo;&nbsp;le très sage&nbsp;&raquo;) est double.</p>
<p>Il est un roi de Corinthe, le fondateur de la ville. Il est le père d&rsquo;Odysseus. (Aujourd&rsquo;hui, on dit le plus souvent &laquo;&nbsp;Ulysse&nbsp;&raquo;). Par Anticlée, la fille du brigand Autolycos.</p>
<p>La richesse de Corinthe c&rsquo;est celle de la source Piréné que l&rsquo;on trouve derrière le temple d&rsquo;Aphrodite. Là où se dressent aujourd&rsquo;hui les statues de la déesse en armes, du soleil aux rayons hérissés et d&rsquo;Eros avec son arc bandé.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe9.jpg" alt="sisyphe9.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(le temple d&rsquo;Aphrodite à Corinthe)</font></em></p>
<p>Sisyphe est aussi ce personnage condamné par les dieux dont il cherchait à dévoiler le secret, à le divulguer. Il prétendait sans doute effacer les dieux de l&rsquo;esprit des hommes. Pour les rendre à eux-mêmes.</p>
<p>Dans le séjour des enfers Sisyphe pousse une pierre en haut d&rsquo;une montagne. Au prix d&rsquo;efforts incroyables. Mais cette pierre redescend sans cesse à son point de départ. </p>
<p>Sisyphe le très sage, réussit chaque fois à la pousser jusqu&rsquo;au sommet.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe6.gif" alt="sisyphe6.gif" /></p>
<p>Ces &laquo;&nbsp;histoires&nbsp;&raquo; à propos de Sisyphe ont plusieurs sens.</p>
<p>Avant d&rsquo;en venir à celle du mythe, tel que Camus nous en parle, pensons peut-être à ceci.</p>
<p>En premier lieu, la pierre de l&rsquo;impiété que pousse sans fin Sisyphe est, à l&rsquo;origine, une disque solaire et la colline ou la montagne symbolisent la voûte céleste.</p>
<p>Ainsi peut-on dire que l&rsquo;existence d&rsquo;un culte solaire à Corinthe est certaine.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe.jpg" alt="sisyphe.jpg" width="400" /></p>
<p>En second lieu, il faut observer que cette pierre, Sisyphe n&rsquo;a jamais été condamné à la porter jusqu&rsquo;au sommet.</p>
<p>Ce qui lui est assigné c&rsquo;est de la faire passer <em>de l&rsquo;autre côté</em> de la montagne.</p>
<p>Arrivé en haut, il devrait être aisé de faire descendre la pierre du &laquo;&nbsp;bon&nbsp;&raquo; côté. Mais voilà, ce n&rsquo;est pas comme cela que ça se passe: la pierre redescend sans fin à son point de départ!</p>
<p>Sisyphe ne peut donc réussir à réaliser avec la pierre cette sorte de courbe qui se dessinerait, du bas de la colline à l&rsquo;autre, en passant par son acmé.</p>
<p>Cette courbe est peut-être celle qui symbolise le pouvoir de la déesse-mère. (La circularité représentant ainsi la féminité et le pouvoir de celle-ci).</p>
<p>Voici ce que cela pourrait signifier:</p>
<p>Avec d&rsquo;autres, Sisyphe a voulu ré-instaurer un culte ancien. A de nombreuses reprises il s&rsquo;y est employé, sans jamais y parvenir.</p>
<p>Décidément, Sisyphe est ce héros qui renvoie les dieux à leur séjour et qui assume celui des hommes. Pour toujours.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe3.vignette.jpg" alt="sisyphe3.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe3.vignette.jpg" alt="sisyphe3.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe3.vignette.jpg" alt="sisyphe3.jpg" /></p>
<p>Certains se sont interrogés. Sisyphe aurait-il pu être une femme? S&rsquo;il en avait été ainsi, aurait-elle réussi là où un homme a échoué? Car il y a de l&rsquo;éternité dans la femme. Et au moins de la constance et de la fermeté. (Il n&rsquo;est pas vrai que &laquo;&nbsp;femme varie&nbsp;&raquo;.)</p>
<p>Dans le ciel, la lune qui est l&rsquo;un de ses symboles, est visible la nuit mais aussi, souvent, le jour. Le soleil ne se voit jamais la nuit. </p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe6.vignette.jpg" alt="sisyphe6.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe6.vignette.jpg" alt="sisyphe6.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe6.vignette.jpg" alt="sisyphe6.jpg" /></p>
<p>Sisyphe aussi est constant. Et ce que dit le mythe n&rsquo;est pas affaire de constance.</p>
<p>Sisyphe est lui-même et ça n&rsquo;est assurément pas affaire de sexe: la femme et l&rsquo;homme ont un seul destin et l&rsquo;un et l&rsquo;autre l&rsquo;ont ensemble. Sisyphe &laquo;&nbsp;parle&nbsp;&raquo; pour les hommes comme pour les femmes.</p>
<p>(Ce pourrait être là la figure de &laquo;&nbsp;l&rsquo;égalité&nbsp;&raquo; des sexes) </p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe5.jpg" alt="sisyphe5.jpg" width="400" /></p>
<p>Albert Camus est l&rsquo;un des plus grands écrivains du XX° siècle et de toute l&rsquo;histoire de la littérature.</p>
<p>Il est aussi -contrairement à une idée reçue- l&rsquo;un des plus grands penseurs de notre temps. Ce qui en fait l&rsquo;un des tous premiers, toutes époques confondues.</p>
<p>Camus est un penseur nietzschéen, existentiel. Il nous parle d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il parle de lui, de lui seul, de chacun de nous, de notre société.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/camus1.jpg" alt="camus1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/camus1.jpg" alt="camus1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/camus1.jpg" alt="camus1.jpg" /></p>
<p>Camus est un immense écrivain parce qu&rsquo;il sait une chose fondamentale concernant la fiction: il n&rsquo;y a pas de fiction sans pensée.</p>
<p>Il écrit (c&rsquo;est à propos de &laquo;&nbsp;La nausée&nbsp;&raquo; de Jean-Paul Sartre):</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Un roman n&rsquo;est jamais qu&rsquo;une philosophie mise en images. Et dans un bon roman, toute la philosophie est passée dans les images&#8230;une oeuvre durable ne peut se passer de pensée profonde.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Parce qu&rsquo;il sait qui est Sisyphe, Camus est un philosophe à bien des égards indépassable. Il sait que Sisyphe ne subit pas. Il ne subit ni sa peine ni son destin. Sisyphe est sage.</p>
<p>Camus dit ceci: <em>&laquo;&nbsp;Toute la joie silencieuse de Sisyphe est là. Son destin lui appartient&#8230;il se sait le maître de ses jours&#8230;persuadé de l&rsquo;origine humaine de tout ce qui est humain.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Sisyphe a vaincu les dieux!</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe4.vignette.jpg" alt="sisyphe4.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe4.vignette.jpg" alt="sisyphe4.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe4.vignette.jpg" alt="sisyphe4.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe4.vignette.jpg" alt="sisyphe4.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe4.vignette.jpg" alt="sisyphe4.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe4.vignette.jpg" alt="sisyphe4.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/sisyphe4.vignette.jpg" alt="sisyphe4.jpg" /></p>
<p>Pour cela et à cause de cela, Sisyphe est celui qui sait, comme Camus, que ce n&rsquo;est pas la fin qui aurait le pouvoir de justifier les moyens.</p>
<p>Ils nous disent ensemble (Camus avec le mythe, les mythes de Sisyphe, et toutes les histoires de Sisyphe peuvent sans doute nous faire comprendre cela -enfin!-) :</p>
<p>c&rsquo;est seulement le chemin qui compte, seulement la façon dont nous assurons nos pas qui nous fait ce que nous sommes.</p>
<p>Nous pouvons affirmer nos convictions, nos croyances et tout ce que nous voulons. Nous pouvons proclamer le but à venir. Seul est décisif, seule a un sens, notre présence, comme notre acte, ici, maintenant.</p>
<p>Demain aussi: mais toujours dans le seul accomplissement.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/camus3.vignette.jpg" alt="camus3.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/camus3.vignette.jpg" alt="camus3.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/camus3.vignette.jpg" alt="camus3.jpg" /></p>
<p>Si la fin ne justifie pas les moyens, seuls ceux-ci pourraient peut-être justifier une fin. Et être la fin eux-mêmes. Ainsi parle Camus. A peu près. Mieux sans aucun doute.</p>
<p>Car sa parole est celle d&rsquo;une présence constante, d&rsquo;une présence commune.</p>
<p> Dans &laquo;&nbsp;Le mythe de Sisyphe&nbsp;&raquo; il nous dit enfin:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Sisyphe enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi  juge que tout est bien&#8230; La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir le coeur d&rsquo;un homme.&nbsp;&raquo;</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les voyages vers l&#8217;infini (Retour à Venise II)</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2010/01/07/les-voyages-vers-linfini-retour-a-venise-ii/</link>
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		<pubDate>Thu, 07 Jan 2010 06:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[(photographie M Arcens)  A la fin du XVI° siècle, en France, du côté de Bordeaux, Michel de Montaigne dit soudain: &#171;&#160;La pièce est enfumée. Je dois la quitter&#8230;&#160;&#187;   Il faut parfois partir en voyage. Quand le monde s&#8217;avère meilleur sous des cieux plus cléments. Il arrive que le monde ne tourne pas rond. Et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070779.jpg" class="imagelink" title="p1070779.jpg" rel="lightbox[585]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cortohistoire.jpg" class="imagelink" title="cortohistoire.jpg" rel="lightbox[585]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070887.jpg" class="imagelink" title="p1070887.jpg" rel="lightbox[585]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070896.jpg" class="imagelink" title="p1070896.jpg" rel="lightbox[585]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070645.jpg" class="imagelink" title="p1070645.jpg" rel="lightbox[585]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070645.jpg" alt="p1070645.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p> A la fin du XVI° siècle, en France, du côté de Bordeaux, Michel de Montaigne dit soudain:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La pièce est enfumée. Je dois la quitter&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/montaigneportrait.vignette.jpg" alt="montaigneportrait.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/montaigneportrait.vignette.jpg" alt="montaigneportrait.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/montaigneportrait.vignette.jpg" alt="montaigneportrait.jpg" /></p>
<p>Il faut parfois partir en voyage. Quand le monde s&rsquo;avère meilleur sous des cieux plus cléments. Il arrive que le monde ne tourne pas rond. Et qu&rsquo;il incite à le fuir.</p>
<p>Le siècle en question n&rsquo;est pas terminé ce 17 février 1600. Ce jour-là, les soldats de l&rsquo;Inquisition conduisent Giordano Bruno au Campo dei Fiori à Rome. Pour le brûler sur le bûcher. Pour hérésie.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/giordanobruno600px.vignette.jpg" alt="giordanobruno600px.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/giordanobruno600px.vignette.jpg" alt="giordanobruno600px.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/giordanobruno600px.vignette.jpg" alt="giordanobruno600px.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/giordanobruno600px.vignette.jpg" alt="giordanobruno600px.jpg" /></p>
<p>Pour lui, le monde n&rsquo;a pas de fin, pas de limites: il est infini. Giordano est le philosophe de &laquo;&nbsp;<em>l&rsquo;Infinito.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Il affirme que les femmes qu&rsquo;il aime et qui l&rsquo;aiment sont infinies. Quand elle porte la vie, la femme est une image de l&rsquo;infini. </p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/christiancoigny.jpg" alt="christiancoigny.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie C. Coigny)</font></em></p>
<p>C&rsquo;est à Venise que Bruno est pour la première fois arrêté. L&rsquo;Europe considère alors unanimement Venise comme le lieu même de la tolérance. Mais Venise a oublié son honneur. Et le pouvoir de la police, celui que Montaigne décrit quelques années auparavant, est immense. Mocenigo, l&rsquo;hôte de Bruno le fait conduire aux &laquo;&nbsp;Plombs&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est en 1591.</p>
<p>On l&rsquo;aurait peut-être libéré. Mais le pape et Rome veillent. Et le doge ne peut s&rsquo;opposer.</p>
<p>On ne dit pas sans risque l&rsquo;infini du monde.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/stgiordanobrunocampodefiori.vignette.jpg" alt="stgiordanobrunocampodefiori.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/stgiordanobrunocampodefiori.vignette.jpg" alt="stgiordanobrunocampodefiori.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/stgiordanobrunocampodefiori.vignette.jpg" alt="stgiordanobrunocampodefiori.jpg" /></p>
<p>Il y a, à Venise, trois lieux magiques et cachés qui chacun conduisent à des endroits magnifiques. Ils ouvrent la porte sur de nouvelles aventures.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/hugopratt.vignette.jpg" alt="hugopratt.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/hugopratt.vignette.jpg" alt="hugopratt.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/hugopratt.vignette.jpg" alt="hugopratt.jpg" /></p>
<p>Hugo Pratt, le créateur de Corto Maltese, dans &laquo;&nbsp;Fable de Venise&nbsp;&raquo; les désigne tous les trois.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/cortohistoire.jpg" alt="cortohistoire.jpg" width="400" /></p>
<p>L&rsquo;un se trouve dans <em>la calle dell&rsquo;Amor</em> <em>degli Amici</em>, un deuxième près du pont <em>de le Maravige</em> et un troisième dans <em>la calle dei Marrani</em> à San Geremia dans le Ghetto.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070779.vignette.jpg" alt="p1070779.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070779.vignette.jpg" alt="p1070779.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070779.vignette.jpg" alt="p1070779.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Lorsque les Vénitiens sont las des autorités en place, ils se rendent dans ces lieux secrets. Quand la &laquo;&nbsp;fumée&nbsp;&raquo; du temps est irrespirable, alors ils ouvrent ces portes. Elles sont pourtant plus ou moins dissimulées au fond des cours.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070896.jpg" alt="p1070896.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Ils rejoignent ainsi d&rsquo;autres temps, d&rsquo;autres lieux.</p>
<p>Ils voyagent vers l&rsquo;infini.</p>
<p>Comme avec les livres.</p>
<p>Selon une autre légende il y a sept lieux qui offrent ce pouvoir aux habitants de Venise. Sept lieux dont ils ont le pouvoir de pousser la porte.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/p1070887.jpg" alt="p1070887.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/monteverdi.vignette.jpg" alt="monteverdi.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/monteverdi.vignette.jpg" alt="monteverdi.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/12/monteverdi.vignette.jpg" alt="monteverdi.jpg" /></p>
<p>A la même époque, quatre ans avant l&rsquo;arrestation de Girodano Bruno, en 1587, Claudio Monteverdi est le créateur de la musique de tous les temps: une musique sans fin.</p>
<p>Une musique infinie.</p>
<p>Il écrit à Venise son premier livre de madrigaux à cinq voix.</p>
<p>En voici l&rsquo;instant:</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Claudio-Monteverdi/albums/Livre-De-Madrigaux-1587---Livre-De-Madrigaux-1651-8424562209213.html">http://www.musicme.com/Claudio-Monteverdi/albums/Livre-De-Madrigaux-1587&#8212;Livre-De-Madrigaux-1651-8424562209213.html</a></p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Patti Smith: écrire et chanter</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/12/29/patti-smith-ecrire-et-chanter/</link>
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		<pubDate>Tue, 29 Dec 2009 06:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[Corps de plane &#171;&#160;nous sommes arrivés dans cette région tout à fait par accident. il n&#8217;y a pas eu de suspense renversant; nous avons simplement dérivé puis atterri. sur du sable. notre vaisseau a coulé très vite sans un bruit. les autres ont enlevé leurs chaussures? je n&#8217;en avais point et je suis partie devant, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pattismith4.jpg" class="imagelink" title="pattismith4.jpg" rel="lightbox[534]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pattismithparrmappelthorpe.jpg" alt="pattismithparrmappelthorpe.jpg" /></a></p>
<p><strong><em><font size="4">Corps de plane</font></em></strong></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;nous sommes arrivés dans cette région tout à fait par accident. il n&rsquo;y a pas eu de suspense renversant; nous avons simplement dérivé puis atterri. sur du sable. notre vaisseau a coulé très vite sans un bruit. les autres ont enlevé leurs chaussures? je n&rsquo;en avais point et je suis partie devant, seule. mes compagnons ont choisi une autre route vers l&rsquo;aventure et je ne les ai  jamais revus. j&rsquo;étais étrangère, seule, sans inquiétudes ni regrets. nous avions atterri comme un rêve et je laissais donc le futur se déployer comme les pétales d&rsquo;une fleur séduisante et sinistre&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pattismith.jpg" alt="pattismith.jpg" /></p>
<p>Il est surprenant aujourd&rsquo;hui de voir un chanteur de musique populaire écrire un livre. Je veux dire écrire un &laquo;&nbsp;vrai&nbsp;&raquo; livre. Ni une biographie, ni une commande, ni un livre écrit par un autre. Pas un livre de circonstance. Mais un livre qui vienne de son tréfonds.</p>
<p>Dans les années soixante-dix, c&rsquo;était d&rsquo;autres temps où l&rsquo;on rêvait de la lune sans doute et de biens d&rsquo;autres choses encore. Les menaces du monde étaient ce qu&rsquo;elles étaient. Étaient-elles pires que celles d&rsquo;aujourd&rsquo;hui? Étaient-elles plus légères?</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pattismith11.jpg" alt="pattismith11.jpg" /></p>
<p>Se souvient-on que quelques-unes des &laquo;&nbsp;idoles&nbsp;&raquo; d&rsquo;alors (c&rsquo;est le terme que l&rsquo;on employait il me semble) écrivaient de &laquo;&nbsp;vrais&nbsp;&raquo; livres?</p>
<p>Leonard Cohen nous a donné &laquo;&nbsp;Mort d&rsquo;un séducteur&nbsp;&raquo;, Jim Morrison &laquo;&nbsp;Seigneurs et nouvelles créatures&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Une prière américaine et autres écrits.&nbsp;&raquo;</p>
<p>L&rsquo;un des personnages les plus extraordinaires, extravagants, inventifs, créatifs, hors toute norme et dont la musique demeure encore aujourd&rsquo;hui d&rsquo;une étourdissante fortune, la chanteuse Patti Smith a écrit des poèmes toujours insolites dans une sorte de recueil intitulé &laquo;&nbsp;Babel&nbsp;&raquo; (éditions Christian Bourgois).</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pattismith5.jpg" alt="pattismith5.jpg" /></p>
<p>Pour Patti Smith, écrire, chanter, à cette époque parce que l&rsquo;époque était ainsi, s&rsquo;adonner à des substances étrangères, à la sexualité, à la joie, à la souffrance, à la peine, à l&rsquo;enchantement, tout cela c&rsquo;est tout un. C&rsquo;est vivre.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pattismith4.vignette.jpg" alt="pattismith4.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pattismith4.vignette.jpg" alt="pattismith4.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pattismith4.vignette.jpg" alt="pattismith4.jpg" /></p>
<p>Écrire et chanter de la musique &laquo;&nbsp;rock&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est &laquo;&nbsp;tout un&nbsp;&raquo;: voici qui peut sembler malgré tout ce que l&rsquo;on entend, ce que l&rsquo;on pense, encore un mystère. Rares sont les musiciens qui écrivent. Quand on chante une chanson, par les mots et par la musique on dit quelque chose. Mais d&rsquo;une autre manière que lorsqu&rsquo;on l&rsquo;écrit.</p>
<p>Pourtant -et c&rsquo;est là le mystère- quand on écrit quelque chose dans un livre, quand on chante, c&rsquo;est toujours la même chose qui se dit.</p>
<p>Si on le dit parce que c&rsquo;est ce que l&rsquo;on a à dire, ce que l&rsquo;on doit dire et que personne d&rsquo;autre ne pourra jamais dire&#8230;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pattismith3.jpg" alt="pattismith3.jpg" /></p>
<p><strong><em><font size="4">Rue des guides</font></em></strong></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;ceux qui ont souffert comprennent la souffrance et donc tendent la main. la tempête qui déchire blesse et rend aussi fertile. bénie soit l&rsquo;herbe et les herbes et le buisson d&rsquo;épines et de lumière&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pattismith2.jpg" alt="pattismith2.jpg" /></p>
<p>Et, en fin, quelques minutes avec Patti Smith en un seul &laquo;&nbsp;clic&nbsp;&raquo;:</p>
<p><a href="http://www.deezer.com/listen-974471">http://www.deezer.com/listen-974471</a></p>
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		<item>
		<title>Pierre Reverdy: la poésie et les chemins de la pensée</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Dec 2009 06:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[(photographie Robert Mappelthrope)  &#171;&#160;La poésie n&#8217;est pas dans les choses &#8211; à la manière où la couleur et l&#8217;odeur sont dans la rose et en émanent- elle est dans l&#8217;homme, uniquement et c&#8217;est lui qui en charge les choses, en s&#8217;en servant pour s&#8217;exprimer. Elle est un besoin et une faculté, une nécessité de la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/210409001.jpg" class="imagelink" title="210409001.jpg" rel="lightbox[514]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/549310214532322381702424405422946965373n.jpg" class="imagelink" title="549310214532322381702424405422946965373n.jpg" rel="lightbox[514]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/coquelicots005.jpg" class="imagelink" title="coquelicots005.jpg" rel="lightbox[514]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/diapovice2.jpg" class="imagelink" title="diapovice2.jpg" rel="lightbox[514]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/210409002.jpg" class="imagelink" title="210409002.jpg" rel="lightbox[514]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/tulipparrobertmappelthorpe.jpg" class="imagelink" title="tulipparrobertmappelthorpe.jpg" rel="lightbox[514]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/tulipparrobertmappelthorpe.jpg" alt="tulipparrobertmappelthorpe.jpg" width="400" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/210409001.jpg" class="imagelink" title="210409001.jpg" rel="lightbox[514]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/210409001.jpg" class="imagelink" title="210409001.jpg" rel="lightbox[514]"></a></em></p>
<p><em><font size="1">(photographie Robert Mappelthrope)</font></em></p>
<p><em> </em><em>&laquo;&nbsp;La poésie n&rsquo;est pas dans les choses &#8211; à la manière où la couleur et l&rsquo;odeur sont dans la rose et en émanent- elle est dans l&rsquo;homme, uniquement et c&rsquo;est lui qui en charge les choses, en s&rsquo;en servant pour s&rsquo;exprimer. Elle est un besoin et une faculté, une nécessité de la condition de l&rsquo;homme &#8211; l&rsquo;une des plus déterminantes de son destin. <strong>Elle est une propriété de</strong> <strong>sentir et un mode de penser.&nbsp;&raquo;</strong> </em>(Pierre Reverdy &laquo;&nbsp;La fonction poétique&nbsp;&raquo;, janvier 1948)</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/tulipparrobertmappelthorpe.jpg" class="imagelink" title="tulipparrobertmappelthorpe.jpg" rel="lightbox[514]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pierrereverdy2.jpg" alt="pierrereverdy2.jpg" /></a></p>
<p><em><font size="1">(Pierre Reverdy par Modigliani)</font></em></p>
<p>On a pour habitude d&rsquo;opposer la poésie et la pensée quand l&rsquo;une serait un art, une activité esthétique, et l&rsquo;autre un travail de la raison et du savoir, de la connaissance. Et que leurs mondes seraient irrémédiablement différents, voire opposés.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La région d&rsquo;un déploiement d&rsquo;un dialogue entre la poésie et la pensée ne peut être éclairée, atteinte et pensée qu&rsquo;à une allure lente et patiente. Qui voudrait de nos jours prétendre séjourner familièrement aussi bien dans la nature véritable de la poésie que dans celle de la pensée?&nbsp;&raquo; </em></p>
<p>(Martin Heidegger &laquo;&nbsp;Pourquoi des poètes?&nbsp;&raquo; 1962)</p>
<p>Concevoir la pensée et le savoir, la connaissance qui en découlent comme antagonistes de la poésie c&rsquo;est se tromper sur ce qu&rsquo;est le monde, la connaissance et sur nous-mêmes. C&rsquo;est faire de la pensée et de la science des activités pratiques à finalité toujours utiles. C&rsquo;est faire du positivisme sans le savoir, la plupart du temps.</p>
<p>A quoi servent donc les poètes?</p>
<p>Devraient-ils <em><strong>servir</strong></em>? Devraient-ils être asservis? Plus ou moins que les penseurs, les chercheurs?</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pierrereverdy.jpg" alt="pierrereverdy.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Pierre Reverdy)</font></em></p>
<p>Les poètes sont tous ceux (écrivains, musiciens, peintres, etc&#8230;) qui mettent dans le monde une part d&rsquo;invention qui permet de le décrire au plus profond, qui permet de le changer, qui nous montrent, plus profondément encore, plus essentiellement, que ce que nous sommes nous ne le sommes pas du fait du monde. Mais de nous-mêmes.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/210409001.jpg" alt="210409001.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(Photographie M Arcens)</font></em></p>
<p><strong><em><font face="andale mono,times">L&rsquo;or du temps</font></em></strong></p>
<p><em><font face="Times">Une main fermée sur le vent. Les cinq doigts plissant la lumière &#8211; elle tient la pièce d&rsquo;or ardente qui l&rsquo;éclaire.</font></em></p>
<p><em><font face="Times">On cherche le destin au sens de la raison. Le reste est mieux caché au coin de la maison et dans les replis de la tête, de la bouche qui souriait derrière les barreaux qui gardent la fenêtre.</font></em></p>
<p><em><font face="Times">Chef d&rsquo;oeuvre vide qui roulait, actif dans l&rsquo;infini et le temps qui s&rsquo;arrête.</font></em></p>
<p><em><font face="Times">Un rayon de soleil déchire la nuée &#8211; mais l&rsquo;ombre de l&rsquo;oubli est déjà toute prête.</font></em></p>
<p><em><font face="Times">(Pierre Reverdy &laquo;&nbsp;La liberté des mers&nbsp;&raquo; 1960)</font></em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/210409002.jpg" alt="210409002.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>La &laquo;&nbsp;poésie&nbsp;&raquo; nous renvoie toujours à un apparaître originel: elle nous fait sentir, percevoir, connaître cet apparaître.</p>
<p>Et elle nous dit davantage encore: elle nous dit que cet apparaître ne vient pas du monde extérieur, mais qu&rsquo;il est une révélation, une connaissance &laquo;&nbsp;absolue&nbsp;&raquo;, une connaissance de soi, le soi et la vie comme connaissance.</p>
<p>Ce que nous dit la poésie c&rsquo;est que la pensée n&rsquo;est pas son opposé: que l&rsquo;une et l&rsquo;autre sont chemins de connaissance. Qu&rsquo;il ne faut pas confondre ce qui fonde cette connaissance, (qu&rsquo;on le découvre, qu&rsquo;on le connaisse par chemin de la pensée ou par le chemin de la poésie) avec l&rsquo;objet ultérieur de celle-ci; objet qui ne peut qu&rsquo;être ultérieur.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/diapovice2.jpg" alt="diapovice2.jpg" width="400" /></p>
<p>La seule différence entre la pensée et la poésie c&rsquo;est que la première s&rsquo;est transmuée plus visiblement dans toutes sortes de directions et de savoirs, toutes sortes de &laquo;&nbsp;sciences&nbsp;&raquo; ayant chacune leurs objets propres.</p>
<p>Si l&rsquo;on prend garde toutefois à distinguer la pensée des savoirs qui s&rsquo;érigent en sciences, &laquo;&nbsp;exactes&nbsp;&raquo; ou non, alors il n&rsquo;est pas certain que l&rsquo;on doive opposer poésie et pensée.</p>
<p>L&rsquo;une et l&rsquo;autre, si l&rsquo;on veut bien y prendre garde, ne sont possibles que parce que nous sommes sans recours.</p>
<p>Sans recours au monde.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/pierrereverdy1.jpg" alt="pierrereverdy1.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Pierre Reverdy par Picasso)</font></em></p>
<p>A<em> &laquo;&nbsp;allure lente et patiente&nbsp;&raquo;</em>, nous devons malgré tout, en faire l&rsquo;épreuve constante.</p>
<p>Que ce soit ce qui nous fonde, nous-mêmes comme nous-mêmes et par nous-mêmes, qui est ce que la poésie nous dit, Pierre Reverdy en a fait toute son oeuvre. Et cela il n&rsquo;a jamais voulu le dire: il a voulu que, partageant son poème, ce soit chacun d&rsquo;entre nous qui en soit en quelque sorte l&rsquo;écrivain&#8230;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/549310214532322381702424405422946965373n.jpg" alt="549310214532322381702424405422946965373n.jpg" width="400" /></p>
<p>Pierre Reverdy est ce poète qui a provoqué la poésie: il nous permet d&rsquo;être émus tout en évitant, avec constance, de reproduire son émotion à lui.</p>
<p>La poésie de Reverdy, en ce sens, est don total. </p>
<p> </p>
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		</item>
		<item>
		<title>Frank Burty Haviland: ce peintre à l&#8217;art moderne&#8230;</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/12/17/frank-burty-haviland-ce-peintre-par-qui-arrivent-les-choses/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 06:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>

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		<description><![CDATA[(portrait de son épouse Joséphine Laporta par Frank Burty Haviland) &#160; &#160; Frank Burty Haviland est un peintre dont la &#171;&#160;trace&#160;&#187; dans l&#8217;histoire de l&#8217;art contemporain est mineure. Elle semble mineure. Il est né à Limoges en 1886. Il est disparu en 1971 à Perpignan. Il repose à Céret. Frank Burty Haviland est un peintre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a class="imagelink" title="haviland.jpg" href="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/haviland.jpg" rel="lightbox[645]"><img alt="haviland.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/haviland.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em><span style="font-size: xx-small">(portrait de son épouse Joséphine Laporta par Frank Burty Haviland)</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Frank Burty Haviland est un peintre dont la &laquo;&nbsp;trace&nbsp;&raquo; dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;art contemporain est mineure.</p>
<p>Elle semble mineure.</p>
<p>Il est né à Limoges en 1886. Il est disparu en 1971 à Perpignan. Il repose à Céret.</p>
<p>Frank Burty Haviland est un peintre dont le talent doit être perçu avec attention.</p>
<p><img alt="fbh2.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/fbh2.jpg" /></p>
<p><em><span style="font-size: xx-small">(Frank Burty Haviland)</span></em></p>
<p>Il sut par exemple, mieux que quiconque, faire voir ce qui ne s&rsquo;aperçoit pas.</p>
<p>Il fut, très tôt, cubiste.</p>
<p><img alt="portraitdejosphine1903.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/portraitdejosphine1903.jpg" /></p>
<p><em><span style="font-size: xx-small">(portrait de Joséphine 1903)</span></em></p>
<p>Il était, peut-être avant bien d&rsquo;autres, entouré de masques africains.</p>
<p>Quand il peignit tout de bleu l&rsquo;un de ses plus grands tableaux, il amena au premier plan cette couleur qui était celle des montagnes des Albères et que l&rsquo;on voyait au loin. Que l&rsquo;on peignait au loin. Qu&rsquo;il rendit toute proche. La nature tout entière, les arbres, les feuilles que nous touchons, qui sont là à côté du personnage sur la terrasse des &laquo;&nbsp;Capucins&nbsp;&raquo; à Céret, sont bleus. Tout est comme bleu.</p>
<p><img alt="capucins.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/capucins.vignette.jpg" /><img alt="capucins.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/capucins.vignette.jpg" /><img alt="capucins.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/capucins.vignette.jpg" /></p>
<p><em><span style="font-size: xx-small">(Les &laquo;&nbsp;Célestins&nbsp;&raquo;)</span></em></p>
<p>Frank Burty Haviland voyait des choses que d&rsquo;autres ne voyaient pas. Il voyait ce que d&rsquo;autres ne pouvaient imaginer. Comme cet arbre qui se déploie dans l&rsquo;espace, qui occupe l&rsquo;espace, non seulement celui du tableau, mais qui devient cet espace, qui fait l&rsquo;espace lui-même, cet arbre qui nous montre ce qu&rsquo;être est. Cet arbre que Frank Burty peint tout en fleurs roses quand tout le reste du tableau, tout le reste du paysage est accablé du froid de l&rsquo;hiver.</p>
<p><img alt="dodat.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/dodat.jpg" /></p>
<p><em><span style="font-size: xx-small">(Déodat de Séverac à Céret)</span></em></p>
<p>C&rsquo;est sans doute de la même manière, pour la même raison, que très tôt, Frank Burty Haviland côtoya Picasso, Braque, Gris, Jacob, Modigliani.</p>
<p>C&rsquo;est son professeur de piano Ricardo Vines qui lui fit rencontrer le compositeur Déodat de Séverac et par lui Manuel Martinez Hugué (autrement nommé &laquo;&nbsp;Manolo&nbsp;&raquo;).</p>
<p>Et Manolo qui était à Céret, qui était l&rsquo;ami de Picasso&#8230; Tout le monde se retrouva à Céret.</p>
<p>Qu&rsquo;André Salmon nomma &laquo;&nbsp;Mecque&nbsp;&raquo;; la &laquo;&nbsp;Mecque du cubisme&nbsp;&raquo;, dit-il.</p>
<p><img alt="cret0909020.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/cret0909020.vignette.jpg" /><img alt="cret0909020.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/cret0909020.vignette.jpg" /></p>
<p>Et Dieu -le dieu des artistes, bien sûr-, Dieu seul sait véritablement le rôle que joua Frank Burty Haviland pour aider Picasso, Braque et beaucoup d&rsquo;autres.</p>
<p>Sans Frank Burty Haviland l&rsquo;art moderne n&rsquo;aurait sans doute pas été tout à fait ce qu&rsquo;il fut! Picasso lui doit beaucoup.</p>
<p><img alt="picassofbh.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/picassofbh.jpg" /></p>
<p><em><span style="font-size: xx-small">(une dédicace de Picasso)</span></em></p>
<p>Il le lui dit, le lui témoigna.</p>
<p>Mais le sait-on? Et, plus encore veut-on le dire? Veut-on même le penser?</p>
<p>Frank Burty Haviland, avec Pierre Brune créa le Musée d&rsquo;art moderne de Céret.</p>
<p><img alt="cret0909009.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/cret0909009.jpg" width="400" /></p>
<p>Il persuada Picasso et beaucoup d&rsquo;autres de donner quelques-unes de leurs œuvres. Picasso ce fut plus de cinquante.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui encore, plus que jamais le musée de Céret fait vivre l&rsquo;art moderne. Et aussi l&rsquo;art contemporain. Il est, en façade, l’œuvre d&rsquo;Antoni Tapies. Miro y fit une exposition inoubliable. Ses œuvres comme celles de tant d&rsquo;autres y habitent.</p>
<p><img alt="bruneetmiette.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/bruneetmiette.jpg" /></p>
<p><em><span style="font-size: xx-small">(Pierre Brune et sa femme Miette)</span></em></p>
<p>En 2007 et 2008 le musée a acquis soixante toiles, plus de six cents dessins, pastels, aquarelles, gravures signés Frank Burty qui en fut son conservateur de 1956 à 1961. Après Pierre Brune.</p>
<p>Avant Joséphine Matamoros qui en assure la vitalité depuis près de vingt-cinq ans.</p>
<p><img alt="1174486207.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/1174486207.jpg" /></p>
<p><em><span style="font-size: xx-small">(Joséphine Matamoros, conservateur du Musée de Céret &laquo;&nbsp;recevant&nbsp;&raquo; Chagall)</span></em></p>
<p>Et qui a organisé une rétrospective Frank Burty Haviland  (5 décembre 2009/31 mai 2010.)</p>
<p>La mémoire qui est dûe à Frank Burty, à l&rsquo;homme, à l&rsquo;artiste, au &laquo;&nbsp;visionnaire&nbsp;&raquo; de l&rsquo;art ne faiblira plus.</p>
<p>Il y a parfois des artistes que l&rsquo;on perçoit aujourd&rsquo;hui comme &laquo;&nbsp;mineurs&nbsp;&raquo; mais dont la place, le rôle, furent majeurs.</p>
<p>On peut ici écouter Déodat de Séverac qui n&rsquo;est ni Debussy, ni Ravel.</p>
<p>Mais ses &laquo;&nbsp;Baigneuses au soleil&nbsp;&raquo; sont un moment sans oubli.</p>
<p><a href="http://www.musicme.com/Deodat-De-Severac/albums/Baigneuses-Au-Soleil---Cerdana---Sous-Les-Lauriers-Roses---Les-Naiades-Et-Le-Faune-Ind-3760005565436.html">http://www.musicme.com/Deodat-De-Severac/albums/Baigneuses-Au-Soleil&#8212;Cerdana&#8212;Sous-Les-Lauriers-Roses&#8212;Les-Naiades-Et-Le-Faune-Ind-3760005565436.html</a></p>
<p><img alt="baigneuses.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/baigneuses.vignette.jpg" /><img alt="baigneuses.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/baigneuses.vignette.jpg" /><img alt="baigneuses.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/baigneuses.vignette.jpg" /><img alt="baigneuses.jpg" src="http://michelarcens.i.m.f.unblog.fr/files/2009/12/baigneuses.vignette.jpg" /></p>
<p><em><span style="font-size: xx-small">(les &laquo;&nbsp;Baigneuses&nbsp;&raquo;)</span></em></p>
<p><em><span style="font-size: xx-small">Les principales sources iconographiques et d&rsquo;information contenues dans cet article proviennent du Musée de Céret et de son site internet.</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La musique avec les mots: &#171;&#160;Blues&#160;&#187; ou la poésie d&#8217;Alain Gerber</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/12/10/la-musique-avec-les-mots-blues-ou-la-poesie-dalain-gerber/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Dec 2009 06:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>

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		<description><![CDATA[  &#171;&#160;Et puis les mots qui sont restés en arrière de nos souffles, les beaux mots du silence, alors que nous étions cachés par terre derrière les carcasses des vieilles choses, derrière le soir qui tombe, environnés d&#8217;une poussière d&#8217;or, si lente, dans l&#8217;ancienne grange que personne s&#8217;était même pas donné la peine de brûler.&#160;&#187;  [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em></em></p>
<p><em></em></p>
<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues15.jpg" class="imagelink" title="blues15.jpg" rel="lightbox[553]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues13.jpg" class="imagelink" title="blues13.jpg" rel="lightbox[553]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues5.jpg" class="imagelink" title="blues5.jpg" rel="lightbox[553]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues12.jpg" class="imagelink" title="blues12.jpg" rel="lightbox[553]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues9.jpg" class="imagelink" title="blues9.jpg" rel="lightbox[553]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1000897.jpg" class="imagelink" title="p1000897.jpg" rel="lightbox[553]"></a><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues.jpg" alt="blues.jpg" /> </em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Et puis les mots qui sont restés en arrière de nos souffles, les beaux mots du silence, alors que nous étions cachés par terre derrière les carcasses des vieilles choses, derrière le soir qui tombe, environnés d&rsquo;une poussière d&rsquo;or, si lente, dans l&rsquo;ancienne grange que personne s&rsquo;était même pas donné la peine de brûler.&nbsp;&raquo;</em> </p>
<p>Les mots du silence: ce sont aussi ces mots-là qui font la musique de la littérature. Ce sont ces mots qui font, avec de la musique du roman. C&rsquo;est ici, ici-même, que la musique fait, avec ses mots, avec des mots, les romans, la poésie, toute la littérature.</p>
<p>C&rsquo;est ainsi que cela se passe quand cela vient de l&rsquo;arrière de nos souffles: que ce soit des mots, des phrases, des paragraphes ou des chapitres entiers. Ou que ce soit des notes, des chants, des accords, des désaccords, des harmonies, des plaintes, des joies, des pleurs.</p>
<p>C&rsquo;est ainsi que cela se passe quand la littérature vient du tréfonds. Alors, la musique et elle, sont indistinctes.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues14.jpg" alt="blues14.jpg" /></p>
<p>Pour un roman qui exprime, fait ressentir la naissance de cette musique que l&rsquo;on appelle le &laquo;&nbsp;blues&nbsp;&raquo;, il y a là comme une &laquo;&nbsp;évidence&nbsp;&raquo;. Mais enfin, que celle-ci (cette évidence) soit dans notre lecture à chacune des pages, à chacun des mots, c&rsquo;est quand même autre chose: une sorte d&rsquo;exploit. Une évidence et un exploit en même temps: c&rsquo;est, ou un oxymore ou une contradiction.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/bluesrobertjohnson.vignette.jpg" alt="bluesrobertjohnson.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/bluesrobertjohnson.vignette.jpg" alt="bluesrobertjohnson.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/bluesrobertjohnson.vignette.jpg" alt="bluesrobertjohnson.jpg" /></p>
<p>A moins que ce soit l&rsquo;oeuvre dont ne sait trop quel mystère.</p>
<p>Sans doute celui qui se cache au coeur de <em>&laquo;&nbsp;ces livres où l&rsquo;on dit au moyen des mots ce que les mots sont incapables de dire&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues1.vignette.jpg" alt="blues1.jpg" /> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues1.vignette.jpg" alt="blues1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues1.vignette.jpg" alt="blues1.jpg" /></p>
<p>Il y a dans &laquo;&nbsp;Blues&nbsp;&raquo;, le dernier roman d&rsquo;Alain Gerber (éditions Fayard), l&rsquo;histoire des esclaves, la formidable histoire du &laquo;&nbsp;chemin de fer souterrain&nbsp;&raquo; d&rsquo;Harriet Trubman, la guerre de sécession, l&rsquo;abolition et ce qui s&rsquo;en suivit. Ou peut-être ce qui ne s&rsquo;en suivit pas. Il y a des amours, des peines, des joies et même quelques rires. Il y a des morts, des morts violentes, des bagarres, des ivrognes, des bagnes effroyables, des lumières au matin qui éblouissent déjà.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1010315.jpg" alt="p1010315.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Il y a dans &laquo;&nbsp;Blues&nbsp;&raquo; cette souffrance à l&rsquo;origine de la musique. </p>
<p>On lit et on entend ainsi cette plainte:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;De mon harmonica je ne tirais plus que des accents mélancoliques. Ils nourrissaient ma souffrance, pourtant je n&rsquo;avais aucun autre moyen de la supporter.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues13.vignette.jpg" alt="blues13.jpg" /></p>
<p>Il y a dans &laquo;&nbsp;Blues&nbsp;&raquo; des scènes haletantes, vécues de l&rsquo;intérieur, mais que l&rsquo;on aperçoit, quand on les découvre dans le silence de la lecture, comme des scènes de cinéma, de grand écran dans une salle obscure.</p>
<p>C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on vit, comme si on le vivait nous-mêmes, la naissance du kazoo, la création de &laquo;&nbsp;Midnight special&nbsp;&raquo;, d&rsquo; &laquo;&nbsp;Abilene&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;John Henry&nbsp;&raquo;, jusqu&rsquo;à Mamie Smith et l&rsquo;enregistrement du premier blues. Et bien d&rsquo;autres faits &laquo;&nbsp;historiques&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues11mamiesmith.vignette.jpg" alt="blues11mamiesmith.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues11mamiesmith.vignette.jpg" alt="blues11mamiesmith.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues11mamiesmith.vignette.jpg" alt="blues11mamiesmith.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues11mamiesmith.vignette.jpg" alt="blues11mamiesmith.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues11mamiesmith.vignette.jpg" alt="blues11mamiesmith.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Mamie Smith)</font></em></p>
<p>Mais l&rsquo;essentiel n&rsquo;est pas là. On pourrait bien nous écrire &laquo;&nbsp;l&rsquo;histoire du blues&nbsp;&raquo; que nous ne saurions pas pour autant de quoi il s&rsquo;agit.</p>
<p>Ici à chaque instant on comprend. Mieux: on sait, on vit, on vibre.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Le blues, il s&rsquo;agit pas de faire semblant&#8230;Quand on est en train de rendre l&rsquo;âme, on s&rsquo;applique! C&rsquo;est ce qui marine tout au fond du puits, tout là-bas dans le noir, qui doit sortir de toi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues15.vignette.jpg" alt="blues15.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues15.vignette.jpg" alt="blues15.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues15.vignette.jpg" alt="blues15.jpg" /></p>
<p>Pourtant tous les blues ne sont pas tristes. Et &laquo;&nbsp;Blues&nbsp;&raquo; est le contraire d&rsquo;un livre empreint de tristesse .</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous n&rsquo;étaient pas tristes, pourtant, mais tous s&rsquo;étaient enivrés avec le vin de la tristesse. S&rsquo;ils étaient gais, ils étaient gais comme un homme saoul qui vient d&rsquo;avoir une mauvaise journée. Tous avaient perdu quelque chose..&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues4.jpg" alt="blues4.jpg" /></p>
<p>Ce livre-là est une formidable aventure: le récit de cette aventure, mais plus, mais bien davantage, il est comme l&rsquo;aventure elle-même!</p>
<p>Parce que l&rsquo;écriture est comme portée par la vie, par le langage et les sentiments, par les événements. Parce que, à chaque page, c&rsquo;est comme si l&rsquo;écriture de ce roman &laquo;&nbsp;<em>racontait des choses qui nous étaient arrivées et des choses qui, hélas, nous arriveraient pas, mais qu&rsquo;on aurait tellement aimées. Oh! des toutes petites choses, comme une nouvelle mule au printemps.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em></em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je suis convaincu qu&rsquo;il existe une relation étroite entre la musique et la littérature. Malheureusement, j&rsquo;ignore laquelle. L&rsquo;homme qui mettra le doigt dessus méritera qu&rsquo;on dresse son effigie devant le Capitole, mon cher Silas!&nbsp;&raquo; </em>s&rsquo;exclame l&rsquo;officier d&rsquo;un régiment de &laquo;&nbsp;couleur&nbsp;&raquo; parti en découdre avec les Indiens en s&rsquo;adressant à l&rsquo;un des personnages du roman, un ancien esclave.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/blues9.jpg" alt="blues9.jpg" width="400" /></p>
<p>Et c&rsquo;est en rythme, par le rythme que l&rsquo;on découvre &laquo;&nbsp;Blues&nbsp;&raquo;.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Le rythme est une sorcellerie. Sans lui, la musique n&rsquo;entrerait en nous que par les oreilles. Ou peut-être par les pensées, telle une chose qu&rsquo;on rêve mais qui n&rsquo;existe pas vraiment. Grâce au rythme elle pénètre tout notre corps.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>C&rsquo;est ainsi que font la musique et la littérature. La poésie est ainsi.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1000897.jpg" alt="p1000897.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Et en échos quelques six ou sept minutes de blues, version Duke Ellington et Johnny Hodges en cliquant ici:</p>
<p><a href="http://www.deezer.com/listen-2269191">http://www.deezer.com/listen-2269191</a>  (&laquo;&nbsp;Weary blues&nbsp;&raquo;)</p>
<p>Et aussi Blind Lemon Jefferson (&laquo;&nbsp;Match box blues&nbsp;&raquo;):</p>
<p><a href="http://www.deezer.com/listen-3013012">http://www.deezer.com/listen-3013012</a></p>
<p>Ou encore Robert Johnson par qui (presque) tout est arrivé (&laquo;&nbsp;Malted milk&nbsp;&raquo;)</p>
<p><a href="http://www.deezer.com/listen-4593324">http://www.deezer.com/listen-4593324</a></p>
<p><em>(Les citations de cet article sont toutes extraites de &laquo;&nbsp;Blues&nbsp;&raquo;, le livre d&rsquo;Alain Gerber. Editions Fayard)</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Avec Colum McCann: &#171;&#160;le désir et la lecture&#160;&#187; ou &#171;&#160;des reflets et des livres&#160;&#187;</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/12/03/le-desir-et-la-lecturedes-reflets-et-des-livres/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 06:00:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[(photographie M Arcens) Les livres sont comme nos désirs. Ils sont nos rêves quand ils sont encore dans la vitrine du libraire. Si proches et parfois encore inaccessibles. Mais le désir qui les guette est irrépressible. Il n&#8217;a pas de fin. Ils sont nos rêves quand ils s&#8217;écrivent. Lorsque nous les lisons. Les livres sont [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080015.jpg" class="imagelink" title="p1080015.jpg" rel="lightbox[506]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080012.jpg" class="imagelink" title="p1080012.jpg" rel="lightbox[506]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080022.jpg" class="imagelink" title="p1080022.jpg" rel="lightbox[506]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080021.jpg" class="imagelink" title="p1080021.jpg" rel="lightbox[506]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080013.jpg" class="imagelink" title="p1080013.jpg" rel="lightbox[506]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080013.jpg" alt="p1080013.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Les livres sont comme nos désirs. Ils sont nos rêves quand ils sont encore dans la vitrine du libraire. Si proches et parfois encore inaccessibles. Mais le désir qui les guette est irrépressible. Il n&rsquo;a pas de fin.</p>
<p>Ils sont nos rêves quand ils s&rsquo;écrivent. Lorsque nous les lisons.</p>
<p>Les livres sont des voyages secrets. Imaginaires, ils nous conduisent dans des pays que l&rsquo;on ne peut que supposer. Mais dont la réalité advient, plus grande que le monde qui nous entoure, que nous voyons, que nous touchons.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080015.jpg" alt="p1080015.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Les personnages de fiction s&rsquo;imposent à nous, à l&rsquo;écrivain et au lecteur. Aux deux, différemment sans doute. C&rsquo;est ainsi que le désir se transforme en plaisir. Et qu&rsquo;il peut, alors s&rsquo;accomplir. </p>
<p>L&rsquo;écrivain Irlandais Colum McCann vient de publier &laquo;&nbsp;Et que le vaste monde poursuive sa route folle&nbsp;&raquo; (éditions Belfond; traduction Jean-Luc Piningre).</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/colummccann2.vignette.jpg" alt="colummccann2.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(Colum McCann)</font></em></p>
<p>Il dit:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je crée des personnages que j&rsquo;aurais vraiment aimé connaître. C&rsquo;est comme ça que Tillie m&rsquo;est apparue. Je pense qu&rsquo;en réalité, elle existe vraiment, quelque part. De la même façon, je n&rsquo;aurais pas forcément écrit sur Claire, mais elle s&rsquo;est imposée à moi, insinuée dans mon esprit. Je ne suis pas sûr d&rsquo;avoir écrit pour Tillie ou Claire, elles l&rsquo;ont toutes deux fait pour moi&#8230;quand des personnages comme elles s&rsquo;imposent à vous, c&rsquo;est un moment extraordinaire. Eprouvant mais magique.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080012.jpg" alt="p1080012.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Les objets que sont les livres (ils sont encore des objets) sont des objets de désir: les images qui les couvrent, les titres et les noms des auteurs sont des promesses.</p>
<p>Et déjà, ils nous disent plusieurs choses: des choses qui sont ou ne sont pas dans les livres. Mais qui proviennent de nous. Avant même que nous, nous les tenions dans nos mains.</p>
<p>Avant que nous apportions notre point de vue, nos différences.</p>
<p>Colum McCann dit encore:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je sens que je dois accéder à toutes les différences que je ressens et les intégrer à ce que je suis. L&rsquo;acte de lecture créative est au moins aussi important, si ce n&rsquo;est pas plus encore, que l&rsquo;écriture créative et la fiction. Avoir plusieurs points de vue c&rsquo;est ce qui permet aux lecteurs de se faire leur propre interprétation.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080022.jpg" alt="p1080022.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Kawabata, Pound ou Borges ne racontent pas une histoire comme si c&rsquo;était la seule histoire possible. Mais toujours en laissant des interstices, des espaces où nous insérer et qui permettent de rêver. Pour accomplir nos désirs, multiples, contraires, contradictoires souvent.</p>
<p>Colum McCann dit encore:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;essence de la vraie intelligence est de présenter deux idées contradictoires en même temps. Le paradoxe est l&rsquo;essence du fait littéraire. La poésie y trouve son essence, parce que le monde est multiple.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em></em></p>
<p><font size="1"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080021.jpg" alt="p1080021.jpg" width="400" /></font></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Holderlin , Eschyle ou Heidegger sont des poètes et des penseurs. C&rsquo;est aussi dans les contradictions qui animent leurs oeuvres que se trouve l&rsquo;essence de la pensée.</p>
<p>Les livres de fiction, de poésie, de philosophie&#8230;nous donnent à penser. Les lecteurs que nous sommes ont une place dans la création elle-même. Parce que nous ne pouvons recevoir tel ou tel livre comme à chaque fois le seul possible, mais plutôt comme l&rsquo;acte fertile de tous les possibles qui sont en chacun de nous.</p>
<p><em><font size="1">Les citations de Colum McCann sont extraites de l&rsquo;entretien qu&rsquo;il a donné à Benoît Legemble pour la revue &laquo;&nbsp;Le Matricule des Anges&nbsp;&raquo; dont on trouve un lien avec le site dans le menu de ce blog. (numéro 108 novembre-décembre 2009)</font></em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Marie NDiaye: le réel indicible</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/11/26/marie-ndiaye-le-reel-indicible/</link>
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		<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 06:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Notre interprétation spécieuse de la réalité, nous a causé tant de mal, tant de peines inutiles!&#160;&#187; C&#8217;est ce que nous dit Marie NDiaye. Que désormais tout le monde connaît: comme &#171;&#160;prix Goncourt&#160;&#187; et comme &#171;&#160;cible&#160;&#187; d&#8217;un représentant du peuple dans un moment qui n&#8217;était malheureusement pas d&#8217;égarement passager&#8230;   Passons&#8230;mais n&#8217;oublions jamais. Ce genre d&#8217;oubli [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/yeuxfermesl1.jpg" class="imagelink" title="yeuxfermesl1.jpg" rel="lightbox[490]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/mariendiaye374.jpg" class="imagelink" title="mariendiaye374.jpg" rel="lightbox[490]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/figureetnue.jpg" class="imagelink" title="figureetnue.jpg" rel="lightbox[490]"></a><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/mariendiaye.jpg" alt="mariendiaye.jpg" /></em></strong></p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Notre interprétation spécieuse de la réalité, nous a causé tant de mal, tant de peines inutiles!&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p>C&rsquo;est ce que nous dit Marie NDiaye.</p>
<p>Que désormais tout le monde connaît: comme &laquo;&nbsp;prix Goncourt&nbsp;&raquo; et comme &laquo;&nbsp;cible&nbsp;&raquo; d&rsquo;un représentant du peuple dans un moment qui n&rsquo;était malheureusement pas d&rsquo;égarement passager&#8230;</p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/mariendiaye3.jpg" class="imagelink" title="mariendiaye3.jpg" rel="lightbox[490]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/mariendiaye3.jpg" alt="mariendiaye3.jpg" width="400" /></a></p>
<p>Passons&#8230;mais n&rsquo;oublions jamais. Ce genre d&rsquo;oubli peut jouer des tours, de mauvais tours.</p>
<p>Passons sur le roman qui a valu le prix Goncourt à Marie NDiaye &laquo;&nbsp;Trois femmes puissantes&nbsp;&raquo; (éditions Gallimard): &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo;, décidément, a toujours un temps de retard et ne tient pas rigoureusement le tempo, ni la mesure!</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/mariendiaye2.jpg" alt="mariendiaye2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/mariendiaye2.jpg" alt="mariendiaye2.jpg" /></p>
<p>Cette citation liminaire provient d&rsquo;un autre roman, publié en 2007, que l&rsquo;on trouve désormais en collection Folio (Gallimard) et qui s&rsquo;intitule &laquo;&nbsp;Mon coeur à l&rsquo;étroit&nbsp;&raquo;.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/mariendiaye1.vignette.jpg" alt="mariendiaye1.jpg" /></p>
<p>Marie NDiaye, qui a d&rsquo;abord été éditée par les éditions de Minuit, est un auteur <em>&laquo;&nbsp;minuit&nbsp;&raquo;.</em> En tout cas par bien des aspects. Et peut-être par celui-ci qu&rsquo;il y a dans les histoires qu&rsquo;elle nous raconte, dans ses romans, de véritables interrogations. Non pas des interrogations sur tel ou tel fait de société, sur tel ou tel comportement individuel, mais sur le fond des choses. Et ainsi, sur le réel, sur la réalité elle-même.</p>
<p>On ne sait pourtant jamais ce qui est &laquo;&nbsp;réel&nbsp;&raquo; et ce qui est &laquo;&nbsp;vrai&nbsp;&raquo; dans cette histoire que raconte &laquo;&nbsp;Mon coeur à l&rsquo;étroit&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Non seulement on ne sait pas de quoi il s&rsquo;agit: la narratrice est-elle en train de mourir ou non?</p>
<p>Est-elle en train de perdre la vie? Tout le laisse penser.</p>
<p>Même quand elle s&rsquo;exclame: <strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;aime encore la vie, bêtement, brutalement. Ah non, je ne suis pas lassée de vivre&#8230;&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p>Non seulement on ne sait pas de quoi il s&rsquo;agit. Mais plus, on se demande avec l&rsquo;auteur ce qui est réel: ce qui fait que quelque chose est réalité ou non.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/mariendiaye374.jpg" alt="mariendiaye374.jpg" width="400" /></p>
<p> Et, ce qui est réel est-ce vrai? Ou est-ce le mensonge et le faux-semblant qui seraient réels? Les choses que nous voyons sont-elles claires ou sont-elles floues?</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/figureetnue.jpg" alt="figureetnue.jpg" width="400" /></p>
<p>La réalité est-ce ce que je sais, ce que je connais, ou ce que la science sait à ma place, pour moi, en lieu et place et aussi à mon service.</p>
<p>Mais, au bout du compte, la réalité se laisse-t-elle connaître? Tout ou même seulement une partie d&rsquo;elle-même ne nous échappe-t-elle pas?</p>
<p>Et pour savoir, pour connaître, pour approcher le réel comme tel, de quelles qualités, de quelles capacités faut-il être doué?</p>
<p>Comment répondre à cette question lorsqu&rsquo;un personnage du roman, personnage qui s&rsquo;appelle <strong><em>Noget </em></strong>(et dont le nom, à l&rsquo;instar des personnages de Beckett prête à interprétation) dit à la narratrice:</p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Vous êtes la seule dans votre pureté, à ne pas me connaître.&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p>Est-ce à dire que seule l&rsquo;impureté, la non-pureté en tout cas, autoriserait une connaissance, une reconnaissance du réel comme tel?</p>
<p>Sans doute ce qui nous est dit, ou plutôt ce qui nous est suggéré par Marie NDiaye c&rsquo;est que le réel est indicible comme tel. Et que la vérité n&rsquo;est ni pure, ni très claire.</p>
<p>Et qu&rsquo;alors le roman a toute sa place dans la vie.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/mariendiaye5.vignette.jpg" alt="mariendiaye5.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/ndiayeafp.vignette.jpg" alt="ndiayeafp.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/mariendiaye4.jpg" alt="mariendiaye4.jpg" /></p>
<p>Est-ce pour cela que la narratrice de &laquo;&nbsp;Mon coeur à l&rsquo;étroit&nbsp;&raquo; nous dit, se dit: <strong><em>&laquo;&nbsp;&#8230;A moins qu&rsquo;il ne me soit échu maintenant d&rsquo;être l&rsquo;amie des ombres et de rien ni de personne d&rsquo;autre?&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p>N&rsquo;y a-t-il pas que des &laquo;&nbsp;ombres&nbsp;&raquo;, que du &laquo;&nbsp;flou&nbsp;&raquo; en nous et autour de nous?</p>
<p>La vérité et le réel &laquo;&nbsp;purs&nbsp;&raquo; ne seraient que des vanités&#8230;et des prétentions stupides. Comme nous en voyons tous les jours.</p>
<p>Méfions-nous de ce qui s&rsquo;affirme comme le réel, la vérité et qui devient la certitude, qui devient une conviction, une doctrine, un paradigme, une &laquo;&nbsp;évidence&nbsp;&raquo;, une &laquo;&nbsp;religion&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/yeuxfermesl1.jpg" alt="yeuxfermesl1.jpg" width="400" /></p>
<p>N&rsquo;est-ce pas seulement, comme les yeux fermés, que nous approchons parfois la vérité?</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Henri Cartier-Bresson, un regard sur la vie: &#171;&#160;la photographie absolue&#160;&#187;</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/11/19/henri-cartier-bresson-un-regard-sur-la-vie-la-photographie-absolue/</link>
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		<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 06:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[(photographie H Cartier-Bresson) Les photographies d&#8217; Henri Cartier-Bresson manifestent à leur façon la vérité de l&#8217;instant. Les quelques lignes qui suivent, plus ou moins &#171;&#160;empruntées&#160;&#187; au livre de Pierre Assouline, &#171;&#160;Cartier-Bresson, l&#8217;oeil du siècle&#160;&#187; (Folio Gallimard), sont une petite tentative pour évoquer ce qu&#8217;il y a dans la photographie, dans l&#8217;acte de photographier, et qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbressonitaly.jpg" class="imagelink" title="cartierbressonitaly.jpg" rel="lightbox[476]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson5.jpg" class="imagelink" title="cartierbresson5.jpg" rel="lightbox[476]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson4.jpg" alt="cartierbresson4.jpg" /></a></p>
<p><em><font size="1">(photographie H Cartier-Bresson)</font></em></p>
<p>Les photographies d&rsquo; Henri Cartier-Bresson manifestent à leur façon la vérité de l&rsquo;instant.</p>
<p>Les quelques lignes qui suivent, plus ou moins &laquo;&nbsp;empruntées&nbsp;&raquo; au livre de Pierre Assouline, &laquo;&nbsp;Cartier-Bresson, l&rsquo;oeil du siècle&nbsp;&raquo; (Folio Gallimard), sont une petite tentative pour évoquer ce qu&rsquo;il y a dans la photographie, dans l&rsquo;acte de photographier, et qui en fait un art à part entière.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson.jpg" alt="cartierbresson.jpg" /><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/photodanse.jpg" class="imagelink" title="photodanse.jpg" rel="lightbox[476]"></a></p>
<p><em><font size="1">(Henri Cartier Bresson)</font></em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Si on veut comprendre Henri Cartier-Bresson , il faut se défaire de la conception traditionnelle du temps et</em> <em>en intégrer une autre, parfois <strong><u>anachronique</u></strong>, où le calendrier des faits ne coïncide pas nécessairement avec celui des émotions.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p>C&rsquo;est ainsi que Pierre Assouline s&rsquo;exprime.</p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbressonitaly.jpg" class="imagelink" title="cartierbressonitaly.jpg" rel="lightbox[476]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/munkacsitanganyika.jpg" alt="munkacsitanganyika.jpg" /></a></p>
<p><em><font size="1">(photographie Martin Munkacsi)</font></em></p>
<p>Et Henri Cartier-Bresson lui, dit à sa façon:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai soudain compris que la photographie peut fixer <strong><u>l&rsquo;éternité dans l&rsquo;instant</u></strong>&#8230;Il y a dans cette image </em>(à propos d&rsquo;une photo de Martin Munkacsi -ci-dessus- publiée en 1931) <em>une telle intensité, une telle spontanéité, une telle joie de vivre, une telle merveille qu&rsquo;elle m&rsquo;éblouit encore aujourd&rsquo;hui. La perfection de la forme, le sens de la vie, un frémissement sans pareil&#8230;Je me suis dit Bon Dieu! on peut faire ça avec un appareil&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Ce qu&rsquo;il y a dans le temps de l&rsquo;émotion ce n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;il y a dans le temps décompté.</p>
<p>Le temps de l&rsquo;émotion est celui de la vie. Le temps de la vie est celui de l&rsquo;émotion.</p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson5.jpg" class="imagelink" title="cartierbresson5.jpg" rel="lightbox[476]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson5.jpg" alt="cartierbresson5.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em><font size="1">(photographie H Cartier-Bresson)</font></em></p>
<p>En ce sens que l&rsquo;émotion n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la vie qui s&rsquo;éprouve elle-même; en tant que cette vie n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que l&rsquo;épreuve d&rsquo;elle-même. </p>
<p>Et Pierre Assouline encore:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Vivre l&rsquo;instant présent, il n&rsquo;y a que cela de valable. La vie est immédiate et fulgurante. L&rsquo;actualité appartient déjà au passé. Tel est l&rsquo;enseignement de son Leica.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Henri Cartier-Bresson a ces mots dans son texte intitulé &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant décisif&nbsp;&raquo;:</p>
<p><em>&nbsp;&raquo; La photographie est, pour moi, l&rsquo;impulsion spontanée d&rsquo;une attention visuelle perpétuelle, qui saisit <strong><u>l&rsquo;instant et son</u></strong> <strong><u>éternité</u></strong>. Le dessin, lui, par sa graphologie élabore ce que notre conscience a saisi de cet instant. La photo est une action immédiate, le dessin une méditation.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson001260marilynweblg.jpg" class="imagelink" title="cartierbresson001260marilynweblg.jpg" rel="lightbox[476]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson001260marilynweblg.jpg" alt="cartierbresson001260marilynweblg.jpg" width="400" /></a></em></p>
<p><em><font size="1">(photographie H Cartier-Bresson)</font></em></p>
<p>La photographie n&rsquo;est pas un médium. Mieux, davantage: elle est cet instant lui-même, dans lequel et par lequel tout arrive.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Photographier devient ainsi <strong><u>une sorte d&rsquo;absolu</u></strong>. Le résultat est secondaire. Seul le geste importe, et la tension jusqu&rsquo;à l&rsquo;apothéose. James Joyce en donne l&rsquo;idée la plus juste à la dernière ligne&#8230;et dernière page de son &laquo;&nbsp;Ulysse&nbsp;&raquo;: &laquo;&nbsp;&#8230;et son coeur battait comme fou et oui j&rsquo;ai dit oui je veux bien Oui.&nbsp;&raquo; </em>(Pierre Assouline)</p>
<p><em></em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson1.jpg" alt="cartierbresson1.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson1.jpg" alt="cartierbresson1.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie H Cartier-Bresson)</font></em></p>
<p>Et à nouveau:</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il devine qu&rsquo;il a réussi un portrait lorsqu&rsquo;il a capté non une expression ou une attitude, mais un silence intérieur. Quelque chose comme le vide installé entre l&rsquo;instant et l&rsquo;éternité.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Pour que la photographie soit ce regard admirable, sans cesse étonnant, toujours étonné, foudroyé sans doute, ce regard sur la vie que nous propose Henri Cartier-Bresson il faut que tout se passe comme si la photographie était avant tout un regard de la vie. De la vie elle-même. Et, qu&rsquo;ainsi elle soit, immédiatement, et donc hors de la temporalité, en dehors de ce temps qui s&rsquo;écoule.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson2.jpg" alt="cartierbresson2.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie H Cartier-Bresson)</font></em></p>
<p>Et plus encore qu&rsquo;elle soit comme antérieure, c&rsquo;est-à-dire fondamentalement première par rapport à ce temps tel qu&rsquo;il nous apparaît le plus souvent.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbressson3.jpg" alt="cartierbressson3.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie H Cartier-Bresson)</font></em></p>
<p>Comme le sont sans doute, toutes les créations artistiques.</p>
<p>Et c&rsquo;est ainsi: <em>&laquo;&nbsp;Une photo exceptionnelle relève du miracle, ou plutôt de la poésie.&nbsp;&raquo;</em> </p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson9.jpg" alt="cartierbresson9.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie H Cartier-Bresson)</font></em></p>
<p>Et toujours: <em>&laquo;&nbsp;Tout&#8230;invite à une méditation sur la part d&rsquo;ineffable de cette étrange activité humaine qui a partie liée avec le temps et avec la mort&#8230;L&rsquo;instant décisif&#8230;apparaît comme une rencontre fulgurante entre la réalité et la ligne de mire issue des rêves de pureté que nous portons en nous depuis l&rsquo;enfance et que nous projetons sur elle.</em></p>
<p><em>Sans un certain état de grâce, Cartier-Bresson ne serait pas Cartier-Bresson.&nbsp;&raquo; </em>(Pierre Assouline)</p>
<p>La photographie non plus. Quand elle se veut comme un art&#8230;</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson7.jpg" alt="cartierbresson7.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cartierbresson7.jpg" alt="cartierbresson7.jpg" /></p>
<p><em><font size="1">(photographie H Cartier-Bresson)</font></em></p>
<p>PS: pour plus d&rsquo;informations et de réflexion aussi à propos d&rsquo;Henri Cartier-Bresson on peut aller directement, par l&rsquo;un des liens du blog, sur le site de la fondation Henri Cartier-Bresson.</p>
<p>On peut, à propos d&rsquo;un sujet connexe, se reporter à deux articles publiés dans ce blog:</p>
<p>* &laquo;&nbsp;<strong>Le temps invisible de la photographie</strong>&nbsp;&raquo; (publié le 10/09/2009)</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/photodanse.jpg" alt="photodanse.jpg" width="400" /></p>
<p>* &laquo;&nbsp;<strong>La danse et la photographie: esquisse d&rsquo;une approche phénoménologique</strong>&nbsp;&raquo; (publié le 29/07/2009)</p>
<p>Dans une perspective différente, pourtant si proche, on pourra aussi lire le texte intitulé &laquo;&nbsp;<strong>Une photographie</strong>&nbsp;&raquo; (publié le 10/09/2009)</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le miroir des écrivains (retour à Venise I: Hemingway, Svevo et quelques autres)</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/11/13/le-miroir-des-ecrivains-retour-a-venise-i-hemingway-svevo-et-quelques-autres/</link>
		<comments>http://michelarcens.unblog.fr/2009/11/13/le-miroir-des-ecrivains-retour-a-venise-i-hemingway-svevo-et-quelques-autres/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 06:00:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[(photographie M Arcens octobre 2009) &#171;&#160;Dans cette nouvelle en train de prendre forme, de dire avec des mensonges une des vérités que la vérité ne sait pas dire, là était le désir d&#8217;Ettore.&#160;&#187; Dans &#171;&#160;Quatre saisons à Venise&#160;&#187; le livre d&#8217;Alain Gerber (éditions Robert Laffont), paru en 1996, l&#8217;écrivain italien connu sous le nom d&#8217;Italo Svevo [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070730.jpg" class="imagelink" title="p1070730.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070730.jpg" class="imagelink" title="p1070730.jpg" rel="lightbox[411]"></a></p>
<p><em><font size="1"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070909.jpg" class="imagelink" title="p1070909.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080003.jpg" class="imagelink" title="p1080003.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070730.jpg" class="imagelink" title="p1070730.jpg" rel="lightbox[411]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070730.jpg" alt="p1070730.jpg" width="400" /></a></font></em></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Dans cette nouvelle en train de prendre forme, de dire avec des mensonges une des vérités que la vérité ne sait pas dire, là était le désir d&rsquo;Ettore.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Dans &laquo;&nbsp;Quatre saisons à Venise&nbsp;&raquo; le livre d&rsquo;Alain Gerber (éditions Robert Laffont), paru en 1996, l&rsquo;écrivain italien connu sous le nom d&rsquo;Italo Svevo apparaît sous son véritable prénom, celui d&rsquo;Ettore.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080181.jpg" class="imagelink" title="p1080181.jpg" rel="lightbox[411]"></a></p>
<p><em><font size="1"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070909.jpg" class="imagelink" title="p1070909.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080003.jpg" class="imagelink" title="p1080003.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070726.jpg" class="imagelink" title="p1070726.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070909.jpg" class="imagelink" title="p1070909.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080003.jpg" class="imagelink" title="p1080003.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080124.jpg" class="imagelink" title="p1080124.jpg" rel="lightbox[411]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080124.jpg" alt="p1080124.jpg" width="400" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080181.jpg" class="imagelink" title="p1080181.jpg" rel="lightbox[411]"></a></font></em></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)<a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070909.jpg" class="imagelink" title="p1070909.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080003.jpg" class="imagelink" title="p1080003.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070909.jpg" class="imagelink" title="p1070909.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080003.jpg" class="imagelink" title="p1080003.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070909.jpg" class="imagelink" title="p1070909.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080003.jpg" class="imagelink" title="p1080003.jpg" rel="lightbox[411]"></a></font></em></p>
<p><em><font size="1"></font></em></p>
<p>L&rsquo;auteur de &laquo;&nbsp;La conscience de Zeno&nbsp;&raquo; (Ettore Schmitz de son vrai nom) est ainsi l&rsquo;un des personnages des &laquo;&nbsp;Quatre saisons&nbsp;&raquo;; de&nbsp;&raquo; l&rsquo;été&nbsp;&raquo;, plus précisément, qui clôture ce roman. Il est un personnage de ce roman où les saisons s&rsquo;exposent dans cet ordre ou ce désordre, comme l&rsquo;on voudra: le printemps, l&rsquo;hiver, l&rsquo;automne et puis enfin, l&rsquo;été. Où, sans doute l&rsquo;ordre du monde ne sait pas dire la vérité.<a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070909.jpg" class="imagelink" title="p1070909.jpg" rel="lightbox[411]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080003.jpg" class="imagelink" title="p1080003.jpg" rel="lightbox[411]"></a></p>
<p>Où c&rsquo;est celui de la fiction, du roman précisément, qui peut tenter, peut-être de la faire surgir, de la faire apparaître, de la faire devenir comme un rêve.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080179.jpg" class="imagelink" title="p1080179.jpg" rel="lightbox[411]"></a></p>
<p><em><font size="1"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080181.jpg" class="imagelink" title="p1080181.jpg" rel="lightbox[411]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080181.jpg" alt="p1080181.jpg" width="400" /></a></font></em></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Voici donc un écrivain qui est devenu le personnage d&rsquo;un roman.</p>
<p>Ils sont nombreux dans &laquo;&nbsp;Quatre saisons à Venise&nbsp;&raquo;: outre D&rsquo;Annunzio et Hemingway qui sont au centre du &laquo;&nbsp;printemps&nbsp;&raquo;, puis de &laquo;&nbsp;l&rsquo;hiver&nbsp;&raquo;, comme Visconti est au coeur de &laquo;&nbsp;l&rsquo;automne&nbsp;&raquo; on y croise plus ou moins fugitivement des personnages qui se nomment Joyce, Tolstoï, Tourgueniev, Faulkner, Pound, Mann (Thomas), James (Henry), Shakespeare, Dante, Cervantes, Fitzgerald, Lewis&#8230; et qui sont tous les écrivains que l&rsquo;on connaît. Ou, en tout cas et à tout le moins, quelque chose comme leurs reflets de fiction.</p>
<p>Mais sans doute davantage.</p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070909.jpg" class="imagelink" title="p1070909.jpg" rel="lightbox[411]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070909.jpg" alt="p1070909.jpg" width="400" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070909.jpg" class="imagelink" title="p1070909.jpg" rel="lightbox[411]"></a></p>
<p><em><font size="1">(La maison du Titien photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Plus avant on aura croisé un certain Leopardi. Mais sauf erreur de lecture celui-ci n&rsquo;aurait rien à voir avec le génial poète et philosophe&#8230;Il en a  pourtant le nom&#8230;</p>
<p>Parfois, donc les écrivains deviennent ainsi &laquo;&nbsp;objets littéraires&nbsp;&raquo;. Je préférerais: &laquo;&nbsp;sujets de romans&nbsp;&raquo;. Ce qui pourrait signifier à la fois qu&rsquo;ils en sont les personnages, inventés par un autre de leurs &laquo;&nbsp;confrères&nbsp;&raquo;, mais aussi qu&rsquo;il s&rsquo;agirait là d&rsquo;une autre manière, par un autre moyen, pour eux, de créer de la fiction. Une manière &laquo;&nbsp;ironique&nbsp;&raquo; sans doute.</p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080137.jpg" class="imagelink" title="p1080137.jpg" rel="lightbox[411]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080137.jpg" alt="p1080137.jpg" width="400" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080003.jpg" class="imagelink" title="p1080003.jpg" rel="lightbox[411]"></a></p>
<p><em><font size="1">(photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>Tout ceci tendrait à montrer que fiction et réalité ne sont qu&rsquo;un. Et que d&rsquo;un côté ou de l&rsquo;autre du miroir il n&rsquo;y a pas deux mondes. Qu&rsquo;un seul monde est possible.</p>
<p>A quelqu&rsquo;un qui lui dit:<em> </em></p>
<p><em>- &laquo;&nbsp;Eh! Je ne me battrais pas avec vos personnages non plus&#8230;même si vous me prouviez qu&rsquo;ils n&rsquo;existent pas!&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Ernesto (entendons, lisons, par là Ernest Hemingway lui-même, en tout cas l&rsquo;écrivain devenu personnage du roman d&rsquo;Alain Gerber), Ernesto réplique de façon &laquo;&nbsp;catégorique&nbsp;&raquo;:</p>
<p>- <em>&laquo;&nbsp;Rassurez-vous, ils existent.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Ils existent parce que ce qui est dans le roman est réel. Ou, plus exactement, ce qui advient dans l&rsquo;ordre de la fiction c&rsquo;est tout ce qui fait que le réel est réel.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080107.jpg" class="imagelink" title="p1080107.jpg" rel="lightbox[411]"></a></p>
<p><em><font size="1"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080107.jpg" class="imagelink" title="p1080107.jpg" rel="lightbox[411]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080107.jpg" alt="p1080107.jpg" width="400" /></a></font></em></p>
<p><em><font size="1">( A San Trovaso photographie M Arcens)</font></em></p>
<p>L&rsquo;écrivain est comme tout artiste; comme tout artiste et comme tout artisan. (Peut-être seulement dans une dimension différente&#8230;ce qui reste à voir.)</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Ernesto redressa ses lunettes et, d&rsquo;une voix solennelle, parla du livre qu&rsquo;il était en train d&rsquo;écrire, où tout serait si vrai &nbsp;&raquo; qu&rsquo;on pourrait prendre <strong>chaque mot entre ses mains comme si c&rsquo;était la chose elle-même</strong>.&nbsp;&raquo; </em>écrit Alain Gerber.</p>
<p>C&rsquo;est pour cela sans doute que &laquo;&nbsp;Quatre saisons à Venise&nbsp;&raquo; se clôt (à quelques mots près) sur cette parole:</p>
<p><em>&nbsp;&raquo; La seule fraîcheur qu&rsquo;elle pouvait offrir à Ettore, c&rsquo;était d&rsquo;aimer encore une fois &#8211; mais du seul amour que réclamait chaque fibre de sa chair: le tendre amour toujours déçu des écrivains pour l&rsquo;écriture.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080137.jpg" class="imagelink" title="p1080137.jpg" rel="lightbox[411]"></a></em></p>
<p><em><font size="1"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080003.jpg" class="imagelink" title="p1080003.jpg" rel="lightbox[411]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080003.jpg" alt="p1080003.jpg" width="400" /></a></font></em></p>
<p><em><font size="1">(</font></em><em><font size="1">photographie M Arcens)</font></em></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Cette invisible musique&#8230;</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/11/10/cette-invisible-musique/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 06:00:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[(Cecilia Arditto, photographie de Marilyn Mouradian) Née à Buenos-Aires (Argentine) en 1966, la musicienne Cecilia Arditto a composé une &#171;&#160;Musique invisible&#160;&#187;. Cecilia Arditto a composé aussi &#171;&#160;El libro de los gestos&#160;&#187;. Parmi d&#8217;autres oeuvres que l&#8217;on peut trouver sur différents sites et notamment sur celui de Cecilia: www.ceciliaarditto.com   (Dans la rubrique &#171;&#160;liens&#160;&#187; on trouve [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/ardito1.jpg" class="imagelink" title="ardito1.jpg" rel="lightbox[388]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/ardito1.jpg" alt="ardito1.jpg" width="400" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/ardito1.jpg" class="imagelink" title="ardito1.jpg" rel="lightbox[388]"></a></p>
<p><em><font size="1">(Cecilia Arditto, photographie de Marilyn Mouradian)</font></em></p>
<p><strong>Née à Buenos-Aires (Argentine) en 1966, la musicienne Cecilia Arditto a composé une <em>&laquo;&nbsp;Musique</em> <em>invisible&nbsp;&raquo;.</em></strong></p>
<p><strong>Cecilia Arditto a composé aussi <em>&laquo;&nbsp;El libro de los gestos&nbsp;&raquo;</em>. Parmi d&rsquo;autres oeuvres que l&rsquo;on peut trouver sur différents sites et notamment sur celui de Cecilia: </strong><a href="http://www.ceciliaarditto.com/"><strong>www.ceciliaarditto.com</strong></a><strong> </strong><em><font size="2"> </font></em></p>
<p><em><font size="1">(Dans la rubrique &laquo;&nbsp;liens&nbsp;&raquo; on trouve maintenant cette adresse ainsi que celle de l&rsquo;excellent et très beau blog de Cecilia &laquo;&nbsp;la cocina de Ce&nbsp;&raquo;)</font></em></p>
<p><strong>Que la musique puisse être vue, qu&rsquo;il y ait des gestes de la musique, qu&rsquo;ils se reflètent ou non dans un miroir (comme on peut le croire sur quelques vidéos) cela est aussi certain que la musique s&rsquo;écrit parfois avant d&rsquo;être &laquo;&nbsp;jouée&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p><strong><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/ardito1.jpg" class="imagelink" title="ardito1.jpg" rel="lightbox[388]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/ardito1.jpg" class="imagelink" title="ardito1.jpg" rel="lightbox[388]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/ardito1.jpg" class="imagelink" title="ardito1.jpg" rel="lightbox[388]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/arditto2.vignette.jpg" alt="arditto2.jpg" /><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/arditto2.vignette.jpg" alt="arditto2.jpg" /></a></strong></p>
<p><em><font size="1"> </font></em><em><font size="1">(photographie Marilyn Mouradian)</font></em></p>
<p><strong>Mais que la musique soit invisible cela doit être réfléchi.</strong></p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;La musique pourrait exister si le monde n&rsquo;existait pas&nbsp;&raquo; </em>dit Arthur Schopenhauer (&laquo;&nbsp;Le monde comme Volonté et comme Représentation&nbsp;&raquo; livre III, §52).</strong></p>
<p><strong>Pensons à cette extraordinaire aventure d&rsquo;August von Briesen. Sans voir, dans le noir, il dessinait les musiques qu&rsquo;il entendait: Beethoven, Lizst, Bartok&#8230;Ses dessins ne représentaient pas la musique. Ils étaient comme une interprétation de celle-ci, pas davantage que celle de tel ou tel orchestre. Ses dessins étaient de la musique. Il ne la rendait pas visible.</strong></p>
<p><strong><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/arditto3.jpg" class="imagelink" title="arditto3.jpg" rel="lightbox[388]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/arditto4.jpg" class="imagelink" title="arditto4.jpg" rel="lightbox[388]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/arditto4.jpg" alt="arditto4.jpg" width="400" /></a></strong></p>
<p><em><font size="1">(Cecilia Arditto photographie Marilyn Mouradian)</font></em></p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;La musique représente l&rsquo;irreprésentable, la face cachée des choses&#8230;elle est la reproduction d&rsquo;une réalité antérieure, métaphysique, qui constitue le fond de l&rsquo;être et l&rsquo;essence intime de toute chose&#8230;&nbsp;&raquo;</em>écrit Michel Henry dans son étude sur Briesen (in &laquo;&nbsp;Phénoménologie de la vie&nbsp;&raquo; III PUF).</strong></p>
<p><strong><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/cytwombly1untitled1970.jpg" class="imagelink" title="cytwombly1untitled1970.jpg" rel="lightbox[388]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cytwombly1untitled1970.jpg" class="imagelink" title="cytwombly1untitled1970.jpg" rel="lightbox[388]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cytwombly1untitled1970.jpg" alt="cytwombly1untitled1970.jpg" width="400" /></a></strong></p>
<p><strong>Certaines oeuvres de Cy Towmbly, elles aussi ne montrent rien mais elles nous embrassent: elles nous entraînent jusqu&rsquo;au mouvement originaire qui nous rend à nous-mêmes et que l&rsquo;on appelle peut-être &laquo;&nbsp;le naturel&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;la spontanéité&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;l&rsquo;enfance&nbsp;&raquo;&#8230;</strong></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/arditto4.jpg" class="imagelink" title="arditto4.jpg" rel="lightbox[388]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/arditto3.jpg" class="imagelink" title="arditto3.jpg" rel="lightbox[388]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/arditto3.jpg" alt="arditto3.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em><font size="1">(Cecilia Arditto photographie Marilyn Mouradian)</font></em></p>
<p><strong>La &laquo;&nbsp;Musique invisible&nbsp;&raquo; de Cecilia Arditto exprime par l&rsquo;entremise des sons la même chose que les dessins de Briesen ou les tableaux, les sculptures, les photographies de Cy Towmbly: quelque chose qui est avant les sons, avant le dessin ou la peinture. </strong></p>
<p><strong>C&rsquo;est ce que Schopenhauer appelait &laquo;&nbsp;la Volonté&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p><strong> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/cytwomblyuntitledviibacchus.jpg" class="imagelink" title="cytwomblyuntitledviibacchus.jpg" rel="lightbox[388]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cytwomblyuntitledviibacchus.jpg" class="imagelink" title="cytwomblyuntitledviibacchus.jpg" rel="lightbox[388]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/cytwomblyuntitledviibacchus.jpg" alt="cytwomblyuntitledviibacchus.jpg" width="400" /></a></strong></p>
<p><strong>Nietzsche après lui, disait en outre: &laquo;&nbsp;la vie&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;la danse&nbsp;&raquo; ou même &laquo;&nbsp;le rire&nbsp;&raquo;!</strong></p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Nul n&rsquo;a jamais vu la vie et ne la verra jamais&nbsp;&raquo;</em>, écrit Michel Henry (op cit).</strong></p>
<p><strong></strong></p>
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		<item>
		<title>&#171;&#160;Les sorciers, nos amis&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 06:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[ (Wayne Shorter) En guise de &#171;&#160;compte-rendu&#160;&#187; du concert donné le 29 octobre dernier à la salle Pleyel (et annoncé dans &#171;&#160;Actuelles&#160;&#187;) par le saxophoniste Wayne Shorter qui fut l&#8217;un des musiciens les plus attentifs de ceux qui partagèrent la route de Miles Davis, voici quelques lignes qui sont une tentative d&#8217;évocation, de résonance. Pour un moment musical qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/wayneshorterjosknaepenag250.jpg" alt="wayneshorterjosknaepenag250.jpg" /></p>
<p> <em><font size="1">(Wayne Shorter)</font></em></p>
<p>En guise de &laquo;&nbsp;compte-rendu&nbsp;&raquo; du concert donné le 29 octobre dernier à la salle Pleyel (et annoncé dans &laquo;&nbsp;Actuelles&nbsp;&raquo;) par le saxophoniste Wayne Shorter qui fut l&rsquo;un des musiciens les plus attentifs de ceux qui partagèrent la route de Miles Davis, voici quelques lignes qui sont une tentative d&rsquo;évocation, de résonance. Pour un moment musical qui m&rsquo;a paru d&rsquo;une rare beauté.</p>
<p>Wayne Shorter était entouré de Danilo Pérez (piano), John Patitucci (contrebasse) et Brian Blade (batterie). Ils étaient quatre, vraiment quatre. Et ils ne faisaient qu&rsquo;un.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080030.jpg" class="imagelink" title="p1080030.jpg" rel="lightbox[366]"></a></p>
<p><strong><em><font size="4">&laquo;&nbsp;Les sorciers, nos amis&nbsp;&raquo;</font></em></strong></p>
<p><strong><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080031.jpg" class="imagelink" title="p1080031.jpg" rel="lightbox[366]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080031.jpg" alt="p1080031.jpg" width="400" /></a></em></strong></p>
<p><em><font size="1">(Photo M Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><strong><em>Il y avait du bleu, du noir et quelques éclairs de cuivre et d&rsquo;or</em></strong></p>
<p><strong><em>Il y avait des tensions et des élans du coeur et des corps</em></strong></p>
<p><strong><em>Des silences partout, des hésitations apeurées</em></strong></p>
<p><strong><em>Des frissons inassouvis, des éclats sourds</em></strong></p>
<p><strong><em>Des nuages sombres, des lenteurs assoupies</em></strong></p>
<p><strong><em>Des courses jusqu&rsquo;au bout extrême du souffle.</em></strong></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>Il y avait là des ombres venues d&rsquo;ailleurs</em></strong></p>
<p><strong><em>Il n&rsquo;y avait plus rien comme avant</em></strong></p>
<p><strong><em>Tout était changé: personne n&rsquo;était plus personne</em></strong></p>
<p><strong><em> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070991.jpg" class="imagelink" title="p1070991.jpg" rel="lightbox[366]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1070991.jpg" alt="p1070991.jpg" width="400" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070991.jpg" class="imagelink" title="p1070991.jpg" rel="lightbox[366]"></a></em></strong></p>
<p><em><font size="1">(Photo M Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><strong><em>Les masques étaient rouges ou blancs</em></strong></p>
<p><strong><em>Ou noirs aussi</em></strong></p>
<p><strong><em>C&rsquo;est encore aujourd&rsquo;hui, selon son regard.</em></strong></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>Tous étaient ici, ce soir-là</em></strong></p>
<p><strong><em>Miles, John, Charles et Charlie</em></strong></p>
<p><strong><em>Et Bill, Jimmy, Elvin, Max, Scott, Bud</em></strong></p>
<p><strong><em>Et tous les autres, Chet, Sphere, Stan, Lee</em></strong></p>
<p><strong><em>On ne sait jamais combien ils sont&#8230;</em></strong></p>
<p><strong><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080028.jpg" class="imagelink" title="p1080028.jpg" rel="lightbox[366]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080028.jpg" class="imagelink" title="p1080028.jpg" rel="lightbox[366]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080028.jpg" alt="p1080028.jpg" width="400" /></a></em></strong></p>
<p><em><font size="1">(Photo M Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><strong><em>Ils sont aussi incertains que leur nombre change </em></strong></p>
<p><strong><em>Quand la lumière monte dans le ciel</em></strong></p>
<p><strong><em>Ou bien quand elle décline</em></strong></p>
<p><strong><em>Et même, quand c&rsquo;est l&rsquo;heure annoncée</em></strong></p>
<p><strong><em>L&rsquo;heure apeurée de l&rsquo;oiseau de Minerve.</em></strong></p>
<p><strong><em>Ce soir tous habitent ici leur musique:</em></strong></p>
<p><strong><em>Ceux qui sont revenus de loin</em></strong></p>
<p><strong><em>Comme ceux qui encore au matin, parcouraient</em></strong></p>
<p><strong><em>Sans se lasser jamais</em></strong></p>
<p><strong><em>Les chemins silencieux</em></strong></p>
<p><strong><em>Le temps étiré, l&rsquo;espace de l&rsquo;instant foudroyé.</em></strong></p>
<p><strong><em> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080029.jpg" class="imagelink" title="p1080029.jpg" rel="lightbox[366]"></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080029.jpg" class="imagelink" title="p1080029.jpg" rel="lightbox[366]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/11/p1080029.jpg" alt="p1080029.jpg" width="400" /></a></em></strong></p>
<p><em><font size="1">(Photo M Arcens ocotobre 2009)</font></em></p>
<p><strong><em>Tous ceux-là qui sont entre la Terre et le Ciel</em></strong></p>
<p><strong><em>Dieux et hommes à la fois</em></strong></p>
<p><strong><em>Sorciers de mille nuits</em></strong></p>
<p><strong><em>Sorciers de cent mille nuits</em></strong></p>
<p><strong><em>Porteurs d&rsquo;espérances</em></strong></p>
<p><strong><em>Porteurs de désolations aussi bien</em></strong></p>
<p><strong><em>Victimes de l&rsquo;amour</em></strong></p>
<p><strong><em>Enchanteurs réjouissants</em></strong></p>
<p><strong><em>Nés d&rsquo;un désir joyeux</em></strong></p>
<p><strong><em>Nés de l&rsquo;affection des mots, des couleurs</em></strong></p>
<p><strong><em>Des âmes, des coeurs, des pleurs et de l&rsquo;enfance</em></strong></p>
<p><strong><em>Tous ceux-là désormais</em></strong></p>
<p><strong><em>Sont parmi nous&#8230;</em></strong></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>Ce fut un soir </em></strong></p>
<p><strong><em>Dont on se souvient encore</em></strong></p>
<p><strong><em>Encore aujourd&rsquo;hui</em></strong></p>
<p><strong><em>C&rsquo;était il y a cent ans au moins.</em></strong></p>
<p><strong><em>Ils s&rsquo;appelaient si l&rsquo;on veut</em></strong></p>
<p><strong><em>Wayne, Danilo, John et Brian.</em></strong></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/wayneshorter.jpg" alt="wayneshorter.jpg" /></em></strong></p>
<p><strong><em>Ils avaient ensemble</em></strong></p>
<p><strong><em>Et chacun, à hauteur d&rsquo;homme</em></strong></p>
<p><strong><em>A hauteur de son espoir, de sa volonté</em></strong></p>
<p><strong><em>A mesure de sa vie</em></strong></p>
<p><strong><em>Poursuivi l</em></strong><strong><em>e chemin acéré des sorciers </em></strong></p>
<p><strong><em>Nos amis de ce monde familier.</em></strong></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><em><font size="2">Michel Arcens   (octobre 2009)</font></em></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les mystères de la danse: Ariane, le corps et la terre</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/11/03/les-mysteres-de-la-danse-ariane-le-corps-et-la-terre/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 06:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>

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		<description><![CDATA[En ces temps que l&#8217;on peut faire remonter à quelques quinze siècles (?) plus tôt que la naissance de &#171;&#160;notre époque&#160;&#187;, Dionysos aperçu à peine Ariane. Il l&#8217;épousa aussitôt. C&#8217;était à Naxos. Thésée avait abandonné Ariane. Ariane donna six enfants à Dionysos: c&#8217;était autant de clans ou de tribus nouvelles. Parties de Crète d&#8217;où le vin, dont leur père était [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="book antiqua,palatino" size="4"></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/preljocaj2jccarbonnefw.jpg" class="imagelink" title="preljocaj2jccarbonnefw.jpg" rel="lightbox[349]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/preljocaj2jccarbonnefw.jpg" alt="preljocaj2jccarbonnefw.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="4">En ces temps que l&rsquo;on peut faire remonter à quelques quinze siècles (?) plus tôt que la naissance de &laquo;&nbsp;notre époque&nbsp;&raquo;, Dionysos aperçu à peine Ariane. Il l&rsquo;épousa aussitôt.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="4">C&rsquo;était à Naxos. Thésée avait abandonné Ariane.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="4">Ariane donna six enfants à Dionysos: c&rsquo;était autant de clans ou de tribus nouvelles. Parties de Crète d&rsquo;où le vin, dont leur père était le dieu, tire son nom qui, en ces temps-là, se disait &laquo;&nbsp;oinos&nbsp;&raquo;.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"><font size="4"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/610x.jpg" class="imagelink" title="610x.jpg" rel="lightbox[349]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/610x.jpg" alt="610x.jpg" width="400" /></a></font></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"><font size="4">Un peu plus tard, Dionysos plaça la couronne nuptiale d&rsquo;Ariane parmi les étoiles. C&rsquo;est &laquo;&nbsp;La couronne Boréale&nbsp;&raquo; que l&rsquo;on appelle aussi</font> <font size="4">&laquo;&nbsp;couronne crétoise&nbsp;&raquo;.</font></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="4">Ariane qui signifie &laquo;&nbsp;<em>la très pure&nbsp;&raquo; </em>est la femme, l&rsquo;amie, l&rsquo;amante, l&rsquo;épouse et la mère. Au même instant. <em>&laquo;&nbsp;Ariane &#8230; est la danseuse par excellence&nbsp;&raquo;</em>, trouve-t-on dans <em>&laquo;&nbsp;La danse de Nietzsche&nbsp;&raquo;</em>, le livre de Béatrice Commengé (éditions Gallimard L&rsquo;infini).</font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/pinabausch2.jpg" class="imagelink" title="pinabausch2.jpg" rel="lightbox[349]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/pinabausch2.jpg" alt="pinabausch2.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="4">Ariane dansa dans le labyrinthe de Cnossos: le labyrinthe était constitué d&rsquo;un dallage qui indiquait la place des danseurs. Au cours de cette danse rituelle, malheur à celui ou celle qui ne suivait pas le bon chemin. Ariane, <em>&laquo;&nbsp;très pure&nbsp;&raquo; </em>était <em>&laquo;&nbsp;parfaite&nbsp;&raquo; </em>dans cet exercice. </font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="4">Elle est la danse elle-même. Comme Dionysos fit de celle-ci, comme du vin, son plaisir, son art. A la danse et au vin pendant plusieurs siècles on rendit toutes sortes de cultes qu&rsquo;on n&rsquo;imagine pas aujourd&rsquo;hui. Et dont la description ferait sans doute prendre leur auteur pour &laquo;&nbsp;demeuré&nbsp;&raquo;. </font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/bejarttourcichkolnik.jpg" class="imagelink" title="bejarttourcichkolnik.jpg" rel="lightbox[349]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/bejarttourcichkolnik.jpg" alt="bejarttourcichkolnik.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4">Le vrai mystère: ce qui empêche Ariane de tomber sur les dalles du labyrinthe quand elle danse. </font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4">Elle doit, pour suivre le bon chemin, pour suivre &laquo;&nbsp;le fil&nbsp;&raquo; de la musique et celui de son propre destin et de sa vie, s&rsquo;élever jusqu&rsquo;à la voûte des étoiles. </font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4">Comment ce miracle est-il donc possible?</font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4">Est-ce grâce à la force de ses muscles et de son corps? Est-ce grâce à sa souplesse, à son bon appui? Est-ce grâce à <em>&laquo;&nbsp;son désir d&rsquo;envol&nbsp;&raquo;</em>?</font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/pinabausch.jpg" class="imagelink" title="pinabausch.jpg" rel="lightbox[349]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/pinabausch.jpg" alt="pinabausch.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4">Dans les mots de Zarathoustra et de Dionysos dont il est l&rsquo;une des figures possibles, se trouve la réponse. C&rsquo;est dans la joie, dans son sentiment de joie, d&rsquo;épouse: d&rsquo;amante, d&rsquo;amie, de soeur et de mère donc qu&rsquo;Ariane devient &laquo;&nbsp;danseuse&nbsp;&raquo;. Son &laquo;&nbsp;mystère&nbsp;&raquo; c&rsquo;est qu&rsquo;elle se &laquo;&nbsp;sent vivante&nbsp;&raquo;.</font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4">La conquête d&rsquo;un équilibre toujours menacé et toujours reconquis comme dans le labyrinthe, tel est le propre de la danse, le propre de la vie.</font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/balletpreljocaj01.jpg" class="imagelink" title="balletpreljocaj01.jpg" rel="lightbox[349]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/balletpreljocaj01.jpg" alt="balletpreljocaj01.jpg" width="400" /></a><br />
</font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4">Zarathoustra a dit avec Nietzsche: <em>&laquo;&nbsp;A qui les hommes doivent-ils le spasme de la joie de leur délivrance? A leur corps et à cette terre.&nbsp;&raquo;</em></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4">C&rsquo;est l&rsquo;invisible qui est en nous qu&rsquo;Ariane et la danse nous révèlent. Qu&rsquo;ils nous font apercevoir, parfois. Toujours.</font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"></font></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Sur les bords de la Garonne, l&#8217;innocence à venir: un séjour avec Hölderlin</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/10/27/sur-les-bords-de-la-garonne-linnocence-a-venir-un-sejour-avec-holderlin/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Oct 2009 06:00:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[   Au tout début du XIX° siècle le poète allemand Hölderlin (1770-1843) est précepteur à Bordeaux. Il sait et connaît l&#8217;amour interdit sur le bords de la Garonne. Plus tard, il sombrera dans la folie. Dans la ville de Montaigne, Hölderlin cherche le bonheur, lui le poète &#171;&#160;en détresse&#160;&#187;. Le temps ne fera plus rien à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="andale mono,times" size="4"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/holderlinportrait.jpg" alt="holderlinportrait.jpg" />   </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Au tout début du XIX° siècle le poète allemand Hölderlin (1770-1843) est précepteur à Bordeaux. Il sait et connaît l&rsquo;amour interdit sur le bords de la Garonne. Plus tard, il sombrera dans la folie. </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Dans la ville de Montaigne, Hölderlin cherche le bonheur, lui le poète &laquo;&nbsp;en détresse&nbsp;&raquo;.</font></p>
<p><font face="Times" size="4">Le temps ne fera plus rien à l&rsquo;affaire. </font></p>
<p><font face="Times" size="4">Il dira ces mots qui effacent tout &laquo;&nbsp;esprit de géométrie&nbsp;&raquo; dans tout esprit, dans toute rencontre, dans tout amour, dans tout bonheur, dans toute vie:</font></p>
<p><em><font face="Times" size="4">&laquo;&nbsp;Oublions que le temps existe et ne comptons pas les jours de la vie.</font></em></p>
<p><em><font face="Times" size="4">Que sont les siècles en face de l&rsquo;instant où deux êtres se devinent et s&rsquo;abordent ainsi?&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><em><font face="Times" size="4">(Hypérion)</font></em></p>
<p><font face="Times" size="4">Car tout se passe dans l&rsquo;instant: tout est instant.</font></p>
<p><font face="Times" size="4">Connaissant le visage de l&rsquo;aimée, Hölderlin dit soudain, reconnaissant la joie qui l&rsquo;habite alors:</font></p>
<p><em><font face="Times" size="4">&laquo;&nbsp;Songez qu&rsquo;il y a des hommes qui se prétendent joyeux: mais vous n&rsquo;avez rien deviné encore de la joie. Songez que l&rsquo;on peut redevenir pareil aux enfants&#8230;&nbsp;&raquo; (Hypérion)</font></em></p>
<p><font face="Times" size="4">Plus tard, au printemps de 1886 à Nice, Nietzsche écrira à son tour:</font></p>
<p><em><font face="Times" size="4">&laquo;&nbsp;Maturité de l&rsquo;homme: retrouver le sérieux qu&rsquo;il mettait au jeu, étant enfant&nbsp;&raquo; (Par-delà le bien et le mal)</font></em></p>
<p><font face="Times" size="4">C&rsquo;est ainsi que s&rsquo;écrivent les synonymes. Le jeu, la joie, l&rsquo;instant, le bonheur sont des synonymes. L&rsquo;innocence aussi. Et c&rsquo;est au soir que celle-ci advient. </font></p>
<p><font face="Times" size="4"><em>&laquo;&nbsp;Plus le temps passe et plus nous devenons jeunes&nbsp;&raquo;</em> a déjà écrit Nietzsche dans &laquo;&nbsp;Le Gai Savoir&nbsp;&raquo;.</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/holderlin.jpg" class="imagelink" title="holderlin.jpg" rel="lightbox[324]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/holderlin.jpg" alt="holderlin.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><em><font face="Times" size="1">(Les bords de la Garonne)</font></em></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Se souvenant, Hölderlin écrira ceci:</font></p>
<p><em><font face="Times">&laquo;&nbsp;&#8230;Pars donc et porte mon salut</font></em></p>
<p><em><font face="Times">A la belle Garonne</font></em></p>
<p><em><font face="Times">Et aux jardins de Bordeaux, là-bas</font></em></p>
<p><em><font face="Times">Où le sentier sur la rive abrupte</font></em></p>
<p><em><font face="Times">S&rsquo;allonge, où le ruisseau profondément </font></em></p>
<p><em><font face="Times">Choit dans le fleuve, mais au-dessus</font></em></p>
<p><em><font face="Times">Regarde au loin un noble couple</font></em></p>
<p><em><font face="Times">De chênes et de trembles d&rsquo;argent&#8230;</font></em></p>
<p><em><font face="Times"></font></em></p>
<p><em><font face="Times"></font></em></p>
<p><em><font face="Times"></font></em></p>
<p><em><font face="Times"></font></em></p>
<p><em><font face="Times"> </font></em><em><font face="Times">&#8230;Des montagnes de raisin d&rsquo;où la Dordogne </font></em></p>
<p><em><font face="Times">Descend, où débouchent le fleuve et la royale</font></em></p>
<p><em><font face="Times">Garonne, larges comme la mer, leurs eaux unies.</font></em></p>
<p><em><font face="Times">La mer enlève et rend la mémoire, l&rsquo;amour</font></em></p>
<p><em><font face="Times">De ses yeux jamais las fixe et contemple,</font></em></p>
<p><em><font face="Times"><strong>Mais les poètes seuls fondent ce qui demeure.</strong>&laquo;&nbsp;</font></em></p>
<p><em><font face="Times">(Souvenir. Hymnes)</font></em></p>
<p><font face="Times" size="4"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/heidegger300x210.jpg" alt="heidegger300x210.jpg" /></font></p>
<p><font face="Times" size="4">Près d&rsquo;un siècle plus tard, le 2 avril 1936, à Rome, le philosophe Martin Heidegger prononçait un discours qu&rsquo;il intitulait &laquo;&nbsp;Hölderlin et l&rsquo;essence de la poésie&nbsp;&raquo;.</font></p>
<p><font face="Times" size="4">Commentant la parole de &laquo;&nbsp;Souvenir&nbsp;&raquo;, alors que sur le monde tous les dangers et tous les orages s&rsquo;amoncellent, Heidegger dit:<em> </em></font></p>
<p><font face="Times" size="4"><em>&laquo;&nbsp;La poésie est fondation par la parole et dans la parole&#8230;Jamais la poésie ne reçoit le langage comme une matière à oeuvrer&#8230;mais c&rsquo;est au contraire la poésie qui commence par rendre possible le langage&#8230;il faut donc que l&rsquo;essence du langage soit comprise à partir de l&rsquo;essence de la poésie&#8230;&nbsp;&raquo;</em></font></p>
<p><font face="Times" size="4">Et un peu plus loin ceci encore, rappelé par Heidegger:</font></p>
<p><font face="Times" size="4"><em>&laquo;&nbsp;La poésie est l&rsquo;oeuvre la plus dangereuse &#8211; et en même temps &laquo;&nbsp;<strong>la plus innocente de toutes les occupations</strong>&nbsp;&raquo; </em>selon l&rsquo;expression de Hölderlin dans une lettre à sa mère.</font></p>
<p><em><font face="Times" size="4"></font></em></p>
<p><em><font face="Times" size="4"></font></em></p>
<p><font face="Times" size="4"></font></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Un voyage avec Gauguin: &#171;&#160;une musique de sauvage&#160;&#187; (chapitre II)</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/10/23/un-voyage-avec-gauguin-une-musique-de-sauvage-chapitre-ii/</link>
		<comments>http://michelarcens.unblog.fr/2009/10/23/un-voyage-avec-gauguin-une-musique-de-sauvage-chapitre-ii/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2009 06:06:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans &#171;&#160;Noa noa&#160;&#187;, Paul Gauguin écrit à son propos: &#171;&#160;&#8230;il restera toujours le souvenir d&#8217;un artiste qui a libéré la peinture&#8230;dans mes oeuvres il n&#8217;y a rien qui surprenne, déroute, si ce n&#8217;est ce &#171;&#160;malgré moi de sauvage&#160;&#187;, c&#8217;est pourquoi c&#8217;est inimitable.&#160;&#187;   Les tableaux de Paul Gauguin sont donc devenus, au coeur de l&#8217;océan [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin223.png" class="imagelink" title="gauguin223.png" rel="lightbox[319]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin223.png" alt="gauguin223.png" width="400" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Dans &laquo;&nbsp;Noa noa&nbsp;&raquo;, Paul Gauguin écrit à son propos:</font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="4">&laquo;&nbsp;&#8230;il restera toujours le souvenir d&rsquo;un artiste qui a libéré la peinture&#8230;dans mes oeuvres il n&rsquo;y a rien qui surprenne, déroute, si ce n&rsquo;est ce &laquo;&nbsp;malgré moi de sauvage&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est pourquoi c&rsquo;est inimitable.&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin223.png" class="imagelink" title="gauguin223.png" rel="lightbox[319]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguinselfportrait.vignette.jpg" alt="gauguinselfportrait.jpg" /></a>  <font face="andale mono,times" size="4">Les tableaux de Paul Gauguin sont donc devenus, au coeur de l&rsquo;océan Pacifique, des </font><em><font face="andale mono,times" size="4">&laquo;&nbsp;musiques composées</font> <font face="andale mono,times" size="4">par un sauvage&nbsp;&raquo;.</font></em><font face="andale mono,times" size="4"> </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Depuis Tahiti, en 1899, il écrit une lettre à André Fontaines où il dit:</font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="4">&nbsp;&raquo; Violence, monotonie de tons, couleurs arbitraires&#8230;ces répétitions&#8230;<strong>au sens musical de la couleur, </strong>n&rsquo;auraient-elles pas une analogie avec ces mélopées orientales&#8230;Pensez aussi à la <strong>part musicale </strong>que prendra désormais la couleur dans la peinture moderne. La couleur qui est la vibration de même que la musique&#8230;&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin223.png" class="imagelink" title="gauguin223.png" rel="lightbox[319]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/tahiti5.jpg" alt="tahiti5.jpg" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/tahiti31.jpg" class="imagelink" title="tahiti31.jpg" rel="lightbox[319]"></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Treize années auparavant, en 1886, on pouvait lire ces mots, prévoyants de l&rsquo;avenir:</font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="4">&nbsp;&raquo; <strong>La musique</strong> offre aux passions le moyen de <strong>jouir</strong> d&rsquo;elles-mêmes&#8230;Nul ne devinera d&rsquo;après <strong>ma peinture </strong>la splendeur de votre aurore, étincelles soudaines, merveilles de ma solitude&#8230;&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Dans &laquo;&nbsp;Par delà le Bien et le Mal&nbsp;&raquo; comme dans toute son oeuvre, Friedrich Nietzsche est musicien, musicien et peintre, ce qui est la même chose. Ce qui est la même chose qu&rsquo;être artiste ou philosophe. </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">La philosophie de Nietzsche est toute une musique. Elle est une musique du corps: elle est une danse.</font></p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/tahiti31.jpg" class="imagelink" title="tahiti31.jpg" rel="lightbox[319]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/tahiti31.jpg" alt="tahiti31.jpg" width="400" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">De même les musiques de Polynésie, encore aujourd&rsquo;hui: &laquo;&nbsp;ute&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;hymene&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;tamure&nbsp;&raquo;&#8230;sont des danses. Même si on ne fait que les jouer ou les entendre. Elles sont des chants: ce qui est tout pareil.</font></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguuin21.jpg" class="imagelink" title="gauguuin21.jpg" rel="lightbox[319]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguuin21.jpg" alt="gauguuin21.jpg" width="400" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">En 1902, Paul Gauguin, lui aussi prévoyant, aussi prophète que les &laquo;&nbsp;nabis&nbsp;&raquo; eux-mêmes, dit:</font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="4">&laquo;&nbsp;Ne vous y trompez pas, Bonnard, Vuillard, Sérusier, pour citer quelques jeunes, sont des <strong>musiciens</strong>&#8230;&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Assuré qu&rsquo;en Polynésie <em>(&laquo;&nbsp;là où la musique n&rsquo;est que danse, là où l&rsquo;âme n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le corps&nbsp;&raquo;)</em> on se situe au-delà de toutes les valeurs. Surtout quand elles sont entendues comme &laquo;&nbsp;morales&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;moralisantes&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;moralisatrices&nbsp;&raquo;.</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Alors Gauguin prétend:</font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="4">&laquo;&nbsp;Le noa noa tahitien embaume tout. Moi je n&rsquo;ai plus conscience du jour et des heures, <strong>du mal et du bien</strong>: tout est beau, tout est bien.&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin83.jpg" class="imagelink" title="gauguin83.jpg" rel="lightbox[319]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin83.jpg" alt="gauguin83.jpg" width="400" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"> Il peut écrire à August Strindberg le 5 février 1895:</font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="4">&laquo;&nbsp;L&rsquo;Eve que j&rsquo;ai peinte (elle seule), logiquement peut rester nue devant nos yeux. La vôtre en ce simple état ne saurait marcher sans impudeur, et, trop belle (peut-être), serait l&rsquo;évocation d&rsquo;un mal et d&rsquo;une douleur&nbsp;&raquo;.</font></em></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin223.png" class="imagelink" title="gauguin223.png" rel="lightbox[319]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/tahiti71.jpg" alt="tahiti71.jpg" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">C&rsquo;est ainsi que Paul Gauguin est un sauvage! Non pas un &laquo;&nbsp;bon sauvage&nbsp;&raquo;, ou alors un sauvage qui ne connaîtrait que ce qui est bon et plus ce qui est bien ou mal.</font></p>
<p><font face="andale mono,times"><font size="4"><em>&laquo;&nbsp;Ce qu&rsquo;on fait par amour s&rsquo;accomplit toujours par delà le bien et le mal&nbsp;&raquo;</em>: c&rsquo;est là l&rsquo;affirmation proférée par Nietzsche!</font></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Exactement au même moment (1892), Gauguin écrit de son côté:</font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="4">&laquo;&nbsp;La civilisation s&rsquo;en va petit à petit de moi. Je commence à penser simplement&#8230;&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin83.jpg" class="imagelink" title="gauguin83.jpg" rel="lightbox[319]"></a></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/tahiti1.jpg" class="imagelink" title="tahiti1.jpg" rel="lightbox[319]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/tahiti1.jpg" alt="tahiti1.jpg" width="400" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Paul Gauguin est un &laquo;&nbsp;sauvage&nbsp;&raquo; et un &laquo;&nbsp;musicien&nbsp;&raquo;. Sans doute parce qu&rsquo;il est un peintre.</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Dans une entretien avec Eugène Tardieu, publié par &laquo;&nbsp;L&rsquo;Echo de Paris&nbsp;&raquo; le 15 mars 1895, le peintre sauvage s&rsquo;exclame: </font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="4">&laquo;&nbsp;Tout dans mon oeuvre est calculé, médité longuement. C&rsquo;est de la musique, si vous voulez!&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Voici pourquoi Paul Gauguin est sans doute un philosophe. Au sens où Nietzsche le fut. Un sauvage et un musicien: c&rsquo;est tout comme! Comme un peintre!</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">C&rsquo;est ainsi que s&rsquo;écrivait dès 1872 &nbsp;&raquo;La naissance de la tragédie&nbsp;&raquo;:</font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="4">&laquo;&nbsp;La musique, c&rsquo;est l&rsquo;idée vraie du monde&#8230;la musique atteint immédiatement au coeur.&nbsp;&raquo; </font></em></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Comme la peinture et les couleurs de Paul Gauguin.</font></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le voyage avec Gauguin:&#160;&#187;L&#8217;art de jouir&#160;&#187; (chapitre I)</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Oct 2009 07:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 16 septembre 1901, Paul Gauguin arrive à Atunoa sur l&#8217;île Marquise d&#8217;Hiva Hoa. Il y construit sa &#171;&#160;Maison du jouir&#160;&#187;. Il grave ce nom au-dessus de sa porte. Il écrit: &#171;&#160;Ici, près de ma case, en plein silence, je rêve à des harmonies violentes dont les parfums naturels me grisent&#8230; Il ne faut pas conseiller [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin215.jpg" class="imagelink" title="gauguin215.jpg" rel="lightbox[249]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin215.jpg" alt="gauguin215.jpg" width="400" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Le 16 septembre 1901, Paul Gauguin arrive à Atunoa sur l&rsquo;île Marquise d&rsquo;Hiva Hoa. </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Il y construit sa <em>&laquo;&nbsp;Maison du jouir&nbsp;&raquo;. </em>Il grave ce nom au-dessus de sa porte. </font></p>
<p><font size="4"><font face="andale mono,times">Il écrit:<em> </em></font></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"><em>&laquo;&nbsp;Ici, près de ma case, en plein silence, je rêve à des harmonies violentes dont les parfums naturels me grisent&#8230; Il ne faut pas conseiller à tout le monde la solitude, car il faut être de force pour la supporter et agir seul.&nbsp;&raquo;</em></font></p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin13.jpg" class="imagelink" title="gauguin13.jpg" rel="lightbox[249]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin13.jpg" alt="gauguin13.jpg" width="400" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Vingt ans plus tôt, Friedrich Nietzsche écrit <em>&laquo;&nbsp;Le Gai Savoir&nbsp;&raquo;</em>. </font></p>
<p><font size="4"><font face="andale mono,times">En exergue il dit:<em> </em></font></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;habite ma propre maison, je n&rsquo;ai jamais imité personne en rien et je me ris de tout maître qui n&rsquo;a su rien de lui-même. Inscription au-dessus de ma porte&nbsp;&raquo;.</em></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Alors qu&rsquo;il se trouve à Ruta, près de Gênes, Nietzsche écrit  en 1886, la préface au <em>&laquo;&nbsp;Gai Savoir&nbsp;&raquo; </em>et il ose ces mots: </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"><em>&laquo;&nbsp;Tout ce livre n&rsquo;est en effet rien qu&rsquo;un besoin de <strong>jouir&#8230;</strong> le tressaillement de joie des forces récupérées&#8230; le sentiment et le pressentiment soudains de l&rsquo;avenir&#8230;&nbsp;&raquo;</em></font></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin162.jpg" class="imagelink" title="gauguin162.jpg" rel="lightbox[249]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin162.jpg" alt="gauguin162.jpg" width="400" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">En écho peut-être, au philosophe de la volonté de puissance, Paul Gauguin dira un jour ce mot que le voyageur incessant de Sils-Maria, Nice, Gênes, Venise, aurait pu écrire lui-même: </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai voulu vouloir&nbsp;&raquo;.</em></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il faut comprendre &laquo;&nbsp;Jouir&nbsp;&raquo;: comme la volonté de la vie qui se ressent et s&rsquo;éprouve elle-même. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;advient alors, <em>&laquo;&nbsp;quand tout s&rsquo;y prête&nbsp;&raquo;</em><em>, </em>l&rsquo;amour de l&rsquo;autre.</font></p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/467pxpaulgauguin1452.jpg" class="imagelink" title="467pxpaulgauguin1452.jpg" rel="lightbox[249]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin42.jpg" alt="gauguin42.jpg" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Dans l&rsquo;ouvrage qu&rsquo;il écrivit à Paris en 1894, après son premier séjour en Polynésie (à Tahiti, cette fois), ouvrage dont on trouve de belles éditions fac-similées, dans <em>&laquo;&nbsp;Noa noa&nbsp;&raquo; </em>donc, Paul Gauguin écrit: </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"><em>&laquo;&nbsp;La civilisation s&rsquo;en va petit à petit de moi. Je commence à penser simplement, à n&rsquo;avoir que peu de haine pour mon prochain &#8211; mieux, à l&rsquo;aimer. J&rsquo;ai toutes les jouissances de la vie libre,  animale et humaine&#8230;avec la certitude d&rsquo;un lendemain pareil au jour présent.&nbsp;&raquo;</em></font></p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/467pxpaulgauguin1452.jpg" class="imagelink" title="467pxpaulgauguin1452.jpg" rel="lightbox[249]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin51.jpg" alt="gauguin51.jpg" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Comme si résonnait aussi pour le peintre lui-même, l&rsquo;éternel retour de chaque jour&#8230;</font></p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/467pxpaulgauguin1452.jpg" class="imagelink" title="467pxpaulgauguin1452.jpg" rel="lightbox[249]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin2.jpg" alt="gauguin2.jpg" /></a></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Et Stéphane Mallarmé devant les tableaux de Gauguin à Tahiti: </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"><em>&laquo;&nbsp;Il est extraordinaire que l&rsquo;on puisse mettre tant de mystère dans tant d&rsquo;éclat.&nbsp;&raquo;</em></font></p>
<p><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguin22.png" class="imagelink" title="gauguin22.png" rel="lightbox[249]"><font size="4"></font></a></em></p>
<p><font size="4"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguinpaulduedonneatahiti24085531.jpg" class="imagelink" title="gauguinpaulduedonneatahiti24085531.jpg" rel="lightbox[249]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gauguinpaulduedonneatahiti24085531.jpg" alt="gauguinpaulduedonneatahiti24085531.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="4"></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Gauguin dit aussi, avant de partir une nouvelle fois: </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"><em>&laquo;&nbsp;Une femme rangeait dans la pirogue quelques filets et l&rsquo;horizon de la mer bleue était souvent interrompu par le vert de la crête des lames sur les brisants de corail.&nbsp;&raquo; </em></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Il emporta quelques secrets et quelques mystères avec lui&#8230;</font></p>
<p><font face="Times" size="4">&#8230; (à suivre)</font></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Venise ou la musique</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/10/16/venise-ou-la-musique/</link>
		<comments>http://michelarcens.unblog.fr/2009/10/16/venise-ou-la-musique/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 16 Oct 2009 06:58:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[  (photo Michel Arcens octobre 2009) Venise n&#8217;est pas une ville. Venise est un sorte d&#8217;imagination, de création qui, sans cesse, se déploie. Chacun trouve à Venise ce qu&#8217;il est: sa force (sa &#171;&#160;virtù&#160;&#187;), ses sensations et ses sentiments, sa vie. Chacun y &#160;&#187;joue&#160;&#187; son désir, ses rêves.   (photo Michel Arcens octobre 2009) Venise est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="andale mono,times" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070988.jpg" class="imagelink" title="p1070988.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070988.jpg" alt="p1070988.jpg" width="400" /></a> </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"><em><font size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Venise n&rsquo;est pas une ville. Venise est un sorte d&rsquo;imagination, de création qui, sans cesse, se déploie.</font></p>
<p><font face="Times" size="4">Chacun trouve à Venise ce qu&rsquo;il est: sa force (sa &laquo;&nbsp;virtù&nbsp;&raquo;), ses sensations et ses sentiments, sa vie. </font></p>
<p><font face="Times" size="4">Chacun y &nbsp;&raquo;joue&nbsp;&raquo; son désir, ses rêves.</font></p>
<p><font face="Times" size="4"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070986.jpg" class="imagelink" title="p1070986.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070986.jpg" alt="p1070986.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><font face="Times" size="4">Venise est une sorte de forêt aux mille sentiers qui ne se perdent jamais, qui n&rsquo;égarent jamais, qui conduisent à soi-même.</font></p>
<p><font face="Times" size="4"></font></p>
<p><font face="Times" size="4">Voici une sorte de promenade sereine avec un peu de musique, quelques images (pour la plupart inconvenues; à moins qu&rsquo;elles soient même inconvenantes ou intempestives), quelques références littéraires et philosophiques, quelques citations pour la plupart empruntées à l&rsquo;excellent livre de Béatrice Commengé <em>&laquo;&nbsp;La danse de Nietzsche&nbsp;&raquo;</em>(éditions Gallimard, collection L&rsquo;infini). </font></p>
<p><font face="Times" size="4"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070936.jpg" class="imagelink" title="p1070936.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070936.jpg" alt="p1070936.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><font face="Times" size="4">Où l&rsquo;on verra que la &laquo;&nbsp;musique&nbsp;&raquo; est aussi un autre nom pour la &laquo;&nbsp;vie&nbsp;&raquo; et pour &laquo;&nbsp;l&rsquo;amour&nbsp;&raquo;&#8230;</font><font face="Times" size="4"> </font></p>
<p><font face="Times" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070937.jpg" class="imagelink" title="p1070937.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070937.jpg" alt="p1070937.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><font face="Times" size="4">Où l&rsquo;on verra que Venise est synonyme de &laquo;&nbsp;musique&nbsp;&raquo;!</font></p>
<p><font face="Times" size="4"></font></p>
<p><em><font face="book antiqua,palatino" size="4">&laquo;&nbsp;C&rsquo;était la ville improbable, qui vous échappait comme une mélodie, ses rues coulaient comme une musique&#8230;cette ville qui n&rsquo;est ni terre, ni eau, ni île, ni continent, mais un mirage de lumières et de chants&#8230;</font></em></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080006.jpg" class="imagelink" title="p1080006.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080006.jpg" alt="p1080006.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070936.jpg" class="imagelink" title="p1070936.jpg" rel="lightbox[224]"></a></p>
<p><em><font face="book antiqua,palatino" size="4">&#8230;amour non pas de la femme, mais de la Vie, amour de l&rsquo;amour en quelque sorte, affirmation de l&rsquo;unité, de l&rsquo;harmonie &#8211; celle-là même que l&rsquo;on retrouve dans la musique&#8230;</font></em></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080060.jpg" class="imagelink" title="p1080060.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080060.jpg" alt="p1080060.jpg" width="400" /></a></p>
<p> <em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><em><font face="book antiqua,palatino" size="4">&#8230;Ici la pierre, reflétée dans l&rsquo;eau, perdait sa rigidité. Chaque palais se dédoublait de son reflet tremblant et le temps comme l&rsquo;espace, se chargeait d&rsquo;une dimension nouvelle&#8230;comme lorsqu&rsquo;on écoute une musique et il n&rsquo;y avait rien d&rsquo;étonnant à ce que Nietzsche, cherchant un &laquo;&nbsp;synonyme à musique&nbsp;&raquo;, ne trouvât jamais que le nom de Venise.</font></em></p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080092.jpg" class="imagelink" title="p1080092.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080092.jpg" alt="p1080092.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><em><font face="book antiqua,palatino" size="4">Venise est ombragée comme une forêt, le corps peut y trouver son bonheur. Mais Venise vibre comme une musique et n&rsquo;est pas propice au travail. Comme une mélodie, elle s&rsquo;adresse aux sens et non à l&rsquo;esprit.&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080116.jpg" alt="p1080116.jpg" width="400" /></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><em><font face="Times" size="1"></font></em></p>
<p><font face="times new roman,times" size="4">Voici donc quelques suggestions pour un séjour imaginaire dans ce lieu de la <em>&laquo;&nbsp;transmutation constante de toutes les</em> <em>valeurs&nbsp;&raquo;. C</em>e qui s&rsquo;y aperçoit si bien: du quattrocento à Peggy Guggenheim comme à l&rsquo;art contemporain de la Biennale ou du Palazzo Grassi, en passant par Bellini, Le Titien, Véronèse ou Le Tintoret, on ne voit rien de réel, mais seulement la part des anges et des songes.</font></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070988.jpg" class="imagelink" title="p1070988.jpg" rel="lightbox[224]"></a></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070937.jpg" class="imagelink" title="p1070937.jpg" rel="lightbox[224]"></a></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070986.jpg" class="imagelink" title="p1070986.jpg" rel="lightbox[224]"></a></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080122.jpg" class="imagelink" title="p1080122.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080122.jpg" alt="p1080122.jpg" width="400" /></a></p>
<p><font face="times new roman,times" size="4"> <em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></font></p>
<p><font face="times new roman,times" size="4">Dans une calle du Dorsoduro, au détour d&rsquo;un campo, on peut entendre résonner, présentes et bien vivaces pourtant les musiques du passé. Mais sont-elles donc du passé? Pas même du présent, sans doute. Car expression, seulement, de l&rsquo;instant: hors du temps.</font></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4"> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/vivaldimullova4777466.vignette.jpg" alt="vivaldimullova4777466.jpg" /></font></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4">Guiliano Carmignola dans la formation d&rsquo;Andrea Marcon &laquo;&nbsp;Venice baroque orchestra&nbsp;&raquo; a donné au plus haut, aux concertos de Vivaldi, cette vitalité qu&rsquo;ils portaient en eux. Il ont signé tous deux, Carmignola et Marcon, un superbe disque paru au début de cette année avec la violoniste Viktoria Mullova consacré aux <em>concerti pour deux violons </em>de Vivaldi (Archiv Produktion). </font></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/mullova.jpg" alt="mullova.jpg" /></p>
<p> <font face="times new roman,times"><font size="1"><strong>Viktoria Mullova</strong></font></font></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/giulianocarmignola1.jpg" alt="giulianocarmignola1.jpg" /></p>
<p> <strong><font face="times new roman,times" size="1">Guiliano Carmignola</font></strong></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/savall.jpg" class="imagelink" title="savall.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/vivaldi2190.vignette.jpg" alt="vivaldi2190.jpg" /></a></font></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4">Autre voyage vivaldien du côté de Santa Maria della Salute avec le <em>&laquo;&nbsp;Farnace&nbsp;&raquo;</em>publié il y a un mois chez Naïve par Jordi Savall et le Concert des Nations&#8230;On peut aussi bien en entendre les échos du côté de San Trovaso puis des Zattere, en prolongeant un peu le pas.</font></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/savall.jpg" class="imagelink" title="savall.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/savall.jpg" alt="savall.jpg" width="400" /></a></p>
<p><strong><font face="times new roman,times" size="1">Jordi Savall</font></strong></p>
<p><font face="times new roman,times" size="4">Comment oublier que Luigi Nono est né et mort à Venise (1924-1990)? Ce musicien fut sans doute l&rsquo;un des plus grands génies du XX° siècle: peut-être n&rsquo;est-ce pas un hasard s&rsquo;il fut marié à la fille de Schönberg et s&rsquo;il composa sur des textes de Shakespeare, de Pavese, d&rsquo;Edmond Jabès, de Karl Marx, de Giordano Bruno. S&rsquo;il mis aussi en musique un texte de Massimo Cassiari, le maire de Venise, <em>&laquo;&nbsp;spécialiste des anges, figures de l&rsquo;intercession du ciel et de la terre, de l&rsquo;intelligible et du sensible, de la terre ferme et de la lagune.&nbsp;&raquo;</em>(Michel Onfray<em> &laquo;&nbsp;Le désir d&rsquo;être un volcan&nbsp;&raquo;</em> Le Livre de poche)</font></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/savall.jpg" class="imagelink" title="savall.jpg" rel="lightbox[224]"></a></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/savall.jpg" class="imagelink" title="savall.jpg" rel="lightbox[224]"></a></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070768.jpg" class="imagelink" title="p1070768.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070768.jpg" alt="p1070768.jpg" width="400" /></a></p>
<p><font face="times new roman,times" size="4"> <em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></font></p>
<p><font face="times new roman,times" size="4">Sans doute, Luigi Nono n&rsquo;aurait-il pas désapprouvé ce &laquo;&nbsp;tag&nbsp;&raquo; dans une calle du Castello.    </font></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080116.jpg" class="imagelink" title="p1080116.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1080093.vignette.jpg" alt="p1080093.jpg" /></a></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/savall.jpg" class="imagelink" title="savall.jpg" rel="lightbox[224]"></a></p>
<p><em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></p>
<p><font face="times new roman,times" size="4">Pour poursuivre ce<em> </em>que l&rsquo;art commande et dont la &laquo;&nbsp;musique&nbsp;&raquo; est le terme principiel, celui qui d&rsquo;une certaine façon, guide; avec Luigi Nono écoutons par exemple<em> &laquo;&nbsp;Al gran sole carico d&rsquo;amore&nbsp;&raquo; </em>(Warner Teldec). </font></p>
<p><em><font face="Times New Roman" size="2"><strong>(Toutes les musiques citées ici sont accessibles en écoute gratuite sur le site musicme)</strong></font></em></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4"></font></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4">Venise n&rsquo;est pas une ville d&rsquo;autrefois: déjà dans toutes les oeuvres du passé (musique, architecture, sculpture, peinture) il y a des étourdissements qui ne sont pas de leur temps.</font></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4">C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il y a la Biennale, le festival de musique &laquo;&nbsp;contemporaine&nbsp;&raquo;, la &laquo;&nbsp;Mostra&nbsp;&raquo; et que la montée des eaux pour autant qu&rsquo;elle soit une &laquo;&nbsp;réalité&nbsp;&raquo;, n&rsquo;empêchera pas Venise d&rsquo;être le lieu de l&rsquo;inventivité et de la &laquo;&nbsp;volonté&nbsp;&raquo;, le lieu de tous les sens. On sait même que cette &laquo;&nbsp;montée des eaux&nbsp;&raquo; est l&rsquo;une des causes de la vitalité de Venise: sans l&rsquo;eau et les marées alors oui, Venise pourrait disparaître.</font></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070726.jpg" class="imagelink" title="p1070726.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070726.jpg" alt="p1070726.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4"><em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></font></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4"><font face="Times">La littérature, elle aussi, prête à rêver. Elle a la même source que tous ces bouleversements qui font l&rsquo;art, l&rsquo;amour, la musique et la vie&#8230;Aussi, &laquo;&nbsp;L&rsquo;Instant&nbsp;&raquo; signale deux livres à propos de Venise. Il y en a tant!</font></font><font face="Times New Roman" size="4"><font face="Times">Tout d&rsquo;abord <em>&laquo;&nbsp;Quatre saisons à Venise&nbsp;&raquo; </em>d&rsquo;Alain Gerber (éditions Robert Laffont), hymne à San Stefano.</font></font></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4"><em><font face="andale mono,times" size="1"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070668.jpg" class="imagelink" title="p1070668.jpg" rel="lightbox[224]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070668.jpg" alt="p1070668.jpg" width="400" /></a></font></em></font><font face="Times New Roman" size="4"> </font><font face="Times New Roman" size="4"><em><font face="andale mono,times" size="1"> </font></em></font></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4"><em><font face="andale mono,times" size="1">(photo Michel Arcens octobre 2009)</font></em></font><font face="Times New Roman" size="4"> </font></p>
<p><font face="Times New Roman" size="4"><font face="times new roman,times" size="4">Et enfin de Alberto Toso Fei <em>&laquo;&nbsp;Veneziaenigma&nbsp;&raquo; </em>(éditions Elzeviro à Trévise)&#8230;</font></font><font face="Times New Roman" size="4"> </font><font face="Times New Roman" size="4"><font face="Times New Roman" size="4">Où l&rsquo;on voit, en observant le passé, que <em>&laquo;&nbsp;Venise est la ville de l&rsquo;avenir, de demain&nbsp;&raquo;&#8230;</em></font></font><font face="Times New Roman" size="4">Où l&rsquo;on voit que Venise est aussi un roman&#8230;</font><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/p1070726.jpg" class="imagelink" title="p1070726.jpg" rel="lightbox[224]"></a></font></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Toutes les langues du monde: la poésie de Joseph Sébastien Pons ou le problème de la traduction</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/10/13/toutes-les-langues-du-monde-la-poesie-de-joseph-sebastien-pons-ou-le-probleme-de-la-traduction/</link>
		<comments>http://michelarcens.unblog.fr/2009/10/13/toutes-les-langues-du-monde-la-poesie-de-joseph-sebastien-pons-ou-le-probleme-de-la-traduction/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2009 08:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[    (photo M.A. 2008) Toutes les langues du monde sont notre langue. La poésie, la création, n&#8217;ont rien à faire avec tel ou tel idiome. Dans chaque langue le poète peut dire la poésie. Survient cependant le problème de la traduction d&#8217;une langue dans une autre. Qu&#8217;il puisse alors y avoir modification, inflexion, perte, gain [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/020.jpg" class="imagelink" title="020.jpg" rel="lightbox[217]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/020.jpg" alt="020.jpg" width="400" /></a>  </p>
<p> <em><font size="1">(photo M.A. 2008)</font></em></p>
<p><em><font size="1"></font></em></p>
<p>Toutes les langues du monde sont notre langue.</p>
<p>La poésie, la création, n&rsquo;ont rien à faire avec tel ou tel idiome. Dans chaque langue le poète peut dire la poésie.</p>
<p>Survient cependant le problème de la traduction d&rsquo;une langue dans une autre. Qu&rsquo;il puisse alors y avoir modification, inflexion, perte, gain peut-être, tout cela est bien possible. Mais peut-on enlever à un poème ce qui l&rsquo;a rendu tel? Il me semble bien que cela est impossible. Et toute langue des hommes a la pouvoir de faire ressentir les sentiments: toute langue singulière est universelle; si c&rsquo;est ainsi que cela pourrait se dire.</p>
<p>Voici donc la version traduite en français et aussi la version originale, en langue catalane, d&rsquo;un poème de Joseph Sébastien Pons (Josep Sebastià Pons).</p>
<p>Et aussi quelques photos du coeur du Roussillon, là où vivait Joseph Sébastien Pons: le Canigou vu depuis le lac qui borde le village de Villeneuve-de-la Raho, à la fin de l&rsquo;automne 2008.</p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Si tu veux chanter la peine&nbsp;&raquo; </em></strong>est sans doute un écho à Guillaume Apollinaire, un écho qui nous atteint comme s&rsquo;il procédait d&rsquo;une lecture et d&rsquo;une sorte d&rsquo;écoute particulièrement aigüe de la part de Pons, une écoute du monde et de soi, une lecture de la vie.</p>
<p>Pour toute information: Joseph Sébastien Pons est né en 1886 à Ille-sur-Têt. Il est décédé en 1962. Il enseigna l&rsquo;espagnol à l&rsquo;Université de Toulouse. Il est connu pour être l&rsquo;auteur d&rsquo;une thèse sur la littérature catalane aux XVII° et XVIII° siècles. Il fut surtout celui par qui, en France, la prose et la poésie en langue catalane ont continué de vivre et ont pu se développer ensuite, pendant le XX° siècle.</p>
<p>Joseph Sébastien Pons sut préserver &laquo;&nbsp;le dialecte&nbsp;&raquo; roussillonais dont certains disent même qu&rsquo;il est plus proche du catalan d&rsquo;autrefois que le catalan espagnol qui aurait subi des influences extérieures. Alors que dans sa sorte de solitude, parfois même en secret, le catalan parlé à Perpignan et alentours&#8230;</p>
<p>On trouve à propos de Joseph sébastien Pons, une belle &laquo;&nbsp;Présentation et anthologie&nbsp;&raquo; par Pere Verdaguer aux éditions de l&rsquo;Olivier.</p>
<p>Le texte proposé ici est issu de <strong><em>&laquo;&nbsp;Cantilena&nbsp;&raquo; </em></strong>(Gallimard 1963)</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><font face="andale mono,times"><strong>SI TU VEUX CHANTER LA PEINE</strong></font></p>
<p><font face="andale mono,times"></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Si tu veux chanter la peine vient le plaisir.</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Si tu chantes le plaisir revient la peine.</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Là-bas, ce prunier pâlissant</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Jaillit d&rsquo;une ombre verte et t&rsquo;apaise.</font></p>
<p><font face="andale mono,times"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/0152.jpg" class="imagelink" title="0152.jpg" rel="lightbox[217]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/0152.jpg" alt="0152.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Au ciel repose la toile mauve</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Que l&rsquo;aiguail exhalait dans la vallée.</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Toutes les herbes ont pleuré.</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Si tu chantes le plaisir revient la peine.</font></p>
<p> </p>
<p><font face="Times" size="4"></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/017.jpg" class="imagelink" title="017.jpg" rel="lightbox[217]"></a></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">En coulant dans l&rsquo;air humide</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">La huppe aux couleurs diverses vole,</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Et réfléchi au miroir de la nuit</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="4">Le printemps parmi les étoiles murmure.</font></p>
<p><font face="andale mono,times"></font></p>
<p><font face="andale mono,times"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/021.jpg" class="imagelink" title="021.jpg" rel="lightbox[217]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/021.jpg" alt="021.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><font face="andale mono,times"></font></p>
<p><font face="andale mono,times"></font></p>
<p><i><font face="andale mono,times"><strong>SI VOLS CANTAR LA PENA</strong></font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times"></font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times" size="4">Si vols cantar la pena ve el delit.</font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times" size="4">Si cantes el delit torna la pena.</font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times" size="4">Aquell pruner esblanquit</font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times" size="4">Eixint de l&rsquo;ombra verda t&rsquo;asserena.</font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times"></font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/017.jpg" class="imagelink" title="017.jpg" rel="lightbox[217]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/017.jpg" alt="017.jpg" width="400" /></a></font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times" size="4">Al cel reposa el tel morat</font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times" size="4">Que en la vall exhalava la mullena.</font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times" size="4">Totes les herbes han plorat.</font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times" size="4">Si cantes el delit torna la pena.</font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times"></font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times"></font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/014.jpg" class="imagelink" title="014.jpg" rel="lightbox[217]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/014.jpg" alt="014.jpg" width="400" /></a></font></i></p>
<p><font size="4"><i><font face="andale mono,times"> </font></i><i><font face="andale mono,times">Escoladissa en l&rsquo;aire humit</font></i></font></p>
<p><i><font face="andale mono,times" size="4">La puput vola amb sa ploma diversa.</font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times" size="4">I, reflectida al mirall de la nit,</font></i></p>
<p><i><font face="andale mono,times" size="4">La primavera entre esteles conversa.</font></i></p>
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		<item>
		<title>&#171;&#160;Je rêvais ses rêves&#160;&#187; ou la vérité indécise (&#8230;avec Jean-Philippe Toussaint)</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/10/09/je-revais-ses-reves-ou-la-verite-indecise-avec-jean-philippe-toussaint/</link>
		<comments>http://michelarcens.unblog.fr/2009/10/09/je-revais-ses-reves-ou-la-verite-indecise-avec-jean-philippe-toussaint/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2009 08:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>

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		<description><![CDATA[ (photo M A. janvier 2009 Girona) Toute la vérité, rien que la vérité. C&#8217;est peut-être ce que nous dit Jean-Philippe Toussaint dans son dernier roman qui vient de paraître aux éditions de Minuit: &#171;&#160;La vérité sur Marie&#160;&#187;. Il faut bien croire les écrivains, il faut bien croire les romans et la littérature. Sinon pourquoi les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gronerunion2009028.jpg" class="imagelink" title="gronerunion2009028.jpg" rel="lightbox[200]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gronerunion2009028.jpg" alt="gronerunion2009028.jpg" width="400" /></a></p>
<p> <em><font size="1">(photo M A. janvier 2009 Girona) </font></em></p>
<p>Toute la vérité, rien que la vérité. C&rsquo;est peut-être ce que nous dit Jean-Philippe Toussaint dans son dernier roman qui vient de paraître aux éditions de Minuit: <strong><em>&laquo;&nbsp;La vérité sur Marie&nbsp;&raquo;.</em></strong></p>
<p>Il faut bien croire les écrivains, il faut bien croire les romans et la littérature. Sinon pourquoi les lirait-on ces pages qui passent sous nos regards? En outre, quand l&rsquo;un de ces auteurs (pas le plus médiatique de la planète littéraire, et de loin) nous dit qu&rsquo;il dit la vérité, pourquoi ne pas le croire?</p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gronerunion2009028.jpg" class="imagelink" title="gronerunion2009028.jpg" rel="lightbox[200]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/toussaint1.vignette.jpg" alt="toussaint1.jpg" /></a> <em><font size="1">(Jean-Philippe Toussaint)</font></em></p>
<p>Mais comment croire Jean-Philippe Toussaint? Comment croire qu&rsquo;après <strong><em>&laquo;&nbsp;Faire l&rsquo;amour&nbsp;&raquo; </em></strong>et <em><strong>&laquo;&nbsp;Fuir&nbsp;&raquo;,</strong></em> les romans de ses premières aventures avec Marie, le narrateur (l&rsquo;auteur ?) va maintenant passer aux aveux: nous dire qui est véritablement Marie? Et la dévoilant se dévoiler enfin lui-même?</p>
<p>Non, cela est impossible: vous voudriez prendre au sérieux un romancier, même un romancier qui aurait beaucoup d&rsquo;imagination et qui mettrait dans la tête d&rsquo;un cheval improbablement enfermé dans un Boeing cargo, lui-même pris dans un orage au-dessus de Tokyo, des pensées et des sentiments proprement humains? Et cela, imperceptiblement, sans crier gare! (C&rsquo;est aux alentours de la page 136: allez &laquo;&nbsp;voir&nbsp;&raquo;, vous verrez bien!) Vous voudriez croire quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;arrive pas à désigner l&rsquo;un des principaux personnages de son roman par son prénom, par son <em>vrai </em>prénom.</p>
<p>Non, décidément Jean-Philippe Toussaint, n&rsquo;est pas un écrivain sérieux.</p>
<p>Mais je plaisante: Jean-Philippe Toussaint est un grand écrivain et son dernier livre, <strong><em>&laquo;&nbsp;La vérité sur Marie&nbsp;&raquo; </em></strong>est un vrai bon roman!</p>
<p>Tout d&rsquo;abord parce qu&rsquo;il nous fait vivre des scènes haletantes, superbement décrites: des orages et des incendies, des cavalcades et des stupeurs.</p>
<p>Ensuite parce que Jean-Philippe Toussaint développe une conception de la vérité qui n&rsquo;est pas celle de notre tradition, qui n&rsquo;est pas celle de &laquo;&nbsp;l&rsquo;Annonciation&nbsp;&raquo;, conception, qui fait de toute vérité un <em>secret révélé.</em></p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gronerunion2009028.jpg" class="imagelink" title="gronerunion2009028.jpg" rel="lightbox[200]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/caravageannonciation.jpg" alt="caravageannonciation.jpg" /></a></p>
<p> <em><font size="1">(&laquo;&nbsp;L&rsquo;Annonciation&nbsp;&raquo; par Le Caravage)</font></em></p>
<p>La vérité n&rsquo;est donc pas un dévoilement, elle ne procède pas (c&rsquo;est à sa façon ce que nous dit ce roman) d&rsquo;un dévoilement, elle n&rsquo;aboutit pas à <em>&laquo;&nbsp;être toute nue&nbsp;&raquo;</em>! Comme l&rsquo;iconographie nous la montre depuis des siècles.</p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/gronerunion2009028.jpg" class="imagelink" title="gronerunion2009028.jpg" rel="lightbox[200]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/toussaint4.vignette.jpg" alt="toussaint4.jpg" /></a></p>
<p> <em><font size="1">(&laquo;&nbsp;La naissance de Vénus&nbsp;&raquo; par Boticelli, détail)</font></em></p>
<p>Ce que nous montre Jean-Philippe Toussaint, lui, c&rsquo;est que la Vérité n&rsquo;existe pas. Il nous montre qu&rsquo;il y a sans doute des hypothèses, que l&rsquo;on prend parfois pour la vérité mais qui ne sont que des vérités plus ou moins précises, toujours floues et, disons &laquo;&nbsp;subjectives&nbsp;&raquo;. Toute vérité n&rsquo;est donc qu&rsquo; &laquo;&nbsp;indécise&nbsp;&raquo;.</p>
<p><font face="book antiqua,palatino"><em><font size="4">&laquo;&nbsp;Je l&rsquo;aimais, oui. Il est peut-être imprécis de dire que je l&rsquo;aimais, mais rien ne pourrait être plus précis.&nbsp;&raquo;</font> </em><font size="1">(page 57)</font></font></p>
<p> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/toussaint7.jpg" class="imagelink" title="toussaint7.jpg" rel="lightbox[200]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/toussaint7.jpg" alt="toussaint7.jpg" width="400" /></a></p>
<p>Et surtout, en lisant <strong><em>&laquo;&nbsp;La vérité sur Marie&nbsp;&raquo;, </em></strong>on verra comment Jean-Philippe Toussaint réussit à renverser, me semble-t-il, ce qu&rsquo;avait fait Flaubert avec <strong><em>&laquo;&nbsp;Madame Bovary&nbsp;&raquo;</em></strong>. Jean-Philippe Toussaint n&rsquo;est pas Marie, à l&rsquo;instar de Flaubert qui pouvait dire le fameux: <em>&laquo;&nbsp;Madame Bovary, c&rsquo;est moi&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>C&rsquo;est  Marie, c&rsquo;est le personnage du roman qui donne vie à l&rsquo;écrivain, qui est la vie de l&rsquo;auteur et non l&rsquo;nverse. C&rsquo;est Marie qui pourrait dire: <em>&laquo;&nbsp;Je suis Jean-Philippe.&nbsp;&raquo; </em>En tout cas l&rsquo;auteur, lui, peut bien dire la confusion:</p>
<p><font face="book antiqua,palatino"><em><font size="4">&laquo;&nbsp;J&rsquo;entendais le murmure de ses rêves qui s&rsquo;écoulait dans son esprit&#8230;j&rsquo;en étais venu, la nuit, à imaginer que je rêvais ses rêves.&nbsp;&raquo;</font> </em><font size="1">(page 183)</font></font></p>
<p> </p>
<p>Plus tard, c&rsquo;est dans un monde dévasté, incendié que se clôt <strong><em>&laquo;&nbsp;La vérité sur Marie&nbsp;&raquo;</em></strong>. C&rsquo;est à cet instant que la distance qui séparait le narrateur de Marie est abolie, à nouveau enfin abolie.</p>
<p><font face="Book Antiqua"><font size="4"><em>&nbsp;&raquo; &#8230; et sur ta peau et tes cheveux, mon amour, subsistait encore une forte odeur de feu.&nbsp;&raquo; </em></font><font size="1">(page 205)</font></font></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/caravageannonciation.jpg" class="imagelink" title="caravageannonciation.jpg" rel="lightbox[200]"><em></em></a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>&#171;&#160;Le recours aux forêts&#160;&#187; ou portrait du philosophe en artiste (&#8230;avec Michel Onfray)</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Oct 2009 08:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[musiques]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[   ( photo M A. février 2009)   *  &#171;&#160;Le recours aux forêts&#160;&#187;, (éditions Galilée) le dernier livre de Michel Onfray, est une commande d&#8217;écriture de la Comédie de Caen-Centre dramatique national de Normandie. Ce texte, sous-titré &#171;&#160;La tentation de Démocrite&#160;&#187; est destiné à être &#171;&#160;le coeur&#160;&#187; d&#8217;un spectacle qui sera créé au mois de novembre à la Comédie de Caen, théâtre d&#8217;Hérouville, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="andale mono,times" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/447.jpg" class="imagelink" title="447.jpg" rel="lightbox[190]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/10/447.jpg" alt="447.jpg" width="400" /></a> </font><font face="Times" size="4">  <em><font size="1">( photo M A. février 2009)</font></em></font></p>
<p><font face="Times" size="4"></font></p>
<p> </p>
<p>*  &laquo;&nbsp;Le recours aux forêts&nbsp;&raquo;, (éditions Galilée) le dernier livre de Michel Onfray, est une commande d&rsquo;écriture de la Comédie de Caen-Centre dramatique national de Normandie. Ce texte, sous-titré &laquo;&nbsp;La tentation de Démocrite&nbsp;&raquo; est destiné à être &laquo;&nbsp;le coeur&nbsp;&raquo; d&rsquo;un spectacle qui sera créé au mois de novembre à la Comédie de Caen, théâtre d&rsquo;Hérouville, dans le cadre du festival &laquo;&nbsp;Les Boréales.&nbsp;&raquo;</p>
<p><font size="4"><font face="andale mono,times"></font></font></p>
<p> <font size="4"><font face="andale mono,times"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/onfray.vignette.jpg" alt="onfray.jpg" /> </font></font><font size="1"><em>(Michel Onfray)</em></font></p>
<p>Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un &laquo;&nbsp;spectacle vivant&nbsp;&raquo; dirigé par Jean Lambert-wild; la musique est de Jean-Luc Therminarias, la chorégraphie de Carolyn Carlson, les images de François Royet etc&#8230;artistes qui ont déjà des expériences communes. Michel Onfray est l&rsquo;auteur du texte, comme on l&rsquo;a vu. Voici donc le philosophe prenant part, au moins au travers de son écriture, à la musique, à la mise en scène, à la chorégraphie&#8230;  <font face="Times"><font size="4"><font size="3"> <em> </em></font></font><font face="Times"><font face="Times"> </font></font><font face="Times"> </font></font></p>
<p><font face="Times" size="4"><font face="Times" size="4"></font></font></p>
<p><font face="Times" size="4"><font face="Times" size="4"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/carolyncarlson4.vignette.jpg" alt="carolyncarlson4.jpg" /></font></font><font size="1"><em> (Carolyn Carlson)</em></font></p>
<p><font face="Times" size="4"><font face="Times" size="4"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/royet.jpg" class="imagelink" title="royet.jpg" rel="lightbox[190]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/royet.jpg" alt="royet.jpg" width="400" /></a> </font></font></p>
<p><font size="1"><em>(une &laquo;&nbsp;image&nbsp;&raquo; de François Royet)</em></font> <font face="Times"><font size="4"> </font></font></p>
<p><font face="Times"><font size="4"></font></font></p>
<p><font face="Times"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/royet2.jpg" class="imagelink" title="royet2.jpg" rel="lightbox[190]"><font size="4"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/royet2.jpg" alt="royet2.jpg" width="400" /></font></a> </font></p>
<p><font size="1"><em>(en répétition&#8230;)  </em></font></p>
<p>Voici donc un philosophe qui devient artiste. A moins qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un artiste qui soit aussi un philosophe. Parce qu&rsquo;on ne peut jamais être l&rsquo;un sans être l&rsquo;autre. Et si, comme le dit Michel Onfray, la philosophie est une &laquo;&nbsp;sculpture de soi&nbsp;&raquo;, si elle reconnaît la volonté et la vie, le corps et l&rsquo;immanence comme le réel, alors la sensation et l&rsquo;imagination, l&rsquo;émotion et la mise en lumière de l&rsquo;impossible ou de l&rsquo;invisible sont le &laquo;&nbsp;travail&nbsp;&raquo; de l&rsquo;artiste et le &laquo;&nbsp;travail&nbsp;&raquo; du philosophe.Fidèle à cette idée qu&rsquo;il ne peut y avoir de distinction entre théorie et pratique, voici Michel Onfray artiste. Et toujours philosophe. L&rsquo;un parce que l&rsquo;autre sans doute.</p>
<p><font face="Times"><font face="Times"><font face="Times"></font></font><font face="Times"><font face="Times"></font></font><font face="Times"><font face="Times"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/dmocrite.vignette.jpg" alt="dmocrite.jpg" />  </font></font></font> * Comme ce livre nous y invite soyons nous aussi tentés par Démocrite. Le matérialisme, dont Démocrite fut l&rsquo;un des &laquo;&nbsp;fondateurs&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est cette philosophie qui voit la vie dans la matière. Et qui voit dans les corps vivants, en train de vivre, de respirer, de bouger, de s&rsquo;aimer ou de se haïr le lieu même de  la pensée, de l&rsquo;intelligence, des sensations, de l&rsquo;amour, de l&rsquo;imagination: de tout ce qui fait un monde.Tout ce qui fait le monde tel qu&rsquo;il est, avec ses contradictions les plus frappantes. Tel qu&rsquo;il est dans &laquo;&nbsp;La permanence de l&rsquo;Apocalypse&nbsp;&raquo; (titre de la première partie du &laquo;&nbsp;Recours aux forêts&nbsp;&raquo;) comme dans le &laquo;&nbsp;Traité des consolations&nbsp;&raquo; (titre de la deuxième partie)! </p>
<p><font face="Times"></font><font face="Times"><font face="Times"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/carlson2.jpg" class="imagelink" title="carlson2.jpg" rel="lightbox[190]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/carlson2.jpg" alt="carlson2.jpg" width="400" /></a></font></font><font face="Times"><font face="Times"></font></font><font face="Times"><font face="Times"> </font></font></p>
<p><font size="1"><em>(chorégraphie Carolyn Carlson)</em></font></p>
<p> </p>
<p>Nous devons penser avec Démocrite que la vie est dans le corps. Qu&rsquo;elle est le corps lui-même. Qu&rsquo;elle n&rsquo;en n&rsquo;est pas séparable. Qu&rsquo;elle ne se trouve pas dans une âme qui serait au ciel, n&rsquo;en doutons pas, avant même d&rsquo;y monter. </p>
<p>Mais ce ne sont pas non plus les sciences, la biologie, la médecine, la chimie, qui trouveront cette vie, qui la &laquo;&nbsp;verront&nbsp;&raquo;, qui la décriront, qui nous en diront plus sur elle-même que nous ne sachions déjà.</p>
<p>Parce que la vie que nous sommes, ne se voit pas. Parce que l&rsquo;effort du sportif nous ne le voyons pas. Nous en voyons seulement le résultat: le record, l&rsquo;exploit et la joie qui s&rsquo;en suit. Les médailles peut-être. Nous ne voyons pas cette vie, parce que l&rsquo;eau qui désaltère enfin, le vin qui réjouit avec ses amis et plus tard, la caresse de l&rsquo;amour, seuls ceux qui en font l&rsquo;épreuve les ressentent, les vivent. Et c&rsquo;est là, sans doute, que se trouve la vie: dans cette épreuve, dans ce sentiment. </p>
<p>Faire voir la vie, la faire surgir sous le regard, c&rsquo;est ce que seuls l&rsquo;art, l&rsquo;artiste, le philosophe peut-être, peuvent tenter. Alors que pour chacun d&rsquo;entre nous, au même instant, elle est là, présente. Toujours présente. &laquo;&nbsp;Le recours aux forêts ou la tentation de Démocrite&nbsp;&raquo; est l&rsquo;une de ces tentatives où l&rsquo;art et la philosophie sont semblables, indissociables.</p>
<p><font face="Times"><font face="Times"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/carlson3.jpg" class="imagelink" title="carlson3.jpg" rel="lightbox[190]"><em><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/carlson3.jpg" alt="carlson3.jpg" width="400" /></em></a></font></font><font face="Times"><font face="Times"> </font></font></p>
<p><font size="1"><em>(chorégraphie de Carolyn Carlson)</em></font></p>
<p>Il nous reste maintenant, en guise d&rsquo;avant-première, à lire ce texte. A penser aussi et, s&rsquo;il le faut à &laquo;&nbsp;repenser&nbsp;&raquo;, avec Démocrite. Pour trouver l&rsquo;essentiel, soit au coeur de la forêt, soit comme Démocrite lui-même, lassé du monde, réfugié dans une cabane, à l&rsquo;écart. Non pas nécessairement du monde mais à l&rsquo;écart de ce qui nous détourne de nous-même et ainsi des autres. </p>
<p>Rendez-vous est donc donné à Caen (y aura-t-il une tournée?) du 16 au 20 novembre 2009. Le site <a href="http://www.comediedecaen.com/">www.comediedecaen.com</a> nous donne informations et aperçus (et même vidéo de répétition). <font face="Times"><font face="Times" size="4"></font></font><font face="Times"><font face="Times" size="4"></font></font><font face="Times"><font face="Times"><em><font size="1"></font></em></font></font><font face="Times"><font face="Times"><em><font size="1"></font></em></font></font><font face="Times"><font face="Times"></font></p>
<p></font></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Bartleby&#160;&#187; ou la littérature de l&#8217;impossible&#8230;quand &#171;&#160;la littérature est le monde&#160;&#187;.</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/10/02/bartleby-ou-la-litterature-de-limpossiblequand-la-litterature-est-le-monde/</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Oct 2009 08:11:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[La littérature est fiction. Fiction incessante. Fiction toujours. Fiction absolue. C&#8217;est dans la fiction que la littérature trouve son essence. Pas dans l&#8217;Histoire, pas dans les faits que faute de mieux on appelle &#171;&#160;réels&#160;&#187;. En d&#8217;autres termes, la littérature développe un mode de &#171;&#160;réalité&#160;&#187; qui est celui de la &#171;&#160;fiction&#160;&#187;. La réalité, la présence, la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/bartlebyx3.gif" class="imagelink" title="bartlebyx3.gif" rel="lightbox[178]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/bartleby.jpg" alt="bartleby.jpg" /></a></p>
<p>La littérature est fiction. Fiction incessante. Fiction toujours. Fiction absolue.</p>
<p>C&rsquo;est dans la fiction que la littérature trouve son essence. Pas dans l&rsquo;Histoire, pas dans les faits que faute de mieux on appelle &laquo;&nbsp;réels&nbsp;&raquo;.</p>
<p>En d&rsquo;autres termes, la littérature développe un mode de &laquo;&nbsp;réalité&nbsp;&raquo; qui est celui de la &laquo;&nbsp;fiction&nbsp;&raquo;. La réalité, la présence, la vérité d&rsquo;un personnage de roman, d&rsquo;une histoire que nous raconte par exemple un &laquo;&nbsp;polar&nbsp;&raquo;, cette réalité tout entière provient, vient, de la fiction.</p>
<p>En d&rsquo;autres termes encore on pourrait dire que la littérature de &laquo;&nbsp;science-fiction&nbsp;&raquo;, celle dont la narration se déroule dans le futur est davantage &laquo;&nbsp;littéraire&nbsp;&raquo;, davantage &laquo;&nbsp;littérature&nbsp;&raquo; que celle qui se déroule dans le passé. Parce que le futur ne peut-être que possible, probable. Tandis que le passé, même &laquo;&nbsp;composé&nbsp;&raquo;, recomposé, temps perdu et retrouvé ou non, comporte toujours une part de la réalité telle qu&rsquo;elle s&rsquo;est déjà déroulée. Le passé à ce titre serait donc moins fictionnel que le futur et donc moins littéraire.</p>
<p>Si l&rsquo;on poursuit cette hypothèse, le temps de la littérature serait par définition toujours (quelque forme qu&rsquo;il puisse prendre) le conditionnel.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/luzernii.jpg" class="imagelink" title="luzernii.jpg" rel="lightbox[178]"></a></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/lisalyonparrobertmappelthorpe.jpg" class="imagelink" title="lisalyonparrobertmappelthorpe.jpg" rel="lightbox[178]"></a></p>
<p>Le titre du dernier roman de Philippe Delerme <em>&nbsp;&raquo; Quelque chose en lui de Bartleby&nbsp;&raquo; </em>est une référence explicite à Herman Melville et à la nouvelle <em>&laquo;&nbsp;Bartelby the scrivener, a Wall street history&nbsp;&raquo; </em>parue pour la première fois en 1853.</p>
<p>Ce texte a été adapté quatre fois au cinéma, deux ou trois au théâtre, a prêté à de nombreux commentaires. On en trouve une analyse insigne chez Gilles Deleuze dans <em>&laquo;&nbsp;Critique et clinique&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/bartleby1.vignette.jpg" alt="bartleby1.jpg" /></p>
<p>Dans ce texte (édition Folio Gallimard) dont le titre est, selon les éditions, &laquo;&nbsp;Bartleby&nbsp;&raquo;,&nbsp;&raquo;Bartleby  l&rsquo;écrivain&nbsp;&raquo; ou encore &laquo;&nbsp;Bartleby le scribe&nbsp;&raquo;, le personnage principal est engagé par un homme de loi de Wall street pour recopier des textes: rien de moins littéraire, rien de moins fictionnel. Recopier des textes, c&rsquo;est écrire mais c&rsquo;est le contraire d&rsquo;inventer, de créer. Mais, peu à peu, Bartleby commence à refuser de faire certains travaux. Chaque fois, il prononce cette phrase difficilement traduisible: <em>&laquo;&nbsp;I would prefer not to&#8230;&nbsp;&raquo;: &laquo;&nbsp;Je préfèrerais ne pas&#8230;&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Je ne préfèrerais pas&#8230;&nbsp;&raquo;. </em>Jusqu&rsquo;au moment où il refuse de sortir de l&rsquo;étude où il travaille et où désormais il dort; il refuse même d&rsquo;être renvoyé! (on ne disait pas &laquo;&nbsp;licencié&nbsp;&raquo; au milieu du XIX° siècle).</p>
<p>Dans une certaine mesure, Bartleby est un véritable écrivain. Un écrivain du livre impossible à écrire. Puisque tout son temps se passe à écrire ce que d&rsquo;autres ont déjà écrit. Malgré les apparences, Bartleby est bien un écrivain puisque toute littérature est littérature de l&rsquo;impossible, littérature seulement potentielle, et donc à l&rsquo;extrême, littérature impossible.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/bartlebyx3.gif" class="imagelink" title="bartlebyx3.gif" rel="lightbox[178]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/bartlebyx3.gif" alt="bartlebyx3.gif" width="400" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/luzernii.jpg" class="imagelink" title="luzernii.jpg" rel="lightbox[178]"></a></p>
<p>Toute fiction est de l&rsquo;ordre de l&rsquo;impossible, par définition même. Bartleby n&rsquo;en est que la figure conceptuelle extrême, une sorte d&rsquo;illustration, de métaphore paradoxale.</p>
<p>Bartleby est une sorte d&rsquo;exemple de ce qu&rsquo;est la littérature, fiction qui ne cesse jamais, réalité sans doute plus grande que le &laquo;&nbsp;réel&nbsp;&raquo; lui-même dont les limites sont celles de ce qui advient.</p>
<p>C&rsquo;est en ce sens que le mot réitéré d&rsquo;Arthur Schopenhauer dans <em>&laquo;&nbsp;Le monde comme volonté et comme représentation&nbsp;&raquo; </em>selon lequel la musique est le monde, peut aussi bien s&rsquo;appliquer à la littérature.</p>
<p>La littérature donc, est le monde. Elle n&rsquo;est pas une représentation du monde, ni une image du monde, ni quelque chose qui permettrait de le comprendre, de le rendre soudain intelligible. La littérature est tout entière le monde tout entier. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre réalité que celle de la création, de l&rsquo;art. Le monde est création et ne peut être autre chose. Le réel est cette fiction entrain de se dire, de s&rsquo;exprimer, de se déployer&#8230;C&rsquo;est la même chose que l&rsquo;on trouve dans la peinture, dans la danse, dans la photographie, dans la sculpture et dans le cinéma. Dans d&rsquo;autres activités humaines, heureusement. Dans toutes les activités heureuses. Et que l&rsquo;on devrait trouver dans le travail: on peut même imaginer des &laquo;&nbsp;travailleurs heureux&nbsp;&raquo;. (Bon, là je pense qu&rsquo;il faut beaucoup d&rsquo;imagination en cette fin d&rsquo;année 2009, mais il faudra bien que cela change un jour et cela est déjà, plus ou moins, il est vrai, arrivé.)</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/bartlebyx3.gif" class="imagelink" title="bartlebyx3.gif" rel="lightbox[178]"></a></p>
<p>On trouvera ci-après un petit texte (à caractère poétique, c&rsquo;est-à-dire encore plus fictionnel que la fiction elle-même si cela est possible), hommage écrit en 2008 à Melville (l&rsquo;un des plus grands écrivains qui soit) et à Bartleby. <em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;aurais mieux aimé&#8230;&nbsp;&raquo;</em> est une traduction (<em>personnelle) </em>du fameux <em>&laquo;&nbsp;I would prefer not to&#8230;&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p>On voit bien ici, que cela a de nombreux sens, plusieurs sens, imaginaires (ceux-là même de l&rsquo;imagination elle-même), improbables, impossibles, impensables: on voit bien que la littérature est encore plus réelle, plus vraie que ce que l&rsquo;on décrit généralement comme réel et comme vrai. On voit bien ainsi que toute littérature est un &laquo;&nbsp;conte&nbsp;&raquo;, que toute réalité vient de l&rsquo;impossible. Que rien ne peut se substituer à la création, à l&rsquo;invention, à l&rsquo;imagination, à l&rsquo;art: que sans cela qui est un et qui est un tout, alors il n&rsquo;y a rien, pas même la vie, pas même l&rsquo;ici, le maintenant, l&rsquo;instant.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/bartlebyx3.gif" class="imagelink" title="bartlebyx3.gif" rel="lightbox[178]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/bartlebypages.jpg" alt="bartlebypages.jpg" /></a><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/luzernii.jpg" class="imagelink" title="luzernii.jpg" rel="lightbox[178]"></a></p>
<p><b><font face="book antiqua,palatino">J&rsquo;aurais mieux aimé&#8230;</font></b></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino">J&rsquo;aurais mieux aimé qu&rsquo;il n&rsquo;en soit pas ainsi au déclin de ce jour. </font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino">J&rsquo;aurais mieux aimé peut-être.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino">Le ciel serait resté dans le cœur des grands arbres abattus sur la route ensoleillée d&rsquo;une adolescence qui n&rsquo;était encore qu&rsquo;enchanteresse inavouée.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino">Plus tard nous fûmes associés souverains. Nous étions cependant assourdis par le poids de nos efforts dans la chaleur de Midi. Nous allions dépouillés de tout. Tel était le rite d&rsquo;autrefois. Nous le portions avec la gravité de la glace et le dévouement de l&rsquo;ardeur.</font></p>
<p><font face="Book Antiqua"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/lisalyonparrobertmappelthorpe.jpg" class="imagelink" title="lisalyonparrobertmappelthorpe.jpg" rel="lightbox[178]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/lisalyonparrobertmappelthorpe.jpg" alt="lisalyonparrobertmappelthorpe.jpg" width="400" /></a> <em><font size="1">(photo Robert Mapelthorpe)</font></em></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino">Il y avait une audace à vouloir franchir le sommet de la montagne et la pierre s&rsquo;y opposait. Nous fûmes inlassables pourtant. Inlassables mais effrayés sans termes aperçus.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino">J&rsquo;aurais mieux aimé, tu sais. J&rsquo;aurais mieux aimé, justement ; sans doute. La ferveur de ta prière s&rsquo;envola sourde et inexorable. J&rsquo;aurais mieux aimé espérer et ressentir tes sourires, ceux de l&rsquo;effort apaisé que tu apercevais dans chacun de tes gestes et dans la pureté de ton cœur. Il fallait que j&rsquo;emprunte cette épreuve infinie, celle dont la grive d&rsquo;automne  ne peut plus se charger. </font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino">J&rsquo;aurais mieux aimé te proclamer, te dire grâce et merci. Et parvenir à franchir enfin cet obstacle tragique. Il en fut autrement. </font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"> <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/401.jpg" class="imagelink" title="401.jpg" rel="lightbox[178]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/401.jpg" alt="401.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"> </font><font face="book antiqua,palatino">Depuis ces années incertaines ta présence est unie au destin. Il fallut pourtant quelques ciels passagers et qu&rsquo;une pluie d&rsquo;éclairs imprévus s&rsquo;affranchisse des regrets et surmonte ton courage.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino">Peut-être aurais-je mieux aimé. Et alors je t&rsquo;aurais donné avec ton bonheur fébrile une attente de lueurs, d&rsquo;eaux et de bleus, partagée.</font></p>
<p><em><font size="1">Michel Arcens    (octobre 2008/février 2009)</font></em></p>
<p><font face="Book Antiqua"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/luzernii.jpg" class="imagelink" title="luzernii.jpg" rel="lightbox[178]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/luzernii.jpg" alt="luzernii.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="2"></font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="2"></font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="2"></font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="2"></font></em></p>
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		<title>Tout voir?</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/09/28/tout-voir/</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Sep 2009 07:27:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[    AVERTISSEMENT Ce nouvel article nécessite un avertissement préalable: non parce qu&#8217;il serait interdit aux pudibonds ou aux moins de dix-huit ans. Il nécessite cet avertissement parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un article classé (compte tenu en particulier de son mode de rédaction, mais bien sûr aussi en raison de sa  démarche même) dans la catégorie &#171;&#160;philosophie&#160;&#187; (mais [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/stripteaseillustration10111w300.vignette.jpg" alt="stripteaseillustration10111w300.jpg" />  <strong>  <font face="book antiqua,palatino" size="4">AVERTISSEMENT</font></strong></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"><strong>Ce nouvel article nécessite un avertissement préalable: non parce qu&rsquo;il serait interdit aux pudibonds ou aux moins de dix-huit ans. Il nécessite cet avertissement parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un article classé (compte tenu en particulier de son mode de rédaction, mais bien sûr aussi en raison de sa  démarche même) dans la catégorie &laquo;&nbsp;philosophie&nbsp;&raquo; (mais aussi &laquo;&nbsp;société&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;danse&nbsp;&raquo;). Mais, surtout, parce qu&rsquo;il  constitue une approche phénoménologique d&rsquo;une caractéristique de notre temps (qui n&rsquo;est pas la (seule) pratique du strip-tease ou du &laquo;&nbsp;dénuement&nbsp;&raquo; plus ou moins pornographique, que l&rsquo;on se &laquo;&nbsp;rassure&nbsp;&raquo;: si besoin est!) mais qui est celle de devoir &laquo;&nbsp;tout voir&nbsp;&raquo;, tout dire, ne rien cacher. Ce que l&rsquo;on appelle du nom absurde de &laquo;&nbsp;transparence&nbsp;&raquo;. Souvent pour mieux pouvoir dissimuler, au demeurant&#8230;</strong></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"><strong>Cela mérite donc avertissement que d&rsquo;aller ainsi à contre-courant de ce qui se pratique quotidiennement.</strong></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"><strong>Cet article a été rédigé par mon ami Roland Vaschalde, philosophe, spécialiste de l&rsquo;oeuvre de Michel Henry, auteur du site de la Société internationale Michel-Henry (voir le lien dans la barre de menu) et auteur de nombreux articles sur la phénoménologie de ce philosophe qui fut davantage que notre professeur à l&rsquo;Université Paul-Valéry de Montpellier.</strong></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"><strong>Ici, il s&rsquo;interroge de façon extrêmement pertinente sur notre propension à tout voir, jusqu&rsquo;au nu intégral qui parsème la publicité et bien d&rsquo;autres &laquo;&nbsp;actes publics&nbsp;&raquo;.</strong></font></p>
<p><strong><font face="Book Antiqua">Avant de laisser ce texte s&rsquo;ouvrir à ses lecteurs, il me semble qu&rsquo;un autre avertissement est nécessaire qui serait aussi celui-ci: &laquo;&nbsp;Tout voir?&nbsp;&raquo; s&rsquo;interroge Roland Vaschalde à juste titre; mais cela ne veut pas dire non plus qu&rsquo;il faille dissimuler. Et précisément, le corps s&rsquo;est assez caché au cours de l&rsquo;histoire pour qu&rsquo;il soit dévoilé, pour qu&rsquo;il soit surtout affirmé, pour qu&rsquo;il danse sans doute, comme auraient pu le dire Nietzsche ou Deleuze. Ne faisons donc pas ce contresens. Le corps est nu. Ce qui exclut exhibition et voyeurisme&#8230;</font></strong></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/lesacreduprintempsbypreljocaj.jpg" alt="lesacreduprintempsbypreljocaj.jpg" /> </p>
<p> <em><font size="1">une danseuse du ballet Angelin Preljocaj</font></em></p>
<p> </p>
<p><font face="book antiqua,palatino"><strong><em><font size="4">&laquo;&nbsp;Tout voir&nbsp;&raquo;,</font></em>le texte de Roland Vaschalde est ici</strong></font>       <a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/toutvoir.pdf" id="p167"><img border="0" src="http://michelarcens.unblog.fr/wp-includes/images/pdf.png" align="absMiddle" alt=" Tout voir?   dans danse pdf" /></a></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Blaise Cendrars, &#171;&#160;reporter&#160;&#187;, écrivain &#171;&#160;libertin&#160;&#187; et poète éternel</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/09/23/blaise-cendrars-reporter-ecrivain-libertin-et-poete-eternel/</link>
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		<pubDate>Wed, 23 Sep 2009 15:15:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[   Blaise Cendrars n&#8217;est pas un écrivain dont on parle beaucoup. Un peu comme s&#8217;il n&#8217;avait plus grand&#8217;chose à nous dire. Un peu comme s&#8217;il était d&#8217;un autre temps. Je me suis pourtant livré à un petit exercice qui a consisté à rassembler quelques citations de Blaise Cendrars. Elles parlent toutes de lui: de la littérature, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="book antiqua,palatino"><strong><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/cendrars3.jpg" alt="cendrars3.jpg" /> </strong><font size="4"><strong> </strong> Blaise Cendrars n&rsquo;est pas un écrivain dont on parle beaucoup. Un peu comme s&rsquo;il n&rsquo;avait plus grand&rsquo;chose à nous dire. Un peu comme s&rsquo;il était d&rsquo;un autre temps.</font></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4">Je me suis pourtant livré à un petit exercice qui a consisté à rassembler quelques citations de Blaise Cendrars. Elles parlent toutes de lui: de la littérature, de sa vie, de ce qu&rsquo;il a fait, de la façon dont il se perçoit lui-même.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="4">Outre, que toutes ces propositions me semblent d&rsquo;une acuité fascinante on remarquera peut-être qu&rsquo;elles recoupent à leur manière presque tous les textes publiés par &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; depuis son ouverture&#8230;</font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4">C&rsquo;est pourquoi elles se présentent aujourd&rsquo;hui comme une sorte de résumé de ce qui a pu déjà être écrit jusqu&rsquo;ici. </font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4">Et comme une invitation à lire ou relire Cendrars, poète au coeur du monde et homme foudroyé à la main déchirée par la guerre des mondes. Comme une invitation à comprendre qu&rsquo;entre littérature, art et philosophie il n&rsquo;y a pas même un pas.</font></p>
<p><em><font face="Book Antiqua"><strong>Dans la page &laquo;&nbsp;Citations, références&#8230;&nbsp;&raquo; on trouvera aussi un poème intitulé &laquo;&nbsp;Ma danse&nbsp;&raquo;, signé Cendrars, qui dit toujours la même chose&#8230;</strong></font></em></p>
<p><strong><font face="Book Antiqua"></font></strong></p>
<p><strong><font face="Book Antiqua"></font></strong></p>
<p><strong><em><font face="Book Antiqua"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/cendrars5.jpg" alt="cendrars5.jpg" /></font></em></strong></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4">* &laquo;&nbsp;Vertige! L&rsquo;éternité n&rsquo;est qu&rsquo;un instant bref dans l&rsquo;espace et l&rsquo;infini vous saisit par les cheveux et vousfoudroie instantanément. Le temps ne compte pas.&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4"></font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4">* &laquo;&nbsp;La &laquo;&nbsp;Vita nuova&nbsp;&raquo;: on devient un homme nouveau.&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><strong><em><font face="Book Antiqua"></font></em></strong></p>
<p><strong><em><font face="Book Antiqua"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/cendrars4.jpg" alt="cendrars4.jpg" />  <font size="1">avec Rémone&#8230;</font>  </font></em></strong></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4">* &laquo;&nbsp;Ecrire n&rsquo;est pas mon ambition, mais vivre. Maintenant j&rsquo;écris.&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4"></font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4">* &laquo;&nbsp;Je ne trempe pas ma plume dans un encrier mais dans la vie.&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4"></font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4">* &laquo;&nbsp;Un reporter n&rsquo;est pas un simple chasseur d&rsquo;images, il doit savoir capter les vues de l&rsquo;esprit.&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4"></font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4">* &laquo;&nbsp;Ici et maintenant: maître du temps.&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><strong><em><font face="Book Antiqua"></font></em></strong></p>
<p><strong><font face="Book Antiqua"><em><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/cendrars1.vignette.jpg" alt="cendrars1.jpg" /></em></font></strong></p>
<p><font size="4"><font face="Book Antiqua"><em> * &laquo;&nbsp;</em></font><font face="Book Antiqua"><em>Un libertin, selon l&rsquo;origine du mot</em> &laquo;&nbsp;libertinus&nbsp;&raquo;: <em>affranchi, fils d&rsquo;affranchi, est</em> &laquo;&nbsp;celui qui s&rsquo;affranchit de l&rsquo;autorité, de la religion, des croyances, de la discipline, celui qui s&rsquo;affranchit de toute règle, de toute autorité&#8230;&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Libertaire&nbsp;&raquo; <em>en ces temps de politique, a une nuance politique, donc sentimentale. Je choisis </em>&laquo;&nbsp;libertin&nbsp;&raquo; <em>: celui qui vit dans la liberté de penser et surtout de sentir et j&rsquo;accepte le sens méprisant qui est, au moins, franchement sexuel. Le libertin: le représentant de ces esprits qui méprisent le bonheur et qui seuls l&rsquo;ont peut-être goûté car, grâce à l&rsquo;ironie, ils ont vécu ne vie grave et ample, intellectuelle et sensuelle, et cont connu toutes les ivresses d&rsquo;être.&nbsp;&raquo;</em></font></font></p>
<p><strong><em><font face="Book Antiqua"></font></em></strong></p>
<p><strong><em><font face="Book Antiqua"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/cendrars2.jpg" alt="cendrars2.jpg" /></font></em></strong></p>
<p><em><font size="4"><font face="Book Antiqua"> * &laquo;&nbsp;</font><font face="Book Antiqua">Je me sens secrètement fort et joyeux. Le principal c&rsquo;est que je travaille.&nbsp;&raquo;</font></font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4"></font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4">* &laquo;&nbsp;Moi, l&rsquo;homme le plus libre du monde, je reconnais que l&rsquo;on est toujours lié par quelque chose et que la liberté, l&rsquo;indépendance, n&rsquo;existent pas.&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4"></font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4">* &laquo;&nbsp;La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde.&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="4"></font></em></p>
<p><strong>et aussi <em>&laquo;&nbsp;Ma danse&nbsp;&raquo; </em>sur la page &laquo;&nbsp;citations&#8230;&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p><strong><em><font face="Book Antiqua"></font></em></strong></p>
<p><strong><em><font face="Book Antiqua"></font></em></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Walter Benjamin ou l&#8217;achèvement du monde</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/09/18/walter-benjamin-ou-lachevement-du-monde/</link>
		<comments>http://michelarcens.unblog.fr/2009/09/18/walter-benjamin-ou-lachevement-du-monde/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2009 07:58:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[     Le philosophe Walter Benjamin (18992-1940)est mort à Port-Bou (Espagne Catalogne) à quelques centaines mètres de la France, fuyant la Gestapo. C&#8217;était le 26 septembre de cette année noire, de glace et de feu. En cet achèvement du monde. Le &#171;&#160;déroutement&#160;&#187; semble être le sentiment naturel, en tout cas pour mieux dire, spontané, du lecteur qui découvre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/benjamin6.vignette.jpg" alt="benjamin6.jpg" />     Le philosophe Walter Benjamin (18992-1940)est mort à Port-Bou (Espagne Catalogne) à quelques centaines mètres de la France, fuyant la Gestapo. C&rsquo;était le 26 septembre de cette année noire, de glace et de feu. En cet achèvement du monde.</p>
<p>Le &laquo;&nbsp;déroutement&nbsp;&raquo; semble être le sentiment naturel, en tout cas pour mieux dire, spontané, du lecteur qui découvre l&rsquo;oeuvre de Walter Benjamin. Sans doute parce qu&rsquo;elle est hors des chemins traditionnels, voire hors du discours, du processus du discours, sans doute parce que les contradictions apparentes et même (peut-être) réelles semblent y être fréquentes.</p>
<p>La vie de Walter Benjamin est une suite de difficultés, de souffrances, d&rsquo;échecs et aussi de quelques reconnaissances parmi lesquelles celle d&rsquo;Hanna Harendt.</p>
<p>S&rsquo;intéresser à Walter Benjamin ça n&rsquo;est pas céder à la facilité, celle de &laquo;&nbsp;l&rsquo;air du temps&nbsp;&raquo; ou celle d&rsquo;une lecture accessible (enfin, disons apparemment plus &laquo;&nbsp;accessible&nbsp;&raquo; que celle de Hegel, de Husserl ou de quelques autres). S&rsquo;intéresser à Walter Benjamin c&rsquo;est sans doute et au contraire, prendre un chemin incertain, le sentier de l&rsquo;incertitude: sauf celle de l&rsquo;inquiétude comme être et comme &laquo;&nbsp;être-au-monde&nbsp;&raquo;. Cela ne constitue, à coup sûr, pas la voie la plus aisée.</p>
<p>&laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; propose ici deux &laquo;&nbsp;lectures&nbsp;&raquo; de Benjamin, deux approches. D&rsquo;abord celle de notre ami Charles Greiveldinger-Winling. Puis celle que j&rsquo;ai rédigé. Elles s&rsquo;opposent peut-être. Les critiques, remarques de la part de tous seront bienvenues.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/adm2benjam.jpg" alt="adm2benjam.jpg" /></p>
<p> <b>SUR WALTER BENJAMIN</b></p>
<p> </p>
<p>La vie de Walter Benjamin fut une succession d&rsquo;inaboutissements. Sa vie, ses expériences sont marquées de ce fer-là. Ses œuvres aussi qui sont fragments, fragmentaires et fragmentées, inéditées, parcellaires.</p>
<p>Le chemin de Port-Bou, jusqu&rsquo;à Port-Bou serait du même ordre. Il serait l&rsquo;inaboutissement infini, le chemin qui mène bien quelque part mais un quelque part qui est un néant, un nulle part.</p>
<p>Mais « serait » pourrait-on dire, peut-être, seulement. C&rsquo;est dire que l&rsquo;on pourrait avoir un autre regard sur Walter Benjamin, et sur son œuvre et sur sa vie.</p>
<p>La vie de Walter Benjamin fut une succession de libertés. Ce qui n&rsquo;exclut ni les regrets, ni la souffrance, ni les peurs et les craintes. Son œuvre fut une œuvre radicalement libre : une œuvre en dehors de tout système, qui ne prit jamais en considération l&rsquo;idée même d&rsquo;un quelconque système, qui n&rsquo;évita pas les contradictions internes, les allers-retours, mais qui sans cesse fut un refus de la pensée « arrêtée ». Sa vie et son œuvre furent toujours en marche. In-arrêtables. Non arrêtables, si l&rsquo;on veut.</p>
<p>A Port-Bou, Walter Benjamin savait ou pensait qu&rsquo;il serait arrêté. Qu&rsquo;une force plus forte que lui, parce que matérielle, brutale, aveugle, stupide, mettrait fin à sa liberté, à ses errances, à ses peurs, ses craintes, ses espoirs comme ses désespoirs. Il est ainsi allé au bout de sa liberté : celle du pouvoir qu&rsquo;il avait encore, non sur sa vie, mais sur sa mort.</p>
<p>Dans « La barque silencieuse » (éditions Gallimard) Pascal Quignard rappelle que pour les Anciens (pour les Romains d&rsquo;avant le christianisme) <i>« la mort volontaire est la possibilité humaine constante », « qu&rsquo;elle était honorée comme une fierté ».</i>Il rappelle le mot de Caton au moment de son suicide : <i>« Nun emos eimi : maintenant je suis à moi »</i>et celui de Jésus dans Jean X 18 : <i>« Ma vie personne ne me l&rsquo;enlève mais moi je m&rsquo;en dessaisis moi-même car j&rsquo;ai le pouvoir de la prendre. »</i></p>
<p>Considérons ainsi la mort de Walter Benjamin, non comme un désespoir mais comme la manifestation d&rsquo;un pouvoir, comme l&rsquo;affirmation de soi et non la disparition d&rsquo;un être. Comme un saisissement.  </p>
<p> </p>
<p><em>Michel Arcens</em></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/benjamin3.jpg" alt="benjamin3.jpg" />  <em><font size="1">Le mémorial Walter Benjamin à Port-Bou.</font></em></p>
<p><em><font size="1"></font></em></p>
<p><em><font size="1"></font></em></p>
<p><em><font size="1"></font></em><em><font size="1"><font size="3"></font></font></em><em><font size="1"><font size="3"></font></font></em><em><font size="1"><font size="3"></font></font></em><em><font size="1"><font size="3"><strong></strong></font></p>
<p><font size="3"><strong></strong></font></p>
<p><font size="3"><strong>A Walter Benjamin</strong></font></p>
<p><font size="3">La vie de Walter Benjamin  n&rsquo;est-elle pas elle-même allée nulle part ? N&rsquo;a-t-elle pas, à l&rsquo;instar de son époque, été fragments ? En même temps quels trajets mènent quelque part (par exemple lorsque Michaux nous dit : <i>&laquo;&nbsp;Pas de trajet, mille trajets, et la voie n&rsquo;est pas indiquée&nbsp;&raquo;</i> ? </font></p>
<p><font size="3">Ce Port du Bou(t) n&rsquo;a-t-il pas été ce lieu de la chute, de la catastrophe, où il est tombé d&rsquo;épuisement, tué ou suicidé ? Mais n&rsquo;est-ce jamais que la vie qui s&rsquo;arrête ? Ou bien l&rsquo;homme qui, lui, ne peut plus aller plus loin ? Y a-t-il une unité ? Ou bien, ne peut-on en dégager, une quelconque, avec une espèce de sens, que rétroactivement, une fois la mort advenue ? Alors le voyageur, le Wandervögel (oiseau migrateur en yiddish), ne donne-t-il pas à voir qu&rsquo;il n&rsquo;était de toute manière que de passage, et qu&rsquo;une obscure usure l&rsquo;érodait de manière sous-jacente au fil quasi-absurde de ses migrations ? N&rsquo;est-ce pas cela qu&rsquo;on appelle la vie ? Et alors, c&rsquo;est vrai, son œuvre est à son image. </font></p>
<p><font size="3">Mais Walter Benjamin fut aussi <i>chassé</i>. D&rsquo;Allemagne en France, de France vers l&rsquo;Espagne, de paysages en paysages, d&rsquo;observations en observations, de pertes en pertes, de bibliothèques en dénuements, d&rsquo;écrits en dits, et de dits en silence épuisé. Il a certes alors choisi la mort, comme on tombe, en fermant les yeux. Abandonné à l&rsquo;abandon. Avec une vie, c&rsquo;est vraie, restée ouverte, comme un corps ouvert, peu à peu vidé de son sang. </font></p>
<p><font size="3">Ses écrits, qui ont échappé à la destruction, témoignent de son chemin, de son cheminement, de ce qui a pu échapper à l&rsquo;oubli, dans les labyrinthes imposés de la barbarie. Alors il est mort comme &laquo;&nbsp;un soleil évanoui&nbsp;&raquo;, comme &laquo;&nbsp;un poète assassiné&nbsp;&raquo;.</font></p>
<p><strong><font size="2">Charles Greiveldinger-Winling </font></strong></p>
<p><em><font size="1"></font></em></p>
<p></font></em><strong></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Pierre Bonnard, hors du temps</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Sep 2009 14:57:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[  Pierre Bonnard &#171;&#160;L&#8217;art, c&#8217;est l&#8217;arrêt du temps&#160;&#187;.C&#8217;est le peintre Pierre Bonnard qui a dit cela. Comme il a dit: plutôt que de peindre la vie il s&#8217;agit de &#171;&#160;rendre la peinture vivante&#160;&#187;. De la même manière, il a exclu toute intention dans son art, à peu près au moment où la phénoménologie de Husserl prétendait, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/pierrebonnard.jpg" alt="pierrebonnard.jpg" /></em><font size="2">  <em>Pierre Bonnard</em></font></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;art, c&rsquo;est l&rsquo;arrêt du temps&nbsp;&raquo;.</em>C&rsquo;est le peintre Pierre Bonnard qui a dit cela. Comme il a dit: plutôt que de peindre la vie il s&rsquo;agit de <em>&laquo;&nbsp;rendre la peinture vivante&nbsp;&raquo;. </em>De la même manière, il a exclu toute <em>intention</em> dans son art, à peu près au moment où la phénoménologie de Husserl prétendait, dans un autre domaine, théorique celui-là,  mettre l&rsquo;intention et l&rsquo;intentionalité au coeur du système.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/bonnard10.jpg" alt="bonnard10.jpg" /></p>
<p>Quand on voit une peinture de Pierre Bonnard on voit un paysage, un miroir et une image dédoublée et inversée, une rue ou les toits depuis une fenêtre, un nu immuable à travers le temps, Marthe sa compagne, son épouse constante, au bain, à la toilette, un jardin, un café, une devanture, une scène de la vie quotidienne: on entre toujours dans une intimité. Dans tous les cas une présence nous atteint, nous frappe, nous sidère, nous immobilise. Il n&rsquo;y a d&rsquo;autre sens, d&rsquo;autre siginification dans une peinture de Bonnard, que les sens éveillés, que l&rsquo;émotion simple, immédiate, non seulement restituée mais provoquée: la vie montrée, présente, mais vécue, comme intensifiée chez celui ou celle qui, soudain, devant le tableau, vit. Vit, en ce sens que tout se passe comme si nous vivions un peu de la vie du peintre, du sujet du tableau, de ce sujet qui n&rsquo;est jamais un &laquo;&nbsp;monde&nbsp;&raquo;, un objet, une &laquo;&nbsp;intention&nbsp;&raquo; de notre regard ou même de celui du peintre. Si Bonnard peint dans son atelier les champs ou les clochers qu&rsquo;il a rapidement dessinés, c&rsquo;est parce que ce qui importe pour lui, ce qui est essentiel dans sa conception de la peinture, c&rsquo;est l&rsquo;émotion ressentie. Et, il lui faut quelques notes, quelques traits de crayon pour ressentir à nouveau ce qu&rsquo;il a ressenti du haut de la colline en apercevant les méandres de la Seine ou en marchant dans les rues du Cannet. Et, il lui faut alors seulement son génie &laquo;&nbsp;prophétique&nbsp;&raquo; (c&rsquo;est plus ou moins le sens que l&rsquo;on a donné au terme de &laquo;&nbsp;nabi&nbsp;&raquo; venu de l&rsquo;hébreu, lui qui fit partie de ce mouvement esthétique) , tout sont talent de peintre si singulier, pour que nous, nous les ressentions à notre tour, avec lui, dans l&rsquo;admiration de notre regard.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/marthebonnard2.vignette.jpg" alt="marthebonnard2.jpg" /></p>
<p>La peinture de Pierre Bonnard est une peinture &nbsp;&raquo;hors du temps&nbsp;&raquo;. Non pas qu&rsquo;elle soit intemporelle, non pas non plus qu&rsquo;elle prétende à une universalité quelconque qui par principe transcenderait l&rsquo;objet du tableau (cet objet qu&rsquo;on appelle souvent le &laquo;&nbsp;sujet&nbsp;&raquo;). Bonnard sait que le temps est un compte, un décompte, une mesure. C&rsquo;est hors de ce temps mesurable et toujours mesuré qu&rsquo;il se place. Il est dans cet &laquo;&nbsp;instant&nbsp;&raquo; dont il a été question ici-même dans d&rsquo;autres articles. Il est dans cet instant qui n&rsquo;est pas une fraction du temps mesuré, qui en serait une fraction infime, une seconde ou moins, un millième ou moins encore. Bonnard est, par son art, dans son art et sans doute parce que c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;est l&rsquo;art, un peintre de l&rsquo;instant, de l&rsquo;ici, du maintenant, irréductible, indépassable et qui est la vie même en tant qu&rsquo;elle est sa propre épreuve et qu&rsquo;elle ne peut jamais être déliée ni d&rsquo;elle-même, ni de nous, ni de rien. Un tableau de 1895 intitulé &laquo;&nbsp;L&rsquo;omnibus&nbsp;&raquo; est une magnifique &laquo;&nbsp;illustration&nbsp;&raquo; de cette instantanéité de la peinture de Bonnard: on y voit en un seul regard et sans mesure, en toute démesure, le mouvement, une scène où tout &laquo;&nbsp;bouge&nbsp;&raquo;. De la même manière, une stupéfiante photographie qu&rsquo;il a prise de Marthe, de dos, assise sur son lit, photographie qui semble non pas la figer mais l&rsquo;immobiliser. L&rsquo;immobiliser, au sens où celle immobilité est celle d&rsquo;un mouvement, d&rsquo;un geste en train de se déployer sous nos yeux et dans notre propre regard.</p>
<p> .<img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/bonnard9.jpg" alt="bonnard9.jpg" /></p>
<p> De la même façon, la peinture de Bonnard est une musique. Elle est d&rsquo;avant la figuration, la représentation, la réalité objective: elle résonne et fait résonner. Et aussi, sans doute parce que les sens ne connaissent entre eux aucune limite, aucune frontière: où commence l&rsquo;ouïe et où s&rsquo;arrête-t-elle, où s&rsquo;arrête-t-elle par rapport au toucher, par rapport au regard? Et chaque sens par rapport à l&rsquo;autre où commence-t-il, où finit-il? Même les neurologues, les plus grands connaisseurs du cerveau ne peuvent le dire. Même si l&rsquo;on a une approche positiviste du problème on ne peut répondre à cette question. C&rsquo;est William Faulkner qui dans une nouvelle intitulée &laquo;&nbsp;Fumée&nbsp;&raquo; (in &laquo;&nbsp;Le docteur Martino et autres nouvelles&nbsp;&raquo; Folio Gallimard) a montré cela de façon littéraire. Claude Romano dans &laquo;&nbsp;Le chant de la vie&nbsp;&raquo; (Essais Gallimard) en a fait la démonstration de façon remarquable.</p>
<p>Paul Gauguin qui à bien des égards est à l&rsquo;origine de la peinture de Pierre Bonnard fut peut-être le premier peintre musicien parce que sa façon de concevoir et de traiter la peinture mettait en résonances intenses couleurs et formes. C&rsquo;est au même moment que Nietzsche écrivait une oeuvre musicale, poétique, philologique, philosophique où la musique et la danse étaient les autres mots pour la vie, pour le corps, pour un réel vécu, pour un éternel retour de chaque instant. Peut-être, peut-on faire aussi ce rapprochement&#8230;</p>
<p>  <em><font size="2"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/serusierthetalisman.jpg" alt="serusierthetalisman.jpg" />  Paul Sérusier &laquo;&nbsp;Le talisman&nbsp;&raquo;</font></em></p>
<p>En tout cas, comme tous les &laquo;&nbsp;Nabis&nbsp;&raquo; ce groupe auquel il appartint au début de sa carrière, fondé par Paul Sérusier, inspiré par Gauguin, sont but dès ce moment-là était de se départir de tout naturalisme, de tout réalisme, de tout positivisme. Et aussi de tout idéalisme. Pour &laquo;&nbsp;dire&nbsp;&raquo; un art, une esthétique hédoniste (ce qui n&rsquo;exclut ni la mélancolie, ni la tristesse, ni la souffrance), une peinture vivante.</p>
<p> </p>
<p>Pour finir, rappelons qu&rsquo;après l&rsquo;exposition Bonnard du Musée d&rsquo;Art Moderne de Paris en 2006, le musée Fleury de la petite ville de Lodève au nord de l&rsquo;Hérault (à 35 ou 40 minutes de Montpellier) propose jusqu&rsquo;au 1er novembre 2009 une très belle réunion de tableaux de Pierre Bonnard.</p>
<p> </p>
<p>On pourra aussi lire le roman de Guy Gofette à propos de Marthe Bonnard: &laquo;&nbsp;Elle, par bonheur, et toujours nue&nbsp;&raquo; (éditions Folio Gallimard).</p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<title>Une lecture: &#171;&#160;La barque silencieuse&#160;&#187; de Pascal Quignard</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Sep 2009 15:58:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[  &#171;&#160;La barque silencieuse&#160;&#187; c&#8217;est le dernier livre de Pascal Quignard, déjà cité dans le précédent article consacré à la &#171;&#160;rentrée littéraire&#160;&#187;. Au chapitre XXII, Pascal Quignard écrit: &#171;&#160;Dans la littérature quelque chose résonne de l&#8217;autre monde. Quelque chose se transemt du secret.&#160;&#187; On peut, avant de lire ce livre singulier, avec le lequel il [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/labarquesilencieuse.pdf" id="p129"></a><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/quignard2.jpg" alt="quignard2.jpg" /> </p>
<p><font face="book antiqua,palatino"><font size="2">&laquo;&nbsp;La</font> <font size="2">barque silencieuse&nbsp;&raquo; c&rsquo;est le dernier livre de Pascal Quignard, déjà cité dans le précédent article consacré à la &laquo;&nbsp;rentrée littéraire&nbsp;&raquo;. </font></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="2">Au chapitre XXII, Pascal Quignard écrit: <em>&laquo;&nbsp;Dans la littérature quelque chose résonne de l&rsquo;autre monde. Quelque chose se transemt du secret.&nbsp;&raquo;</em></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="2">On peut, avant de lire ce livre singulier, avec le lequel il faut passer, non pas du temps, mais un peu (ou toute) notre vie en découvrir quelques lignes, quelques extraits, dans le document ci-après. On n&rsquo;y perdra rien. Pas de temps, certes. Ni de force. On y trouvera sans doute de l&rsquo;énergie, de l&rsquo;espoir, du désir.</font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="2"></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="2"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/labarquesilencieuse.pdf" id="p129"><img border="0" src="http://michelarcens.unblog.fr/wp-includes/images/pdf.png" align="absMiddle" alt="Une lecture: "La barque silencieuse" de Pascal Quignard dans littérature pdf" /></a> <font size="1">la barque silencieuse extraits  </font></font></p>
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		<title>Au retour&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Sep 2009 10:13:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[  Au retour Le temps échappé des nuits L&#8217;air tremblant de ces jours L&#8217;oiseau envolé disparu à l&#8217;horizon Comme une naissance du soir                                                                              Elle revenait du sommeil d&#8217;autrefois                                                                              Vers des désirs et des bonheurs sans limites                                                                              Cachée loin de tout au cœur du ciel                                                                              Dans la forêt violente dévorée Par un feu qui annonçait L&#8217;irrémédiable [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="andale mono,times"><font size="2"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/aot2009parisjoret017.jpg" class="imagelink" title="aot2009parisjoret017.jpg" rel="lightbox[123]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/aot2009parisjoret017.jpg" alt="aot2009parisjoret017.jpg" width="400" /></a>  </font></font></p>
<p><font face="andale mono,times"><font size="2"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/aot2009parisjoret017.jpg" class="imagelink" title="aot2009parisjoret017.jpg" rel="lightbox[123]"></a></font></font></p>
<p><font face="andale mono,times"><font size="2"><b>Au retour</b></font></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2"></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">Le temps échappé des nuits</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">L&rsquo;air tremblant de ces jours</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">L&rsquo;oiseau envolé disparu à l&rsquo;horizon</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">Comme une naissance du soir</font></p>
<p><font face="Times" size="2"></font></p>
<p><font face="Times" size="2"></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">                                                                             Elle revenait du sommeil d&rsquo;autrefois</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">                                                                             Vers des désirs et des bonheurs sans limites</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">                                                                             </font><font face="andale mono,times" size="2">Cachée loin de tout au cœur du ciel</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">                                                                             Dans la forêt violente dévorée</font></p>
<p><font face="Times" size="2"></font></p>
<p><font face="Times" size="2"></font></p>
<p><font face="Times" size="2"></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/aot2009parisjoret017.jpg" class="imagelink" title="aot2009parisjoret017.jpg" rel="lightbox[123]"></a></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">Par un feu qui annonçait</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">L&rsquo;irrémédiable chant </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">Des terreurs enfuies</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">Des pluies fertiles et insatiables</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">                                                                              Elle marchait vers la source  </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2">                                                                              La lumière de son corps</font></p>
<p><font face="Times" size="2">                                                                              Ses gestes apaisés</font></p>
<p><font face="Times" size="2">                                                                              La sérénité demeure </font></p>
<p><font face="Times" size="2"></font></p>
<p><font face="Times" size="2">                                                                                                                   </font></p>
<p><font face="Times" size="2"></font></p>
<p><font face="Times" size="2"><em></em></font></p>
<p><font face="Times" size="2"><em></em></font></p>
<p><font face="Times" size="2"><em></em></font></p>
<p><font face="Times" size="2"><em>Michel Arcens     août-septembre 2009</em></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2"><em></em></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="2"><em><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/007.jpg" class="imagelink" title="007.jpg" rel="lightbox[123]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/007.jpg" alt="007.jpg" width="400" /></a></em></font></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La &#171;&#160;rentrée musicale&#160;&#187;, une alternative.</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/09/03/la-rentree-musicale-une-alternative/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 11:56:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[musiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Une alternative à la rentrée littéraire c&#8217;est la rentrée musicale.  Akiko Yamamoto Dénicher quelques bons disques (ou quelques bons téléchargements&#8230;ou même quelques écoutes gratuites en ligne) et vivre quelques instants musicaux et toutes les émotions qui vont avec c&#8217;est aussi important que les bonnes lectures qui s&#8217;offrent à nous. Assurément. (On pourrait même se demander [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="book antiqua,palatino">Une alternative à la rentrée littéraire c&rsquo;est la rentrée musicale. <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/akikoyamamoto.vignette.jpg" alt="akikoyamamoto.jpg" /> <em><font size="1">Akiko Yamamoto</font></em></font></p>
<p><font face="Book Antiqua">Dénicher quelques bons disques (ou quelques bons téléchargements&#8230;ou même quelques écoutes gratuites en ligne) et vivre quelques instants musicaux et toutes les émotions qui vont avec c&rsquo;est aussi important que les bonnes lectures qui s&rsquo;offrent à nous. Assurément. (On pourrait même se demander ce que serait une lecture qui ne serait pas &laquo;&nbsp;musicale&nbsp;&raquo;! Mais cela, ça serait évidemment une autre histoire&#8230;)</font></p>
<p><font face="Book Antiqua"></font></p>
<p><font face="Book Antiqua"></font></p>
<p><font face="Book Antiqua"> </font><font face="Book Antiqua">Bien plus que dans le domaine de la forêt encore vierge des livres de ce mois-ci, &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; a fait une petite sélection un peu dans tous les genres musicaux (rien ne dit d&rsquo;ailleurs que les musiques du monde, le rock et l&rsquo;alternative pour ne pas parler de la musique contemporaine ne trouvent pas bientôt leur place ici). </font></p>
<p><font face="Book Antiqua">Une sélection n&rsquo;est pas une classification, une hiérarchisation. C&rsquo;est en partie le hasard qui a guidé la recherche. Celle-ci s&rsquo;est donc arrêtée sur ses &laquo;&nbsp;coups de coeur&nbsp;&raquo; sans vouloir explorer de façon analytique et encore moins exhaustive tout ce qui pouvait se présenter à nous depuis quelques jours.</font></p>
<p><font face="Book Antiqua">Dans le désordre voici donc quelques promesses annoncées!</font></p>
<p><font face="Book Antiqua"><strong>Brahms tout d&rsquo;abord, </strong>par le Quatuor Ebène et la pianiste Akiko Yamamoto</font></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/brahms.vignette.jpg" alt="brahms.jpg" /></p>
<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une très belle interprétation du quatuor n°1 en Cm op 51 et du quintette avec piano en Fm op 34: d&rsquo;où la présence autour du jeune quatuor français de la pianiste japonaise Akiko Yamamoto (<font size="1">un CD Virgin en écoute gratuite sur spotify ou musicme par exemple)</font></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/yamamoto.vignette.gif" alt="yamamoto.gif" /><em><font size="1">Akiko Yamamoto</font></em></p>
<p><strong></strong></p>
<p><strong>Vivaldi en deuxième lieu:</strong> les &laquo;&nbsp;gloria&nbsp;&raquo; RV 588 et 589 par le Concerto italiano de Ronaldo Allessandrini avec Sara Mingardo, contralto</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/mingardo1.vignette.jpg" alt="mingardo1.jpg" /> <em><font size="1">(un disque Naïve dont on peut écouter des extraits -des plages entières- sur l&rsquo;excellent site de l&rsquo;éditeur <a href="http://www.naive.fr/">www.naive.fr</a> )</font></em></p>
<p><em><font size="1"></font></em></p>
<p><strong>Anne Gastinel, la violoncelliste </strong>dans un récital de musique espagnole (Granados, de Falla, Cassado) en troisième lieu. Elle y est en duo avec le guitariste Pablo Marquez. Ca s&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;Ibéria&nbsp;&raquo; et à ce jour c&rsquo;est à paraître chez Naïve le 22 septembre.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/gastinel4.vignette.jpg" alt="gastinel4.jpg" /> <em><font size="1">(dès maintenant des plages entières à l&rsquo;écoute sur le site naïve)<img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/gastinel.vignette.jpg" alt="gastinel.jpg" /></font></em></p>
<p><strong></strong></p>
<p><strong>Sur le label ECM </strong>on peut sans peine dénicher trois bijoux:</p>
<p>* Un disque avec l&rsquo;altiste Kim Kashkashian </p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/ecm2.vignette.jpg" alt="ecm2.jpg" />  et aussi le Münchener Kammerorchester dirigé par Alexander Liebreich, leBoston modern orchestra project, Neharot Neharot, Betty Olivero&#8230;musiques d&rsquo;Argentine, d&rsquo;Espagne, rencontres israéliennes et arméniennes. Un beau programme.</p>
<p>* Un disque du très beau pianiste (on parle de sa musique, évidemment) américain Steve Khun, musicien intimiste et raffiné, inspiré par Bill Evans.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/ecm3.vignette.jpg" alt="ecm3.jpg" /></p>
<p>Il est accompagné par le bassiste  David Fink et le batteur Joey Barron (l&rsquo;un des meilleurs!). Comme il s&rsquo;agit d&rsquo;un &laquo;&nbsp;Mostly Coltrane&nbsp;&raquo; qui renvoit bien sûr aux thèmes favoris du saxophoniste mais aussi à Sonny Rollins, Steve Kuhn est également accompagné de l&rsquo;un des plus certains &laquo;&nbsp;coltraniens&nbsp;&raquo; de tous, Joe Lovano.</p>
<p>* Toujours chez ECM signalons aussi un disque du pianiste italien Stefano Bollani &laquo;&nbsp;Store in water&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/ecm.vignette.jpg" alt="ecm.jpg" />   Il est accompagné par Jasper Bodiben et Morten Lund. Stefano est l&rsquo;un des meilleurs de son jeune temps.</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/gastienl6.jpg" class="imagelink" title="gastienl6.jpg" rel="lightbox[101]"></a></p>
<p>Pour conclure, signalons que la Cité de la Musique à Paris présentera du 16 octobre au 17 janvier 2010 une exposition intitulée &laquo;&nbsp;We want Miles&nbsp;&raquo; <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/wewantmiles.jpg" alt="wewantmiles.jpg" />à l&rsquo;occasion du cinquantième anniversaire de &laquo;&nbsp;Kind of Blue&nbsp;&raquo; dont &laquo;&nbsp;L&rsquo;instant&nbsp;&raquo; s&rsquo;est déjà fait l&rsquo;écho dans un précédent article.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
]]></content:encoded>
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		<title>La rentrée littéraire ou le journal du séducteur</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/09/02/la-rentree-litteraire-ou-le-journal-du-seducteur/</link>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 15:33:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Difficile pour un « blog » qui se prétend intéressé par la littérature de ne pas parler en cette &#171;&#160;saison&#160;&#187; de la « rentrée littéraire ».On peut comprendre la nécessité de cet exercice annuel dont la finalité est sans doute plus commerciale que purement artistique. On peut comprendre aussi que les éditeurs et les écrivains aient besoin de lecteurs/acheteurs. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Difficile pour un « blog » qui se prétend intéressé par la littérature de ne pas parler en cette &laquo;&nbsp;saison&nbsp;&raquo; de la « rentrée littéraire ».On peut comprendre la nécessité de cet exercice annuel dont la finalité est sans doute plus commerciale que purement artistique. On peut comprendre aussi que les éditeurs et les écrivains aient besoin de lecteurs/acheteurs. C&rsquo;est bien la moindre des choses.</p>
<p>« L&rsquo;instant » ne va pas cependant se prendre pour ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas (en tout cas je vais tenter de ne pas me prendre pour ce que je ne suis pas, critique littéraire, écrivain ou les deux à la fois comme c&rsquo;est souvent le cas désormais) et faire quelques recommandations parmi les six-cent et quelques parutions du mois de septembre que je n&rsquo;ai évidemment pas lues.</p>
<p>Avant de finir cet article par un double souvenir/évocation de Tahiti, pays rêvé autant que pays réel, deux choses cependant :<img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/gauguinpaulduedonneatahiti2408553.vignette.jpg" alt="gauguinpaulduedonneatahiti2408553.jpg" /></p>
<p>Tout d&rsquo;abord parmi les publications de cette fameuse « rentrée » il y en a une qui est, pour moi, une véritable promesse. Il s&rsquo;agit du livre de Pascal Quignard « La barque silencieuse » (Le Seuil 18 €). Et une autre aussi, sans doute, avec le livre d&rsquo;Alain Finkielkraut « Le cœur intelligent » (Stock/Flammarion 20 €).</p>
<p>Ensuite, on peut, à contresens de la « rentrée », comme le disait il y a quelques jours dans une conférence radiodiffusée, Michel Onfray, faire ce que Nietzsche recommandait, c&rsquo;est-à-dire « ruminer ». Ruminer c&rsquo;est relire. Relire c&rsquo;est fraterniser avec les classiques, les auteurs et les livres déjà lus ou avec ceux du passé que l&rsquo;on peut encore découvrir.</p>
<p>Alors, et sans prétention aucune voici deux suggestions (et rien de plus) qui me semblent hors des sentiers. Hors ceux de la « rentrée » de toute évidence, hors ceux des plus courantes lectures des livres d&rsquo;autrefois :</p>
<p>Tout d&rsquo;abord, « Le journal du séducteur » de Søren Kierkegaard (1813 &#8211; 1855) (Folio essais 5,23 €)<em><font size="2"> </font></em></p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/fretratokierkegaard3.vignette.jpg" alt="fretratokierkegaard3.jpg" /> <em><font size="1">Soren Kierkegaard</font></em></p>
<p> On dirait aujourd&rsquo;hui sans doute qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une autofiction. Elle est due à un jeune philosophe qui avait tout juste trente ans en 1843. Peut-être à cause d&rsquo;un patronyme rébarbatif il passe pour une sorte de rabat-joie difficile à lire et encore plus à comprendre. Il est vrai qu&rsquo;il a notamment écrit « Le concept d&rsquo;angoisse » ou « Le traité du désespoir » ! Deux « programmes » pas vraiment réjouissants et propres à la rigolade. Pourtant Kierkegaard qui me semble être l&rsquo;un des plus grands penseurs de tous les temps, l&rsquo;un de ceux qui comme Nietzsche et à peu près au même moment que lui, se sont opposés à Hegel et au hégélianisme alors régnant. Il l&rsquo;a fait de façon ironique, parfois très drôle (il avait sans doute beaucoup plus que Nietzsche le sens de l&rsquo;humour ce qui n&rsquo;est pas difficile, je le reconnais) et il écrivait souvent de façon fulgurante. Son « Post-scriptum aux miettes philosophiques » est ainsi une sorte « d&rsquo;alter-ego » du « Gai savoir », ouvrage décisif de la pensée « contemporaine ».</p>
<p>« Le journal du séducteur » n&rsquo;a, quant à lui, rien d&rsquo;un livre de philosophie, rien non plus d&rsquo;un roman philosophique ou moral, encore moins sentencieux. Il est seulement un livre brillant, œuvre cependant « philosophique », existentielle, sans le démontrer, sans même le montrer. (Il a été, sauf erreur, adapté deux fois au cinéma).</p>
<p>Et puis, un « Journal » qui commence par cette citation empruntée au livret de Da Ponte pour le magnifique « Don Giovanni » de Mozart : « <em>Sua passion&rsquo; predominante / e la giovin principante</em> » peut-il être vraiment mauvais ?</p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/467pxpaulgauguin145.jpg" class="imagelink" title="467pxpaulgauguin145.jpg" rel="lightbox[85]"></a></p>
<p>Notons au passage que la lecture enjouée du « Journal du séducteur » complètera celle de l&rsquo;excellent numéro de septembre du « Magazine littéraire » qui nous propose, sous la plume d&rsquo;Alexis Lacroix, un article intitulé « Je pense, donc j&rsquo;écris » à ces philosophes qui s&rsquo;intéressent à la littérature (à la fiction, au roman&#8230;). (Voir ci-contre le « lien » avec le site de cette revue). Elle viendra également en contre-point à l&rsquo;éditorial de Joseph Macé-Scaron l&rsquo;excellent directeur de la rédaction du « Magazine », éditorial qui fait référence à notre philosophe danois (Søren Kierkegaard, évidemment).</p>
<p>C&rsquo;est ce que « L&rsquo;instant » tente aussi de faire à sa manière, que de rapprocher philosophie et littérature. Et pas seulement ; l&rsquo;écriture n&rsquo;étant qu&rsquo;une modalité de la création.</p>
<p> </p>
<p><b>La rentrée littéraire ou la mémoire perdue</b></p>
<p>Toutefois, pour celles et pour ceux qui ne voudraient pas aborder le navire kierkegaardien, fut-ce par une œuvre littéraire, « L&rsquo;instant » propose un autre petit livre, drôle, ironique, critique. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un livre de Victor Segalen (1878-1919)</p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/segalentahiti1903.vignette.jpg" alt="segalentahiti1903.jpg" /> <em><font size="1">Victor Segalen à Tahiti</font></em></p>
<p>intitulé « Les immémoriaux » (Livre de poche 5,50 €). Il a été publié le 24 septembre  1907(Segalen avait donc à peu près le même âge que notre Søren du « Journal ») à un moment où l&rsquo;on ne parlait pas encore vraiment de « rentrée » littéraire. Cela se passe à Tahiti. Et l&rsquo;on y découvre en s&rsquo;amusant beaucoup que c&rsquo;est sans doute de l&rsquo;essentiel que la mémoire a été perdue. Peut-être parce que l&rsquo;essentiel, par principe nous avons tendance à l&rsquo;oublier, à ne pas le voir&#8230;On peut s&rsquo;amuser, sourire et même rire tout en disant des choses &#8230; essentielles.</p>
<p> <img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/09/467pxpaulgauguin145.vignette.jpg" alt="467pxpaulgauguin145.jpg" /></p>
<p>On pourrait sans doute aussi bien lire et relire &laquo;&nbsp;Noa, Noa&nbsp;&raquo; (Ecrits d&rsquo;artistes 4,75 €) de Paul Gauguin qui fut le peintre le plus musicien de tous les temps.</p>
<p>Tout cela ferait une rentrée littéraire à 15,48 € (prix Fnac)! et un peu plus de 50 € si l&rsquo;on ajoute dans un irrépréssible mouvement de générosité pour le présent et l&rsquo;actualité les deux autres livres cités (Pascal Quignard et Alain Finkielkraut) ce qui n&rsquo;est pas un mauvais substitut à plus de 600 autres ouvrages. Parmi lesquels, quelques merveilles, n&rsquo;en doutons pas.</p>
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		<title>&#171;&#160;La poésie est affaire de courage&#8230;&#160;&#187; ou avec Jean Rouaud et &#171;&#160;L&#8217;imitation du bonheur&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Aug 2009 16:59:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;La poésie est affaire de courage&#8230;&#160;&#187;:cette affirmation assurément &#171;&#160;nietzschéenne&#160;&#187; on la trouve dans un roman de Jean Rouaud &#171;&#160;L&#8217;imitation du bonheur&#160;&#187;. Ce roman, il faut le lire car il est un moment de réflexion, d&#8217;apprentissage, de saveurs, de plaisirs, de grâce, d&#8217;intelligence. Pour rendre à celui à qui je dois sa lecture je rappelle que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="book antiqua,palatino"><em><strong><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/jeanrouaud.vignette.jpg" alt="jeanrouaud.jpg" />&laquo;&nbsp;La poésie est affaire de courage&#8230;&nbsp;&raquo;:</strong></em>cette affirmation assurément &laquo;&nbsp;nietzschéenne&nbsp;&raquo; on la trouve dans un roman de Jean Rouaud &laquo;&nbsp;L&rsquo;imitation du bonheur&nbsp;&raquo;. Ce roman, il faut le lire car il est un moment de réflexion, d&rsquo;apprentissage, de saveurs, de plaisirs, de grâce, d&rsquo;intelligence. </font></p>
<p><font face="Book Antiqua">Pour rendre à celui à qui je dois sa lecture je rappelle que c&rsquo;est mon ami Serge Bonnery (voir ici même le lien avec son blog) qui en a signalé il y a quelques jours l&rsquo;excellence. Cela se trouve chez &laquo;&nbsp;Folio&nbsp;&raquo;: tout le monde peut donc lire &laquo;&nbsp;L&rsquo;imitation du bonheur&nbsp;&raquo;.</font></p>
<p><font face="Book Antiqua">&laquo;&nbsp;L&rsquo;imitation du bonheur&nbsp;&raquo; qui procure maintes émotions, pose aussi quelques questions sur la littérature elle-même. Mais, que personne ne s&rsquo;en inquiète, Jean Rouaud fait cela avec beaucoup de légèreté et même d&rsquo;humour.</font></p>
<p><font face="Book Antiqua">Dans <em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;imitation du bonheur&nbsp;&raquo;</em> l&rsquo;auteur parle à son personnage principal: il lui parle d&rsquo;elle <em>(&laquo;&nbsp;la plus belle ornithologue du</em> <em>monde&nbsp;&raquo;, Constance Monastier),</em> il lui parle de son histoire, de ce qui va lui arriver, de ce qu&rsquo;il va lui éviter en racontant son histoire et en prenant garde qu&rsquo;il n&rsquo;y ait aucune déroute dans ce récit imaginaire et réel à la fois, il lui parle des autres personnages et de bien d&rsquo;autres choses encore.</font></p>
<p><font face="Book Antiqua">Alors qu&rsquo;en est-il de la littérature? Qu&rsquo;en est-il de la fiction? Qu&rsquo;y a-t-il de &laquo;&nbsp;réel&nbsp;&raquo; dans un roman? Si la littérature, si le roman est &laquo;&nbsp;fictionnel&nbsp;&raquo; y a-t-il place pour du réel, pour une biographie vécue, pour le passé même? On pourrait imaginer, il me semble, que toute littérature pour être à coup sûr oeuvre de fiction devrait être de &laquo;&nbsp;science-fiction&nbsp;&raquo; ou en tout cas se situer dans l&rsquo;avenir: là où le réel n&rsquo;est encore que possible&#8230;ou aussi bien impossible.</font></p>
<p><font face="Book Antiqua">Dans &laquo;&nbsp;L&rsquo;imitation du bonheur&nbsp;&raquo; on verra donc Jean Rouaud &laquo;&nbsp;ferrailler&nbsp;&raquo; avec le roman naturaliste et Emile Zola dont il qualifie la production de &laquo;&nbsp;capitulation littéraire&nbsp;&raquo;. Ca n&rsquo;est qu&rsquo;un exemple&#8230; </font></p>
<p><font face="Book Antiqua">A l&rsquo;opposé, Jean Rouaud nous dit combien <em>&laquo;&nbsp;le travail de l&rsquo;imaginaire est le résultat de l&rsquo;effort de la volonté&nbsp;&raquo;,</em>autre affirmation que Nietzsche, sans doute aurait pu signer!</font></p>
<p>On apprendra aussi des choses passionnantes sur la Commune de Paris, un épisode de notre histoire qui devrait nous faire regarder le monde souvent bien autrement que nous le faisons. Enfin, c&rsquo;est qu&rsquo;il me semble! Et qui connaît aujourd&rsquo;hui Eugène Varlin?</p>
<p><font face="book antiqua,palatino">On apprendra aussi beaucoup de choses sur la photographie et notamment comment elle fut possible dès le concile de Nicée! (Pour tous ceux qui sont passionnés de photographie et qui seraient un peu pressés qu&rsquo;ils aillent directement aux pages 45, 46, 158, 334, 335, 405, 406 -pour ces deux dernières références il s&rsquo;agit de la photographie comme &laquo;&nbsp;témoignage&nbsp;&raquo;-) Et pour ceux qui s&rsquo;intéressent davantage au cinéma il y a aussi des choses passionnantes dans ce livre (pages 217, 271, 362, pour faire vite&#8230;)</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino"><em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;imitation du bonheur&nbsp;&raquo; </em>est un étourdissant roman d&rsquo;amour (c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il faut aimer parce que c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;est l&rsquo;amour) et même un roman d&rsquo;aventure à la fin du XIX° siècle (pendant la Commune et dix ans plus tard). C&rsquo;est aussi un roman qui s&rsquo;interroge sur le romanesque, sur la poésie, sur le réel, sur la vérité. Et l&rsquo;on imagine bien que Jean Rouaud la trouve davantage dans la littérature et dans l&rsquo;imaginaire que dans le réel et la science positiviste, plus dans <em>&laquo;&nbsp;La recherche&nbsp;&raquo; </em>que chez les &laquo;&nbsp;<em>Rougon&nbsp;&raquo;. </em></font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino">Ce roman qui fait revenir Constance Monastier <em>&laquo;&nbsp;du pays des morts&nbsp;&raquo; </em>(page 613) ce qui fait de l&rsquo;écrivain une figure éternelle d&rsquo;Orphée,  répondant aussi à <em>&laquo;&nbsp;ma pratique habituelle qui&#8230;consiste à travers le récit à s&rsquo;interroger aussi sur la façon de le raconter&nbsp;&raquo;  </em>(page 445) comme l&rsquo;écrit Jean Rouaud lui-même, est une sorte &laquo;&nbsp;d&rsquo;oeuvre totale&nbsp;&raquo; qui en chaque instant reste cependant si simple, si limpide, si claire.</font></p>
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		<title>Une &#171;&#160;lecture&#160;&#187; de Miles Davis: énigme et incertitude</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Aug 2009 15:05:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[musiques]]></category>

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		<description><![CDATA[  On peut lire la musique comme on lit un livre. Comme si on n&#8217;écoutait pas les livres ! Les livres ont une musique qui n&#8217;est qu&#8217;à eux: une musique intérieure, silencieuse, mais une musique quand même. Les livres sont une musique. Et les musiques elles, elles nous parlent, nous disent des &#171;&#160;choses&#160;&#187;, nous touchent, nous [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/enigmeetincertitude.pdf"></a><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/kindofblue.jpg" alt="kindofblue.jpg" /></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">On peut lire la musique comme on lit un livre. </font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">Comme si on n&rsquo;écoutait pas les livres ! Les livres ont une musique qui n&rsquo;est qu&rsquo;à eux: une musique intérieure, silencieuse, mais une musique quand même. Les livres sont une musique. Et les musiques elles, elles nous parlent, nous disent des &laquo;&nbsp;choses&nbsp;&raquo;, nous touchent, nous affectent par du sens, par les phrases et le phrasé des musiciens, par les mots si particuliers qui sont les leurs.</font></p>
<p><font face="Comic Sans MS">Le texte ci-joint (fichier sous format pdf<a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/enigmeetincertitude.pdf" id="p75"><img border="0" src="http://michelarcens.unblog.fr/wp-includes/images/pdf.png" align="absMiddle" alt="Une "lecture" de Miles Davis: énigme et incertitude dans musiques pdf" /></a><u><font color="#0066cc">enigmeetincertitude.pdf) </font></u>est ainsi une tentative de lecture de la musique de Miles Davis.<em> (extrait d&rsquo; &laquo;&nbsp;Instants de jazz&nbsp;&raquo; à paraître aux édtions Alter Ego avec des photos originales de Jean-Jacques Pussiau)</em> Plus particulièrement sur cet enregistrement qui s&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;Kind of blue&nbsp;&raquo; et qui a la redoutable réputation d&rsquo;être &laquo;&nbsp;historique&nbsp;&raquo;, voire d&rsquo;être le plus grand, le plus beau, le plus réussi de tous les disques de jazz. Et qui, probablement l&rsquo;est. Si toutefois un tel classement, une telle hiérarchie est possible et a un sens.</font></p>
<p><font face="Comic Sans MS">&laquo;&nbsp;Kind of blue&nbsp;&raquo; ouvre une nouvelle époque, un nouveau monde, de nouveaux horizons, de nouvelles lumières. &laquo;&nbsp;Kind of blue&nbsp;&raquo; nous dit l&rsquo;interrogation qui ne trouve jamais de répit et qui est au fond de nous, pour toujours. </font></p>
<p><font face="Comic Sans MS">Quels sont les bleus, du ciel, de la mer, du tissu de la robe légère, du tableau dans la pénombre..? Qu&rsquo;est-ce donc que tout cela? </font></p>
<p><font face="Comic Sans MS"><em>&laquo;&nbsp;Rien n&rsquo;est figé&#8230;le ciel habite la mer et la mer a rejoint le ciel&#8230;l&rsquo;horizon s&rsquo;est retiré&#8230;les couleurs ont perdu leurs sonorités et trouvé un repos silencieux&#8230;une sorte de voûte sacrée où le bleu soupire dans l&rsquo;espace pour habiter l&rsquo;inaccessible.&nbsp;&raquo; </em>dit une citation de Valérie Mallet que l&rsquo;on peut lire dans ce texte ci-dessus sous le titre &nbsp;&raquo;Enigme et incertitude.&nbsp;&raquo;</font></p>
<p><font face="Comic Sans MS"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/mayotte.jpg" class="imagelink" title="mayotte.jpg" rel="lightbox[79]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/mayotte.jpg" alt="mayotte.jpg" width="400" /></a></font></p>
<p><font face="Comic Sans MS" size="1">l&rsquo;île de Mayotte (Océan Indien)         <em>photo de Flore Baudry </em></font></p>
<p><font face="Comic Sans MS">Ce que nous &laquo;&nbsp;lisons&nbsp;&raquo; avec &laquo;&nbsp;Kind of blue&nbsp;&raquo; (Miles Davis trompette, John Coltrane saxophone ténor, Julian &laquo;&nbsp;Cannonball&nbsp;&raquo; Adderley saxophone alto, Bill Evans ou Wynton Kelly piano, Paul Chambers contrebasse et Jimmy Cobb batterie), enregistrement de 1959, comme sans doute avec toute la musique de Miles Davis c&rsquo;est que ce qui semble être la vérité n&rsquo;est le plus souvent qu&rsquo;illusion. </font></p>
<p><font face="Comic Sans MS"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/milesdavis.jpg" alt="milesdavis.jpg" /></font></p>
<p><font face="Comic Sans MS">Et que la musique, les livres, mais aussi les sentiments, l&rsquo;amour fut-il de passage ou &laquo;&nbsp;à vendre&nbsp;&raquo;, le vent dans le ciel et le &laquo;&nbsp;dauphin vert&nbsp;&raquo; dans la rue qui porte son nom, en savent bien plus que nos certitudes.</font></p>
<p><font face="Comic Sans MS">&laquo;&nbsp;Kind of blue&nbsp;&raquo; (Columbia legacy Sony music 2 CD/1DVD) est une musique sans fin. Comme toute énigme: c&rsquo;est une question qui demeure sans réponse. Parce qu&rsquo;elle ne peut avoir de réponse.</font></p>
<p><font face="Comic Sans MS"></font></p>
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		<item>
		<title>&#171;&#160;Elle était très jolie, très gaie&#8230;&#160;&#187; une lecture de Jean Echenoz</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/08/15/elle-etait-tres-jolie-tres-gaie-une-lecture-de-jean-echenoz/</link>
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		<pubDate>Sat, 15 Aug 2009 13:22:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;&#187; Elle courut vers la voiture, embrassa Ethel Gibbs et l&#8217;entraîna vers l&#8217;intérieur de la maison. Elle était très jolie, très gaie&#8230;&#160;&#187;  (Jean Echenoz &#171;&#160;Cherokee&#160;&#187; éditions de Minuit) Cette citation de Jean Echenoz peut être lue comme une sorte de &#171;&#160;banalité&#160;&#187;. Hors tout contexte. Mais aussi, bien sûr à l&#8217;intérieur même du texte et du [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font face="andale mono,times"><strong><em><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/210409008.jpg" alt="210409008.jpg" width="400" /></em></strong></font></p>
<p><font face="andale mono,times"><strong><em></em></strong></font></p>
<p><font face="andale mono,times"><font size="4"><strong><em>&nbsp;&raquo; Elle courut vers la voiture, embrassa Ethel Gibbs et l&rsquo;entraîna vers l&rsquo;intérieur de la maison. Elle était très jolie, très gaie&#8230;&nbsp;&raquo;  </em></strong></font><font size="2">(Jean Echenoz &laquo;&nbsp;Cherokee&nbsp;&raquo; éditions de Minuit)</font></font></p>
<p><font face="Times"></font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"></font></p>
<p><font size="2"><font face="times new roman,times" size="3"></font></font></p>
<p><font size="2"><font face="times new roman,times" size="3"></font></font></p>
<p><font size="2"><font face="times new roman,times" size="3"></font></font></p>
<p><font size="2"><font face="times new roman,times" size="3"></font></font></p>
<p><font face="times new roman,times"></font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">Cette citation de Jean Echenoz peut être lue comme une sorte de &laquo;&nbsp;banalité&nbsp;&raquo;. Hors tout contexte. Mais aussi, bien sûr à l&rsquo;intérieur même du texte et du roman dont elle ne constitue en quelque sorte qu&rsquo;un élément très anodin, tout juste &laquo;&nbsp;passager&nbsp;&raquo;.</font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">Hors tout contexte, indépendamment de celui-ci ou à l&rsquo;intérieur même de ce récit, elle peut aussi avoir un sens très particulier, une signification essentielle.</font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">On peut donc &laquo;&nbsp;l&rsquo;interpréter&nbsp;&raquo;&#8230; comme l&rsquo;on dit peut-être d&rsquo;une musique.</font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">On peut la lire de façon courante, c&rsquo;est-à-dire &laquo;&nbsp;en passant&nbsp;&raquo;, en y voyant un épisode sans grande importance, un moment du récit plus ou moins banal; on peut aussi en faire une lecture un peu différente. Comme ce qui suit et tente de le faire.</font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand"></font></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/210409005.jpg" class="imagelink" title="210409005.jpg" rel="lightbox[74]"><font face="comic sans ms,sand"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/210409005.jpg" alt="210409005.jpg" width="400" /></font></a></p>
<p><font face="comic sans ms,sand"></font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">Voici une jeune femme qui court, qui embrasse un autre personnage. Le narrateur (à moins que ça ne soit le lecteur) la trouve <em>&laquo;&nbsp;très jolie&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;très gaie&nbsp;&raquo;.</em> Voici une jeune femme, dans les actes les plus simples de sa vie, dans ses gestes &laquo;&nbsp;quotidiens&nbsp;&raquo;. Voici ce qu&rsquo;éprouve aussi celui qui l&rsquo;aperçoit.</font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">Cela, tout cela, tout ensemble, n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une vie. Chacun de nous est chacun de ses gestes, chacune de ses paroles, ce qu&rsquo;il éprouve comme joie et peut-être comme tristesse, ce que les autres éprouvent à son sujet.</font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">C&rsquo;est aussi (tout cela) ce qu&rsquo;on oublie le plus souvent. Parce que la vie est là, immédiate et toujours présente et qu&rsquo;elle se fait oublier. Alors, nous sommes souvent fascinés par bien d&rsquo;autres choses qui captent notre attention, notre regard.</font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">C&rsquo;est pour cela que cette phrase de Jean Echenoz peut être considérée comme remarquable. Si l&rsquo;on veut bien y prêter un peu d&rsquo;attention, elle nous rappelle la vie, ce qu&rsquo;elle est: elle nous rappelle à la vie. Elle nous dit surtout que la vie est action, qu&rsquo;elle est ce corps qui court, qui se penche un peu pour un geste d&rsquo;affection ou de tendresse, qui &laquo;&nbsp;respire&nbsp;&raquo; la gaieté et la joie. Cette phrase, si simple, si &laquo;&nbsp;banale&nbsp;&raquo; nous dit que la vie est là, maintenant, et ici. Qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas dans un &laquo;&nbsp;arrière-monde&nbsp;&raquo;, qu&rsquo;elle est dans ce monde, qu&rsquo;elle est ce monde, qu&rsquo;elle est notre corps, que nous sommes existence et que nous ne sommes rien d&rsquo;autre que cela.</font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">La vie n&rsquo;est pas une idée, une idéalité: elle est toujours concrète et matérielle: elle est la définition même de la réalité et de la matérialité. </font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">Sans aucun doute, les sciences (et même toutes les sciences ensemble, si cela était aujourd&rsquo;hui possible) ne peuvent rendre compte de ce qu&rsquo;est cette vie. Sans plus de doute, même les sciences de la vie (biologie&#8230;) ne le peuvent davantage. Mais en même temps les sciences de la vie nous disent beaucoup de choses sur cette vie que nous sommes quand elles ne parlent pas d&rsquo;une vie abstraite, d&rsquo;un corps abstrait, d&rsquo;un corps en général. </font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">Car cette jeune femme qui court, qui embrasse, est un corps vivant dont aucun élément ne peut être nié. Pas davantage la chair dont il est fait et qui peut se dire comme cellules, tissus, neurones, organes. Pas davantage ce qui le fonde comme corps vivant unique, subjectif et qui est passion et épreuve incessante de soi. </font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">Distinguer les deux pour les opposer c&rsquo;est commettre un contresens total. A l&rsquo;inverse il ne faut que les comprendre, autrement dit  les rassembler en une seule et même réalité, celle de la vie. L&rsquo;oubli du corps, dans toutes les acceptions du terme est pourtant la règle commune. Sans doute observons nous plus souvent le corps-objet que le corps-sujet. Le premier est même fréquemment le lieu de toutes les attentions. Mais, plus profondément, ignorer l&rsquo;un ou ignorer l&rsquo;autre procède de la même erreur. Parce que <em>l&rsquo;un est l&rsquo;autre</em>, indissociablement.</font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">La vie est à chaque instant le contraire d&rsquo;une idéalité. C&rsquo;est cela que nous devons &laquo;&nbsp;approuver&nbsp;&raquo; constamment dans une société dont les &laquo;&nbsp;valeurs&nbsp;&raquo; sont fondées sur le dualisme de l&rsquo;âme et du corps. C&rsquo;est ce que nous devons proclamer contre tout ce qui s&rsquo;oppose chaque jour à cette réalité, à la réalité telle qu&rsquo;elle est. </font></p>
<p><font face="comic sans ms,sand">Voici l&rsquo;enjeu: approuver l&rsquo;existence, le corps et la vie!</font></p>
<p><em><font face="Comic Sans MS">&laquo;&nbsp;Comment ça va la vie avec une autre,</font></em></p>
<p><em><font face="Comic Sans MS">Plus simple, n&rsquo;est-ce pas? &#8230;</font></em></p>
<p><em><font face="Comic Sans MS">&#8230;Commnet ça va &laquo;&nbsp;vivre&nbsp;&raquo;, comment va-t-elle</font></em></p>
<p><em><font face="Comic Sans MS">La force d&rsquo;être? Et de chanter la force? &#8230;&nbsp;&raquo;               (Marina Tsvétaïeva &laquo;&nbsp;Tentative de jalousie&nbsp;&raquo;, éditions Gallimard)</font></em></p>
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		<title>&#171;&#160;Une photographie&#160;&#187;: texte, poème, évocation, parole, écrit&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Aug 2009 10:31:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[  Une photographie C&#8217;était il y a longtemps. Aujourd&#8217;hui je n&#8217;aperçois plus ni les paysages, ni même ton visage. Ce sont eux pourtant qui m&#8217;ont saisi comme au premier lever du jour. Entre mes mains, sous mon regard, ce papier, cette image, ne purent rien me montrer, rien me faire voir. Mais, désormais ils révèlent [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/vs.jpg" class="imagelink" title="vs.jpg" rel="lightbox[69]"></a></p>
<p> </p>
<p><strong><font face="book antiqua,palatino" size="4">Une photographie</font></strong></p>
<p><strong><font face="Book Antiqua" size="5"><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/vs.jpg" class="imagelink" title="vs.jpg" rel="lightbox[69]"></a></font></strong></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="2">C&rsquo;était il y a longtemps.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="2">Aujourd&rsquo;hui je n&rsquo;aperçois plus ni les paysages, ni même ton visage.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="2">Ce sont eux pourtant qui m&rsquo;ont saisi comme au premier lever du jour.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="2">Entre mes mains, sous mon regard, ce papier, cette image, ne purent rien me montrer, rien me faire voir.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="2">Mais, désormais ils révèlent tout. Rien ne se cache, rien ne se dérobe: tout resurgi dans une présence étonnée. A chaque heure ton sourire irradie et m&rsquo;atteint comme une flèche en retour, comme les rayons différés d&rsquo;une étoile.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="2">La lumière est ta chair, elle est la mienne partagée. Cet unique instant est aujourd&rsquo;hui notre vie commune.</font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="2"> Plus rien n&rsquo;a de sens, plus rien n&rsquo;est à entendre. Seul l&rsquo;intérieur obscur de l&rsquo;amour est présence inexprimable, vie vibrante au centre de cette nuit. </font></p>
<p><font face="book antiqua,palatino" size="2">C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;est notre joie: insaisissable retour de l&rsquo;absent, réveil ébloui d&rsquo;un matin.Celui qui demeure en sa liberté retrouvée, dans la clarté d&rsquo;un paysage du soir.</font></p>
<p> </p>
<p><font face="Book Antiqua"></font><font face="Book Antiqua"><font face="Book Antiqua"></font></font><font face="Book Antiqua"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/vs.jpg" alt="vs.jpg" width="400" /></font><font face="Book Antiqua"><font face="Book Antiqua" size="4"><font size="3"></font></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"><font size="3"></font></font></p>
<p></font><font face="Book Antiqua" size="4"><font size="3"></font></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"><font size="3"></font></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"><font size="3"></font></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"><font size="3"></font></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"><font size="3"></font></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"><font size="3"></font></font></p>
<p><font face="Book Antiqua" size="4"><font size="3"></font></font></p>
<p><em><font face="Book Antiqua" size="2"> </font></em><em><font face="Book Antiqua" size="2">Michel Arcens            mars 2009</font></em></p>
<p><strong><font face="Book Antiqua" size="4"></font></strong></p>
<p><strong><font face="Book Antiqua" size="4"></font></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le temps invisible de la photographie</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Aug 2009 15:44:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>

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		<description><![CDATA[ photographie de Marc Coudrais pour Mathilde Monnier letempsdelaphotographie21.pdf Ci- joint et ci-dessus un texte en références multiples: Jorge-Luis Borges, Michel Tournier pour la fiction littéraire, Kierkegaard, Schopenhauer et Nietzsche pour la philosophie, Achille le héros grec, Beethoven et ses quatuors, Baudelaire et les poèmes en prose ou non, une tortue en plein élan&#8230; Surtout une [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/freresoeur1m.jpg" class="imagelink" title="freresoeur1m.jpg" rel="lightbox[60]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/freresoeur1m.jpg" alt="freresoeur1m.jpg" width="400" /></a></p>
<p><em><font size="1"> </font></em><em><font size="1">photographie de Marc Coudrais pour Mathilde Monnier</font></em></p>
<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/08/letempsdelaphotographie21.pdf" id="p67"><img border="0" src="http://michelarcens.unblog.fr/wp-includes/images/pdf.png" align="absMiddle" alt="Le temps invisible de la photographie dans danse pdf" /></a>letempsdelaphotographie21.pdf</p>
<p>Ci- joint et ci-dessus un texte en références multiples: Jorge-Luis Borges, Michel Tournier pour la fiction littéraire, Kierkegaard, Schopenhauer et Nietzsche pour la philosophie, Achille le héros grec, Beethoven et ses quatuors, Baudelaire et les poèmes en prose ou non, une tortue en plein élan&#8230;</p>
<p>Surtout une réflexion sur le temps qui ne passe jamais et revient toujours et sur l&rsquo;instant: une façon de montrer (d&rsquo;essayer de montrer) comment la photographie est <em>&laquo;&nbsp;en mouvement&nbsp;&raquo;, </em>comment elle montre la danse, les danseurs et l&rsquo;invisible qui les anime&#8230;</p>
<p> </p>
<p><u><font color="#0066cc"></font></u></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Ce que nous savons? Tentative &#8211; sans doute trop &#171;&#160;audacieuse&#160;&#187; &#8211; de résumé.</title>
		<link>http://michelarcens.unblog.fr/2009/07/31/ce-que-nous-savons-tentative-sans-doute-trop-audacieuse-de-resume/</link>
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		<pubDate>Fri, 31 Jul 2009 18:42:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[   Michel Henry   Les quelques lignes qui suivent tentent d&#8217;apporter une contribution à la lecture de ce que dit Joseph Conrad dans la préface du &#171;&#160;Nègre du Narcisse&#160;&#187;, à  l&#8217;intuition qu&#8217;il a formulé dans ce texte de très haute valeur esthétique. (cf. l&#8217;article ci-dessous). Elles sont donc une sorte d&#8217;ébauche de prolégomènes ou de préalable à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/07/michelhenry.jpg" class="imagelink" title="michelhenry.jpg" rel="lightbox[56]"><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/07/michelhenry.jpg" alt="michelhenry.jpg" width="400" /></a>   <em><font size="2">Michel Henry</font></em></p>
<p> </p>
<p><strong><em><font face="times new roman,times">Les quelques lignes qui suivent tentent d&rsquo;apporter une contribution à la lecture de ce que dit Joseph Conrad dans la préface du &laquo;&nbsp;Nègre du Narcisse&nbsp;&raquo;, à  l&rsquo;intuition qu&rsquo;il a formulé dans ce texte de très haute valeur esthétique. (cf. l&rsquo;article ci-dessous). Elles sont donc une sorte d&rsquo;ébauche de prolégomènes ou de préalable à une définition possible de ce que sont la littérature et peut-être aussi et surtout la poésie.</font></em></strong></p>
<p> </p>
<p>Un jour nous voulons comprendre, nous voulons essayer de comprendre.</p>
<p>Et que voulons-nous comprendre? Sans doute, nous voulons comprendre ce que sont les pierres, les arbres, les oiseaux du ciel, le ciel lui-même, la terre, les étoiles. Sans doute nous voulons comprendre ce qu&rsquo;est ce monde qui nous entoure et que nous habitons.</p>
<p>Alors commence une sorte de processus que l&rsquo;on appelle le plus souvent celui de la connaissance. Et débute ce que l&rsquo;on pourrait appeler dans un regard rétrospectif, l&rsquo;histoire des sciences. A moins qu&rsquo;on la fasse précéder (?) par celle des croyances de toutes sortes. Qui sont cependant des formes de connaissance.</p>
<p>D&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre (et peu importe quand, comment&#8230;) on cherche à comprendre comment tout ceci est possible, comment et peut-être pourquoi (si tant est que &laquo;&nbsp;comment&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;pourquoi&nbsp;&raquo; soient différents) tout cela est possible: &laquo;&nbsp;<em>pourquoi il y a quelque chose et non pas plutôt rien</em>&nbsp;&raquo; selon la formule d&rsquo;un philosophe du siècle dernier.</p>
<p>Et on finit (un jour et peu importe quand, comment&#8230;) par se poser la question de se connaître soi-même.</p>
<p>On peut, par une sorte de procès continu, considérer que l&rsquo;on se prend alors comme objet d&rsquo;étude de la même manière que l&rsquo;on prend pour objet les pierres, les arbres ou l&rsquo;univers tout entier. Et c&rsquo;est bien souvent le cas. C&rsquo;est bien souvent ainsi que les choses se passent (la biologie est un exemple de cette démarche, elle qui considère le corps comme comme &laquo;&nbsp;corps objet&nbsp;&raquo;, objet de science, de savoir au même titre que le savoir de la géologie).</p>
<p>Nous voici donc définis à ce moment de notre savoir, de notre connaissance, comme &laquo;&nbsp;objets du monde&nbsp;&raquo;.</p>
<p>C&rsquo;est alors que cet objet singulier que nous sommes, dans une sorte de mouvement  de réflexion qui pourrait apparaître comme ultime, est compris comme &laquo;&nbsp;sujet du monde&nbsp;&raquo; et défini ainsi comme sujet dans le monde, par le monde ou pour le monde. Voire, dans un sorte d&rsquo;accomplissement de la pensée, comme sujet par l&rsquo;intersubjectivité: c&rsquo;est alors que le sujet, le &laquo;&nbsp;je&nbsp;&raquo;, l&rsquo;ego se définit comme sujet parmi le monde des hommes, des autres sujets.</p>
<p>Voici donc ce que nous savons de façon ultime sur le monde: que ce soit le monde des &laquo;&nbsp;objets&nbsp;&raquo; (ceux-ci peuvent évidemment être des objets abstraits comme ceux de la mathématique) ou le monde des &laquo;&nbsp;sujets&nbsp;&raquo;, qui se confond avec le monde des hommes dans leur spécificité (l&rsquo;anthropologie et la sociologie étant à comprendre comme faisant partie de la première catégorie à l&rsquo;intérieur desquels ces savoirs peuvent être rangés; quant à la psychologie, la psychiatrie, la psychanalyse, c&rsquo;est selon le point de vue..!)</p>
<p>Mais si l&rsquo;on se pose la question de savoir ce que c&rsquo;est que &laquo;&nbsp;être&nbsp;&raquo;, alors on ne peut sans doute que se demander ce que c&rsquo;est que ce regard par lequel je vois et par lequel moi seul voit et peut voir&#8230; on ne peut que se demander ce qu&rsquo;est cette joie ou peut-être cette souffrance que je ressens et que personne ne ressent à ma place, ne ressent comme moi.</p>
<p>Et il s&rsquo;avère aussitôt que ce regard c&rsquo;est moi, comme tous mes sentiments, toutes mes affections sont moi et pas différentes de moi. Elles ne sont pas un &laquo;&nbsp;moment&nbsp;&raquo; de moi-même, une part de moi, mais moi tout entier et rien d&rsquo;autre que moi. Et qu&rsquo;ainsi être soi c&rsquo;est coïncider en tous points avec tout cela. Et que cela n&rsquo;a pas d&rsquo;autre nom que la vie, cette vie qui nous habite et que nous sommes, qui n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que nous, que moi. La vie ce n&rsquo;est pas du sang, un coeur, des organes, des tissus, des cellules: rien de cela n&rsquo;explique ce que c&rsquo;est que vivre et les sciences de l&rsquo;origine de l&rsquo;univers, les théories du big bang n&rsquo;expliquent pas davantage ce que c&rsquo;est que vivre, là, maintenant, en cette minute. La vie en revanche, c&rsquo;est bien cela que je suis, agissant, comme un corps sentant, regardant, marchant, éprouvant, affecté par ceci ou cela et d&rsquo;abord affecté par lui-même c&rsquo;est-à-dire se sentant soi-même. Cette &laquo;&nbsp;action&nbsp;&raquo; de se sentir soi-même étant ce par quoi toute action de sentir quelque chose passe, ce par quoi elle est possible, ce sur quoi elle se base et se fonde.</p>
<p><em>(</em> <em>Pour mieux comprendre ce que veulent dire  ces quelques lignes issues, sans doute avec certaines maladresses, de la pensée du philosophe Michel Henry on peut se rapporter à son site </em><a href="http://www.michelhenry.com/"><em>www.michelhenry.com</em></a><em> avec éventuellement le lien ci-contre et plus particulièrement à ses livres: &laquo;&nbsp;Phénoménologie et philosophie du corps&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;L&rsquo;essence de la manifestation&nbsp;&raquo;, &nbsp;&raquo;Auto-donation&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Généalogie de la psychanalyse&nbsp;&raquo;, et, plus généralement à l&rsquo;ensemble de son oeuvre. Sur le site internet consacré à Michel Henry il est à noter que l&rsquo;on peut lire de remarquables résumés de chacun de ses ouvrages rédigés par la main experte et fidèle d&rsquo;Anne Henry.)</em></p>
<p>Ce qu&rsquo;est la vie est sans doute la phase, non pas ultime de notre savoir, mais la phase fondamentale et fondatrice. On pourrait même estimer qu&rsquo;elle autorise un regard nouveau sur les sciences positives, non pour les &laquo;&nbsp;dévaluer&nbsp;&raquo;(même si, comme le disent certains astronomes nous ne connaissons que quelques 5% de ce qui est et pas pour des problèmes de distance ou d&rsquo;espace-temps, bien entendu!), mais au contraire pour leur donner une signification plus exacte, plus précise, plus juste, plus humaine peut-être si ce terme ici a un sens (nouveau également, du point de vue de cette connaissance phénoménologique de la vie). </p>
<p>Dans cette perspective il serait totalement erroné, il faut le souligner, de penser qu&rsquo;il y a deux formes de réalité, deux réalités, un dualisme pour le dire autrement, d&rsquo;une part la vie et d&rsquo;autre part le monde. La vie et le monde, du point de vue de la vie, cela ne fait qu&rsquo;un, non seulement parce qu&rsquo;ils sont indissociables, inséparables, impossibles et impensables, l&rsquo;un sans l&rsquo;autre, mais bien plus parce que la vie que je suis est aussi la vie du monde et que le monde est vie, sans doute dans toutes ses acceptions y compris comme monde matériel. (Et, à cet égard c&rsquo;est peut-être là que l&rsquo;on devrait inscrire toute &laquo;&nbsp;écologie&nbsp;&raquo;). Ce qui est, par contre à dissocier c&rsquo;est la vie vivante, la vie qui vit et le monde comme image et comme représentation, la conscience que nous avons dans le processus de la connaissance quand elle est science de l&rsquo;extériorité et science &laquo;&nbsp;extérieure&nbsp;&raquo;, représentative, re-présentation du monde: là se trouve le dualisme et là seulement.</p>
<p>Ce qu&rsquo;est la vie nous fait aussi porter un regard particulier sur l&rsquo;art. L&rsquo;art ne peut, à la lumière de ce savoir originaire et absolu, comme premier savoir qu&rsquo;est la vie, être que la recherche constante de faire voir cette vie, de la faire apparaître, elle qui est invisible, non à l&rsquo;extérieur d&rsquo;elle-même, mais comme étant celle de l&rsquo;artiste aussi bien que celle de chacun d&rsquo;entre-nous. </p>
<p>En ce sens, l&rsquo;art est un savoir aussi vital que toutes les sciences (que l&rsquo;on confond souvent avec les techniques, précisément parce que leur condition de sciences positives et objectives ou objectivistes leur permet elles-mêmes de se confondre avec leurs applications au point que ce sont celles-ci qui finissent, dans un mouvement purement utilitariste à justifier celles-là, de même que l&rsquo;on en arrive à justifier l&rsquo;Université par l&rsquo;accès à l&rsquo;emploi qu&rsquo;elle permet et par cela seul).</p>
<p>On peut dire évidemment que l&rsquo;art est plus &laquo;&nbsp;vital&nbsp;&raquo; que tous les autres savoirs réunis. Mais cela constituerait aussi un abus: de langage, de prétention, de &laquo;&nbsp;vision&nbsp;&raquo;, de compréhension. Il faut plutôt comprendre que tous les savoirs pour être d&rsquo;authentiques connaissances sont des &laquo;&nbsp;esthétiques&nbsp;&raquo;: tout alors, comme chez Nietzsche, devient esthétique et il n&rsquo;y a même de morale qu&rsquo;artistique (alors que &laquo;&nbsp;l&rsquo;habitude&nbsp;&raquo; les oppose si souvent).</p>
<p>La littérature pourrait ainsi être définie, de son côté, comme une sorte de &laquo;&nbsp;moyen&nbsp;&raquo; privilégié (mais sans doute pas davantage que les autres formes artisitiques) de connaître, de savoir, ce qu&rsquo;est la vie, de savoir ce que nous sommes, de dire ce que nous sommes.</p>
<p>Et plus particulièrement, pourrions-nous dire alors que la poésie est ce langage-même de la vie, parce qu&rsquo;elle est un langage, identique à l&rsquo;affectivité même du poète, parce qu&rsquo;elle est ce langage qui produit de l&rsquo;affect alors même que la vie est et n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que cet affect lui-même.</p>
<p>Présent, ici, là, maintenant: en cet instant. Qui sans doute, revient sans cesse&#8230;</p>
<p> </p>
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		<title>L&#8217;art selon Joseph Conrad, préface au &#171;&#160;Nègre du Narcisse&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Jul 2009 15:36:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[michelarcens]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[prface2.pdf Cet exceptionnel écrivain (l&#8217;un des plus grands sans doute de tous les temps) que fut Joseph Conrad écrivit une préface à son roman &#171;&#160;Le nègre du Narcisse&#160;&#187;. Ce roman qui n&#8217;est pas une oeuvre pour les enfants, une sorte de conte plus ou moins pédagogique. Pas même initiatique. Quoi que cette dernière position soit [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/07/prface2.pdf" id="p53"><img border="0" src="http://michelarcens.unblog.fr/wp-includes/images/pdf.png" align="absMiddle" alt="L'art selon Joseph Conrad, préface au "Nègre du Narcisse" dans littérature pdf" /> prface2.pdf</a></p>
<p><img src="http://michelarcens.unblog.fr/files/2009/07/conrad.jpg" alt="conrad.jpg" /></p>
<p>Cet exceptionnel écrivain (l&rsquo;un des plus grands sans doute de tous les temps) que fut Joseph Conrad écrivit une préface à son roman &laquo;&nbsp;Le nègre du Narcisse&nbsp;&raquo;. Ce roman qui n&rsquo;est pas une oeuvre pour les enfants, une sorte de conte plus ou moins pédagogique. Pas même initiatique. Quoi que cette dernière position soit critiquable!</p>
<p>Dans &laquo;&nbsp;Le nègre du Narcisse&nbsp;&raquo; ou du moins dans cette préface, en peu de mots, Joseph Conrad dit l&rsquo;essentiel sur l&rsquo;art et sans doute bien davantage sur nous, sur le monde, sur la réalité, sur tout: sur le tout. Voici donc un petit texte mais un texte essentiel.</p>
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